Etta James & Doctor John – I’d Rather Go Blind – Je préfère devenir aveugle


Etta James & Doctor John – I’d Rather Go BlindJe préfère devenir aveugle

Quelque chose m’a dit que c’était fini

When I saw you and her talking

Quand je te vois parler avec elle

Something deep down in my soul said, « Cry Girl »

Quelque chose au fond de mon âme disait  » pleure jeune fille

When I saw you and that girl, walking around

Quand je te voyais avec cette fille entrain de te promener

I would rather, I would rather go blind boy

Je préfère, je préfère devenir aveugle, chéri

Then to see you walk away from me child, and all

Plutôt que te voir t’éloigner de moi, petit, et tout

So you see, I love you so much

Alors tu vois je t’aime tellement

That I don’t want to watch you leave me baby

Que je ne veux pas te voir me laisser tomber chéri

Most of all, I just don’t, I just don’t want to be free no

Plus que tout, je ne veux pas, je ne veux simplement pas être libre, non

I was just, I was just, I was just sitting here thinking

J’étais juste, j’étais juste, j’étais juste assise ici en pensant

Of your kiss and your warm embrace, yeah

À tes baisers et à ta douce étreinte

When the reflection in the glass that I held to my lips now baby

Quand le reflet dans le miroir que je tiens avec mes lèvres maintenant, bébé

Revealed the tears that was on my face, yeah

Ont Révélé les larmes qui coulaient sur mon visage, ouais

And baby, And baby, I would rather, I would rather be blind boy

Et chéri, chéri, je préfère, je préfère être aveugle, chéri

Than to see you walk away, see you walk away from me, yeah

Plutôt que te voir t’éloigner, te voir t’éloigner de moi, ouais

Baby, baby, baby, I’d rather be blind now

Chéri, chéri, chéri, je préfère être aveugle.

ANDRE TAVERNIER – AU PREMIER MOT LIMPIDE (Eluard/Tavernier)


ANDRE TAVERNIER – AU PREMIER MOT LIMPIDE (Eluard/Tavernier)

Au premier mot limpide au premier rire de ta chair
La route épaisse disparaît
Tout recommence

La fleur timide la fleur sans air du ciel nocturne
Des mains voilées de maladresse
Des mains d’enfant

Des yeux levés sur ton visage et c’est le jour sur terre
La première jeunesse close
Le seul plaisir

Foyer de terre foyer d’odeurs et de rosée
Sans âge sans raisons sans liens

L’oubli sans ombre.

Paul Eluard

TRAVERSE


TRAVERSE

Grimper à l’échelle de traverse

échange de voix

cheveux contre la têtière dans le frottement des genoux

le long de la rivière dans les épaules des collines calcaires propres à écrire au couteau

Devant la lune un oiseau apponte au soleil

pendant que le buffle entre dans la rizière jusqu’au ventre

la bambouseraie court l’étage.

Niala-Loisobleu – 12 Avril 2021

PSAUME DE PÂQUES


PSAUME DE PÂQUES

Comme de chaque nuit traversée se lève chaque jour le feu:

Et comme à droite de l’avion, sur l’aile, les falaises roses du soleil, et l’arche ouverte dans l’ébène. et les premières tables de la mer — hors des ravins
hantés par les profanations;

Et comme de
Marrakech, à l’aube, les hautes neiges dans le sacre frappant les remparts d’ocre;

Et la prophétie des herbages: et l’avènement de la transhumance ; et la certitude du lait ;

Ah! la mort ôtée à la mort, et les ténèbres descellées, et toute la terre dans le matin de menthe et d’orange:

La pierre rompue, il y a maintenant un
Dieu dans le monde, comme un cèdre blanc, cl avec lui le pouvoir exact je v ivre !

Et il est temps en moi d’user de ce pouvoir;
Et il est temps en nous de sortir du tombeau, avant qu’il soit midi, pour marcher vers les sources;
Car voici que chaque homme est désormais ici convoqué à

la joie ;

Et qu’il faut, sous le sang et sous la solitude, durables jusqu’aux puits, qu’il applique pourtant le poids de la puissance, en lui. qui se tient prête à la paix, à
l’alliance;

Et que tout fatigué, tout crucifié, tout pétrifié qu’il soit :

Aveugle et nu et vide et sourd ;

Et sans espoir et déjà lié à la cendre comme une femme à son enfant mort ;

Il aille encore — avec
Qui habite son absence, et se met à sa taille, et se règle à son pas pour qu’un pas de plus soit possible vers le fleuve offert et fidèle là même où il n’y a
plus rien ;

Et y trouve l’œuvre de sa marche ;

Et en constitue son sel et son exorcisme :

Et de ce qui lui reste de colère contre l’injustice et la haine il bâtisse aussi son combat;

Et par cet acte en lui de
Pâque, que la fable se désenvoûte, ainsi le chavirement des monts au bout de l’empennage:

Et que la métamorphose commence : la coupe sous les pinceaux bleus de
Safi, la laine royale aux teintures;

El qu’il atteigne la transparence;

Et comme sous le fuselage de soie les constellations inverses, les promptes plantations de poulpes, de crustacés, d’insectes élincelants parmi les encres de la
Chine, et la lune même sur les glaciers d’ouest mobile.

Qu’il voie l’incandescence de l’homme dans l’homme;

Et la main et la bouche et l’œil et l’oreille vivants sous

tes calcaires ;

Et la purification prodiguée — le miel des genèses, des planètes, dans la ruche noire de l’espace;

Et toutes choses baptisées dans la résurrection du
Christ qui est l’ouverture de l’être;

Et toutes choses lavées de leurs suints, la face nette, et
Ici plaies propres, et la longue douleur amere mais comme lel asperges sauvages, il en sache aussi la lumière;

El il sache le sens véritable dans les signes déjà qui croi vers l’accomplissement de l’été;

El la chair belle dans la chair el sainte et mûre pour le| fêles comme un pré couvert par l’Espril :

Et la contradiction soumise jusque dans la coniradielion :

El la venue des oiseaux frais, avec les rites du poisson e de l’orge, dans les îles intérieures!

III

Ah ! qu’il soit proclamé que rien, depuis dimanche, n’esi plus jamais dans l’homme ni tout à fait désert ni tout à fait perdu;

El que celui-là même qui n’est avec personne — étranger aux fontaines comme étranger à soi — peut encore accéder à sa propre présence et
entrer en partage avec tout ce qui est s’il se tient libre encore pour l’attentif amour qui incante et qui lie;

El libre pour son nom ;

Et libre dès cetle heure pour répondre — en tuant ce qu’il lui faut tuer — à la vie qui l’invite;

Et comme la surrection du vol, la nuit d’or soudain dans la nuit, il soit maintenani assuré que pcul commencer le bonheur;

Et qu’il ne commence pas seulement conire la mort mais le péché contre l’Espril, et cela d’ombre qui est plus terrible à l’âme que l’équilibre indifférent du seau
sur la poutre des citernes taries;

Et qu’il a pouvoir de germer pour que ce qui est ici s’avance vers ce qui est ailleurs, et que ce qui est ailleurs s’avance vers ce qui est ici, et que l’un par l’autre le fruit se
prépare;

Et l’homme à la mesure de l’Homme, et le monde à celle du
Monde, et l’un et l’autre à la mesure de
Dieu;

Et que la
Création s’ordonne dans la délivrance, comme la main qui ne se détourne pas des pauvres, pour le don de la plénitude!

IV

Car rien au centre que l’Amour, — rien à l’origine et au terme, ni dans l’éclatement du silence, que le mystère de l’Amour;

El rien que sa présence ouverte et rien que
Lui avec ses paumes sur la mort comme la seule parole essentielle pour que l’homme surgisse et vive ;

Et qu’il lui devienne semblable;

Et qu’il nomme à son tour
Celui qui l’a nommé;

Et de
Qui l’a fondé forme aussi ce qu’il fonde ;

Et que puisse déjà, dans le consentement à l’unification, prendre racine l’arbre qu’ils désirent ensemble.

Et naître de leurs noces l’homme fait dans le
Dieu et le
Dieu fait dans l’homme !

Et qu’ainsi l’olivier et l’argile, comme la marqueterie de
Mogador entre les nuages du sud, paraisse d’au milieu des pays brûlés un peuple pourtant qui capte les sèves;

Un peuple arraché au goût du malheur, au goût de l’enfer, au goût du néant ;

Et malgré sur lui le sceau de la mort, qui construit contre elle dans les prés vivants ;

Et malgré les ruines y plante ses blés contre la violence et conire l’horreur;

Et porte le pain véritable et simple contre toute absence, et contre l’exil et conire l’orgueil des fausses moissons et des fausses faims ;

El dans l’homme mêlé jusqu’au bout comme la figue rouge au sol sec sur le figuier de
Barbarie, promeut cependant peu à peu. avec la patience des humbles, l’homme nouveau et vrai !

V

O rivière!
La lerre est verte de toute verdure spirituelle — et la charité la transmue.

Et je dis qu’un corps, dans la
Pentecôte, peut être à présent la force qui l’instaure cl la fertilise ;

Et qu’un corps est là, rassemblant ses os, et qui peut s’accroître pour la sanctifier, s’il cesse de préférer l’hiver;

El qu’une ville de joie attend dans les villes : la semence et l’éclosion de la joie dans la matière même du monde;

El dans l’approche des étoiles et dans le granit et l’acier et dans les grandes années humaines la grandeur possible de la joie !

Une espérance unique, ainsi qu’au repos des roues sur la piste l’événement des choses neuves et leur gage, s’est propo-sée à l’homme pour qu’il n’hésite plus
:

Et qu’il connaisse dans l’amour et qu’il aime dans la connaissance;

Et ne se refuse plus en les refusant ;

Mais qu’il procède vers son âge. dans sa vocation, sans miracle que d’avoir pris sens;

Et s’occupe de devenir l’Homme — pour tout recevoir par surcroît — comme sur les collines encore froides ces bois de mimosas en fleur qui présagent déjà le
printemps !

Jean-Claude Renard

L’Atlas se referme sur lui-même comme tourneboulé par la grossièreté de son erreur sans trouver le souffle qui re-cap le bateau de papier

Combien de temps faudra-t-il pour assimiler ces changements brutaux de rotation des girouettes qu’une complicité nouvelle avec la pandémie met aux vents ?

Avant la crise mon accoutumance à la légèreté n’ayant pu aboutir, il va me falloir réaménager mon énergie pour lui donner le piston propre à la locomotion actuelle. La dernière peinture que la dissection a conduit jusqu’ à la signature au bout d’un épuisement physique intense a mis la joie en fausse-piste au bénéfice d’un plaisir égocentrique qui a fini par démasquer sa véritable identité. Aurai-je eu dans un instant de faiblesse une forme de croyance faisant du mécréant un déserteur ? Voilà de quoi pour ma conscience, ajouter un nouveau cas à traiter

La pile s’agrandit sur l’espace de travail

Plutôt que me gifler de c’est ma faute, ma très grande faute, je crois qu’en laissant les pinceaux se reposer, je gagnerai à ressortir mon maillet avec sa panoplie d’outils

On peut se tromper de sens sur le bon chemin.

Niala-Loisobleu – 11 Avril 2021

TEMPTATION – CHANTAL CHAMBERLAND


TEMPTATION – CHANTAL CHAMBERLAND

Temptation

Brandy rouillé dans un verre de diamant
Rusted brandy in a diamond glass

Tout est fait de rêves
Everything is made from dreams

Le temps est fait de miel lent et doux
Time is made from honey slow and sweet

Seuls les imbéciles savent ce que cela signifie
Only the fools know what it means

Tentation, tentation, tentation
Temptation, temptation, temptation

Je ne peux pas résister
I can’t resist

Eh bien je sais qu’il est fait de fumée
Well I know that he is made of smoke

Mais j’ai perdu mon chemin
But I’ve lost my way

Il sait que je suis fauché
He knows that I am broke

Mais je dois jouer
But I must play

Tentation, oh tentation, tentation
Temptation, oh temptation, temptation

Je ne peux pas résister
I can’t resist

Rose hollandais et bleu italien
Dutch pink and Italian blue

Il t’attend là-bas
He’s there waiting for you

Ma volonté a disparu
My will has disappeared

Maintenant la confusion est si claire
Now confusion is oh so clear

Tentation, tentation, tentation
Temptation, temptation, temptation

Je ne peux pas résister
I can’t resist

Tentation, tentation, tentation
Temptation, temptation, temptation

Je ne peux pas résister
I can’t resist

CES INSTANTS PROVIDENCE


CES INSTANTS PROVIDENCE

Vent à la frontière qui marque le lieu où la voix caresse de soie à soi

Quelques mots sur le papier laissé sur le carreau

au coin de la table

à la ligne du commencement de peau

ça commence au quatrième bouton pour descendre de la bretelle à l’agrafe

élastique d’un saut

l’air soulève pas de questions

les enfants chat balance pour eux

M’aime pas eu peur, dit l’oiseau quand tes seins ont sauté du balcon

Seul le cheval est venu tout près pour boire avant qu’une mauvaise raison les rentre.

Niala-Loisobleu – 8 Avril 2021

Sentir la maille en se passant des aiguilles


Sentir la maille en se passant des aiguilles

Comme ça, pour rien et twoo, à la traîne d’une libellule ouvrir l’éphémère d’un redéploiement des faits secondaires. Si je mourrais d’un coup dans cet instant illimité par l’amour. Sans voir le mauvais côté des choses, sentir le troisième bras prendre le cou, la cinquième jambe remonter son je nous, couvert par l’herbe bien au-dessus du front, les deux oreilles dans ton sein gauche l’autre rebondissant dans la cour de tes fesses à plus de dix kilomètres et toi riant sur mon échasse, à calin-paillard reconnaissant dans n’importe quel noir tout ce qui braille en alphabet

Vivre c’est l’en vers

Sentir la maille en se passant des aiguilles

Au net avec tout

Inspiré

Sans tant limité

Ô de là

Le papillon boucle la scène, tout contre la fleur qui embouche l’abeille, sans voir la loutre qui joue à la nage. Rien des cris sur la pancarte, discrétion oblige. Le chemin doit rouler aux mouvements de croupe de la pouliche. A l’orée l’estuaire s’est largi, peint parasol en huppe.

Niala-Loisobleu – 6 Avril 2021

VENT PORTEUR (Apporté de main)


VENT PORTEUR (Apporté de main)

La pinède aiguille la beauté de ce jour bordé d’écume

dans laquelle le cheval au galop est suivi d’un essaim d’abeilles

La pulpe met à l’anse au repli des dunes des lèvres en baie

sous rire à l’enchaînement des vagues assurées

Du relevé d’amer au venimeux mordu au gant

le navire peut hâler la pâquerette épanouie sous la robe fraîchement peinte à la main

Tandis qu’aux vols des mouettes le pin signe

l’oiseau persiste

Rassemblant l’interdit

sans déroger au rite printanier.

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2021

CHANT D’AILES


CHANT D’AILES

Dans l’ombre mise à part, au tapis du chat, la petite flamme sacre la lumière courant d’un bout à l’autre du chant

Epanouie

lascive

la nature tire du sol la métamorphose de son corps en manifestant des orgasmes jaunes, roses, bleus, violets dans sa chaste blancheur

jusqu’aux vieux troncs qui abritent depuis longtemps l’ardeur des chevaux, rassemblent les dernières couvées

Solennel mais sans faste de couronnement

le rituel force le silence

Jeux d’enfants hors de portée d’adultes pédants, la timide herbe fantasme , recevant les yeux allant vers, les culbutes propres aux meules

Intégrale Anima Sacra, s’élève la voie pubère transe gènes.

Niala-Loisobleu – 4 Avril 2021