CE JARDIN D’EAU VIVE


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CE JARDIN D’EAU VIVE

 

Dehors tout déverse

Peindre à la pluie d’un seul coup me prend

Seul moyen d’en faire du soleil

La mer se tourne, roule, un gémissement de baleineau, plusieurs claquements d’albatros, deux enfants surgissent, secoué d’un bord à l’autre je monte et descend, quelle écume, ça décharge et tape aux flancs, mes intestins déplient leurs bretelles, la nacre du bouton luit  en se démultipliant

Ce tango soulève, renvoie, gîte à dessaler

A la place du mât la quille prend son tour, l’hélice mouille comme un orgasme à déplacement

Le Jardin sous la Mer

en poussant le noir des eaux usées met les Neuves en service

L’Atelier a tenu parole et j’ai repris mes marques.

 

Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2019

ENTRE TIEN EMOI 119


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ENTRE TIEN EMOI 119

 

Les doigts gantés du soleil de Novembre qui passe je sors au balcon tailler l’inspiration. Passe un vol d’oies sauvages, un enfant reste tenu à son cerf-volant, à peine si l’on peut voir le haut de la voile qui traque l’horizon, quatre matelots, une Dame-Jeanne et un lit-clos tombent avec le seoir d’un jour de perm qui s’achève

Quand le coq a coché sa crosse les poules ont pu faire la pause

Un tableau qui dit « Nous » change ses draps. Des marguerites sont brodées sur le rabat en fil de joie, entre les jambes de la cheminée le conteur se racle la voix, le feu pétille comme du bourru, tu es sur mes genoux comme la guitare des soirs d’été sur la plage, l’accord de ton corps laisse aller mon pinceau, l’atelier est chaud et la chatte ne bouge plus du pied du lit. L’échelle du meunier fait craquer ses marches, comme chaque fois que l’odeur du peint revient. Le goût que j’ai trouvé sur ta langue se fond entre menthe, ru et herbe du gueux. J’ai dans l’idée que si demain il pleut je dériverai bien l’eau jusque dans la palette à l’aisselle de ton marais.

Niala-Loisobleu – 20 Novembre 2019

ENTRE TIEN EMOI 118


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ENTRE TIEN EMOI 118

 

Tu n’auras pas les commentaires que j’avais fait sur ton dernier article réédité. Worpress me les a avalé en prétextant qu’une erreur s’était produite. C’est d’autant plus faux que j’exprimais mon attachement à ton écriture, au-delà de tout autre. Je ne dis jamais sa beauté pour ne pas en effriter son visage. A dire avec des mots que l’emphase va réduire, manque la part orgasmique éprouvée. On vient pas dire ça au monde. C’est profondément vertical. Je te regarde en levant les yeux. Traversé, rendu muet, transporté, d’un oeil empoigné. Le paysage se fait d’une réalité qui trouble, Il est les seins nus devant tout. L’imaginaire est d’une réalité confondante. Pour un sale type comme je suis, imagine, on est dans le cas de conscience. Et ce poème que tu remettais, je tombe dedans comme on voit tout devenu bonheur, complicité totale, l’écriture traversière, la nudité collée, je touche ta terre au fond de son herbe drue. Tiens l’automne ramasse la mer et la remet aux arbres, qu’est-ce que ça élingue, ces oiseaux sont les derniers habitants de la canopée. Fou et fier de l’être.

Niala-Loisobleu – 19 Novembre 2019

LES YEUX VERS


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LES YEUX VERS

 

Lin

dans l’Autre

Aussi loin que la mer dépasse le regard

allongé

dans la force motrice de l’oiseau-libre

dans les ruines de toutes guerres inhumaines

je ne vois

que toi reconstructive

Colombe

sur ma tête

nidifiée au coeur

Entends parler l’Atlantide

énergie dépolluante.

Niala-Loisobleu – 09/03/19

OUI OUI OUI


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OUI OUI OUI

Plus loin de vent

et les rames

à racler le fond

vas couper les vases

quand j’ai senti mes yeux partir sous la dernière couche j’ai arraché ce qu’il me restait de peau pour qu’à vif je crie pour rester

que oui c’était possible

à twoo jamais

Niala-Loisobleu – 19/02/19

Les volets sont toujours les premiers à l’ouvrir


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Les volets

sont toujours les premiers

à l’ouvrir

 

On se lève de s’être jamais couché, droits de vent et des r’hiers, la nature qu’o a combative bien sûr n’est que la petite page de nombreux tomes où l’histoire s’écrit depuis, de puits. un combat pour gagner la joie, cette part de satisfaction suffisante pour dire je suis bien dans le tant qui me ressemble.

Les volets sont toujours les premiers à l’ouvrir.

Du point de vue de l’art j’ai laissé le motif en dehors de ma vision créative. L’ingestion après s’être frotté au quotidien a des pouvoirs de compréhension pointue. La vie emballe trop de papier journal en le faisant passé pour du cadeau. Les cheveux bolducs ne sont que des perruques, le poil dit la vraie couleur dès le premier coup d’oeil. Aujourd’hui pour toi émoi le sein du jour c’est pas alimentaire. Tes mots me parviendront avant que mon pinceau soit ec, je le tremperai de ton encre.La sirène n’a pas eu à se poster pour un stop sur le chemin, l’île y pute, qu’elle s’appelle, merci, j’ai besoin de rien mamazelle. La poésie chante sur la brûlure accidentelle ou traquenarde. J’embrasse les parties cachées de son corps imparfait. Quelle campagne vient alors m’inviter à continuer !

Niala-Loisobleu – 17/02/19

LES DENTELLES DE MONTMIRAIL

Au sommet du mont, parmi les cailloux, les trompettes de terre cuite des hommes des vieilles gelées blanches pépiaient comme de petits aigles.

Pour une douleur drue, s’il y a douleur.

La poésie vit d’insomnie perpétuelle.

Il semble que ce soii le ciel qui ait le dernier mot. Mais il le prononce à voix si basse que nul ne l’entend jamais.

Il n’y a pas de repli; seulement une patience millénaire sur laquelle nous sommes appuyés.

Dormez, désespérés, c’est bientôt jour, un jour d’hiver.

Nous n’avons qu’une ressource avec la mort : faire de l’art avant elle.

La réalité ne peut être franchie que soulevée.

Aux époques de détresse et d’improvisation, quelques-uns ne sont tués que pour une nuit et les autres pour l’éternité : un chant d’alouette des entrailles.

La quête d’un frère signifie presque toujours la recherche d’un être, notre égal, à qui nous désirons offrir des transcendances dont nous finissons à peine de
dégauchir les signes.

Le probe tombeau : une meule de blé. Le grain au pain, la paille pour le fumier.

Ne regardez qu’une fois la vague jeter l’ancre dans la mer.

L’imaginaire n’est pas pur: il ne fait qu’aller.

Les grands ne se perpétuent que par les grands. On oublie. La mesure seule est blessée.

Qu’est-ce qu’un nageur qui ne saurait se glisser entièrement sous les eaux?

Avec des poings pour frapper, ils firent de pauvres mains pour travailler.

Les pluies sauvages favorisent les passants profonds.

L’essentiel est ce qui nous escorte, en temps voulu, en allongeant la route. C’est aussi une lampe sans regard, dans la fumée.

L’écriture d’un bleu fanal, pressée, dentelée, intrépide, du Ventoux alors enfant, courait toujours sur l’horizon de Montmirail qu’à tout moment notre amour
m’apportait, m’enlevait.

Des débris de rois d’une inexpugnable férocité.

Les nuages ont des desseins aussi fermés que ceux des hommes.

Ce n’est pas l’estomac qui réclame la soupe bien chaude, c’est le cœur.

Sommeil sur la plaie pareil à du sel.

Une ingérence innommable a ôté aux choses, aux circonstances, aux êtres, leur hasard d’auréole. Il n’y a d’avènement pour nous qu’à partir de cette
auréole. F.lle n’immunise pas.

Cette neige, nous l’aimions, elle n’avait pas de chemin, elle découvrait notre faim.

 

René Char