COMME UN SONGE DE FRIDA


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COMME UN SONGE DE FRIDA

 

Cendre froide qui colle aux bouchons épars d’une marée qui se fait attendre, dans l’ordre renversé j’enfile le soutien-gorge dans la poche du kangourou attaché à la chaise

 

les hublots tendent l’oreille

c’est vrai que les haubans ont besoin de retendre

du café salé ferait bien l’affaire

 

Je n’ai pas été étonné de me retrouver collé au poplité, les maux de genou que tu m’écrivais dans la fureur de l’enfant rageur cherchaient à retrouver l’assise au debout d’un pont glissant

Quand tombant comme d’un coup de merlin frontal le calme a ramené un câlin t’as pu allonger la jambe sur le dos et te laisser tanguer dans mon dernier  métro

dans le tracé morse de l’éclairage du tunnel , je me souviens que des coeurs peints sur les murs digérant le bruit de ferraille d’une chaleur écrasante

 

La griffe des ongles du besoin est telle que les bras de Samo tracent un désir sans arrêt

 

Niala-Loisobleu – 27/08/19

 

 

 

 

EN FRISE


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EN FRISE

 

J’attrape la première par la crête et écume

tant et tant de jours

le premier dit des boulons sur la gueule des CRS, mon père et ma mère sont Front Populaire et prédisent un autre avenir

le second dit des sirènes à percer le tympan quand les stuckas en piqué arrosent les Jeux Interdits. On monte le mirador, l’estrade pour l’orchestre qui va jouer pour ceux qu’on va pendre dans le carré d’enfer des baraquement d’un Auschwitch chauffé au crématoire

le troisième dit mon père qui m’a initié à comprendre ce qu’en français signifiait Hitler

le quatrième dit un refus naturel de ne pas croire la Femme mon égale

le cinquième, ah le cinquième quand je l’ai tiré du filet il en finissait pas de rester en colonne de désinformation pour mentir

et me voici au 30.625 eme ébahi, ne reconnaissant rien du devant et derrière dans ce gargantuesque lupanar qui a gardé , va savoir pour quoi le nom de VIE, où on baise du matin au soir au propre (enfin…) comme au figuré son prochain. Assommé devant  les faits, le crime est organisé par le pouvoir, sous couvert d’une république monarchiste

Le papier-peint pend sur la fissure d’une écologie commerciale tellement aveuglée par l’appât du gain qu’elle allume l’Amazonie

Et les clones d’une politique qui s’est sabordée en sont à s’injurier sur le net après avoir joué au monopoly avec la planète

Dire la petitesse d’une société pareille n’a d’intérêt que si on en veut plus, car si c’est pour applaudir à tous ces événements médiatiques autant faire chanteur sans avoir un filet de voix

Ce que mon père et ma mère ont acquis je ne vois qu’injustice à en priver ma suite, vivre c’est construire pas détruire

Fier d’être fou, je ne veux pas devenir robot d’une machine  sans chair ni sang. Comment une poignée de dominateurs peut-elle être reconnue comme seul système décent ?

Peindre le vivant

pas

L’ATELIER SANS VIE signifié par Lucian Michaël Freud

 

Niala-Loisobleu – 26 Août 2019

 

UN HOMME VIENT D’ENTRER…


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UN HOMME VIENT D’ENTRER…

Paris

Mil neuf sans soixante douze 937 après J.-C.

Un homme vient d’entrer sans frapper, sans se frapper, dans sa soixante-dixième année.

– Bonjour 1

– Quel temps fait-il?

– Il fait vite, mais si le cœur vous en dit il peut revenir sur ses pas. le temps, les années sont dedans mais ailleurs en même temps.

l’homme qui vient d’entrer et qui retrouve des amis a le sourire aux lèvres, ses amis ont le même, celui de l’amitié.

Pas l’amitié « virile » des camps et des casernes, la nostalgique fraternité des héros épargnés par la der des ders.

Non, l’amitié comme l’amour, la chance, le vin, la mer ou le travail heureux, accepté, partagé.

Et l’homme, Steph Simon, c’est son nom, a mis cartes sur table, cartes du tendre où les coups durs sont à demi effacés, cartes marines de son quartier.

Et il fait le point.

Phares de Saint Germain de Flore ou de Saint Tropez des Prés. Quais des cinq Pères, des Quatre mers et petit Havre des Six-Eaux.

Sur les berges du boulevard saint Parking l’ombre des arbres condamnés, exécutés, sans le moindre petit tocsin pour annoncer le massacre, caresse encore la mémoire des
passants qui savaient, qui pouvaient passer, mais la rue de Rennes est en rade depuis qu’on a chassé le Dragon de sa cour et madame la Gare de l’Ouest, chaque jour, monte à sa
tour.

Pour voir venir.

Venir quoi? Les regrets du passé, les espoirs de demain passent dans le même broyeur de ferrailles et de fleurs, de beautés et d’horreurs. Aujourd’hui la vie est ainsi faite,
à ce qu’il paraît, disparaît, reparaît mais toujours elle est aussi fête et il convient de la souhaiter.

70 années et celui qui est fêté quand on lui parle du « troisième âge » ce new-look de la longévité, le fou rire le prend et le garde un bon petit
bout de temps. Il sait bien qu’il n’y a pas tellement loin.du Siècle des lumières à celui du néon et très loin est si près et aussitôt si tard qu’il n’est pas
plus facile de garder ses distances que de garder son sérieux.

Autant chercher le quart d’heure de Rabelais dans les vingt-quatre heures du Mans ou dans le septième discours sur la Méthode la quatrième dimension de la quadrature du cercle de
la cinquième roue du carrosse du Saint-Sacrement.

Chacun navigue à sa manière, lui sur son Bourru III d’autres sur leur sous-marin nucléaire.

Sa manière est la bonne et beaucoup la préfèrent.

 

Jacques Prévert

MATIN PAS PLUS NEUTRE QUE LES AUTRES


 

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MATIN PAS PLUS NEUTRE QUE LES AUTRES

 

Intervalles irréguliers les chemins rencontrent des déviations imprévues, la part de choix est la moins longue à compter. Le seul qui demeure est le refus d’abandonner ce que l’on est véritablement.

 

LES CHARBONNIERS, LES MEUNIERS, ET LE MARGUILLIER

Antoine-Vincent Arnault

Fable XIII, Livre V.

Entre nos frères les meuniers
Et nos frères les charbonniers
J’ai vu régner longtemps une haine assez forte.
À quel propos ? C’était… que le diable m’emporte,
Si plus qu’eux-mêmes je l’ai su !
Eh ! n’est-ce pas souvent pour un malentendu
Qu’un premier combat se donne ?
Le tort en est à tous, comme il n’est à personne,
Au second, où l’on rend ce que l’on a reçu,
Où l’on se bat du moins parce qu’on s’est battu.
Mais revenons au fait : ainsi qu’on peut le croire,
Chaque héros dans sa valeur,
Se signalant pour sa couleur,
Criait haro sur l’autre, et tombait, dit l’histoire,
Charbonnier sur la blanche et meunier sur la noire.
Par la seule nature armés,
Les voyez-vous en cent manières
Les bras tendus, les poings fermés,
Venger l’honneur de leurs bannières ?
Que de coups donnés et rendus !
Que de flots de sang répandus
Par tous ces nez cassés des mains de la victoire !
Chantre de Jeanne et de Bourbon,
C’est ta voix qui devrait transmettre la mémoire
De tous ces preux couverts de gloire et de charbon,
Couverts de farine et de gloire !
Certain jour cependant que ces poudreux guerriers
Se reposaient sur leurs lauriers,
Un philosophe, un philanthrope,
Un marguillier, mortel ennemi des combats,
Tenta de mettre un terme à ces trop longs débats.
D’un manteau neutre il s’enveloppe ;
Et le voilà, du matin jusqu’au soir,
De l’un à l’autre camp sans cesse en promenade ;
Qui va, vient et revient, en courtier d’ambassade,
Du noir au blanc, du blanc au noir.
Or, à son drap qui n’est noir, ni blanc, mais pistache,
Tantôt le blanc, tantôt le noir laisse une tache.
Comme on en murmurait d’un et d’autre côté :
« Charbonniers et meuniers, dit-il, parlons sans feinte :
Voit-on les deux partis, sans prendre un peu la teinte
Des gens à qui l’on s’est frotté ? »

Extrait de:

Fables, Livre V (1812)

Antoine-Vincent Arnault

La nature ne réfute rien de la logique, l’homme avant même qu’un sujet s’aborde est déjà contre, il a son idée, toujours la moins bonne…

L’art de parler pour ne rien dire  en s’écoutant dire à quelqu’un.

J’irai dans l’atelier comme je m’ai levé, le goût de ta peau dans la main à taire les mots pour trouver leur couleur.

Dans un silence total de pouls régulier.

Être présent dans son temporel sans idée de contradiction dans l’épi de toison.

 

Niala-Loisobleu – 16/08/19

PASSAGE  PRIVE


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PASSAGE  PRIVE

 

Le chien ?

La porte un instant s’est entrouverte

sur la chaise le dossier a frissonné

un murmure de corps entre

sans écrire autre chose que ce mouvement de bassin propre au radoub

J’ai  la chemise traversière

flûte

que pouvais-je faire d’autre

ondulante hanche

l’odeur est restée accrochée

longtemps

après que la porte se soit refermée

 

Niala-Loisobleu – 6 Août 2019