L’EPOQUE 2020/51: DU BLEU RETOUR


Après les Époques 2018 et 2019, voici le cinquante et unième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : DU BLEU RETOUR  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/51″Du Bleu Retour »
Niala
Acrylique s/toile 55×46

 

bleu non-essentiel disaient-ils

ceux qui s’occupaient à noircir l’aurore

et bien le bonjour selon la coutume

j’ai mal à nos yeux 

décembre emplit le ciel de ses lianes d’indifférence

de larmes d’onglées et d’infortune

en attendant d’être au complet sur un sursaut de lune

dis-moi l’amble de l’amour encore

et le cycle renouvelé du cheval

dis-moi qu’il recommence joyeux indéfiniment

et qu’à chaque pas poussé plus avant

il devient simplement notre démarche

le fossé à franchir en plein coeur de la vie

l’écurie humaine nettoyée de son propre scandale

la laine pour la robe de celui qui la rêve

dans sa maison qu’il arrache à un coin tricoté d’éternel

 

Barbara Auzou.

UN BOUT DU TWOO


UN BOUT DU TWOO

Vent de bout dans le vague nimbé de grande lumière

ils disent voici Noël

je ne vois que l’arbre où nous sommes et cette branche sur laquelle nous nous sèvons

sans ôter les sabots au cheval

pour ne rien dételer de l’attelage

L »étoile tient ce jour accroché au pinceau vers du trait n’ô.

Niala-Loisobleu – 24 Décembre 2020

L’EPOQUE 2020/50 – « AUTOMNALE 5 »



Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-huitième de cette nouvelle Époque 2020 avec Barbara Auzou : AUTOMNALE 5  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/50 – « Automnale 5 » – Niala – Acrylique s/toile 60×60

L’EPOQUE 2020/50 – « AUTOMNALE 5 »

Ce monde que nous vivons

ce monde où toute forme refuse sa création

avec le cri aux yeux et la fourrure sur rien

dis-moi à quelle distance s’en enfuir par quel chemin 

troussé d’une grosse conscience ronde

au moins un fou sait cela qu’il n’est plus rien

que la couleur qui fleurit un matin

comme un passeport qui n’a de nom humain

que ce qui se casse les doigts à chaque jointure

et à chaque page d’oiseau j’entends

bruire un corps de mémoire d’automnes mâtinés

de veilles de sang de fruits incandescents

mémoire encore de l’amour qui attend

à genoux sa voix d’agrumes contre la quille

refuser ce qui brille pour le seul bruit mat

d’un fruit qui tombe enfermé encore dans sa coquille

avant de libérer son tout

Barbara Auzou.

CONTREFORTS DE L’ENFANCE


Chaïm Soutine – Deux enfants

CONTREFORTS DE L’ENFANCE

L’un contre l’autre en renfort de maçonnerie sur la face extérieure des cages thoraciques à contenir les charges de poussées mécaniques du brin de voûte

Maudit Chaïm

Au matin à Vaugirard on vient boire la saignée au point d’Ars avant de monter les mioches au cheval de bois par l’allée des perspectives

Enfant de troupe « Allons Z’Enfants » d’une page non-écrite du couché au levé au lavabo-collectif d’eau glacée que le rêve récupère dans les trois couleurs

Maudit Chaïm

La Ruche quartier de l’Observatoire inspire l’Auguste Boucher, sculpteur créatif plein d’élan. Ah, sortis du visionnaire on serait bon qu’à aller dans le mur ?

Maudit Chaïm on a cru que tu ne serais plus ignoré

Tes gosses quand je les regarde je vois des vitraux à la place des peurs dans leurs yeux. C’est vrai que le hasard n’existe pas, la Reine on lui doit Chagall dans le miel qu’elle a fait là. Il a même fait chanter le plafond. Trop beau. Nous voilà conteur à zéro

Et imagines ce que ça peut me faire mal à la côte

Pas possible d’en arriver à plus se faire comprendre et de se retrouver con sans rire

C’est pas un Soulages qui se supprimerait en chant de blé dans un choeur de corbeaux, il est riche que ça m’en fait gerber outre-noir

Il faudrait pas que que les contreforts d’Auvers-sur-Oise soient du faux gothique Compagnon

Des fois que la foi nous trahirait

A perdre la tête

Léo j’ai besoin de toi pour pas gueuler tout seul

Maudit Chaîm les enfants faut pas que ça finisse Amédéo par défenestrer les Jeanne enceintes.

Niala-Loisobleu – 2 Décembre 2020

AU BOUT QUE J’ESPERE


AU BOUT QUE J’ESPERE

Du beau naît

du bon naît

tu Nesles trop poli teint pour être honnête

je me souviens comment entre deux stations on apprenait à lire

DU BEAU DU BON DUBONNET

mais jusqu’à l’école qui se spécialise dans la fumisterie ça peut difficilement déboucher

Du pays que je suis, ailleurs depuis le départ, je continue la rame comme toujours on l’a fait ensemble Anne, bien que visionnaires ça change pas le lambda de sortir de l’embuscade. A croire que ça le fouette vu comme il y fonce. Ton côté féministe, le bon, celui que je défends sang pour sang, regarde jusqu’où ça dérape avec le génie lesbien. Alice ô merveille, le bébé dans le Coffin. Moi j’ai l’air de quoi avec mon côté Androgyne- In Temporalibus 1983 ?

Bof allez tire-moi la langue je te ferai mon pied de né faune, rires…

Ce que nous aurons vécu au départ de vraies souffrances aura valu autrement que ce qui attend la livraison des prochaines cigognes

Le Beau ça commence majuscule et ça décramponne pas

Les seins de marbre qui tombent sont de chair grouillante, ils se cavalent pas comme la gélatine du pâté de lapin d’élevage et puis l’épopée qu’il y a dans les rides a du pur-sang dans les curies

Restons jusqu’à la fin visionnaires

Tant pis pour eux…

Bon voyage Anne.

Niala-Loisobleu – 1er Décembre 2020

DES DEUX RIVES PONTEES A GAUCHE


DES DEUX RIVES PONTEES A GAUCHE

Pierrot perchoir

l’oiseau côté jardin chante son dévidoir de lumière

L’eau a gagné les deux bords au plus loin

l’écume ondule en drap à la fenêtre

Côté cour où l’habit losange

mandolines et six cordes grimpent en saudade les marches du palais

Que dire de mieux que laisser l’arbre taire ses feuilles au tapis

ça rappelle ta première venue , j’en ai la poitrine qui résonne plus que la manivelle du chevalet riant à La Chaume

mon rire tu te souviens

il te faisait autrement de bien que le masque en protection. La tarentelle donne un mouvement de vie à cette comédie. Je remettrai la marelle au marronnier avant le mirage des rois mages redéboule et avec le coq dans les starting-blocks. J’ai toujours de la craie dans la trousse du jardin, suffit de gratter au pied des vignes…

Niala-Loisobleu – 1er Décembre 2020

AU TEMPS QUE TU SACHES


AU TEMPS QUE TU SACHES

Sans que j’imagine qu’un point obscur flotte sur le drapeau, je tiens à tenir la lampe du phare dans la bonne direction

Même la mer n’a plus la même transparence, on pêche à l’aspirateur sans tenir compte de ce qu’il faut maintenir en vie

Au centre de la Côte Sauvage – l’automne nous préserve des marées humaines – te voir nue établit un privilège –

pas un voyeur planqué derrière les palisses

Les enfants eux aussi absents, retenus aux écoles pour garderie, je n’ai pas à craindre des erreurs policières quant au sens de mes termes

Tu n’es pas du genre Ripolin ces frères qui se montraient en perspective sur les affiches. Toi t’es unique, dans la mode pandémique, c’est mieux qu’un vaccin qui me fait penser à l’Arlésienne. Toi la trompette elle sonne quand t’entres dans l’arène

Alors te dire comme ce tableau est floral en plein automne

Le fruit loin d’être sec est pulpeux, le figuier du jardin est majestueux

Et comme un matin qui prend la route en quittant la Cayenne, il a au coeur la promesse première de la Mère

Vois comme j’ai désiré peindre la parade des oiseaux.

Niala-Loisobleu – 19 Novembre 2020

L’EPOQUE 2020 /49: LE LATENT-LEVÉ


L’EPOQUE 2020/ 49: LE LATENT LEVÉ / Niala / acrylique s/toile 73×60

 

Rien ne me fera blesser

Cette vie qui dépasse partout la pensée

Et ta main preste comme une leçon de choses

Est un feu fascinant qu secoue son vertige

Au-dessus de ses prairies natales

Des chênes bronzés braconnent

Ce peu de saison attardée

Pour dresser sur sa tige un dernier bouquet d’oriflammes

La terre fidèle à sa vocation allège la nuit de sa course

Roux est l’attelage du songe et de la femme

Il tend au matin ses fruits tendres où vont les bouches gourmandes

Et dans la taupe automnale du sang

Le printemps s’enfonce très loin

Et pour longtemps

 

Barbara Auzou.

SURSAUT DE COMBAT POUR SE SENTIR


SURSAUT DE COMBAT POUR SE SENTIR

A priori tout pousse à rien

la pandémie a trouvé de quoi se nourrir dans l’évolution de la décadence

les jours amoindrissent et pompent la personnalité en s’attaquant au caractère de chacun dans leurs combinaisons d’arrangements particuliers.

Le vrai geste barrière tient dans la résistance individuelle qu’on fait remonter de l’enfouissement où on est plongé sans le vouloir. L’imposition bricolée (plus en fonction d’une politique non pourvue de couilles) accomplit son travail de sape

J’ai peur de ne même plus me reconnaître et d’avoir une tête à tout le monde, masque oblige.

La difficulté matérielle accélère la chute. Pourquoi produire si on écoule pas ?

Le temps des Maudits renaît

L’Art est laminé

Je peins concomitamment pour et contre moi-même. Mais la vie doit être maintenue c’est la mort-fourbe qu’il faut tuer

Rester chien.

Niala-Loisobleu – 16 Novembre 2020