QUAI DU FOU


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QUAI DU FOU

 

Fondu comme un bonhomme de neige pris de canicule, un chaud-froid de poulet sort de l’igloo de police

Soufflé coupé

Bibimd’homme s’affaisse sur le passage clouté

  • Des sels qu’on apporte des sels, s’écrie l’écuyère remontée à cru

L’indien sort alors son coupe-file et dit je me présente Ernest de la Ruse

Des enfants terribles pouffent en ligotant le Père Lachaise pour ne pas qu’il tombe

et se prenant par les mains ils font un grand cercle blanc dans la nuit pour économiser l’énergie qui a seul pouvoir de maintenir la vie à bord d’un insubmersible espoir qu’un oiseau remorque à l’estuaire…

 

Niala-Loisobleu – 25/01/20

 

COQUE LICOL


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COQUE LICOL

La boîte desserre l’étranglement , la pendule cesse son harcèlement, la chaise repaille son Persée d’une botte de sept-lieues, ces eczémas qui médusent  de leurs blocages psychiques, pchittt par la fenêtre

A la volée de seins reconnus

le poids s’allège

Allège de fenêtre évidemment et en corps cette foi

Le poil blanc gris, fort épais et embaumé comme un caravansérail un jour de marché, alors se dressant comme la verticale humaine de la bête, éclate si fort de rire que la connerie vole en miettes

Ah ce rire non retenu

c’est un assaut, une ruée hors de la tranchée (artère), le délire oesophage impertinent comme un rot qui dégage

la bandaison d’instruments anciens qui se lâchent d’un saut à la corde enfantin

en roulements de cerceau

J’ai cinq ans, je suis pu ber à soutenir que la marée basse

Niala-Loisobleu – 25 Janvier 2020

LE RAI BLEU


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LE RAI BLEU

 

Au bas des jambes le chien allongé sur le courant d’air hermétise le regard de travers

Une pensée odorifèrante suit la fissure

Le lézard a laissé sa queue accrochée à la porte en signe de ne pas vouloir être dérangé

La pleine-lune répand l’estran en ondulant de la croupe comme un percheron dételé se rendant  à l’abreuvoir

Niala-Loisobleu – 16/06/18

 

 

 

 

ORAGE


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ORAGE

La fenêtre

un trou vivant où l’éclair bat

Plein d’impatience

Le bruit a percé le silence

On ne sait plus si c’est la nuit

La maison tremble

Quel mystère

La voix qui chante va se taire

Nous étions plus près

Au-dessous

Celui qui cherche

Plus grand que ce qu’il cherche

Et c’est tout

Soi

Sous le ciel ouvert

Fendu

Un éclair où le souffle est resté

Suspendu.

Pierre Reverdy

A Pas de Loup ma Muse


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A Pas de Loup ma Muse

J’avance les yeux fermés, dans cette nuit de chien.
J’avance en attendant ma Muse.
Ma muse, qui me dévale, accroché au destin
Pas celui là ! L’autre ! Celui qui marche seul
Celui qu’on ne rencontre pas.

Lui, Mon destin et Ma Muse
Aux olympiades de mon nombril
Avec mes mises à l’heure
Dans la broussaille bi-journalière d’une extraction de verbes, à lui prêter des mots.

Lui, mon destin et ma Muse, d’une autre destinée
Dans la sensualité de gestes imaginaires
L’autre partie de moi, dans les matins d’un autre.
D’autres cotés des mots

Elle et cet autre
Elle et ma triste vie, dans l’invisible monde
Avec la sénescence de ma chienne de peau.

Elle, ma Muse
Elle, des toujours…
Ma Muse démuselée, dans les passages étroits de mes lignes de mire…
A ses seins libérés, son ventre disponible
Dans l’ombre cavalière des draps d’un autre lit.

A sa bouche rassasier; de fleurs, à fleur de peau; Au centre des écumes…
A ses lèvres abusées, à la syntaxe que j’injecte, dans des rêves à distance …
Quand se pointe mon verbe
Quand se pointent ses gorges, au piano de mes doigts.
Ma Muse comme la mer, haute dans ses trafics.
Dans sa petite mort
Ma Muse comme au jusant; Qui me va, qui me vient.
Dans mes mains.
Dans le vide.
Et qui meure d’encore.

Ma Muse quand tout s’en va
Dans un gris cathédral
Aux semblants, sans nos gestes.
Dans nos mises à l’épreuve des hallucinogènes.
De voyages en dedans !

Ma Muse, moi et mon chien et le temps qui m’affale

Avec sa voix dissimulée, derrière mes mains aveugles
Dans nos petits papiers pliés sur l’écriture
Avec… les mots que l’on avale, ruisselant nos murmures
Nos langues diluées des éclats de silence
Nos pouls synchronisés… aux rythmes des horloges

Moi et Ma Muse…
Dans la géométrie des gouffres horizontaux, nos yeux ouverts à l’aventure, d’une insatisfaction.
A peindre l’immobile…
Un rêve
Un sentiment
L’amour invulnérable
Quant tout nous semble encore
Fait d’aurore et de vérités…

Dans nos espaces intimes, humés d’imaginaire, où l’inconscience oblique, du coté d’un Ailleurs…
Cet autr’ coté de nous, de l’autr’ coté des heures, à supporter le temps, d’infiniment sans elle, aveugle et sans sa voix

Des lignes aux écritures… A peine imaginaires, qui nous parlent de nous…

Comme un rêve rêvé…
D’Amour…
A pas de loup..

 Jacques Gourvennec – Extrait de: Poète sale type
Illustration: Codes et constellations dans l’amour d’une femme – Joan Miro

FRISSONS SALANTS


FRISSONS SALANTS

L’air encore seul sur le sable

les paroles restent avenir

Immobile en corps

mon regard se fait genre du voyage

libre détaché du bout des yeux

tournés de l’autre côté de l’impossible accord de l’incompréhension

Querelles par transmissions de courroies décrantées

abandonnées aux mouvements pendulaires grippés

Les odeurs foraines des baraques à frites garderont leurs cernes

pas de bonneteau pour désigner la bonne timbale

jeux d’hasard mon vieux Balthazar c’est qu’appentis sorcier pour abri

La chaume du marais ne tend point l’appeau

d’un piège à ours dans ses roses eaux

Juste le frisson d’un vent qui murmure les plis de l’onde

laisse à l’innocence son naturel défait de culpabilité

sans avoir à rougir d’aimer.

Niala-Loisobleu – 29 Mat 2016

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