FLORELLE : « A LA BELLE ETOILE »




Florelle éternelle
Les Sables-d’Olonne Vendée. La Chaume: FLORELLE éternelle

FLORELE : « A LA BELLE ETOILE »

À la belle étoile (1935) est la première d’une longue série de chansons délicieuses, parmi lesquelles plusieurs chefs d’œuvre (Les feuilles mortesLes enfants qui s’aiment,…), composées par Joseph Kosma sur des poèmes de Jacques Prévert.

Joseph Kosma (1905-1969) – Kozma József de son nom de naissance –, compositeur juif hongrois, né à Budapest, s’installe à Paris en 1933 après un séjour de plusieurs années à Berlin dont l’atmosphère est devenue irrespirable. D’abord contraint d’accepter des petits boulots, il fréquente les studios de cinéma pour tenter de s’y faire engager. C’est là que, début 1935, il rencontre Jacques Prévert (1900-1977) qui est, quant à lui, bien introduit dans ce milieu. Prévert lui propose deux poèmes, dont À la belle étoile, qu’il met en musique. Aucun chanteur n’en veut, mais Prévert montre la chanson à Jean Renoir, qui, en octobre et novembre de cette même année, tourne Le crime de Monsieur LangeÀ la belle étoile plaît à Renoir, à qui il manque précisément pour son film une chanson destinée au personnage de Valentine Cardès, joué par Florelle (1898-1974), chanteuse et actrice de théâtre et de cinéma très active entre les deux guerres.

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Le Crime de monsieur Lange (1936). Extrait. Jean Renoir, réalisation ; Jacques Prévert & Jean Renoir, scénario ; Jacques Prévert, dialogues ; René Lefèvre (Amédée Lange) ; Jules Berry (Paul Batala) ; Florelle (Valentine Cardès) ; Nadia Sibirskaïa (Estelle)…, acteurs ; Jean Wiener & Joseph Kosma, musique. Production : France, Films Obéron, 1936. Sortie : France, 1936.
Chanson :
Florelle (1898-1974) • À la belle étoile. Jacques Prévert, paroles ; Joseph Kosma, musique.
Florelle, chant ; accompagnement d’orchestre ; Roger Désormière, direction.
France, ℗ 1936.

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Boulevard de la Chapelle où passe le métro aérien
Il y a des filles très belles et beaucoup de vauriens
Des clochards affamés s’endorment sur les bancs
Et de vieilles poupées font encore le tapin à soixante-cinq ans.

Au jour le jour
À la nuit la nuit
À la belle étoile
C’est comme ça que je vis
Où est-elle l’étoile
Moi je n’l’ai jamais vue
Pourtant la nuit je traîne
Dans les quartiers perdus
Au jour le jour
À la nuit la nuit
À la belle étoile
C’est comme ça que je vis
C’est une drôle d’étoile,
C’est une triste vie.
Jacques Prévert (1900-1977). À la belle étoile (1935). Version chantée dans le film Le crime de monsieur Lange (1936), de Jean Renoir.

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Florelle, dans Le crime de Monsieur Lange, ne chante qu’un seul des couplets du poème de Prévert. En 1951 Juliette Gréco publie une version plus longue de À la belle étoile, à laquelle manque toutefois le dernier couplet du poème – et aussi, je trouve, le charme de l’interprétation de Florelle.

1933 …Label étoile

c’est le moins que je puisse dire

de ma chapelle

Jacques et Joseph la constellation

de mon année !

Merci « Je pleure sans raison que je pourrais vous dire »…

N-L – 15 Novembre 2020

LE SOURIRE DE MON AMOUR


LE SOURIRE DE MON AMOUR

Sourire de mon amour Quand j’ai vu le sourire de mon amour, J’ai confondu la nuit avec le jour, J’ai laissé mon coeur se prendre au jeu Et j’ai bu ses lèvres avec mes yeux. Sans savoir s’il voulait vraiment de moi Je me suis réveillée, entre ses bras Et le temps d’un rire heureux, le temps d’un soupir à deux Je me suis perdue dans le sourire de mon amour. Et le temps d’un rire heureux, le temps d’un soupir à deux Je me suis perdue dans le sourire de mon amour.

LA MUE MARS ET Y’AISE


LA MUE MARS ET Y’AISE

Au cheval broutant la prochaine lame atlantique, le fond de l’arbre déglutit la parure d’une coupe de saison

Prévert est en guérite, assurant la garde, on se passera d’un Rembrandt pour la Ronde de Nuit

L’accordéon ça minaude pas, c’est franco de pores, jupe fendue plus que le nécessaire attendu d’une posture yoga

Juliette tu vas perdre ta crinière, restera l’os, une putain de moelle de dents

Quand pris de quinte j’irai à la Rhumerie ce sera pour répondre à l’appel et venir tremper Quai Malaquais, la fanfare, le Boris et Sartre en succession de Michèle, Castor l’aqueux bien trempé, sans doute à l’Ecluse, Barbara dans la grande équinoxe d’automne

Rue Bonaparte, mon art colle, la mue Mars et y’aise !

Niala-Loisobleu – 11 Octobre 2020

COUCHE D’IMPRESSION


COUCHE D’IMPRESSION

Déborder du cadre de plusieurs tailles en dessous

ma branche est dans l’arbre haut de l’espace vers

Ces jardins japonais mon cerisier n’en veux pas

il s’érige vertical aux bases de la touffe riche

L’oiseau

dit merle alors à vos bans

Le péage d’un chemin à trois voix est changeur

te rejoindre par la sente arrive à bons pores

la couche d’impression n’est pas définitive.

Niala-Loisobleu – 9 Octobre 2020

A LA BRETELLE


A LA BRETELLE

En faisceau sur l’établi du jour ouvrable quelques fleurs gagnées au couteau

la tierce personne dont on ne connaîtra jamais le nom reste cachée

et la chanson qui commémore sa pensée intime se montre

La place de Furstenberg serre ses bancs pour garder l’amour

les moineaux iront ramasser les miettes

Dans ma tête je dessine un kiosque pour garer l’orgue, laissant l’accordéon sur son tricycle tourner autour

Des volets ouverts tendent leurs jardinières pour mettre de l’odeur dans le vol des pigeons

Elle est allongée sur son tapis, un billet à la main pour n’importe où, le verre est plein de mojito et la radio disperse une vieille histoire sur un air de blues que la trompette bouche à bouche. Il faut laisser les feuilles mortes se faire la pelle, c’est comme ça qu’elles se content Juliette et Miles Davis en toute liberté raciale.

Niala-Loisobleu – 28 Septembre 2020

PANAME A FRESQUE (DIMEY/GRECO)


PANAME A FRESQUE (DIMEY/GRECO)

LE BESTIAIRE DE PARIS

L’encre de Bernard ou la Fontaine des Innocents

La voix manuelle à deux seins de Juliette

et voici que ressurgit l’âme de Paname

l’odeur de ses pieds de cochon

les eaux sales du dégoût

l’enfant qui voit ses premiers poils fauchés sur un trottoir

Les portes des Grands Boulevards, un crime en embuscade

la cuillère percée de l’absinthe qui attend dans le bistro de vous bouffer le foie

Puis l’Eustache du zonard des fortifs finit par aimanter les bourgeois, il fait mouiller les baronnes qui le supplient d’y accoster dans la java

La beauté fera venir des artistes du monde entier, les émigrés des révolutions internationales ont autre chose dans le ventre qu’un envie de croisade de religion

Paris ville -lumière

pas qu’un peu mon Cousin, j’assure que le modèle aura traversé la terre entière pour émanciper le temps d’une courte mais authentique liberté de penser

Niala-Loisobleu – 27 Septembre 2020

A VERSE


A VERSE

Une vendange à la ramasse

court à la montée du rire

pour blanchir un ciel de corps beaux

Avec des sonneurs de cloches à chaque tube des grandes orgues

Notre-Dame rivée à l’oeil

astro-nomme

Comme à déboule de Bonaparte quand on remontaient sa rue en fanfare en sortant des Beaux-Arts

du Sartre plein la marguerite

et du poil à peindre de ton ventre

Rions le temps qui reste en s’aimant d’un pont – à l’autre bateaux-mouches

le noir illuminé d’un fond de cave sans tabous

J’ai envie

en vie de toi nature et sans eau-courante

juste avec un vasistas-soleil à deux pas de la Seine.

Niala-Loisobleu – 24 Septembre 2020

Juliette comme un Gréco


UNSPECIFIED – CIRCA 1949: Juliette Greco (Photo by Jean-Philippe CHARBONNIER/Gamma-Rapho/Getty Images)

Juliette comme un Gréco

j’habite en corps à St-Germain-des-Prés

comme la gare principale de mon grand voyage à visiter des êtres humains

De la place où tu m’apparais nue pour la première fois je tremble de toute la chaleur de ta voix

Le temps voulait se refaire de toute l’atrocité dont il avait souffert

Une expérience impossible à imaginer par d’aucuns qui en faisaient pas partie

Quelques 70 ans et + après , plus que jamais ça restera un secret remis au fond de la pyramide du temps, dans l’avalé des luttes

Toi tu n’as trahi personne

Tu es restée telle que tu suis, fidèle à toi-m’aime comme à ton idéal

Niala-Loisobleu – 24 Septembre 2020

Jean-Paul Sartre: « Gréco a des millions dans la gorge : des millions de poèmes qui ne sont pas encore écrits, dont on écrira quelques-uns. On fait des pièces pour certains acteurs, pourquoi ne ferait-on pas des poèmes pour une voix ? Elle donne des regrets aux prosateurs, des remords. Le travailleur de la plume qui trace sur le papier des signes ternes et noirs finit par oublier que les mots ont une beauté sensuelle. La voix de Gréco le leur rappelle. Douce lumière chaude, elle les frôle en allumant leurs feux. C’est grâce à elle, et pour voir mes mots devenir pierres précieuses, que j’ai écrit des chansons. Il est vrai qu’elle ne les chante pas, mais il suffit, pour avoir droit à ma gratitude et à celle de tous, qu’elle chante les chansons des autres. »

LES MINES AUX TORTS A RAISON 2


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LES MINES AUX TORTS A RAISON 2

 

Déjà décidé à rétablir la vérité, j’entrais à l’Ecole convaincre l’Académie que le bleu c’était pas une couleur froide. Toi tu démontrais ta parfaite connaissance de Marguerite. Ce qui montra immédiatement combien notre communauté solaire n’était pas une de ces idées qu’on se glisse dans la tête. D’ailleurs la tête, mis à part tes passages toro, ça a  jamais été notre lieu de prédilection

Pendant que tu montais le podium, je traînais S’-Germain-des-Prés comme une seconde nature, une même femme en tête de liste dans nos agendas, Barbara qu’à s’appelle toujours, j’y suis passé le premier par son Ecluse. Une vraie forge de Vulcain qui m’a amené à fréquenter des gens très recommandables, Ferré, Brassens, Brel, Reggiani, Bertin et des quantités d’autres, l’Epoque là était pas radine en beauté. Sans compter que le Tabou comme fournisseur c’était haut de gamme. Boris était une sacrée sphère à lui tout seul. Juju avant de se faire refaire le nez avait mis sur la place son né fabuleux, un tablier de sapeur qui lui valut le titre de Miss Vice. Imagines, le vice d’alors comparé à celui d’aujourd’hui

On aimait bien la Rose Rouge aussi. C’était un lieu d’acteurs cinéma et théâtre le fréquentait

Puis clou du spectacle, Char, Camus, Eluard, Breton, le Surréalisme, Sartre, Le Castor, Aragon, Prévert, Cocteau, Picasso, et d’autres comme nourriture difficile de faire mieux

Nos nuit à la Rhumerie et au Babylone ont des oreillers neufs, ont dormait pas

La Ruche, en plein Giacometti, Chagall…

Rien que de voir passer ce tant là, je comprends ta rage à vouloir pas en être écartée. L’amour est fondé en ces lieux

C’est mon Paname au complet réunissant le passé au présent, Montmartre et Montparnasse avant la grande débacle

Et vinrent les années de guerre…

Niala-Loisobleu – 25 Mars 2020

GRANDS FONDS 2 – Juliette Gréco:Jean De La Providence De Dieu


C’était en l’an dix-neuf cent deux
Quand Jean d’ la Providence de Dieu
Ouvrit la porte sans carte blanche
Son front était cuit et recuit
Par le soleil et les soucis
Son sac était lourd sur sa hancheMais la mer du Nord s’engouffra
Dans l’ bar où tenions nos états :
Y avait Machin, Chose et Langlois
Y avait Frances, et c’était moi !

Nous étions tous les cinq à l’aise
Dans le vieux bar de l’Irlandaise !

En ce temps-là, y avait Langlois
Machin et Chose, l’Irlande et moi

Le vent qui soufflait de la mer
Nous a pris dans ses bras de fer
Pour en emporter deux en douce
Il ne resta dans l’ cabaret
Après qu’ils se furent taillés
Car ils avaient l’ diable à leurs trousses
Que Langlois, moi et ce curieux
Jean de la Providence de Dieu !
Y avait donc Jean, et Cætera
Langlois, et la môme qu’était moi
Langlois, très fauché, mit les voiles
Pour retrouver sa bonne étoile
Alors nous ne fûmes plus que deux
Moi et la Providence de Dieu !

On m’ nomme aussi « Saint-Jean bouche d’or »
Me dit ce grand matelot du Nord
Et quand je chante ma complainte
Au petit jour, passé minuit
Ici ou là, comme un défi
Toutes les garces se croient des saintes !

Puis il disparut en chantant
Autant en emporte le vent…
Y avait Machin, Chose et Langlois
Maintenant, il n’y avait plus que moi !

J’étais seule devant les bouteilles
Elles m’offraient d’autres merveilles !
En souvenir de Jean, j’en bus deux
Et tout l’ reste à la grâce de Dieu !

Que sont devenus mes copains ?

À dire vrai, je n’en sais plus rien
L’Irlandaise a fermé boutique
Machin et Chose ont disparu
Dans le décor des inconnus
C’est la faute au vent hystérique :
Il fit entrer ce Jean de Dieu,
Sa Providence et ses bons vœux !

Ah, les bistrots des ports de mer !
Lorsque le vent pleure en hiver
Et vous prend pour toute la vie
Avec ses orgues de Barbarie !
C’était en l’an dix-neuf cent deux
Au Rendez-vous des amoureux

Pierre Mac Orlan