PETIT GRAVIER REFAIT SURFACE


PETIT GRAVIER REFAIT SURFACE

La conception du sacré est conditionnée par les concepts auxquels on le relie ou auxquels on l’oppose et par la méthode d’approche qu’on adopte. La diversité des conceptions du sacré qui se sont multipliées depuis la fin du xixe siècle dans les sciences humaines et sociales occidentales atteste de la difficulté à saisir conceptuellement une réalité à la fois subjective et objective, qui implique à la fois une expérience sensible et des croyances métaphysiques et théologiques, qui s’enracinent dans le religieux. Peut-on parvenir à une définition substantielle d’une réalité autonome, qui a son essence propre, ou seulement relationnelle, conventionnelle ? Faut-il le traiter en fonction de son contenu conscient, patent, explicite ou faut-il le ramener à autre chose qu’à lui-même, chercher une racine dissimulée comme le font toutes les interprétations du soupçon depuis Nietzsche, Marx et Freud, qui ont pris le parti de lire certains faits culturels – en particulier religieux et toute idéologie en général – comme des symptômes de processus cachés d’une nature fort différente ?
Source CAIRN-Info

Pour comprendre et prendre le bon chemin le temps n’est pas mesurable

il faut passer par des itinéraires détournés

Ulysse les a franchi après des épreuves initiatiques

d’où la nuance a suffisamment émergée pour laisser sa véritable identité à chaque chose

RECOLLETS 2021

L’époque est devenue trouble , ne laissant partout qu’image évanescente depuis la fin 2019, je peins du beau qui s’échappe

L’expérience de cette exposition est un grand passage initiatique

D’une foule grouillante des premiers jours naît l’inquiétude d’un effritement qui déchire le sens intrinsèque petit à petit. Les gens sont sur un tapis-roulant qui les conduit à faire le tour de la salle. Lunettes de soleil pour voir quoi de la couleur ou plutôt pour cacher le cerne du regard perdu

Le tangage monte, l’estomac manifeste , la tête se penche des deux côtés pour vomir

Puis soudain le nombre tombe , les visiteurs ont repris un autre itinéraire comme celui que les fourmis montrent

Emerge au loin un début de lueur

la voix est presque redevenue audible

C’est la fin

le caillou est bien voyant, tout l’aspect du profane disparait, le sacré illumine

« PROMESSE 2 » et « UN CAILLOU DANS LA POCHE 11 »

« L’AMNESIQUE »

L’Amnésique me nettoie la merde aux yeux, le fil de la greffe redonne par le tri de cornée, La musique devue à mon oeil malade

la musique du dernier jour de l’expo refuse tout auteur qui ne serait pas Malher, elle monte aux sphères pour unir l’esprit dans son sacré et nettoyer le toxique et ses pétrifications d’espérances négatives

« LA VIE, L’AMOUR 1 »

Sont entrés en Collections Privées avec les Anémones et les Eaux-Neuves

me donnant la voie à suivre à présent…

Niala-Loisobleu -8 Août 2021

CANIVEAUX PARALLELES DEVIANTS


CANIVEAUX PARALLELES DEVIANTS

De la clef du cantonnier jaillit la joie du matin sous mes genoux

Dans cette partie de trottoir le soleil est encore aux jeux de bains des oiseaux

l’ombrelle fermée n’a pas ouvert son langage flatteur autour d’un rien échafaudé par une influenceuse

et le bruit du balai de bouleau qui pousse le vomi de la nuit vénale sent l’eau de toilette

Assis je vois mes camarades rire d’avance aux bouchons qu’ils vont me téléphoner avec les bateaux de papier

Nous décidons de n’avoir jamais l’âge de ceux qui nous entourent de leur éteignoir

Garder le sein sorti des mers pour boire le pré-salé des passages de tropiques

Le petit Jean et Nini embarqués dans le même rire sur la vague scélérate

ce bleu tunisien que Matisse engrange et cloud aux portes des façades blanches

à l’inverse des buses mises par les paysans vosgiens durant mon séjour en exode au cours de la 2ème mondiale

« La Femme » précise le contour de l’ascèse où crayonne ma sensibilité

une autre nudité abolissant l’esprit dominateur actuel

Au poing du combat pour vivre propre

l’idée a disparu

qu’on en arrive à sortir l’étoile jaune pour la mettre au crématoire de la vérité correspondante

Trafic d’enfants, troc d’acides, prostitution de la vertu

Ce ria des marées fait triste caniveau de la Côte Atlantique qui passe au noir sans transition du blanc

Le nautonier n’est pas loin je passe à gué ma foi dans les bottes

fildefériste sur une guitare insoumise au chant veule.

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2021

MAREE D’HERBES FOLLES


MAREE D’HERBES FOLLES

Tirant son tombereau vide le cheval répète inlassablement go aimons, il reste pas qu’algues à rade, ce lisier qui tue jusqu’à la bernique et sa suite est maudit

Autour des vases du canal ostréicole le fanal lentille de sa cloche de passage qe le large reste ouvert

Un signal lointain laisse en tendre que Flipper le dauphin nage en corps

Au matin l’homme à la jambe de bois a lâché les bébés-tortues au regain de l’île de la flibuste en proue à l’estuaire

Les premières crevettes ont donné signe de vie à la criée dans la charrette tirée par le Vl’Ô de Madame C…

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2021

LE SOMBRE PRESENT


LE SOMBRE PRESENT

Me semble que même l’oeil du lynx s’y perd au bord d’une délivrance qui s’apprête à reconfiner

qu’est-ce que ce lâcher qui ferme la plage en ouvrant la route à l’amer

Jamais l’oiseau n’a vu l’aiguille de la boussole faire et défaire le nord en mettant de la flotte dans le soleil avec la plus grande hésitation sur le choix du meilleur moyen de..

Niala-Loisobleu -9 Juillet 2021

ACCROCHE-COEUR


ACCROCHE-COEUR

La Chaume et l’Atelier préparent les valises de l’Expo qui occupe toute la place

Entre le temps alternatif, ses humeurs, fatigues et caprices

ce vent des pauvres qui ne trouvent qu’à se plaindre pour vivre à tous propos

Ma vieillesses se porte tellement bien qu’elle accepte les douleurs d’un corps prêt à vivre

pourquoi ma peinture laisse les commentaires froids te demandes-tu Ma ?

C’est simple parce qu’elle loue l’amour sans concession de vie

L’enfant et le vieux font un seul qui s’émerveille au sein de la plus vaste horreur qui puisse exister

Et ce point de vue est hors de règle parce qu’il n’affleure pas l’existence, il faut creuser pour s’en approcher

L’oiseau lutte pour sauver l’arbre

Le cheval tire pour quitter l’ornière

J’expose ma jouissance d’aimer.

Niala-Loisobleu – 7 Juillet 2021

LE CHEMIN FRUGAL PAR JACQUES DUPIN


LE CHEMIN FRUGAL PAR JACQUES DUPIN

C’est le calme, le chemin frugal,
Le malheur qui n’a plus de nom.
C’est ma soif échancrée :
La sorcellerie, l’ingénuité.

Chassez-moi, suivez-moi.

Mais innombrable et ressemblant,

Tel que je serai.

Déjà les étoiles.

Déjà les cailloux, le torrent…

Chaque pas visible
Est un monde perdu,
Un arbre brûlé.
Chaque pas aveugle
Reconstruit la ville.
A travers nos larmes.
Dans l’air déchiré.

Si l’absence des dieux, leur fumée,

Ce fragment de quartz la contient toute,

Tu dois t’évader.

Mais dans le nombre et la ressemblance,

Blanche écriture tendue

Au-dessus d’un abîme approximatif.

Si la balle d’un mot te touche

Au moment voulu,

Toi, tu prends corps,

Surcroît des orages,

A la place où j’ai disparu.

Et l’indicible instrumental
Monte comme un feu fragile
D’un double corps anéanti
Par la nuit légère
Ou cet autre amour.

C’est le calme, le chemin frugal,
Le malheur qui n’a plus de nom.
C’est ma soif échancrée :
La sorcellerie, l’ingénuité.

Jacques Dupin

Les Îles de la Sonde – Gérard Manset


Les Îles de la Sonde – Gérard Manset

tT’as pas vu les îles de la Sonde
Les poissons volants qui retombent
Sur le fond de la barque ronde
T’as pas vu les îles de la SondeT’as pas vu les îles de la Sonde
Les femmes au sourire de Joconde
Comme au premier matin du monde
T’as pas vu les îles de la SondeMais tu peux partir quand même
Y a des poissons qui t’emmènent
Poissons d’argent, poissons volants
Poissons de feu, poissons de glace
Poissons aux ongles qui cassentTu n’as pas vu les îles de la Sonde
Elles t’attendent à l’autre bout du monde
Moitié dans l’eau, moitié dans l’ombre
Moitié dans l’eau, moitié dans l’ombreMais tu peux partir quand même
Y a des poissons qui t’emmènent
Poissons d’argent, poissons volants
Poissons qui plongent, poissons qui nagent
Poissons venus du fond des âgesPoissons aux longues chevelures
Dauphins bleus sur fond d’azur

Paradis terrestre – Gérard Manset


Paradis terrestre – Gérard Manset

Hier, en traversant la rue


Je me suis reconnu
Tête nue
Méconnu
J’ai changé de trottoir avec dix ans de plus

Je me suis rattrapé
Quelques instants plus tard
C’est bizarre
Je suis passé devant moi sans me voir

Le paradis terrestre
Voyez ce qu’il en reste
C’est une terre aride
Les yeux perdus au fond des rides
C’est un chemin plus difficile qu’on ne croit
C’est un chemin de croix

Je me suis rattrapé ce soir-là dans une impasse
Où l’on passe
Tête basse
Je me suis retourné pour bien me voir en face

Je me suis pris la gorge
J’ai serré
J’ai serré
J’essaierai
D’être meilleur ou pire à l’avenir
Mais qui sait ce qu’il va devenir

Le paradis terrestre
Voyez ce qu’il en reste
C’est une terre aride
Les yeux perdus au fond des rides
C’est un chemin plus difficile qu’on ne croit
C’est un chemin de croix

Hier, en traversant la rue
Je me suis souvenu
D’avoir vu
Tête nue,
Quelqu’un qui ne me semblait pas inconnu

Je ne me suis revu qu’une fois l’année dernière
J’avais l’air
D’être en l’air
A quelques centimètres au-dessus de la terre

C’est une terre aride
Les yeux perdus au fond des rides
C’est un chemin plus difficile qu’on ne croit
C’est un chemin de croix

C’est une terre aride
Les yeux perdus au fond des rides
C’est un chemin plus difficile qu’on ne croit
C’est un chemin de croix

AU DEBUSQUE DES SALADES, UN COSMOS


AU DEBUSQUE DES SALADES, UN COSMOS

Le bateau de papier déplie la passe

l’horizon se déshabille dans la marge

les oiseaux-marins qui croisent savent tout des cailloux qui n’émergent pas

il n’y a plus d’herbe à brouter mais devant le rose des rochers la lande est plus douce sous les pieds qu’un regard douanier qui fouille à l’intérieur du bagage d’une culture polluée

Le noir qu’un mazout veille à charger sur le rail tanker glisse entre les feux-naufrageurs d’une fausse-lumière

Chet tire du cuivre chaud de l’obscurité de la défonce, marqué par la vérité du blues , portant dans les poches de son costume blanc des pensées de Pierrot mises en orbite d’une voix extra-terrestre

Le cosmos au fil du vent troue le film noir de couleurs d’espoir

Sur le dos du cheval l’oiseau traverse la baie et signe sur la vitre

« Bienvenue la barrière est ouverte »

Niala-Loisobleu – 11 Juin 2021