TIRET DU JARDIN


TIRET DU JARDIN

La broussaille chaude déverse son vers

gel raidit autour du bourgeon

Du buisson printanier le rouge-queue sort le bleu de cette mésange

au jaune assorti à la maison de Vincent

Quand rouvrent les arènes l’iris se fait gladiateur

Pousse levé…

Niala-Loisobleu – 12 Avril 2021

Sentir la maille en se passant des aiguilles


Sentir la maille en se passant des aiguilles

Comme ça, pour rien et twoo, à la traîne d’une libellule ouvrir l’éphémère d’un redéploiement des faits secondaires. Si je mourrais d’un coup dans cet instant illimité par l’amour. Sans voir le mauvais côté des choses, sentir le troisième bras prendre le cou, la cinquième jambe remonter son je nous, couvert par l’herbe bien au-dessus du front, les deux oreilles dans ton sein gauche l’autre rebondissant dans la cour de tes fesses à plus de dix kilomètres et toi riant sur mon échasse, à calin-paillard reconnaissant dans n’importe quel noir tout ce qui braille en alphabet

Vivre c’est l’en vers

Sentir la maille en se passant des aiguilles

Au net avec tout

Inspiré

Sans tant limité

Ô de là

Le papillon boucle la scène, tout contre la fleur qui embouche l’abeille, sans voir la loutre qui joue à la nage. Rien des cris sur la pancarte, discrétion oblige. Le chemin doit rouler aux mouvements de croupe de la pouliche. A l’orée l’estuaire s’est largi, peint parasol en huppe.

Niala-Loisobleu – 6 Avril 2021

LANGUE DE TAIRE


LANGUE DE TAIRE

Rugueuse cette bande de peine insulte se décroche du deuil des ongles de son épave

les derniers rouleaux en chant pognent à scalper la méchanceté pour n’en demeurer que la partie de sel au cuir tanné

qui fit mine d’opale à basse-côte

La barre du contre-courant en retenant le pont démâté dévoile l’espoir pour que le cri des oiseaux-marins lâche le frottement des élingues comme une corne de partance du noyé accroché au flottant salvateur

Les femmes raccrochent les remorques aux vélos pour venir au port saluer le retour de campagne de pêche des morutiers

On a rentré les étendards et bannières de procession dans les placards des enclos paroissiaux en taisant le blasphème pour qu’il n’entache plus la rime de voix communes. De la grève monte un rayon d’Est virevoltant comme plume

L’Isthme pointe à sa branche son oeil de printemps.

Niala-Loisobleu – 1er Mars 2021

EN BOUCLE D’ASCENSEUR


EN BOUCLE D’ASCENSEUR

La noria de la pensée monte et descend

sauts dans le vide, tout autant poussés que plongeant d’eux-mêmes

Glissements répétés de la cage retenue par l’araignée à bouts de fils

à travers les corps à à corps de l’accordéon-musette l’archet tzigane verse les sanglots longs des violons

7ème ciel du Bonheur des Dame à bout des doigts de l’home

soies vaporeuses oeil retenu au trou de dentelle

shorty de secours sur un vertige balconnet

pour l’alcôve le permis de construire est en attente d’obtention

les soldes sont au rayon bricolage dernier sous-sol au-dessus des bretelles.

Niala-Loisobleu – 28 Février 2021

CHANT INTERNE


CHANT INTERNE

Devant le trou dans le mur un chant monte d’envie de franchir ma gorge

au refrain

le lapin change la pile du tambour pour tenir la canne-majorette au lancé de la cuisse

qui débusque l’oiseau du marigot

Un phare sur le nez

deux seins au bout de la jetée

au moment de la montée de la marée

Pour sentir l’estuaire reverdir en pré salé mouettes envol

Niala-Loisobleu – 25 Février 2021

POESIE 16° – Qu’est-ce que la mode des blasons du corps féminin ? (France III Nationale 1959)


POESIE 16° – Qu’est-ce que la mode des blasons du corps féminin ? (France III Nationale 1959)

Le brouillard monte de la Chaume frileuse

ce bruit d’eau ne peux venir que de toi

douce caresse

ma main prise désire en peindre tes blasons

cil un poil m’était conté

pensais-je en trempant mon pinceau dans la poésie qui fait du charnel féminin le plus spirituel moyen d’expression

Niala-Loisobleu – 11 Novembre 2020