FLEURS DE NUIT


FLEURS DE NUIT

Le jardin exhale au matin de doux balancements en déposant sur la rive du jour, le souvenir lascif d’une nuit d’envie de vivre

Et l’oeil qui s’ouvre voit les contours courbes du montant de sel que la vague amène

Le cheval et le chien sont partis courir sur la plage pour libérer l’énergie en grandes gerbes d’eau

La pinède tire l’aiguille

Cousant les petits-pots de résine aux troncs gonflés de sève

L’estuaire baille avec un sourire prometteur.

Niala-Loisobleu 31 Juillet 2021

If You Were a Sailboat – Katie Melua


If You Were a Sailboat – Katie Melua

Si tu étais un cow-boy je te suivrais
If you were a cowboy I would trail you

Si tu étais un morceau de bois, je te clouerais au sol
If you were a piece of wood I’d nail you to the floor

Si tu étais un voilier je t’embarquerais jusqu’au rivage
If you were a sailboat I would sail you to the shore

Si tu étais une rivière je te nagerais
If you were a river I would swim you

Si tu étais une maison je vivrais en toi tous mes jours
If you were a house I would live in you all my days

Si tu étais un prédicateur, je commencerais à changer mes habitudes
If you were a preacher I’d begin to change my waysParfois je crois au destin
Sometimes I believe in fate

Mais les chances que nous créons
But the chances we create

Semble toujours sonner plus vrai
Always seem to ring more true

Tu as pris une chance de m’aimer
You took a chance on loving me

J’ai pris le risque de t’aimer
I took a chance on loving you

Si j’étais en prison, je sais que tu me renverrais
If I was in jail I know you’d spring me

Si j’étais un téléphone tu m’appellerais toute la journée
If I was a telephone you’d ring me all day long

Si j’avais mal, je sais que tu me chanterais des chansons apaisantes
If I was in pain I know you’d sing me soothing songsParfois je crois au destin
Sometimes I believe in fate

Mais les chances que nous créons
But the chances we create

Semble toujours sonner plus vrai
Always seem to ring more true

Tu as pris une chance de m’aimer
You took a chance on loving me

J’ai pris le risque de t’aimer
I took a chance on loving youSi j’avais faim tu me nourrirais
If I was hungry you would feed me

Si j’étais dans les ténèbres tu me conduirais à la lumière
If I was in darkness you would lead me to the light

Si j’étais un livre je sais que tu me lirais tous les soirs
If I was a book I know you’d read me every nightSi tu étais un cow-boy je te suivrais
If you were a cowboy I would trail you

Si tu étais un morceau de bois, je te clouerais au sol
If you were a piece of wood I’d nail you to the floor

Si tu étais un voilier je t’embarquerais jusqu’au rivage
If you were sailboat I would sail you to the shore

Si tu étais un voilier je t’embarquerais jusqu’au rivage
If you were sailboat I would sail you to the shore

Si tu étais un voilier je t’embarquerais jusqu’au rivage
If you were sailboat I would sail you to the shore

DEJA L’AILE REMUE


DEJA L’AILE REMUE

Sous l’aiguille du peint

d’un battement de cils le rideau lointain passe une jambe hors du lit

sans voir que le cri j’entends la courbe de tes hanches tendre l’anse à la coudée franche

ce n’est que le souffle du pouls qui bat la cadence

qui reste attachée au fond de ton nombril par le noeud de mes escales

les premières manifestations passent par les venelles entre deux monts

soulevant l’oeil de l’herbe à la grâce matinale du grand papillon resté collé aux glissements du rêve

Niala-Loisobleu – 30 Juillet 2021

COMME POUR DIRE MA PENSEE PREMIERE


COMME POUR DIRE MA PENSEE PREMIERE

La poésie dans la poussée des reins me donne la joie de vivre que ton soleil éclaire. Je l’ai dans la pierre, tenant de Vénus toute la rime de croire et d’espérer

Aragon, à qui je prête ma voix, te le dis

Je vais ce matin me recueillir au Couvent de toute ma ferveur personnelle.

Bonjour Ma…

Niala-Loisobleu – 27 Juillet 2021

ELSA ENTEE DANS LE POÈMEPAR LOUIS ARAGON

Entre assieds-toi soleil et qu’à tes pieds se couche
Le lion des fureurs qui sortait de ma bouche

Que je n’entende plus qu’en moi ce cœur dompté
Assieds-toi c’est le soir et souris c’est l’été

Musique de ma vie ô mon parfum ma femme
Empare-toi de moi jusqu’au profond de l’âme

Entre dans mon poème unique passion
Qu’il soit uniquement ta respiration

Immobile sans toi désert de ton absence

Qu’il prenne enfin de toi son sens et sa puissance

Il sera ce frémissement de ta venue

Le bonheur de mon bras touché de ta main nue

Il sera comme à l’aube un lieu de long labour
Quand l’hiver se dissipe et l’herbe sort au jour

Entre amour c’est ici l’effrayante forêt

Où la nuit ne tient pas du ciel ses yeux secrets

Entre dans mon poème où les mots qui t’accueillent
Ont le pa^pitement obscur et doux des feuilles

Où t’entourent la fuite et l’ombre des oiseaux
Et le cheminement invisible des eaux

Tout t’appartient
Je suis tout entier ton domaine
Ma mémoire est à toi
Toi seule t’y promènes

Toi seule vas foulant mes sentiers effacés
Mes songes et mes cerfs t’y regardent passer

Tu marches sur les fleurs d’enfer de mon
Ardenne
Mon enfance t’y suit comme un lointain éden

Une brume de moi bleuit au haut des monts
Où le cheval
Bayard porta les fils
Aymon

Ô mes enchantements dissipés ô marelle
Des mares d’autrefois ô miroirs sous la grêle

Viens-t’en dans cette chasse énorme qui fut moi
Ainsi que
Montessor entre
Meuse et
Semoy

Prends le couvert des bois où quand s’en vint
Pétrarque
Toute biche était
Laure et des mains tombait l’arc

Parmi les chênes nains dont la tête dit non
Si le vent se souvient des rouvres d’Avignon

Du jardin que les murs de tous côtés endiguent
Où l’ombre a la senteur violente des figues

Mais déjà c’est ta lèvre et ce couple c’est nous
C’est toi le clair de lune où je tombe à genoux

Et la terrasse y tremble et la pierre se trouble Étoiles dans ma nuit ma violette double

Ce sont tes yeux ouverts sur les temps désunis
Jusque dans mon sommeil
Eisa mon insomnie

II

Il est sept heures dix une tasse de menthe À côté de la pendule en cuir refroidit

Je suis seul au matin dont les cendres dormantes
Blanchissent sans pouvoir oublier l’incendie

Je parle à haute voix le langage des vers
Comme si je faisais l’essai de ma folie

D’où me vient-il ce goût puéril et pervers
D’où me viennent les mots que je lie et délie

Qu’est-ce que ce plaisir morose et monotone
Ce passe-temps verbal et qui donc s’y complaît

C’est bien moi je m’entends m’interromps et m’étonne
Et de mes doigts mentaux tombent les osselets

C’est un jour machinal aujourd’hui qui se lève

Je n’attends que le temps dans la chambre où je suis

Le temps s’arrête en moi comme un sang qui fait grève
Et je deviens pour moi comme un mot qui me fuit

III

Comme avec le soleil l’arbre immobile engage
Dans le tourner du jour un discours de rameaux
Mes bras vers toi se font invention des mots
Quand je te touche enfin je comprends le langage

J’ai peur d’être un miroir où tout s’évanouit
Toute ma chair vers toi crie un enfantement
Paroles de mes mains métaphoriquement
Vers l’autre vous frayez une route inouïe

Comment faire tomber cette feinte couleur
Des vocables fixés aux lèvres des humains
Ce qui deux fois se dit insulte au lendemain
Et tout ce rouge mis se fane avec les fleurs

La vie en mouvement quels doigts l’ont-ils saisie
Quel lexique y a-t-il pour le vent et le sable
Il faut substituer 6 cœur inconnaissable À l’ancien alphabet le radar poésie

Je vois sans yeux je suis une clameur sans bouche
Je suis le phare obscur qu’on appelle pensée
J’ai fait de mon désir une force insensée
Le mystère à mes pieds terre à terre se couche

Je ne compare pas les choses
Je démens
Leurs rapports
J’établis d’autres lois de nature
J’ouvre sans la toucher la porte et m’aventure
Où rien n’obéit plus qu’à mon commandement

Tout d’un coup je comprends la chose qui m’habite
Et qui n’est qu’une forme étrange de raison
Une physique de l’amour de
Toi
Disons
Mieux
Une possession sans fin ni limite

Oui je suis possédé de toi
Si les enfants
Le rire et les cailloux me chassent peu m’importe
Qu’on m’arrache le cœur et que le sang me sorte
C’est toi mon être encore où mon être se fend

Oui possédé de toi jusqu’au fil de ma trame
De part en part de fond en comble possédé
Mort je n’éveillerai jamais que ton idée
Car ma poussière aura le parfum de ton âme

Je te donne la flamme et la cendre du feu
Je te donne le chant dément qui me traverse

Je te donne le vent tantôt qui me disperse
Je te donne le ciel qui fait nos veines bleues

O pauvreté de moi qui m’en viens faux
Roi
Mage
Te porter des présents misérables et vains
Et comme sa couleur le verre doit au vin
Je m’onivre en peignant ma vie à ton image

Je vais formant des vers plus forts que les baisers
Je vis comme un marin dans l’écume des proues Éclaboussé du chant de la mer à la roue
Réinventant le jour dans les vagues brisées

Ce qui de moi s’arrache au-delà de moi-même
Cet appel résumant ce que je suis
Ce cri
Par quoi les hommes font l’aveu du plaisir pris
Cotte façon que j’ai de dire que je t’aime

Et de dire cela seulement sans jamais
Desserrer un instant ma volonté d’étreinte
Sans remarquer le temps les étoiles éteintes
Et de dire je t’aime ainsi que je t’aimais

Voilà voilà pourquoi je suis né ma victoire
Rien rien ne pourra plus faire qu’elle ne fût
Même sans bras sans tôte et debout sur son fût
De pierre et
Samothrace au loin morte à l’Histoire.

Louis Aragon

RECOLLETS 2021 ACCROCHAGE


RECOLLETS 2021 ACCROCHAGE

Les nuages n’ont que la fraîcheur profitable à la tâche du jour

le point qui émerge donne à ses chaînes le crochet d’amarrage

Encore retenir la joie pour tenir la fatigue pour croquer la pomme dans l’arbre…

Niala-Loisobleu – 26 Juillet 2021

LA POMME

Une pomme accrochée au pommier
distingue l’espace qui a mûri
dans l’argent des aiguilles.
J’étais turbulente, peu commune,
plongée dans de confuses méditations.
Je mordais des pommes, je croquais
d’esquisses informes et je devenais
femme d’Occident.

J’étais entre eux, j’étais eux,
comme une falaise rognée par la mer,
et ce que soufflaient les vents
était des poutres.
Même quand je souriais.

Garcia Alonso

Wonderful Life par Katie Melua


Wonderful Life par Katie Melua

Ici je sors pour revoir
Here I go out to see again

Le soleil remplit mes cheveux et les rêves flottent dans l’air
The sunshine fills my hair and dreams hang in the air

Des mouettes dans le ciel et dans mes yeux bleus
Gulls in the sky and in my blue eyes

Tu sais que c’est injuste, il y a de la magie partout
You know it feels unfair, there’s magic everywhereRegarde-moi encore debout ici tout seul, droit au soleil
Look at me standing here on my own again, up straight in the sunshine

Pas besoin de courir et de se cacher, c’est une vie merveilleuse, merveilleuse
No need to run and hide, it’s a wonderful, wonderful life

Pas besoin de rire ou de pleurer, c’est une vie merveilleuse, merveilleuse
No need to laugh or cry, it’s a wonderful, wonderful lifeLe soleil est dans tes yeux, la chaleur est dans tes cheveux
The sun’s in your eyes, the heat is in your hair

Ils semblent te détester parce que tu es là
They seem to hate you because you’re there

Et j’ai besoin d’un ami, oh, j’ai besoin d’un ami
And I need a friend, oh, I need a friend

Pour me rendre heureux, ne pas rester là tout seul
To make me happy, not stand there on my ownRegarde-moi encore debout ici tout seul, droit au soleil
Look at me standing here on my own again, up straight in the sunshine

Pas besoin de courir et de se cacher, c’est une vie merveilleuse, merveilleuse
No need to run and hide, it’s a wonderful, wonderful life

Pas besoin de rire ou de pleurer, c’est une vie merveilleuse, merveilleuse
No need to laugh or cry, it’s a wonderful, wonderful lifeMmm, mmh, mmh, mmh, mmh
Mmm, mmh, mmh, mmh, mmh

J’ai besoin d’un ami, oh, j’ai besoin d’un ami
I need a friend, oh, I need a friend

Pour me faire plaisir, pas si seul
To make me happy, not so aloneRegarde-moi ici, ici encore tout seul, droit au soleil
Look at me here, here on my own again, up straight in the sunshine

Pas besoin de courir et de se cacher, c’est une vie merveilleuse, merveilleuse
No need to run and hide, it’s a wonderful, wonderful life

Pas besoin de rire ou de pleurer, c’est une vie merveilleuse, merveilleuse
No need to laugh or cry, it’s a wonderful, wonderful life

C’est une vie merveilleuse, c’est une vie merveilleuse, c’est une vie merveilleuse
It’s a wonderful life, it’s a wonderful life, it’s a wonderful life

TAPIE ROUGE


TAPIE ROUGE

J’ai fait le marché ce matin

au banc de ma fruitière pour afficher des images estivales

Melons d’eau pour désaltérer la ligne de vie

Sous les arbres le fleuve tient à la rive

il y aura de belles figues

Un oiseau pique une tête

la branche s’est redressée

Voici l’abeille qui cale hisse

un petit faon a traversé l’allée sans s’arrêter

Le violon d’Henri connaît l’archet qui me donne la chair de poule

de ce rouge où elle lève la senteur de son bouquet je glisse la langue sur ses hanches

et vais faire un plein des sens

pompe à des seins.

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2021