CHEVAL


Cheval

le cheval a le temps de mesurer la terre

il tire au râtelier la paille du soleil

sur son ventre un tracé de rivières amères

où déferle le sang innocent des sueurs

cheval

cheval cloué vivant sur l’arbre de la faim

ton œil veilleur et doux sur nos mains pardonnées

cheval

jusqu’au poitrail dans la houle du pain

éclaboussé de vent et frotté de fumée

cheval

cheval mal dégagé des brumes du matin

somnambule avancé sur le bord du ciel vide

une voix te hasarde une voix retient

usé par le vin fort et l’amour et l’eau des larmes

Luc Bérimont

Madame à minuit (NOËL) chanté par Jacques Bertin


Madame à Minuit (NOËL) chanté par Jacques Bertin

Poème de Luc Bérimont
Musique de Léo Ferré

Madame à minuit, croyez vous qu’on veille ?
Madame à minuit, croyez -vous qu’on rit ?
Le vent de l’hiver me corne aux oreilles,
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.

Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon coeur bien mieux que le houx.
Piquera mon coeur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté,
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le coeur.
Et ton souvenir m’arrache le coeur.

Madame à minuit, croyez-vous qu’on veille ?
Madame à minuit, croyez-vous qu’on rit ?
Le vent de l’hiver me corne aux oreilles,
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.

LE CHEVAL – LUC BERIMONT/JACQUES BERTIN


image-oeuvre-les_chevaux_du_printemps-1000-1000-78704

LE CHEVAL – LUC BERIMONT/JACQUES BERTIN

le cheval a le temps de mesurer la terre

il tire au râtelier la paille du soleil

sur son ventre un tracé de rivières amères

où déferle le sang innocent des sueurs

cheval

cheval cloué vivant sur l’arbre de la faim

ton œil veilleur et doux sur nos mains pardonnées

cheval

jusqu’au poitrail dans la houle du pain

éclaboussé de vent et frotté de fumée

cheval

cheval mal dégagé des brumes du matin

somnambule avancé sur le bord du ciel vide

une voix te hasarde une voix retient

usé par le vin fort et l’amour et l’eau des larmes

Luc Bérimont