La Corrida et la mort – Federico Garcia Lorca


La Corrida et la mort – Federico Garcia Lorca

A cinq heures du soir.
Il était juste cinq heures du soir.
Un enfant apporta le blanc linceul
à cinq heures du soir.
Le panier de chaux déjà prêt
à cinq heures du soir.
Et le reste n’était que mort, rien que mort
à cinq heures du soir.

Le vent chassa la charpie
à cinq heures du soir.
Et l’oxyde sema cristal et nickel
à cinq heures du soir.
Déjà luttent la colombe et le léopard
à cinq heures du soir.
Et la cuisse avec la corne désolée
à cinq heures du soir.
Le glas commença à sonner
à cinq heures du soir.
Les cloches d’arsenic et la fumée
à cinq heures du soir.
Dans les recoins, des groupes de silence
à cinq heures du soir.
Et le taureau seul, le coeur offert!
A cinq heures du soir.
Quand vint la sueur de neige
à cinq heures du soir,
quand l’arène se couvrit d’iode
à cinq heures du soir,
la mort déposa ses oeufs dans la blessure
à cinq heures du soir.
A cinq heures du soir.
Juste à cinq heures du soir.

Un cercueil à roues pour couche
à cinq heures du soir.
Flûtes et ossements sonnent à ses oreilles
à cinq heures du soir.
Déjà le taureau mugissait contre son front
à cinq heures du soir.
La chambre s’irisait d’agonie
à cinq heures du soir.
Déjà au loin s’approche la gangrène
à cinq heures du soir.
Trompe d’iris sur l’aine qui verdit
à cinq heures du soir.
Les plaies brûlaient comme des soleils
à cinq heures du soir,
et la foule brisait les fenêtres
à cinq heures du soir.
A cinq heures du soir.
Aïe, quelles terribles cinq heures du soir !
Il était cinq heures à toutes les horloges.
Il était cinq heures à l’ombre du soir !

Cette image m’amène une réponse à la question que je me pose et que je retiendrais sur cette absence de commentaires où le like prend la place de ressenti exprimé

Neutralité où l’approuvé est au coude à coude du refusé

ON NE PEUT SAVOIR

L’illustration montre le taureau à demi-sauvage qui fait face au chat félin domestiqué (toréador ?)

Une expression graphique dans l’esprit du grand Tàpies porte-voix de l’informalisme de l’art espagnol actuel mis bord à bord au poète dramaturge Lorca, l’andalou et le catalan dans l’arène, séparés des hurlements d’une BB ignorante du symbole de la corrida

La peur et l’envie que font les expressions fortes me paraît plus exacte que la peur du sang. Il suffit pour cela de retenir l’effusion hémorragique journalière de la télévision pour savoir que le public en raffole

Niala-Loisobleu – 24 Janvier 2021



La cogida y la muerte A mi querida amiga Encarnación López Júlvez

A las cinco de la tarde.
Eran las cinco en punto de la tarde.
Un niño trajo la blanca sábana
a las cinco de la tarde.
Una espuerta de cal ya prevenida
a las cinco de la tarde.
Lo demás era muerte y sólo muerte
a las cinco de la tarde.

El viento se llevó los algodones
a las cinco de la tarde.
Y el óxido sembró cristal y níquel
a las cinco de la tarde.
Ya luchan la paloma y el leopardo
a las cinco de la tarde.
Y un muslo con un asta desolada
a las cinco de la tarde.
Comenzaron los sones del bordón
a las cinco de la tarde.
Las campanas de arsénico y el humo
a las cinco de la tarde.
En las esquinas grupos de silencio
a las cinco de la tarde.
¡Y el toro solo corazón arriba!
a las cinco de la tarde.
Cuando el sudor de nieve fué llegando
a las cinco de la tarde,
cuando la plaza se cubrió de yodo
a las cinco de la tarde,
la muerte puso huevos en la herida
a las cinco de la tarde.
A las cinco de la tarde.
A las cinco en punto de la tarde.

Un ataúd con ruedas es la cama
a las cinco de la tarde.
Huesos y flautas suenan en su oído
a las cinco de la tarde.
El toro ya mugía por su frente
a las cinco de la tarde.
El cuarto se irisaba de agonía
a las cinco de la tarde.
A lo lejos ya viene la gangrena
a las cinco de la tarde.
Trompa de lirio por las verdes ingles
a las cinco de la tarde.
Las heridas quemaban como soles
a la cinco de la tarde,
y el gentío rompía las ventanas
a la cinco de la tarde.
A las cinco de la tarde.
¡ Ay qué terribles cinco de la tarde !
¡ Eran las cinco en todos los relojes!
¡ Eran las cinco en sombra de la tarde !

L’EPOQUE 2021/3 – ECHO DE GESTE EN GESTE


Voici le N°3 de la nouvelle EPOQUE 2021 en collaboration avec BARBARA AUZOU : « Echo de geste en geste » Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’Epoque 2021/3 – « Echo de geste en geste »- Niala – Acrylique s/toile 61×50

ECHO DE GESTE EN GESTE

Comme moi tu as vu l’absence de l’homme en ce matin

tombé dans la fulgurance de ses marécages et avec elle

combien d’oiseaux en cage absents du caillou ponctuel

qu’on roule depuis les toits

les fenêtres blessées à bleu ont levé tant de lampes de douceur

jusqu’à l’état de lumière

parente sans ombre si tu es là pour contredire

si tu es celle qui tremble à chacun des rayons de la roue

quand haut et bas vont ensemble en plein coeur

reste aujourd’hui comme hier fraîcheur 

de fruits et de cerfeuil dans l’arrière-cour

et l’offrande s’en tiendra à l’écho

de geste en geste

Barbara Auzou.

COU, ROI DE TRANSMISSION


COU, ROI DE TRANSMISSION

Mât de peint haut dressé

rien de l’animal rendu savant

l’eucalyptus allumé en bâton d’encens volute

D’un trait de bretelles depuis la source à la fontaine où les chevaux viennent s’abreuver

laissant dans le murmure derrière l’oreille le baiser-messager à l’oiseau-marin

L’onde renvoie la parole ultrasonique par écholocalisation mise sur le surf des vagues pour coller à ton cou.

Niala-Loisobleu – 20 Janvier 2021

JE MARCHE AU DEVANT


JE MARCHE AU DEVANT

La pluie éparse

a laissé passer un endroit que je connais pour me retenir aux rives

si les canards ne nageaient pas à la godille, la gêne du moteur viendraient troubler cette retraite abritée

et comme mon père aimait je peins, mais en dehors du motif, des frissons de couleur

Tu sauras trouver la vieille cabane mangée par la végétation au milieu du gros des pierres

Le chien me dira en premier que tu es à peu de distance

alors sur la toile je mettrais ce qui me fait en vie de toi.

Niala-Loisobleu – 12 Janvier 2021

L’EPOQUE 2021/1 : Une île au ponant.


Voici le tout premier de la nouvelle EPOQUE 2021 en collaboration avec BARBARA AUZOU : Une île au ponant . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2021/1″Une île au ponant »
Niala
Acrylique s/toile 60×60

 


Faudra t-il que le jour se résigne

sur ses lambeaux de clartés

ombilical l’air ose à peine trembler

sans nous laisser ses escales de loisir

la liberté louée pour les graines d’un champ

l’effort de l’oxygène dans le sang pour le plaisir

nous le savons il n’y a pas de clémence

le noir chafouin descend dans sa nuit

il faut faire naître en silence l’enfant qui le précède

conduis-moi loin du coeur mauve des gloires

loin du ventre des vasières qui soupire

que cède l’épreuve de la vie devant la preuve du poème

ses cris brefs et roses de nouveau-né

qui ouvre ses oreilles dans la fureur

avant de saisir inexprimé le bonheur

des choses et des lendemains de soleil

 

Barbara Auzou.

LES CHEVAUX DE LA CHAUME


LES CHEVAUX DE LA CHAUME

L’enfant qui les mène

ébouriffe les frimas en un lion soleil-roi étirant leurs crinières

pour ricocher au gué de la Tardoire

afin qu’ils soulèvent le barrage du moulin pour mâcher le papier en 3 D

Figurines Terre-Mère

à renaître le grain d’où vient le peint

Tes seins me comblent les paumes jusqu’au milieu du dos.

Niala-Loisobleu – 3 Janvier 2021

MARQUES AÏEULLES


MARQUES AÏEULLES

La nitre s’est vue devancée par la résistance du concept d’élevage de mes grands-parents. Bistre aux yeux ils ont eu à pleurer pour le tort que la vie leur a largement fait sans qu’aux tranchées boueuses ils ne se laissent l’un et l’autre emportés. Quand on déteste la guerre et qu’on la subi plus que nécessaire on remonte son carillon wesminster autrement qu’une carabine. Il sonne dans la loge où j’ai grandi, de manière à garder mon âme d’enfant observateur du système planétaire. La charrette et la bricole pour traverser Paris ça fait pas le même entrain au concept qu’un passage aux vitrines de la mode. Les façades ouvrent leurs murs et parlent, l’histoire humaine ça tient assis au bord du pouls . On fait d’abord et les voeux seulement après. Balthazar tenait les Halles, sacré poumon autour du Louvre. Quand Pompidou a planté ses tuyaux à la place, ça n’a pas fait des manches à air, mais le début du masque qui vient museler l’histoire. puis la voiture à couper les pieds du marcheur de Seine pour un tueur d’ozone et de ceinture verte. Mais moi, j’ai pas senti venir la fin comme un avenir. J’ai été joué au bord de la mer, avec mes camarades de rêve L’amour n’a pas jeté sa robe aux orties, j’ai gardé mon genre de préférence du départ. Marthe et René sont justes passés à côté sans partir. T’aimes bien que je te dises ce tant là. Tes perdrix remontent la poitrine d’un souffle qui la fait fruitière comme un cerisier. Ton oeil a une voix sans problèmes, l’enfant vit sans être roi.

Niala-Loisobleu – 2 Janvier 2021

L’EPOQUE 2020/51: DU BLEU RETOUR


Après les Époques 2018 et 2019, voici le cinquante et unième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : DU BLEU RETOUR  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/51″Du Bleu Retour »
Niala
Acrylique s/toile 55×46

 

bleu non-essentiel disaient-ils

ceux qui s’occupaient à noircir l’aurore

et bien le bonjour selon la coutume

j’ai mal à nos yeux 

décembre emplit le ciel de ses lianes d’indifférence

de larmes d’onglées et d’infortune

en attendant d’être au complet sur un sursaut de lune

dis-moi l’amble de l’amour encore

et le cycle renouvelé du cheval

dis-moi qu’il recommence joyeux indéfiniment

et qu’à chaque pas poussé plus avant

il devient simplement notre démarche

le fossé à franchir en plein coeur de la vie

l’écurie humaine nettoyée de son propre scandale

la laine pour la robe de celui qui la rêve

dans sa maison qu’il arrache à un coin tricoté d’éternel

 

Barbara Auzou.

LA PERCEE DES BRANCHES SUR LE NOUVEL HORIZON


LA PERCEE DES BRANCHES SUR LE NOUVEL HORIZON

Lentement et tranquille le troupeau franchit la ligne de démarcation

Laissant sans nostalgie l’an gris du côté consommé

Dans le jour qui prend pied s’ouvre un bleu profond de résolutions

l’amour qui l’accompagne est dans sa forme vitale, je t’embrasse d’ici à là, te caresse de dehors à dedans, te mesure, te soupèse pour franchir ta porte Ma

Les chevaux face à la mer courent sous les mouettes pour entrer à égalité dans la puissance du flux. Ils tirent le bateau de sa rampe de lancement sous la bordée du champagne parrain . Plongeon dans le bleu de la bannière retenue. Sors tes seins, le chevalet trépigne d’envie de paraître et d’envoyer son faire-part de naissance sous le signe double du Bleu-Retour et de l’Equin-Porteur.

Sans présumer du nombre de matins ce jour dit Bonne Année l’Amour. Ecris Barbara.

Niala-Loisobleu – 1er Janvier 2021