TAPIE VOLANTE


TAPIE VOLANTE

Le ciel démêle ses odeurs en dénouant les étoiles d’un bout de chant fleuri

Le chat court après l’oiseau en grimpant

Moustaches accrochées aux queues des cerises de la grande balançoire

Les embruns touchant aux pores genre noeuds marins maniant ce qui voile

Anémone en fourche d’estuaire traçant l’orientation de sa rose épanouie

Demeure un regard propre à l’expression quand le cri arrive à taire ce qu’il faut dire du pied orienté.

Niala-Loisobleu 14 Juillet 2021

ACCROCHE-COEUR


ACCROCHE-COEUR

La Chaume et l’Atelier préparent les valises de l’Expo qui occupe toute la place

Entre le temps alternatif, ses humeurs, fatigues et caprices

ce vent des pauvres qui ne trouvent qu’à se plaindre pour vivre à tous propos

Ma vieillesses se porte tellement bien qu’elle accepte les douleurs d’un corps prêt à vivre

pourquoi ma peinture laisse les commentaires froids te demandes-tu Ma ?

C’est simple parce qu’elle loue l’amour sans concession de vie

L’enfant et le vieux font un seul qui s’émerveille au sein de la plus vaste horreur qui puisse exister

Et ce point de vue est hors de règle parce qu’il n’affleure pas l’existence, il faut creuser pour s’en approcher

L’oiseau lutte pour sauver l’arbre

Le cheval tire pour quitter l’ornière

J’expose ma jouissance d’aimer.

Niala-Loisobleu – 7 Juillet 2021

DE L’ARBRE QUI CONTE COMME ON AIME


DE L’ARBRE QUI CONTE COMME ON AIME

Au centre le patio

Et le chant de la fontaine

A l’origine du monde

Les jarres en savent plus long que le journal du matin

Juste dans l’axe, à la sécante, le cadran solaire

Bras tendu vers le dernier rang de tomettes

Récupère le magistral figuier

Palanquin des envols bien assis

De tous côtés du fruit violacé les larges feuilles crénelées soulagent

La dilatation d’une pulpe au bord de l’éclat

Lourde chair franchissant déjà sans compter la rambarde de la façade-arrière avant que le coq ait bombé la crête d’une suffisance altière le rapprochant des alentours de Tarascon

A deux pas l’âne braie en allongeant ses deux oreilles dans le sens du vent.

Niala-Loisobleu – 1er Juin 2021

GABRIELLE ALTHEN – CORPS A CORPS



GABRIELLE ALTHEN – CORPS A CORPS

« 

CORPS À CORPS



Souffre de ton angoisse comme d’une fable
Et sois tendre avec le superbe ennui

Ossip Mandelstam


S’est posé sur le tapis au milieu de la chambre
Le temps rond comme une pomme
L’étoile avait perdu son fard
Et nous très nus au moment du baiser
Malgré notre désir d’applaudir
Nous étions immobiles tous deux
Ce temps de craie nous faisant face
La grosse pomme posée sur le tapis
Sans entrelacs le temps
La porte torse
Présent sans bras
Et craie à remuer
― L’évasement de la personne !


Source: Terre de Femmes

Gabrielle Althen, « Trouver manque » in Soleil patient, Arfuyen, Collection Les Cahiers d’Arfuyen n° 225, 2015, page 31.
Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

« IDEES BLEUES » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54


« IDEES BLEUES »

NIALA 2021

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

Le ciel l’arque en flèche

ELLE

Fleur des fleurs la voici verticale

Tige souple méandre du vent à tresser

La forêt l’entoure d’un coté la mer parle centre

Profondes fouilles où un silence chevelu tient l’ancre

Est venue une autre musique de l’oiseau

Toute de lumière au charroi des fruits juteux qu’un verger s’applique à suspendre aux oreilles des yeux pour qu’ils voient le suc et non l’appeau

Cette onde salée et rien que ses Idées Bleues

Niala-Loisobleu – 7 Mai 2021

SYBILLE TRAME OUAIS


SYBILLE TRAME OUAIS

A chanvre noué un ciel se toile paral’Elle

Que la grande caténaire balaie de l’hanche de la baie

A la crique des tamaris

J’ai retenu la paix de son regard

Quand le bombé de son corps est venu s’aplatir au mien sans rien perdre de sa part d’orgueil

Chose que je n’avais peint jusqu’alors

La pluie gifle l’éteint d’une peau morte au tournant du chemin

Je Muse

Ces blancheurs au feu ardent encadrent la tige du pinceau

Irradiant de tâches de rousseurs les ocres siennes d’un sang gonflant les lèvres

Je pressens dans la grâce de son geste un certain soleil s’accrocher en tête de rame

Je n’ai pas interrogé l’horaire ni les gares d’arrêt, je roule l’en vie à la main à l’horizon de la prochaine toile.

Niala-Loisobleu – 6 Mai2021

TIRET DU JARDIN


TIRET DU JARDIN

La broussaille chaude déverse son vers

gel raidit autour du bourgeon

Du buisson printanier le rouge-queue sort le bleu de cette mésange

au jaune assorti à la maison de Vincent

Quand rouvrent les arènes l’iris se fait gladiateur

Pousse levé…

Niala-Loisobleu – 12 Avril 2021

Sentir la maille en se passant des aiguilles


Sentir la maille en se passant des aiguilles

Comme ça, pour rien et twoo, à la traîne d’une libellule ouvrir l’éphémère d’un redéploiement des faits secondaires. Si je mourrais d’un coup dans cet instant illimité par l’amour. Sans voir le mauvais côté des choses, sentir le troisième bras prendre le cou, la cinquième jambe remonter son je nous, couvert par l’herbe bien au-dessus du front, les deux oreilles dans ton sein gauche l’autre rebondissant dans la cour de tes fesses à plus de dix kilomètres et toi riant sur mon échasse, à calin-paillard reconnaissant dans n’importe quel noir tout ce qui braille en alphabet

Vivre c’est l’en vers

Sentir la maille en se passant des aiguilles

Au net avec tout

Inspiré

Sans tant limité

Ô de là

Le papillon boucle la scène, tout contre la fleur qui embouche l’abeille, sans voir la loutre qui joue à la nage. Rien des cris sur la pancarte, discrétion oblige. Le chemin doit rouler aux mouvements de croupe de la pouliche. A l’orée l’estuaire s’est largi, peint parasol en huppe.

Niala-Loisobleu – 6 Avril 2021

LANGUE DE TAIRE


LANGUE DE TAIRE

Rugueuse cette bande de peine insulte se décroche du deuil des ongles de son épave

les derniers rouleaux en chant pognent à scalper la méchanceté pour n’en demeurer que la partie de sel au cuir tanné

qui fit mine d’opale à basse-côte

La barre du contre-courant en retenant le pont démâté dévoile l’espoir pour que le cri des oiseaux-marins lâche le frottement des élingues comme une corne de partance du noyé accroché au flottant salvateur

Les femmes raccrochent les remorques aux vélos pour venir au port saluer le retour de campagne de pêche des morutiers

On a rentré les étendards et bannières de procession dans les placards des enclos paroissiaux en taisant le blasphème pour qu’il n’entache plus la rime de voix communes. De la grève monte un rayon d’Est virevoltant comme plume

L’Isthme pointe à sa branche son oeil de printemps.

Niala-Loisobleu – 1er Mars 2021

EN BOUCLE D’ASCENSEUR


EN BOUCLE D’ASCENSEUR

La noria de la pensée monte et descend

sauts dans le vide, tout autant poussés que plongeant d’eux-mêmes

Glissements répétés de la cage retenue par l’araignée à bouts de fils

à travers les corps à à corps de l’accordéon-musette l’archet tzigane verse les sanglots longs des violons

7ème ciel du Bonheur des Dame à bout des doigts de l’home

soies vaporeuses oeil retenu au trou de dentelle

shorty de secours sur un vertige balconnet

pour l’alcôve le permis de construire est en attente d’obtention

les soldes sont au rayon bricolage dernier sous-sol au-dessus des bretelles.

Niala-Loisobleu – 28 Février 2021