VISAGES SCOLAIRES


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VISAGES SCOLAIRES

Ils ont des yeux qui volent d’une toile à l’autre mes tableaux

Fleur de lin
humeur de l’autre
En voilà un autre qui me gratte le creux de la main comme ton sein sur mon ventre
sorti de là
je suis bon à rien
Aussi avec la lumière revenue
crever l’incertitude d’un peint
crachera mieux son rond dans l’eau que rien fait des mains
deux mains deux mains
sauvé
à bord de ton Arche entrecuisses sur le pont
une maison qu’un oiseau plante
un arbre qui dit je t’aime
du bleu outremer qui écluse
l’aréole de ton coeur
je caresserai ton nom sans fausse-pudeur comme un nouveau passage
vers tes pâturages
tes normandes et mes trains
pris à tes lèvres un rire mélangé à l’érection du chevalet
quelle Epoque
retour en loge dans l’Atelier
Niala-Loisobleu – 14/01/20

TAPIS-VOLANT


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TAPIS-VOLANT

Au matin qui succède, gardons le trait d’union du voyage au-dessus des attentes d’une nuit étoilée. Tes yeux à la proue ont fendu l’obstacle en allant au-delà de la question. Je me souviens avoir baissé les miens quand tu as suivi la vague en chaîne de ta poitrine. Merveilleux bébés-nageurs qui rient de pouvoir s’ébattre librement.En survolant la flèche des cathédrales, le rayon montant du choeur s’est fait traceur. Ces oasis de verts et d’ocres rouges mêlés ondulent en corps dans la mouvance de ton ventre-fruitier. Comme la voie du chameau dodelinant sur la crête des dunes. Les coussins de la couche sont saupoudrés des parfums d’amour du raisin pressé. Quand tes reins musiciens à mes manuelles saccades plastiques laissent à la toile le symbole vierge de l’étreinte des âmes. J’ai peint au rythme de tes poings porteurs du cri. Le cuivre des peaux en brille. Pas de servants ni de servantes, les corps que les soies de l’arbre mettaient à table étaient à l’acoustique du tréfonds originel. Des petits-enfants au front ceint de couronnes de fleurs plantaient le rire à l’aube du vent porteur. D’autres ouvraient les jets d’eau des patios aux coeur des villages-blancs. Le taureau tranquille dépassant le labyrinthe de la pointe des cornes. Quand le muezzin a appelé à la prière j’avais laissé mon front dans l’herbe de ta prairie. Je me rappelle la pression de tes mains me gardant au chevalet de tes jambes.

Niala-Loisobleu – 14 Janvier 2020

MURMURES D’ATELIER


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MURMURES D’ATELIER

L’an s’achève

ses couleurs demeurent écrites

par ta main droite pour la plume

et ma gauche pour le peint quotidien

Pendant que je borde la voile

tu tires la feuille de l’eau

Carte postale -voilier-rose, unis sont nos travaux…

Niala-Loisobleu – 26 Décembre 2019

JARDIN DE LA NUIT


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JARDIN DE LA NUIT

 

De l’herbe restée haute en Décembre sortent des farfadets, autour des pierres la nuit enveloppe le Jardin

Je n’ai gardé des enfants qui passèrent par là, il y a et durant des années, qu’un dialogue complice. Sorte de jeu de cache-cache constructeur, leurs parents laissés à coller

Les chemins dont le départ avait eu lieu en bord de Seine, après des crochets par la mer à La Rochelle, Royan et St-Jean-d’Angély ont pris les inondations à Jarnouzeau avant de monter la butte de La Chaume

Toiles larguées autour du monde

Les mots-peints de l’écriture picturale ont remplis leurs cahiers en dépassant la marge

A base d’amour ?

Une langue universelle à l’encre sanguine

J’sais pas peindre autrement qu’avec un tapis-volant, un bout de jardin, des arbres à musique et des murs percés sur un horizon sans limites

L’automne prêt à l’hiver perd ses feuilles dans des brouillards sans prévenir

Rouge le bleu a les yeux qui piquent, la nuit je me lève le né qui pleure, dans les doigts une réponse jamais trouvée concernant l’injustice et l’incompréhension humaines, On a des réponses pour soi comme le chameau a sa réserve d’eau pour traverser la désertification en mouvement.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2019

CE JARDIN D’EAU VIVE


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CE JARDIN D’EAU VIVE

 

Dehors tout déverse

Peindre à la pluie d’un seul coup me prend

Seul moyen d’en faire du soleil

La mer se tourne, roule, un gémissement de baleineau, plusieurs claquements d’albatros, deux enfants surgissent, secoué d’un bord à l’autre je monte et descend, quelle écume, ça décharge et tape aux flancs, mes intestins déplient leurs bretelles, la nacre du bouton luit  en se démultipliant

Ce tango soulève, renvoie, gîte à dessaler

A la place du mât la quille prend son tour, l’hélice mouille comme un orgasme à déplacement

Le Jardin sous la Mer

en poussant le noir des eaux usées met les Neuves en service

L’Atelier a tenu parole et j’ai repris mes marques.

 

Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2019

ENTRE TIEN EMOI 119


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ENTRE TIEN EMOI 119

 

Les doigts gantés du soleil de Novembre qui passe je sors au balcon tailler l’inspiration. Passe un vol d’oies sauvages, un enfant reste tenu à son cerf-volant, à peine si l’on peut voir le haut de la voile qui traque l’horizon, quatre matelots, une Dame-Jeanne et un lit-clos tombent avec le seoir d’un jour de perm qui s’achève

Quand le coq a coché sa crosse les poules ont pu faire la pause

Un tableau qui dit « Nous » change ses draps. Des marguerites sont brodées sur le rabat en fil de joie, entre les jambes de la cheminée le conteur se racle la voix, le feu pétille comme du bourru, tu es sur mes genoux comme la guitare des soirs d’été sur la plage, l’accord de ton corps laisse aller mon pinceau, l’atelier est chaud et la chatte ne bouge plus du pied du lit. L’échelle du meunier fait craquer ses marches, comme chaque fois que l’odeur du peint revient. Le goût que j’ai trouvé sur ta langue se fond entre menthe, ru et herbe du gueux. J’ai dans l’idée que si demain il pleut je dériverai bien l’eau jusque dans la palette à l’aisselle de ton marais.

Niala-Loisobleu – 20 Novembre 2019

ENTRE TIEN EMOI 118


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ENTRE TIEN EMOI 118

 

Tu n’auras pas les commentaires que j’avais fait sur ton dernier article réédité. Worpress me les a avalé en prétextant qu’une erreur s’était produite. C’est d’autant plus faux que j’exprimais mon attachement à ton écriture, au-delà de tout autre. Je ne dis jamais sa beauté pour ne pas en effriter son visage. A dire avec des mots que l’emphase va réduire, manque la part orgasmique éprouvée. On vient pas dire ça au monde. C’est profondément vertical. Je te regarde en levant les yeux. Traversé, rendu muet, transporté, d’un oeil empoigné. Le paysage se fait d’une réalité qui trouble, Il est les seins nus devant tout. L’imaginaire est d’une réalité confondante. Pour un sale type comme je suis, imagine, on est dans le cas de conscience. Et ce poème que tu remettais, je tombe dedans comme on voit tout devenu bonheur, complicité totale, l’écriture traversière, la nudité collée, je touche ta terre au fond de son herbe drue. Tiens l’automne ramasse la mer et la remet aux arbres, qu’est-ce que ça élingue, ces oiseaux sont les derniers habitants de la canopée. Fou et fier de l’être.

Niala-Loisobleu – 19 Novembre 2019