ENTRE TIEN EMOI 78


 

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ENTRE TIEN EMOI 78

En franchissant l’obstacle la roue carrée de mon vélo ne fit pas de détours

L’épicier arabe était encore ouvert sur la nuit – le bruit des bennes rappelait la grande forêt africaine aux éboueurs en mal du pays

Comment faire croire que la mansarde avec eau au bout du couloir donnait sur la lagune avant que le Carnaval se répande hors de Venise. Les pigeons qui n’ont pas péri dans l’incendie de Notre-Dame retirent leur souscription l’un après l’autre

En face Rive-Gauche une dame debout sur L’Ecluse se demande quand reviendra-t-il ?

Je suis sur le pont d’une péniche en radoub, un chat noir ondulant entre les tonneaux d’escale d’une ancienne fête du Travail. en débat.

Niala-Loisobleu – 27/04/19

 

lA NUIT SE RANGE


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lA NUIT SE RANGE

 

A pas mesurés

Là au pied du lit défait une chaleur de chien reste endormie

Pendant qu’échappant au vent les derniers réverbères sortent de l’eau

La route apparaît par les brèches d’un ciel percé

Tu es à quai d’un départ en vacances. Théâtre où je t’attends fébrile côté cour dans une senteur construite de jardin d’ailleurs.

 

Niala-Loisobleu – 05/01/19

 

CHAMBRE D’ÉCHOS


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CHAMBRE D’ÉCHOS

 

Si j’étais poète selon mon cœur je chanterais les pierres le soleil et les fées.

D’un seul souffle sur les sables

je tiendrais embrassées

la migration des corps

et la vie adorable

et la vie éphémère

des sources de lumière

des sources indomptables.

« À mes yeux qui rêvent quand ils voient

cette absence brûlée,

je donne une aube blanche

et le goût du mystère,

ce goût de lèvres fendues

aux rives du désert

où l’ombre seule qui passe

est le linceul troué

que la mort a banni

par grand-peur de midi

par grand-peur de la buée trop sèche

qui renaît dans un cri. »

Si j’étais dans la vacance de l’infini selon mon cœur je chanterais les pierres le soleil et les fées.

Nous n’avons pour amie que la nuit.

Nous adorons le soleil

et l’alchimie de sa lumière

qui change voix en parole,

mais une lumière se lève aussi

des promesses nocturnes

dont le cœur seul sait la mesure.

L’haleine de la terre va du gouffre aux étoiles,

naufrage ascendant et qui porte

la barque d’ombre, le nautonnier,

le chant heurté des devins,

et qui porte à l’outre-peur

sur la rive d’un fleuve qui n’existe pas

tandis qu’il traverse notre nuit,

tandis qu’il bat contre nos dents.

Au fond de l’antre ravivant son tumulte

l’oracle n’est pas de tout repos.

Il est sans rien de trop

comme mot à mot
Apollon

éveille la raison sublime dans le noir :

«J’ordonne que l’on médite

et l’écoute du sourd

et la vue de l’aveugle. »

L’injonction résonne d’âge en âge.
On dirait que le mirage est incurable qui toujours monte aux paupières dans la note tenue du monde.
Qui entend la musique des sphères?
Qui découvre le bivouac de l’infini?
Nous avons éveillé nos yeux et nos oreilles au seul écho d’un pleur d’enfant.

La nuit dira nos solitudes.

La lune n’est pas femme mais tout juste pubère, entre fillette et fille.

Elle a le teint

en lame de couteau,

reflet d’un feu lointain

qui approche,

et fièvre qui n’est que l’aube

de la fièvre.

La lune se voile et se creuse, enfant qui joue de ses reins pour saisir l’envers de son corps ou pour séduire sa peur.
Elle a treize ans.

J’avance au-dedans de moi et me voilà très au-delà,

déjà largué plus loin que la mémoire, plus loin que ce que je vois

comme un amnésique aux yeux éblouis qui filerait droit en dansant

sur la ligne d’infini où la peau et les os s’accordent un vrai baiser de sable.

Ce n’est pas rien d’être ce mouvement violent aux lèvres du néant,

pas rien de changer le requiem de l’âme en murmure d’or et de poussière,

en facéties d’atomes, en feulement d’herbes, de flammes ou de pierres,

pas rien d’échapper au corps du grand repos.

(Tout est ici maintenant et dans la suite des âges intensité de cri naissant,

ferveur et étreinte, ciel et fusion, tension d’amant, partage secret de l’impossible…

Tout est cette mort qui s’efface

quand vient un amour face à face.)

Je suis dans l’éternelle errance avec ce qui restera toujours de lumière,

de source de feu toujours

et de fille cavalière.

Je suis dans l’éternel présent, dans l’offrande du sol, des nerfs, des caresses,

dans l’éloge des visages égarés, transparents,

dans le rire à pleines dents d’une vertu cannibale bien plus que cardinale,

dans la beauté du réel absolu qui fut soif des songes

et dans le midi du monde.

Je me trouve quand je me perds,

quand je vis sur le départ, l’arête vive du premier pas, l’envol de l’éphémère.

Je ne balance pas, je bascule,

je plonge dans le lait de l’aube, sous les braises du soir, avec la même impatience de jour ou de nuit.

(Tout m’est éclat et éclair, archipel et steppe immense, bris de clôtures, bris d’épaves, bris de brisures…

J’assemble ce qui me disperse, je sème ce qui ne donnera pas de fruit,

je veux jouir d’une eau aride, d’une terre sans freins ni frontières

jouer de la vitesse de mes visions

en connaissant l’extase douce

d’un cavalier qui ralentit l’allure

à mesure que monte le soleil face à face.)

Je suis dans le souffle du vent d’Est mêlé aux migrations des chants,

je suis dans le souffle du
Levant

et parle ma langue, et rêve mes rêves, mes désirs féroces, mes abattements,

et parle ce que ma bouche a éprouvé, les accents et les tempes, les sexes et la buée,

la saveur des voyelles comme des filles

de voyous bien balancés,

le goût des feuilles sèches

et les reins déclinés,

et parle ce qui s’inscrit avec les dents sur la chair pourrie de l’époque.

Je suis plus que celui qui nie.

Je n’ai pas signé le pacte que tous ont signé.

Je regarde mes mains sans prier

et voudrais qu’elles soient énormes.

(Toute la morale que l’on nous vend,

avec ses longs cils de bébé-phoque, avec son rot d’évêque analysé, avec sa camisole de farce télévisée,

toute la morale que l’on nous vend est un neuroleptique.

tisane du piètre, tison mourant, théine éventée et atone qui changent le sang en cendre, la passion en passoire et le jus des couilles en gomme pasteurisée.)

Je n’attends plus, ne reviens plus, je suis dans le décalage de l’éternel retour dans la spirale qui creuse le regard et le cœur qui creuse les tombeaux de l’espèce,
tombeaux de vieille agonie où je ne veux plus penser où je ne veux plus passer ni mourir ni entendre de mélopée indiciaire et molle, de profession de foi, d’engagement pour
l’avenir, de contrat de confiance, de charte inaliénable…

Car la loi est le leurre suprême,

le social châtiment à perpétuité au voisinage de la norme,

mitoyenneté entre persécutés, entre persécuteurs, mitoyenneté entre prisonniers et gardiens de prison.

Les hommes se reproduisent plus vite que leurs ombres

mais beaucoup moins que leur volonté d’impuissance, mais beaucoup moins que les chiens et les rats.

Les hommes adoptent un profil bas,

et le
Livre des livres n’existe pas.

Il n’est plus temps que de se jeter à jamais

à l’assaut de soi

et partout sur les routes.

J’avance au-dedans de moi et me voilà très au-delà,

déjà vivant plus loin que la mémoire, plus loin que ce que je vois

comme un archer aux yeux très clairs qui suivrait sa flèche en dansant

dans la lumière, dans la lumière.

Ô
Voyageur, ô mon ami qui va par le minuit du monde,

où est le sens qui nous anime, qui nous alarme et nous ouvre la route

et quel est le mystère de cet acharnement?

Tu as dit la ruine des cités, l’effondrement des hommes, le règne renaissant des tyrans,

tu as dit la douleur qui creuse sous les blessures, la souffrance de l’âme, le miroir du désert,

tu as dit l’errance d’une légende vraie,

parole de poussière et d’orage qui ne veut ni preuves ni traces

mais chute libre, oubli de soi, rire d’amant.

Secrètement tu avais le destin en horreur, le dieu unique te semblait injure à l’unité,

tu gardais ce goût mortel d’une lumière en désespoir de cause,

lumière si étroite, si obscure

qu’elle n’obéissait plus aux sillons du soleil.

(La vie, les étoiles, les sphères invisibles,

toutes choses créées

en chair, en os, en actes, en pensées

ne font pas sens,

non plus que ne saurait faire sens

la recherche d’un sens…)

Les prophètes se jettent sur l’avenir comme ces chiens couverts de bave qui aboient aux basques de l’aube,

rien que des fantômes à mordre, des outres de sel où se désaltérer,

rien que des gestes pieux vers de faux infinis, de blêmes transcendances, de lourdes paraboles,

rien que du sang dans les voiles, du sang semé et moissonné, de la haine en certitude.

On amuse les tapis de prière avec de grands soupirs,

les clés du paradis pendent au cou des enfants qui jouent à la guerre sainte,

il y a de sombres brutes près des guichets du ciel.

Celui qui va par le chaos du monde on dirait qu’il traverse les décombres de son cœur, on dirait qu’il affronte ce qu’il porte et torture tout au fond de lui-même

autant que le
Dragon de la ville asservie, autant que les ténèbres qui régissent le jour.

(Car l’ennemi est au plus proche comme une ombre cousue sur le dos, un reflet noir dessous la peau, un œil retaillé au couteau.)

Voyageur à la barque fragile, tu veux gravir les remous du torrent,

tu veux rejoindre la source dans les pierres, tu veux te défaire de toi,

effacer également victoire et défaite, privilège, infortune, gloire ou famine,

quitter ce héros toujours à l’attaque qui s’acharne à colporter ton nom…

Le sens est bien au-delà des combats, des conquêtes, il accompagne raison et folie réconciliées, raison et folie embrassées tout au bord de l’immense ébou-lement
des âges.

L’arpenteur s’est mis à danser, le soufi répare des transistors, et si le but est sans but

et si le soleil se lève encore plus à l’Est de la plus incessante marche,

il est un éblouissement simple, une intense ferveur de l’être allié à l’inconnu

qui se donne à l’amour et qui aime.

Tu as laissé tes équipages,

l’exil t’a fixé le rendez-vous que tu avais prévu,

tu as ouvert les deux battants de la porte.

Chaque corps est un soleil qui brûle les doigts, les lèvres, et assèche nos nuits.

J’aime ce passage où le feu ne laisse aucune cendre mais perdu sur la peau un baiser de lumière.

(Le désir n’est-il pas

l’ami intime des âmes insolées,

l’ami fatal?)

On ne sait jamais dans l’amour ce qui se brise de soif et d’ombre.
Tu as du sable plein les cheveux.

 

André Velter

(Peinture d’Odilon Redon)

 

LES ROSES DE LA MERDE


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LES ROSES DE LA MERDE

 

Mes pieds ont engagé leur pointure marine
Dans des savates s’ulcérant au ciel zonier
Et la zone a poussé tout à coup des palmiers
Comme un enchantement de rose à la vermine
Des gravats efflanqués fleurant la cathédrale
Rosace de misère et gargouille d’oubli
Débriquent à longueur d’épuré et de dépit
Des façades de chaume où le calcaire escale
Il est midi chez la clocharde et ses insectes
Relatent leur folie anonyme et sucrée
En buvant de son sang relatif à gorgée
Curant publiquement leurs trompes architectes
Les graffiti font de la lèpre au mur malade
Pierre est un con
Marie-Madeleine est putain
Et puis vont sentencieux les esclaves des chiens
Emmener leurs patrons pisser sur ces salades
La mer a ses anglais et n’est pas bonne à boire
Les cargos sont à sec et s’en vont du gosier
Klaxonnant leur fureur amère dans l’évier
Où j’ai mis à glacer un melon sans histoire.

Léo Ferré

TESTAMENT PHONOGRAPHE – LEO FERRE


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TESTAMENT PHONOGRAPHE – LEO FERRE

POÉSIE

J’avais pris l’habitude de lire les textes des chansons de Ferré, en en imprimant certains pour pouvoir y revenir à ma guise. Or il se trouve que, de son vivant, Ferré a publié un recueil de textes (paroles de chansons, textes inédits, introductions, etc.) – un livre qu’il a donc lui-même façonné, et non un melting-pot post-mortem agencé par des éditeurs. Ce « Testament phonographe » est un ouvrage poétique à part entière (ses paroles ayant une existence totalement indépendante de leur contexte musical), et je tiens son auteur pour l’un des plus grands poètes qu’il m’ait été donné de lire. Connaissant bien l’œuvre musicale de ce voltigeur du verbe, il m’est arrivé régulièrement, à la lecture, de fredonner un air sur les vers écrits. On constatera le panel large de la stylistique Ferré : la langue transite d’un argot parisien dépouillé à un phrasé-fleuve complexe, atypique et subtil. Si je n’ai pas d’affection pour la première catégorie, la seconde m’a fréquemment touché – en terme émotionnel – et impressionné – en terme de qualité d’écriture. Une écriture sublime dont les thèmes centraux – la politique, l’anarchie, Dieu, les femmes, l’amour, la solitude, le sexe et la mort – font résonances.

J’ai souligné dans les marges un nombre important de phrases, que je ne peux pas toutes retranscrire ici. En voici néanmoins une partie :

« C’est à trop voir les êtres sous leur vraie lumière qu’un jour ou l’autre nous prend l’envie de les larguer. La lucidité est un exil construit, une porte de secours, le vestiaire de l’intelligence. »

« Je cherche un exil statique, sans yeux, sans mains, sans rien qui m’attache, et ma conscience lacée comme un soulier marche dans le vocabulaire. »

« C’est par le style, où qu’il loge, que je me déshumanise et grimpe aux cimes du non-dit, de l’incontrôlé. Le style, c’est cette personnalité du doute enfin traqué. C’est une ombre en détresse qui cherche à se lover sous le soleil de l’admis, du tout fait, du symbolisme courant. Le style ? Chaque fois qu’il montre son bout du nez, la tourbe crie « au secours », elle se décharne pour s’épurer dans le conformisme. Le conforme est l’abject. »

« Nier les couleurs, mettre du mauve dans ce qui ne paraît pas mauve et s’appeler Gauguin, voilà qui est du refus transmis. L’art. La liberté est un renoncement. La liberté s’apprend dans une pièce carrée, fermée. C’est de la pure négation. Si quelques fous n’avaient pas dit « non », contre toute évidence, depuis que nous roulons sous les saisons, nous serions encore dans nos arbres. L’évidence, c’est la seule préoccupation du pouvoir. Le soleil se lève à l’est, pas vrai ? Vous autres de l’affirmative, vous ne m’intéressez pas. Moi je suis contre. »

« Il m’importe que j’oppose à votre « oui » un « non » qui m’aille comme un gant ; il me faut ma pointure de « non ». »

« Quand je me rencontre, je m’évite, tellement je vous ressemble. »

« Le spleen se porte seul comme une croix de brume. »

« L’écrivain attend, à l’écurie, qu’on le sonne pour l’entraînement. C’est un silence qui le sonne : le silence des probabilités économiques, cette sorte de hasard sonore qui lui fait dresser l’oreille. »

« Van Gogh, fou, à Arles, quand il sort de son tube, se coupe l’oreille. Entre les tournesols et le bordel, il y a une entremetteuse : la palette, cette frangine de l’extase. »

« Dans les soleils de givre de mon âme engourdie, je sue, mieux qu’au désert. »

« Je m’aliène dans les mots. Quand je dis : « je vous méprise », je me donne à vous quand même sous le couvert d’un mot, d’une injure. »

« Un poète ça sent des pieds
On lave pas la poésie
Ça se défenestre et ça crie
Aux gens perdus des mots FÉRIÉS »

« JE PARLE POUR DANS DIX SIÈCLES et je prends date
On peut me mettre en cabane
On peut me rire au nez ça dépend de quel rire
JE PROVOQUE A L’AMOUR ET A L’INSURRECTION »

« Je n’écris pas comme de Gaulle ou comme Perse
Je CAUSE et je GUEULE comme un chien
JE SUIS UN CHIEN »

« Je te sais sur ma carte où tu lis le possible »

« Je te sais dans les bras d’un autre mannequin
Ceux que tu mets dans toi au rythme de la rue
Au hasard de l’asphalte au rimmel des pavés »

« C’est un groupe de fleurs à la main qui me charge
Et qui débite sous sa hache mes vers libres
Qui crachent leur venin à la gueule du verbe »

« J’ai le sentiment bref de ceux qui vont mourir »

« Surtout ne pleure pas
Les larmes c’est le vin des couillons »

« Cet amour qui vous monte à la bouche comme une grenade
Qu’on ferait bien éclater dans quelque ventre passant »

« Au quartier des terreurs des enfants se sont mis
A brouter des étoiles »

« Entends le bruit que font les français à genoux
Dix ans qu’ils sont pliés dix ans de servitude
Et quand on vit par terre on prend des habitudes »

« Beatnik fais-toi anar et puis va boire un coup
Avec ceux qu’ont trinqué en Espagne et partout »

« La tristesse […]
C’est la mélancolie qui a pris quelques années
C’est le chant du silence emprunté à l’automne
C’est les feuilles chaussant leur lunettes d’hiver
C’est un chagrin passé qui prend le téléphone
C’est une flaque d’eau qui se prend pour la mer »

« Ma vie est un slalom entre mes ombres […]
Un soleil ça descend toujours comme un vaurien
Ça vous met son couteau entre les pôles […]
Mes cheveux n’ont plus de licol
Mes chiens n’ont plus de muselière »

« Les mots que vous employez n’étant plus « les mots » mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se font bonne conscience. »

« La lucidité se tient dans mon froc. »

« Voilà que tu cherches ton bien
Dans les vitrines de ma nuit
Achète-moi je ne vaux rien
Puisque l’amour n’a pas de prix »

« A petits coups de rame en rimmel tu te tires
Vers les pays communs dans la nuit qui s’évade »

« Dis-moi la jalousie quand ça te prend au fond d’un lit où tu es seul
Avec dans le plafond des araignées
Qui tissent un peu de ta mélancolie »

« La mélancolie […]
C’est les yeux des chiens
Quand il pleut des os
C’est les bras du Bien
Quand le Mal est beau […]
C’est un DÉSESPOIR
QU’A PAS LES MOYENS »

« Sur la plage le sable bêle
Comme des moutons d’infini »

« Ce cri qui n’a pas la rosette
Cette parole de prophète
Je la revendique et vous souhaite
NI DIEU NI MAÎTRE »

« Il ne reste que moi qui ne suis pas à vendre
Alors tu es passée et je me suis donné »

« T’étais tout gris comm’ l’illusion
Quand l’illusion a changé d’nom
Et qu’ell’ s’allum’ comme un’ tristesse
Sous la vérité qui nous blesse »

« Quand il y aura des mots plus forts que les canons
Ceux qui tonnent déjà dans nos mémoires brèves
Quand les tyrans tireurs tireront sur nos rêves
Parce ce que de nos rêves lèvera la moisson »

« Shakespeare aussi était un terroriste
« words… words…words… » disait-il »

« Tu pourras lui dire : « T’as pas honte de t’assumer comme ça dans ta liquide sénescence.
Dis, t’as pas honte ? Alors qu’il y a quatre-vingt mille espèce de fleurs ?
Espèce de conne !
Et barre-toi ! »

« Si jamais tu t’aperçois que ta révolte s’encroûte et devient une habituelle révolte, alors
Sors
Marche
Crève
Baise »

« Quand je vois un couple, je change de trottoir »

« J’éclaire la Nuit dans le noir de mes nerfs
Dans l’or de mes cheveux j’ai mis cent mille watts »

« Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras !
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis. »

« La nuit… la nuit…
C’est un’ copine qui vend
C’que d’habitude on prend »

« Quand tu dis que tu m’aimes on dirait que tu laisses
Au cul de ma comète les cheveux de ta nuit »

« Moi, je vivais demain et ça fabriquait les malentendus. »

« Il faudra que je change de support. Le papier, y’en a marre !
De ce papier-xylo qui fait grincer, gémir les arbres que je porte en moi. Quand on scie un arbre, j’ai mal à la jambe et à la littérature. Quelle horreur, la parlotte ! Écrire partout, à l’envers de toi, sur mon cœur, sur ma loi, dans mon froc, lorsque tu me regardes précisément et que je te dis que je suis dingue de toi, pour te faire couler ton printemps court… »

« Le drapeau noir, c’est encore un drapeau. »

« Le Che crevé, crucifié, pourri déjà, même sur vos images.
Dépoitraillez-vous, Hommes, s’il en reste, et venez vous chauffer au bain-marie de ma métaphore, celle qui appelle chat une amphore et gouttière un vieux thème serbo-croate. »

« La vie ne tient qu’à un petit vaisseau dans le cerveau qui peut déconner à n’importe quel moment, quand tu fais l’amour, quand tu divagues, quand tu t’emmerdes, quand tu te demandes pourquoi tu t’emmerdes. […]
On se demande ce qu’on fout à se multiplier par deux
Deux cœurs deux foies quatre reins… Je suis seul et je pisse quand même.
Le couple ? Voilà l’ennemi ! »

« La femme inventée ne déçoit jamais, seulement, il faut tout le temps en changer. »

« L’anarchie est la formulation politique du désespoir. »

« Montrez-moi donc un homme dans cet univers du matricule ! »

« C’est un malentendu bougrement original l’amour, pas vrai ? »

Niala-Loisobleu – 8 Juillet 2018