Là, sur la présente rayure


Là, sur la présente rayure

Avant que l’orage ferme le passage ouvert des arabesques du papillon bleu

les mots de son conte en couleur

cette mine sanguine qui gonfle le fruit

jusqu’à croire qu’à la nouvelle vague on se filme incognito

en tant d’aime

paix d’halo…

Niala- Loisobleu – 23 Juillet 2021

CANIVEAUX PARALLELES DEVIANTS


CANIVEAUX PARALLELES DEVIANTS

De la clef du cantonnier jaillit la joie du matin sous mes genoux

Dans cette partie de trottoir le soleil est encore aux jeux de bains des oiseaux

l’ombrelle fermée n’a pas ouvert son langage flatteur autour d’un rien échafaudé par une influenceuse

et le bruit du balai de bouleau qui pousse le vomi de la nuit vénale sent l’eau de toilette

Assis je vois mes camarades rire d’avance aux bouchons qu’ils vont me téléphoner avec les bateaux de papier

Nous décidons de n’avoir jamais l’âge de ceux qui nous entourent de leur éteignoir

Garder le sein sorti des mers pour boire le pré-salé des passages de tropiques

Le petit Jean et Nini embarqués dans le même rire sur la vague scélérate

ce bleu tunisien que Matisse engrange et cloud aux portes des façades blanches

à l’inverse des buses mises par les paysans vosgiens durant mon séjour en exode au cours de la 2ème mondiale

« La Femme » précise le contour de l’ascèse où crayonne ma sensibilité

une autre nudité abolissant l’esprit dominateur actuel

Au poing du combat pour vivre propre

l’idée a disparu

qu’on en arrive à sortir l’étoile jaune pour la mettre au crématoire de la vérité correspondante

Trafic d’enfants, troc d’acides, prostitution de la vertu

Ce ria des marées fait triste caniveau de la Côte Atlantique qui passe au noir sans transition du blanc

Le nautonier n’est pas loin je passe à gué ma foi dans les bottes

fildefériste sur une guitare insoumise au chant veule.

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2021

DEPOLI ACTUEL POUR LA CLARTE D’AUTRE SAISON


DEPOLI ACTUEL

POUR LA CLARTE D’AUTRE SAISON

Des pas restés posés en arrière

l’attente mûrit

souterrainement

à la naissance incitée

au sourd des vagues

la grande toile manifeste des signes de marche

précisant l’idée de fond que les limbes poussent à sortir

Conjointement le grand Fauve s’est tourné au vent

il flaire pour son départ en chasse

en laissant le temps au temps

en réunion des sphères

l’énergie crache des vapeurs du pouls du poignet gauche

amenant le sensible à s’accorder aux mouvements de l’oiseau

l’ouverture tend la peau des percussions en graissant le piston des cuivres dans l’assise

pour un un final ?

Si l’oeuvre peut-être sortie de sa ganse

il y aura ascèse du personnage de « La Femme ».

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2021

TAPIE ROUGE


TAPIE ROUGE

J’ai fait le marché ce matin

au banc de ma fruitière pour afficher des images estivales

Melons d’eau pour désaltérer la ligne de vie

Sous les arbres le fleuve tient à la rive

il y aura de belles figues

Un oiseau pique une tête

la branche s’est redressée

Voici l’abeille qui cale hisse

un petit faon a traversé l’allée sans s’arrêter

Le violon d’Henri connaît l’archet qui me donne la chair de poule

de ce rouge où elle lève la senteur de son bouquet je glisse la langue sur ses hanches

et vais faire un plein des sens

pompe à des seins.

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2021

MESSAGE DU SENTIMENT PAR ALAIN JOUFFROY


MESSAGE DU SENTIMENT PAR ALAIN JOUFFROY

Nuit sans but
Vision à revers

Nuit qui lévite les sources

Je suis ton fils
Je suis ton désespoir

Je suis ta chute
Je suis ton grand lavoir

Ton sort est dans mes mains

Je prends ton gant de fer

Je frappe ton rocher

J’emploie ta clé liquide

Tu es ma grande aïeule
Tu es ma vanité

Glisse sur moi
Lâche-moi

Va-t’en heurter d’autres carreaux

Laisse-moi chasser tes bêtes

Je veux sourire à ma santé

Je veux saluer ma vérité

Je veux crier ma vie à fleur de terre

La vie est mon terrain
La vie est mon couvert

La vie est ma poignée
La vie devient mon soc

Braise sans bord

Je suis peuplé de rires peuplé de chocs

Ma peau est la frontière de l’effort

Ma route est innomée

Je suis son ciel crispé par sa mitraille

La nuit est dans ma main comme un cloporte

L’attente en moi s’accorde à la cascade
Clinquante de chaleur
La sueur comme un drapeau tendu par l’air
Je hisse mon paquet de destin

Tel un message lancé sur la terrasse

Je chuchote — cymbale instable

Les mots outrés de ma prochaine clarté

Raison empoisonnée

Ton théâtre me méduse

Mais ta tête est coupée

Tout se risque

Harcelé au centre épouvanté du ventre

La terre du torrent d’atomes

Opère sa trouée en plein ciel couvert

Agité par ses aras hurleurs

Sa blessure aiguë comme une scierie

Mon cœur insiste.

Ouvert, chassé d’un désert de tiédeur
J’aimante le brasier, je charge en moi la terre.
Je sors de mon carcan, mon sang est survolé.
Je hurle et j’extermine en moi tous les guerriers.
Mon corps est un combat.
Ma tête est envahie.
La mort est paradis si mon amour me supplicie. À vif et violenté — je cogne à la porte blindée.

Séismes du monde !
Choeurs et catastrophes !
Notre ombre sur la terre est le péril de l’épervier

nous sommes cellules infimes d’un monstre inexploré
Notre patience est d’un caillou sous le ventre du fracas
Notre force est dans l’éclat où nous perçons la rage à jour

Nul séjour n’est comblé

L’œil collé aux interstices

Nous cherchons les golfes de l’univers

Au lieu de surgir où nous sommes — ici

Au lieu de nous changer dans la turbine

Au lieu d’aimer notre racine

Au lieu de lier norte anxiété au tambour de terreau

Au four à pain de notre terre

— et de parler dedans

— et d’écouter dedans

Le battement impétueux des espaces

Au lieu d’éveiller les peuples dans l’ouvert

Alain Jouffroy

QU’ANEMONE


QU’ANEMONE

Passée l’heure du levé et pas en corps lavée

penche vers moi depuis la tête et le tronc dans leur magie d’un bon sommeil

sur la scène écrite par Matisse sur la toile

ce flux où les cris des mouettes sont attelées à la femme qui m’entrebaille le cap à fleur ouverte

fortes bouffées prises à la première vague d’iode

au sillage du rose d’écailles que le pouls ouvre

Niala-Loisobleu -20 Juillet 2021

AU POIL PRES


AU POIL PRES

De quel dense autre mon coeur pourrait des coupées monter au pont ?

Elle l’a dit, l’a chanté

Henri et ses bleus au Je Nous reste salvator de l’ocre rose par la pointe de son sein dressée, le pré-salé de son herbe d’un gigot exceptionnel mettant le Jardin Divers d’une poésie amoureuse

Mort-subite créée par un dysfonctionnement d’appendice et des oreilles

A la fleur des paumes se penche alors du boccage, l’oiseau sur la branche d’un peint frais

l’appel du boulanger, si manuellement pétri que ça pointe autrement que ce qui casque uniquement.

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2021

D’E’mois passés l’un au-dessous sur l’Autre (REPRISE EN COMPLETUDE)


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D’E’mois passés l’un au-dessous sur l’Autre (REPRISE EN COMPLETUDE)

En file sur douze rangs l’humeur incontrôlable comme une déraison climatique passant de l’habit de soirée aux guenilles les plus tues d’une décadence bâillonnée, combien fus-je les mois écoulés, malmené malgré moi par des ouragans soudainement glissés dans une mer d’huile ? Oh, je ne partîmes qu’Un, arrivant en somme plus à me poser la question de savoir où nous sommes réellement…Les vents tournent plus vite que jadis. A croire, un comble pour l’agnostique que je suis, que le dieu Eole est entré derviche aux coups d’vents. Je m’attrape par un bout les jours où ça dépasse, mais le temps de trouver à m’amarrer la rivière a déjà passè l’estuaire. Foutre, comment enfanter, toute la matière à concevoir se barre à côté de la matrice. Merde, t’as-t’y un rouleau des suis toow ? Des phases entières de son existence disparaissent sans avoir eu le temps d’entrer dans la table des matières. Emmuré dans des célébrations du bluff, ça va jusqu’à ne plus pouvoir lever le doigt. D’un coup d’oeil impitoyable ta maîtresse  t’a cramé. Par où je vais passer le premier…qui le dira aura une tapette.

…Attendre, pour voir…(coi, ça m’étonnerait)

Attendre

par Blanchemain Dominique 

Se dresser dormeur en forme de feuille jetée
Lorsque s’effeuillent nos coeurs jaunis

Attendre

Se lever débiteur borgne du temps abîmé
Dans l’écueil des peurs difformes
Où séjournent les restes d’espoirs

Attendre

Attendre que les fleurs s’envolassent
Du sombre lit de pierre maudit
Où s’enlacent les moires désirs

Attendre

Voilà à quoi l’humanité est réduite. Surtout ceux d’entre elle qui dorment sur les trottoirs. Leur cadeau de ce soir ? Ben la chance de ne pas avoir d’émetteur-récepteur de voeux présidentiels.

Niala-Loisobleu – 31 Décembre 2017

SUITE, ATTENTE CONSOMMEE

Dressées debout les pierres sont là, à la main posée de gauche adroite, reste à savoir ce qui reste qui bat en corps

Un, peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ?

Ah ! Marguerite pleures-tu avec ou sans raisons ?

à rouler en excès de sensibilité les lignes droites se transforment en dangereux virages que la corde pend au gibet de la méprise totale

Il suffit d’un rien

une rafale

peut étendre le chêne connu pour être un roc

Seule la mer tient l’Atlantide accessible par le pouvoir de son sel

Le trottoir lui demeure l’inconditionnel chantier d’épaves

A la racine ombilicale reste toujours la partie qui remonte au point de départ

Les faux létales ne sont pas des récoltes, le fléau sait lui extraire assez de grain pour tenir les semailles quand les meules font chambres d’hôtes au manche à demains…

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2021

L’OMBRE S’EN RETOURNE


L’OMBRE S’EN RETOURNE

Du coq à l’âne

le jour est tiré de nos rias

Le soleil l’agrafe aux clochers à la volée des cordes

Un jaune pousse un cri d’oiseau

à la maille des tresses de l’osier des greniers

pour cueillir dans l’arbre ce râle aux mains sonores chemin de guitares

qui à pied monte les pierres en assise des villages-blancs dans la mystique lumière

Etape de seins Jacques composte ailes.

Niala-Loisobleu -13 Juillet 2021