REQUIEM


 

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REQUIEM

 

J’étais jeune

impétrant face  au testament

la mer a multiplié son sel

et le soufre a purifié ne gardant de l’utile qu’un baluchon vide au bout du bâton

L’heure est venue, adieu la Cayenne

bonjour le silence

je demande un modeste accès à la Beauté au bon gré du vent.

 

Niala-Loisobleu – 24 Mars 2020

 

A 16 H 55


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A 16 H 55

 

Alentour la couleur stagne entre deux larmes

Dedans le bouche à bouche lève le tapis

Je sens battre les poings contre ma poitrine

Par la plaie la nature s’exprime

Dis sa souffrance

Rugis

Tempête

On ne peut pas voir apparaître les habitants

Il est trop tôt

Cependant ils collent au serein

La place de leur âme est  dans la nappe

La vie n’accepte pas de se suspendre elle est en voix

Niala-Loisobleu – 28 Février 2020

SI, NON, JE…


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SI, NON, JE..

 

Si là c’est gris comme méchant

à l’aimerie de mes brosses

je frotterai jusqu’à trouver le damier où j’avance rose d’un jaune de meules à affûter la morsure du coupé

et au regain pris pour reconnu je léguerai mon chant aux oiseaux en partant…

 

Niala-Loisobleu – 28 Février 2020

 

DANS L’ATTENTE


DANS L’ATTENTE

Frotter les pierres pour un seul jus d’ocre épluché de la peau

J’avais des doigts dans les jambes, un ventre de feu et le mental d’un bleu  de camisole, le poil promis au blanc de tunnel et sans rien,  fis ce que je jugeais tout, c’est à dire peindre mes illusions visionnaires à l’écorché. Moqué du doigt aussi bien dans les lancements de carrière, tous types de danse de salon que dans les repas mondains, courses de couloirs à la médaille et reptations ventrales à la gloire

L’horizon derrière le rideau de fer tient la fin de mon oeil dans son acide à n’y plus rien voir de bon. Bon à teigne, instable, peu recommandable, sale type

Peindre pour peindre et cracher sur  ce qui tombe, dire je t’aime à pleines dents, dur dur dur

J’avais juste la majorité à la première exposition

De me taire ici plus de soixante ans après ça m’a refait crier au bon endroit

ô comme j’ai peint aujourd’hui en me jetant dans mon indécence, toute honte au bon endroit

DANS L’ATTENTE 

de rien d’autre que ce que je suis, aussi mauvais qu’insupportable, mais nu bien après l’âme

et sans rien en faire montrer

gardant aussi pour moi le poème, non de dieu que je l’aime…

Niala-Loisobleu – 18 Février 2020

VISAGES SCOLAIRES


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VISAGES SCOLAIRES

Ils ont des yeux qui volent d’une toile à l’autre mes tableaux

Fleur de lin
humeur de l’autre
En voilà un autre qui me gratte le creux de la main comme ton sein sur mon ventre
sorti de là
je suis bon à rien
Aussi avec la lumière revenue
crever l’incertitude d’un peint
crachera mieux son rond dans l’eau que rien fait des mains
deux mains deux mains
sauvé
à bord de ton Arche entrecuisses sur le pont
une maison qu’un oiseau plante
un arbre qui dit je t’aime
du bleu outremer qui écluse
l’aréole de ton coeur
je caresserai ton nom sans fausse-pudeur comme un nouveau passage
vers tes pâturages
tes normandes et mes trains
pris à tes lèvres un rire mélangé à l’érection du chevalet
quelle Epoque
retour en loge dans l’Atelier
Niala-Loisobleu – 14/01/20

TAPIS-VOLANT


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TAPIS-VOLANT

Au matin qui succède, gardons le trait d’union du voyage au-dessus des attentes d’une nuit étoilée. Tes yeux à la proue ont fendu l’obstacle en allant au-delà de la question. Je me souviens avoir baissé les miens quand tu as suivi la vague en chaîne de ta poitrine. Merveilleux bébés-nageurs qui rient de pouvoir s’ébattre librement.En survolant la flèche des cathédrales, le rayon montant du choeur s’est fait traceur. Ces oasis de verts et d’ocres rouges mêlés ondulent en corps dans la mouvance de ton ventre-fruitier. Comme la voie du chameau dodelinant sur la crête des dunes. Les coussins de la couche sont saupoudrés des parfums d’amour du raisin pressé. Quand tes reins musiciens à mes manuelles saccades plastiques laissent à la toile le symbole vierge de l’étreinte des âmes. J’ai peint au rythme de tes poings porteurs du cri. Le cuivre des peaux en brille. Pas de servants ni de servantes, les corps que les soies de l’arbre mettaient à table étaient à l’acoustique du tréfonds originel. Des petits-enfants au front ceint de couronnes de fleurs plantaient le rire à l’aube du vent porteur. D’autres ouvraient les jets d’eau des patios aux coeur des villages-blancs. Le taureau tranquille dépassant le labyrinthe de la pointe des cornes. Quand le muezzin a appelé à la prière j’avais laissé mon front dans l’herbe de ta prairie. Je me rappelle la pression de tes mains me gardant au chevalet de tes jambes.

Niala-Loisobleu – 14 Janvier 2020

MURMURES D’ATELIER


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MURMURES D’ATELIER

L’an s’achève

ses couleurs demeurent écrites

par ta main droite pour la plume

et ma gauche pour le peint quotidien

Pendant que je borde la voile

tu tires la feuille de l’eau

Carte postale -voilier-rose, unis sont nos travaux…

Niala-Loisobleu – 26 Décembre 2019