TANT QUE LE VENT SOUFFLERA


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TANT QUE LE VENT SOUFFLERA

Et le vent est levé et l’eau va au torrent ;
Et l’enfant élevé, va, s’en va grandissant ;
Et les fleurs dans les prés et les blés dans les champs
Sont chantés aux veillées : ainsi passent les ans.

Ainsi viennent, s’en vont les feuilles en bourgeons,
La fève et le marron, les roseaux et les joncs,
Courges et potirons, reinettes et coings ronds,
Pétales en pompons : tout ici-bas est bon.

L’orient, le ponant, l’occident, le levant,
Cardinaux sans anneau, sans ors au Vatican,
Vont autour de la terre aussi somptueusement
Que la bible en bannière ou l’ancien testament.

Et le vent est le vent ! Autant le vent d’autan
Est fou face à la brise, (un rude concurrent)
Que la bise nous bise en cinglant conquérant
Entrant sous la chemise et fouettant jusqu’au sang.

L’océan sous l’ondée heurte l’âme des flots
Que tord la bourrasque effrayant les matelots
Courbés sous les sifflets traversant le bateau
d’Eole déchaîné, hurlant au ras de l’eau.

Et la mer, sous les cieux, dévoile où sont ses creux
Ouverts par l’ouragan qui la prend en dedans
Et la presse et l’étreint et d’un baiser fougueux
Fracasse son armure, abominablement.

Et le vent soulevant, octobre finissant,
Les feuilles du pommier jaunes et rouge-sang,
Frissonnant, tournoyant et qui vont en montant
Habiller le bouleau blanc de leur vêtement.

Et le vent élevant le volant en dentelles
De la robe légère avec tous ses dessous
Attise la braise qui part sous l’étincelle,
Mettant le feu rouge à la très belle à ses joues.

Et le vent sait frapper à grand coups de genoux
Et d’un front énervé les vaines frondaisons ;
S’engouffre, corne et mord pour déchiqueter tout
Sans le moindre remords, sans hésitation.

Et le vent, aile au vent, souffle inlassablement,
Amenant les étés, l’automne et le printemps
Et l’hiver redouté à l’appel est présent ;
Et le vent étonnant, vente et tonnant, chuintant,

Par derrière grondant et sifflant par devant,
Fou furieusement, mystérieusement,
Trône fièrement sur le gaillard d’avant.

Jean-Michel Bollet

 

A la poterne du verger, un bosselé de marguerites gonfle le tablier du pré, la rivière devient prolixe quand les enfants plongent après avoir mis les leurs aux patères des pommiers. Petits seins ronds, mignons joufflus, le chien saute sans demander de sucre. la rousseur queue -de-vache de ton ventre me casque, sur le pont je joue Bayard. Le cheval lui, montre du plaisir à la pêche à pieds, dans l’eau jusqu’au poitrail il remonte go et monts sous l’oeil allumé de l’oiseau perché à la tête du lit, en place du bout de buis et du crucifix…

Niala-Loisobleu – 3 Avril 2020

J’ENTENDS LE CHEVAL QUE JE LAVE HENNIR


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J’ENTENDS LE CHEVAL QUE JE LAVE HENNIR

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J’entends le cheval que je lave hennir
Pensé-je car la brosse le dérange
Et si ce cri me paraît si étrange
Je puis alors douter de l’avenir

Hier matin j’ai rangé dans la grange
Du foin qui au cheval va convenir
Et j’aimerais le faire parvenir
Plus bel avec au front un crin en frange

Je n’entends pas qu’il me fasse un reproche
Puisqu’il est doux comme un âne d’un an
Mais si avec ma brosse je m’approche

Il hennit et me dit va-t-en manant
Le foin c’est bien quand

Jean-Michel Bollet

AUX ENFANTS


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AUX ENFANTS

Vous aurez à jouir à souffrir tout autant
Et vous ne trouverez jamais votre équilibre
Tiraillés entre l’être esclave et l’homme libre
Entre le temps des ans et le temps de l’instant

Votre rythme sera variable ou constant
Avec le cœur battant quand la paupière vibre
Et de vos muscles vous allez perdre la fibre
En cherchant le secours d’un quelconque assistant

La vie se domestique aux aubes de l’enfance
En la tenant droit sur le fil froid du rasoir
Tailladant celui qui assure sa défense

En ne présentant pas à l’outil l’aiguisoir
Maintes fois coulera du sang mêlé de larmes
Et triste le bonheur tirera ses alarmes.

Jean-Michel Bollet