QUAND LE VENT FORCE LES FENÊTRES


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QUAND LE VENT FORCE LES FENÊTRES

Quand le vent force les fenêtres,

annoncé par tant de portes, tant de forêts battantes,

et que le soir passe sa tête

dans ce qui reste, immobile et défiguré,

Quand la rue s’accroche aux lumières qui, d’un seul coup, tirent à elles tout le ciel, lourdes du feu qui s’écoule des carreaux, étranges prisonniers au long des
villes,

il faut dominer l’amour, le dénuder

du sang qui en fait une soif sans remède,

le jeter aux gueules du sexe

comme un vivant qui s’éveille en plein incendie,

il faut oublier les mots trop tendres

qui tremblent dans la bouche comme des feuilles

et, crispé sur la chair comme les racines autour de la terre,

il faut fermer la femme à la clarté du jour.

Dans la ville, que le soir rassemble en hâte autour des murs, autour des lampes livides, la pluie tombe, transpercée de vent et le monde comme un tunnel rampe dans la nuit.

 

Lucien Becker

UN CAILLOU DANS LA POCHE 9


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UN CAILLOU DANS LA POCHE 9

La Délivrance Attendue

 
 

A
Jacques
Nielloux.

La fenêtre est tendre comme un couteau

Le miroir est profond d’épaules noires

on voit des pieds nus sous le rideau

et la route est très loin dans le mur

la tête coupée

est sur le lit

Je me rappelle ou je rêve

que ton front est comme ces belles journées

où il n’y a pas un signe de mort

où la lumière se rassemble sur les sources

le pont monte de l’herbe

et fait une grande blessure au-dessus de l’eau

le dormeur est toujours couvert

de ses paupières collées

comme des fruits privés d’air

les ombres sortent et laissent longtemps

leurs tempes contre les murs.

 

Lucien Becker

Quoi de 9 ?

Mon coeur ? Non il est trop vieux d’une jeunesse qui ne finit pas d’hâler, et soufflé, mais pas joueur, à la sortie des cornes du Minotaure, que de buis, que de buis, j’en ai les oreilles qui cognent aux haies du labyrinthe. Olé, olé, braves gens, réveillez-vous en ordre de bataille, la vie est en danger. Les sorcières tapent au mur en ouragans contributeurs au règne. Le despotisme d’un oligarque réforme seulement les recrues à la garde du libre-arbitre. Ce que la mer vous offre à voir du bord, demande à couper la corde qui retient à l’anneau. Les maisons ruchent d’abeilles, bzzzzzzzzzzz, bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz, bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz, préservez les ouvrières et l’arène du tournoi, lice chevalière, pour ne pas perdre la tête, les oreilles et l’aqueux.

Du verger la figue sauvage, rebondie et juteuse, d’un mouvement de levée me remonta la couleur au point zéro que je frôlais sur la corniche en à-pic.

Le vélo + 1 revenu d’une expédition de canailles ne remettraient-il-pas,  et pourquoi, la sente au sous-bois ? J’ai perdu le guère, sans, c’est l’assurance de vivre mieux. Demeure le combat. Pas l’infect illuminé, d’esclaves d’une croyance forcenée, sans le moindre discernement entre l’humain et le produit mercantile. Que nenni, le combat pour que l’Amour que je porte au fond de moi, perdure et transmette sa niaque autour de lui.

Mon Coeur nous ne finirons jamais de vivre l’exception qui nous fut offerte sur les silex d’un chemin pieds-nus. Je respire aux poumon de tes seins.

Niala-Loisobleu – 7 Septembre 2017

 

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Un Caillou dans la Poche 9

2017 – Niala – Acrylique s/Canson aquarelle, encadré s/verre 40×50