Ce qui tient la route échappe au faussé


9ze_Leonor_Fini_fev151

Ce qui tient la route échappe au faussé

Le lit d’où je te parle me tient dans un sommeil éveillé. Par la fente des volets passent des images que je cherche toujours. Il fait noir, pour les regrets j’ai décommandé les rendez-vous..  Les tapis sont en embarquement Porte 3. Puis sans qu’un signal ait lancé une demande, tout s’arrête. Est-ce que les sourires, cachés dans leurs trous sont figés aussi ? Je me demande en même temps à quelle heure la signification des fleurs se lève. Toi tu es seule à le savoir, bien que tu ne m’en aies jamais rien dit. Il n’y a qu’échange des doigts dans un titre de peau, ce qu’on retient de la voie par les lèvres ouvertes. Être tout l’un pour l’autre, suppose d’abord avoir son silence propre. Pas celui qu’on laisse abêti par les niaiseries des commentaires internet. Nous ne portons pas les mêmes souliers, ça n’empêche pourtant pas nos pieds d’aller à la rencontre. De voir l’arbre, son écorce déboutonnée, donner de la sève à la raison d’être fou sans aliénation. Quand tu lis le tableau d’un ton pareil à la couleur que j’ai mise sous le vernis, tu co-signes l’expression de sa sensibilité.. Bien sûr au départ, avant le premier trait, tu étais toute plume trempée déjà dedans. On a de l’insecte qui libellule ensemble, décollant de deux endroits pour le m’aime point de rencontre. Là, par exemples, vaquant au milieu d’un bruyant quotidien, nous nous dérangeons de son emprise pour passer derrière l’écran du bouche-trou. Tes mains, dans cet instant précis, ont ce geste si tendre. Celui qui, quand obligée tu pars,et que tes doigts me restent. Il y a bien plus fort encore, cette fusion qui entre par naturel dans chacun des mouvements de nos cellules, puis demeure au glissement de l’archet sur le violon de nos journées. Quelque soit le mouvement du passage, lent, rapide, nostalgique, romantique. Le fil du temps, se développe au coeur du noyau, sans faire fausse-route à changer tout l’temps de direction.

Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2017

Illustration: L’orphelin de Velletri 1973 – Léonor Fini