ANGLE DE DEPART


ANGLE DE DEPART

A travers la roue du vélo restée appuyée dans son cadre

l’oiseau qui pédale cherche le nom qui donnerait l’élan aux doigts sur la guitare muette

ce bruit percé de pièces sur le trottoir traverserait la manche à chat-perché d’un seul cri du coeur

La devanture des campagnes et son linge épincé me sort du lavoir

creusant ses nids-de-poules d’une ligne d’arbres à l’autre en laissant aux vaches la vue sur le train

traverses du chemin offertes

Au bout du quai le cadran solaire traçait le gulf-stream sans alternatif saisonnier

de quoi entrer aux bains-douches se tremper le cul comme un moineau facétieux qui pourrait s’appeler Ernesto

Le soleil allume ce qui reste d’herbe pour l’accouchement de l’été

l’automne est à la porte quoi que je pense que je ne passerai pas l’hiver à rentrer le boeuf à la prochaine crèche

le sujet m’interpelle

détacher l’âne de la noria pour violacer encore un chardon serait plus piquant de vie que d’embrasser la bague de l’évêque pour sortir le goupillon

Sans fleurs ni couronnes

que tes yeux tournant le manège où les rires de gosses sont assis.

Niala-Loisobleu – 13 Septembre 2021

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GENRE CONSTELLATION


GENRE CONSTELLATION

Sur son trottoir, bans repeints, les amoureux se roulent des pelles en public sans passer la main à côté du massif coralien

« Le bel oiseau dechiffrant l’inconnu au couple d’amoureux – Constellation »

C’est du Breton en baie de Seins-André dit le Miro qui voit clair dans le Labyrinthe

Joan le catalan qui navigue son petit-poisson dans l’ô en tirant la Muse à vue

Moi Niala sautant au lit, les prolégomènes sortis, paille de faire la litière neuve à l’équin

et des doigts lie l’herbe du nid de façon à ce que ça tienne par les cheveux à la comète

Ce touché surréaliste dans la reine bande et rilles comme l’animation des ruts le jour de la Fête à la Sardine que le facteur déball’art

L’inconnu encorne

satellise

plus qu’un ancien big-bang qui terni d’éclats cherche en vain l’artifice présidentiel

Tais-toi Marseille

qu’on se débouche les pores….

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2021

DU BEAU DE MA BELLE Ô JOUES


DU BEAU DE MA BELLE Ô JOUES

Du tant que j’allais seul au devant aucune peine ne vînt chasser un beau authentique de cette poésie que j’en fis trot

Cheval de bataille

les laides montrent leur perfidie en embuscade dans l’anonymat

« j’ai dit »

en initié qui se tait et ouvre l’union

Ô FEMME !

pris d’amour pour la seule qui réunit l’émotion sans omettre…

Niala-Loisobleu – 11 Août 2021

FRAÎCHE TENTATION A L’ISSUE DU CHARGEMENT


FRAÎCHE TENTATION

A

L’ISSUE DU CHARGEMENT

Parvenu en phase terminale du chargement

survînt soudain cette image

comme un signal prémonitoire

Cette exposition juxtaposée je l’avoue boosta toute fatigue, en ne laissant apparaître (s’il en avait été besoin) que les bons augures de Couvent enfin prêts après s’être faits si longtemps priés d’arriver

ce qui amplifia bien des choses

Anémone était montée la première

montrant ainsi une hiérarchie respectée

vinrent les autres

au total 46

de quoi faire saillir Marvaud et marées

Et ma foi, j’avoue que le ressenti fut digne des hanches et beaux fruits de la belle Vénus callipyge qui sortit de son désert comme une fraîcheur bien amoureusement hospitalière

Je ne suis pas parti à la mer avec les autres, c’est elle qui est venue me donner ses embruns en campagne…

Niala-Loisobleu – 25 Juillet 2021

A MON FRERE, MARCELLO COMITINI


A MON FRERE, MARCELLO COMITINI

Qu’ô qu’une désolation ne t’éther nu

Marcello

Ainsi je suis d’oulipo

malicieux écureuil à tête d’aiguille

sur la voie d’un céleste qu’on voit pas

mais qui roule sa Poule

tel un Robert malicieux

A la vie refaite en bleu de Pierrot

aldente

pour resucrer la fraise avant de la goûter

hors de sa Comédie

Restons aux claires ostréicoles afin de laver le sel des algues vertes de la vie

Je t’embrasse comme un Frère…

Alain

L’ARCHE DE NOE


L’ARCHE DE NOE

Beaucoup de bicyclettes plus loin et nombre de chevaux en sus

apparaissent les progénitures parties après leur crachat dans la soupe

La baraque foraine du jeu de massacre bée face au large

qui aurait dit que du bon peut sortir de l’aigre

personne à moins de remonter plusieurs générations

Bah mais l’amer a pas résisté à la lune d’hier

l’innocent ne doit pas se croire coupable

la marée-basse fait du lundi le jour de lessive

Pendant qu’il reste du soleil faut hisser l’arc autour du phare pour lui nettoyer l’oeil chassieux

un chat noir ne fait pas ombrage sur le ventre de la plage

ça apaise le mal de do

L’occasion de tirer les voiles de la baraque d’hivernage du tendre

pour fêter la mer sans réserve reste la réalité où s’appuyer

Marie je passe par l’huis de ton bouton en arcade pour rejoindre le loin et je t’en brasse.

Niala-Loisobleu – 31 Mai 2021

EVASION D’AILES EN ÎLES


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

EVASION D’AILES EN ÎLES

Cet harmonica qui, baluchon sur l’épaule, prend la mer en bon Capitaine

Alors que des huîtres qui baillent interpellent le hasard pour le sens à donner à sa traversée

A bord

Autour

Franchissant l’horizon caudal

Un vrai bleu déploie du peint saut, une sorte de courant conducteur sous la quille

En tournant les existentielles questions de manière à faire mieux qu’un raté de soufflé

Passe un vol de migrants plumés en grand pavois sur le cimetière marin, le reverdit, d’un largage de fientes en riant comme un gosse de ses niches

Et souffle dans l’instrument chromatique

Etirant la Pentecôte jusqu’au soleil

L’accroche en haut du mât

Pour mariner la moule au bouchot dans un coin d’herbe face au large inaccessible aux touristes.

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2021

Les cris d’écoliers dans les cours (Lucien Massion / Philippe Bizais)- Jacques Bertin


Photo de Robert Doisneau

Les cris d’écoliers dans les cours (Lucien Massion / Philippe Bizais)- Jacques Bertin

Les cris d’écoliers dans les cours
La pierre blanche au carrefour
Ce signe tracé dans le sable
L’étoile posée sur la table

Ce regard dans la foule hostile
Ce jardin doux des trèfles tendres
Ce printemps du mois de novembre
Cet été dans l’hiver civil

Femme inconnue aux cent visages
Mystérieux livre d’image
Le vol au loin des grands oiseaux
Le chant glissant sur les roseaux

La nuit toute mouillée de roses
La soie des matins vénéneux
Ces îles blanches dans mes yeux
Et ce printemps des ecchymoses

Le soleil dans les rues barrées
Et la rhapsodie des marées
Ma part de pain ma part de rêve
Ce point d’aube au bord de ma lèvre

Femme inconnue aux cent visages
Mystérieux livre d’image
Le vol au loin des grands oiseaux
Le chant glissant sur les roseaux

Septembre 2016
Prologue à Dans la vitre de l’aube, recueil de Lucien Massion
C’est beau, ce qu’il fait, Lucien…

On s’était croisés à Nantes, en 1977. Mais on s’est vraiment connus « à la Sainte-Baume », quelques années plus tard. Fondées par Pierre-Georges Farrugia, ces Rencontres de La Sainte-Baume furent pendant une dizaine d’années un extraordinaire consistoire, congrès, colloque, pot de confiture de l’amitié. Dans cet ancien monastère dominicain du Var, chaque été, 120 enthousiastes passaient dix jours à écouter, apprendre, travailler la chanson. La Chanson. Nous en fûmes tous deux ; lui, comme stagiaire ; moi, comme animateur.

C’était un Nantais. Fervent, discret, intègre. Il fut chanteur – avec Philippe Bizais, un Nantais comme lui, qui mettait ses textes en musique et l’accompagnait au piano. Il publia un disque (L’ombilic, 1987), enregistré dans un des meilleurs studios de la capitale et orchestré par Michel Devy, briscard talentueux de la profession. Il eut pour parrains quelques-uns des grands de la Chanson Française.

Puis et mais, on regretta qu’il arrêtât…

Aujourd’hui, il se décide à publier. Pas trop tôt ! C’est beau, ce qu’il fait, Lucien. Il est loin des modes de la poésie française « contemporaine » (l’officielle, que personne ne lit) ; tant mieux. Lui, c’est le vers qui chante, l’urgence des sentiments à dire, le désir de fraternité.

Voyez comme ces textes sont utilitaires : dédiés à celui-ci, à celui-là, des proches, des amis, des silhouettes dans le grand beau paysage de l’amitié… Juste de la poésie utile. De celle qu’on aime.
 
Jacques Bertin
Ce livre est disponible à la Librairie Mollat
Janvier 2012 Philippe Bizais 
Notre ami Philippe Bizais est décédé le 23 décembre 2011, à Nantes, à l’âge de 57 ans.Pianiste et compositeur (notamment de chansons avec Lucien Massion, pour le disque l’Ombilic, en 1987), il avait été l’accompagnateur de Gilles Servat, ainsi que du duo Hélène et Jean-François ; il avait participé activement jadis aux rencontres de la Sainte-Baume ; il accompagnait l’atelier d’interprétation de Jacques Bertin depuis le début, en 2005.Notre affection lui fait une bonne place dans notre mémoire
.Jacques Bertin

LA PLUIE FECONDE


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

LA PLUIE FECONDE

Des faux soleils, tirer la pluie féconde, est sans Coué la meilleure méthode

il y a dans le meilleur des mondes toujours un passage nerveux qui fatigue le pas de la marche

Choisir le principal

et laisser l’inutile dans sa serre à rien

L’enfant me dit mieux que celui qui joue à l’adulte la meilleure façon de plier le bateau avant de mettre son papier à l’eau

Souffler n’est pas jouer

du vent vient la traversée d’un bord à l’autre de la pente côte sans se la jouer Sisyphe

Tire le sel de la mer , mon gars et monte à cru sans courir de chez toi.

Niala-Loisobleu – 21 Mai 2021

PREMIER REGARD – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 46X38


« PREMIER REGARD »

NIALA

2021

ACRYLIQUE/TOILE 46X38

BOUQUET SUR LA BRANCHE

Bouquet sur la branche cherche un cœur
Amoureux. Lui faire honneur
S’offrir simplement comme un rare trésor
Que l’on ne désire pas à tort

Sur la branche le bouquet cherche un cœur
À prendre, au premier regard
Le choisir avec la plus délicate des égards
Une attention susurrée comme une rumeur

Bouquet printanier sur la branche cherche le
Rituel que seuls ses adeptes aiment
Sèment des pouls qui battent la chamade
Et s’émerveillent à résoudre ses charades

Bouquet sur la branche cherche à chérir
Aussi longtemps que l’amour sera
Sans trop longuement réfléchir
Tu le lui porteras quand tu la rencontreras.

Ameyi Essi

Prérequis

l’acte de bout de nuit

fait l’aube

L’oiseau transporte par voix d’air le cri de la mère

Amoureuse nage animale

rose écaille portée sur la vague

pore à pore à vivre

à bord du sourire espoir.

Niala-Loisobleu.

18 Mai 2021

https://lejardindabeillesdelagardienne.wordpress.com/