Lliegar a viejo – Joan Manuel Serrat


Llegar a viejo – Joan Manuel Serrat

S’ils enlevaient la peur
Si se llevasen el miedo

Et laissez-nous danser
Y nos dejasen lo bailado

Pour affronter le présent
Para enfrentar el presente

S’il arrivait formé
Si se llegase entrenado

Et avec assez d’esprit
Y con ánimos suficientes

Et après avoir tout donné
Y después de darlo todo

Dans la correspondance équitable
En justa correspondencia

Tout a été payé
Todo estuviese pagado

Et la carte de retraité
Y el carné de jubilado

Ouvre toutes les portes
Abriese todas las puertas

Peut-être vieillir
Quizá, llegar a viejo

ce serait plus supportable
Sería más llevadero

Plus confortable
Más confortable

Plus durable
Más duradero

Si hier n’était pas oublié si vite
Si el ayer no se olvidase tan aprisa

S’ils faisaient plus attention où ils marchent
Si tuviesen más cuidado en dónde pisan

Si tu vivais entre amis
Si se viviese entre amigos

Qu’au moins de temps en temps
Que, al menos, de vez en cuando

Passer une balle
Pasasen una pelota

Si fatigue et défaite
Si el cansancio y la derrota

Ils ne savaient pas si amer
No supiesen tan amargo

S’ils mettaient des lumières
Si fuesen poniendo luces

En chemin, comme
En el camino, a medida

Que le cœur se recroqueville
Que el corazón se acobarda

Et les anges gardiens
Y los ángeles de la guarda

Donner des signes de vie
Diesen señales de vida

Peut-être vieillir
Quizá, llegar a viejo

ce serait plus raisonnable
Sería más razonable

Plus paisible
Más apacible

Plus praticable
Más transitableOh, si l’ancienneté était un diplôme
Ay, si la veteranía fuese un grado

Si cette boisson n’était pas devenue orpheline
Si no se llegase huérfano a ese trago

Si j’avais plus d’avantages
Si tuviese más ventajas

Et moins de désagrément
Y menos inconvenientes

Si l’âme était passionnée
Si el alma se apasionase

Le corps était dans un tumulte
El cuerpo se alborotase

Et les jambes répondraient
Y las piernas respondiesenEt du coin du paradis
Y del pedazo de cielo

Réservé, pour quand
Reservado, para cuando

Il est temps de livrer le matériel
Toca entregar el equipo

Distribuer les avances
Repartiesen anticipos

Aux plus nécessiteux
A los más necesitadosPeut-être vieillir
Quizá, llegar a viejo

Ce serait tout progrès
Sería todo un progreso

Une bonne finition
Un buen remate

Une fin avec un baiser
Un final con beso

Au lieu de les coincer dans l’histoire
En lugar de arrinconarlos en la historia

Transformés en fantômes avec mémoire
Convertidos en fantasmas con memoria

S’il ne faisait pas si sombre
Si no estuviese tan oscuro

Au coin de la rue
A la vuelta de la esquina

Ou simplement, si tout
O simplemente, si todos

Comprenons que tout
Entendiésemos que todos

Nous avons un vieil homme sur nous
Llevamos un viejo encima

 :J.m. Serrat

BLOC-NOTES


 

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BLOC-NOTES

Le froid a reculé de lui-m’aime aux bouts de tes seins durcis. Leur douceur sans doute plus remontante qu’une promesse à long terme. Il ne restait plus de place pour glisser un pli entre nous, faut dire que nous n’étions plus couverts que de nos peaux animales. Du coup Jupiter avec sa lettre en restera pour nos frais. L’arbre d’à côté ayant tiré ses frères à lui pour faire un rideau, côté voyeurs le paravent était de nature à les laisser sur leur fin. C’est à ce moment là que tu me parlas d’une odeur de noisette, la lune était-elle rousse ou bien ai-je cru voir le petit écureuil sortir de ton jardin ? Ce qui est certain c’est que ce parfum de mendiante je l’ai au fond des fosses nasales, à en planer. Je revois sans cesse le Mékong couler cette chanson que tu fredonnes en gardant les yeux vers le haut. A la question posée en permanence sur le savoir vivre sans que ça se rapporte à la place du couteau à poisson. la petite-écuyère en pointe sur mon dos parade d’une voix ferme. Vivre c’est un mystère où le seul tableau qui se prétend concret n’existe que dans les images pieuses d’un mi-sel de guère andes. Le Pérou demande du poumon, les aztèques ont cultivé le soleil jusque dans son jardin. T’as la vérité de l’oiseau dans la canopée, une liberté d’écrire que je peins où devance d’un commun envol. Autour ça décolle pas souvent, à croire que la glèbe est parfois la lettre de lise qui convient à l’homme. Cette misère ne doit pas faire l’hymne de la vie pour autant. Notre chemin est d’aller debout en avant en corps plus nus pour délester.

Niala-Loisobleu – 20/01/19

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