Quant à réunir


Quant à réunir

Au premier mouvement de la pédale wah-wah, en voyant les fourmis partir en tous sens, j’ai pensé aux nageoires des chants de blé lorsque le vent sort des coquelicots un autre goût du peint

On couve en soi plus d’envie en consigne, que de secousses au départ des trains

Et le sifflement de la glace baissée dans le couloir quand on se penche sur l’écartement des cuisses de sa voisine coin d’en-face, Le voyage sort du tunnel. Mène à quai 5′ d’arrêt. Vous allez où, Mademoiselle, lui-dit-il, en rapprochant son jeu nous comme on sort sa carte pour une réussite. Elle baisse les yeux. Puis décommande son attente de rien en se disant ma foi si les voyages forment le jeûne est-ce pour mourir ventre vide ?

Les trains redonnent aux transports un surréalisme qui est moins chiant qu’une journée de cours à apprendre par coeur ce qui n’a rien des cris, la philosophie d’un lit-clos sur l’abstinence a mille fois plus raison qu’un théâtre d’ombre en projection quotidienne

Léonor Fini

m’a fasciné par son parlé le chat, le miaulement des profondeurs dans la courbe du do qu’elle a eu, c’est accourir dans l’ô riant express.

Niala-Loisobleu – 30 Mars 2021

C’EST A VOIR


C’EST A VOIR

Les yeux sans voix

le regard aphone

la musique est mise en stand-by

comme masquée dans une crise généralisée où l’analyse en mêlées va d’un avis à son contraire

A part les moulinets du duel

hors-sujet

la mise à mort est rengainée

On peint comme on s’écrie

à l’abri dans l’attente de la bonne identité

Les accrocs faits dans le ciel font respirer la vérité en montrant son visage.

Niala-Loisobleu – 15 Mars 2021

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE


LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE

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Passé le genou où la main se croise

comme une semence qui germe

en soulevant un peu la terre,

je vais vers ton ventre comme vers une ruche endormie.

Plus haut ta peau est si claire

que les jambes en sont nues pour tout le corps

et mon regard s’y use

comme au plus tranchant d’un éclat de soleil.

Au-delà, il y a ta lingerie qui sert à t’offrir

et à colorer mon désir.

Tes cuisses, lisibles de toute leur soie, se desserrent

et je vois la ligne de partage de ta chair.

Géants de la sensation,

mes doigts vont se fermer

sur le seul point du monde

où se carbonisent des hauteurs entières de jour.

Et c’est enfin la pleine rivière que te remonte sans effort, parce que tes seins s y élèvent comme deux cailloux à fleur d’eau.

Dès que tu entres dans ma chambre tu la fais se tourner vers le soleil.
Le front sur toi de la plus faible lueur et c’est tout le ciel qui t’enjambe.

Pour que mes mains puissent te toucher

il faut qu’elles se fraient un passage

à travers les blés dans lesquels tu te tiens,

avec toute une journée de pollen sur la bouche.

Nue, tu te jettes dans ma nudité comme par une fenêtre au-delà de laquelle le monde n’est plus qu’une affiche qui se débat dans le vent.

Tu ne peux pas aller plus loin que mon corps qui est contre toi comme un mur.
Tu fermes les yeux pour mieux suivre les chemins que ma caresse trace sous ta peau.

Le couple que nous formons ne naît bien que dans l’ombre et, nus, nous allons à la conquête des eaux dormantes d’où le désir surgit comme un continent toujours nouveau,
à celle des orages qui tombent en nous, lourds et chauds,

à celle de tous les végétaux dont il nous faut, lèvres à lèvres, briser l’écorce tendue, à celle des fenêtres dans lesquelles ta chair dérive
comme une jetée qui a rompu son point d’attache.

Parce qu’ils sont les yeux de la terre, les carreaux se tournent vers ta gorge qui brille comme un peu de foudre en regagnant les fonds marins de la ville.

Flanc contre flanc, nous descendons tous deux dans les souterrains où l’on perd corps et où les baisers que tu me donnes, que je te donne sont autant de pas que nous faisons l’un dans
l’autre.

Il me faut inventer d’incroyables pièges de chair pour prendre le monde dans un baiser, il me faut abattre les murailles dont tu t’entoures pour que le plaisir puisse te couper en
deux.

C’est alors que l’air est dans ma bouche la racine même de l’espace et des fruits que, pour me laisser passer de ma vie à ta vie, tu te fais arche des épaules aux pieds.

Partout sur les murs, sur les visages

la lumière se dévêt de sa lingerie

et montre son beau ventre de femme

d’où l’ombre tombe comme une fourmilière écrasée.

Car il y a vraiment de quoi vivre sur la terre, mais il faut avoir la force des arbres pour pouvoir repousser le ciel bas que la mort fait peser sur les paupières.

L’espace est pris entre nos regards et nous n’avons que quelques gestes à ébaucher pour qu’il tombe à nos pieds sans faire plus de bruit que la dernière goutte d’eau d’un
orage sur la forêt.

Tu es plus nue sous mes mains que la pluie sur les tuiles, qu’un feuillage dans le matin, que les dents ensoleillant la bouche.

Des insectes s’écrasent en plein vol sous notre peau, mes doigts ne cherchent pas à se protéger de la lumière qui s’élève du fond de tes yeux pour faire se lever
dans les miens un jour insoutenable.

Le reste de notre vie se fige autour de nous en hautes statues qui ne peuvent entrer dans le cercle de silence et de joie qui nous serre aux reins.

Enlacés par l’herbe que l’air fait monter jusqu’à nos lèvres,

nous oublions dans notre chambre les paysages

qui venaient vers nous au pas de la terre,

les beaux paysages qui nous prenaient pour des statues.

Vagues s’en allant à la rencontre l’une de l’autre, nos corps n’ont que la flaque des draps pour apprendre que l’amour est une montagne qui s’élève à chaque coup de
reins.

Nous n’avons que nos bras et nos jambes pour serrer un instant les forêts qu’un éclat de soleil enfonce dans notre chair et fait flamber jusqu’au dernier arbre.

Nos dernières paroles se sont arrêtées loin de nous, enfin coupées de leur tronc de sang.

Nous entrons seuls dans un monde ouvert sur nos visages comme sur son propre noyau.

J e cherche dans ta bouche la source du fleuve souterrain qui te parcourt en rejetant en haut des cuisses son écume de plante fraîchement coupée.

Quand tu écrases ton ventre contre moi,

quand mes doigts aiguisent ta gorge,

tu as des mots doux comme la salive,

des mots qui auraient poussé après un orage.

De ton corps je fais un pont

qui me conduit dans un monde

où nos dents se cognent contre le même verre d’air,

où nos regards à force d’être proches font la nuit entre eux.

Je ne vis plus au jour le jour puisque tes baisers font partie de mon avenir et nous allons jusqu’au bout de la lueur que la foudre trace en remontant nos veines.

Il me suffit de quelques gestes pour retrouver, enfouie sous ta peau, la plante nue que tu es et, vacillant de tout le soleil conquis par les ruisseaux, tu entres dans la nuit avec le jour
devant toi.

Je n’ai qu’à toucher la pointe de tes seins

pour que soient soudain rompues les mille écluses

qui retiennent entre nous un poids d’eau égal à celui de la mer,

pour que toutes les lumières s’allument en nous.

Et quand dans la clarté du drap,

tu n’es plus qu’un éventail de chair,

j’ai hâte de le faire se refermer sur mon corps

par une caresse que je jette en toi comme une pierre.

En te renversant sur le
Ut,

tu donnes à la clarté la forme même de tes seins

et le jour use toute sa lumière

à vouloir ouvrir tes genoux.

Tu prends ta source dans le miroir qui coule du mur, tu as du soleil jusqu’au fond de la gorge, tu es neuve comme une goutte de rosée que personne n’a vue, que personne n’a bue.

Tu as le cou fragile de ces oiseaux

qu’on voit rarement se poser sur la terre

et quand tu es dans la rue le regard des hommes

monte autour de toi comme une marée.

Derrière tes dents, ta chair commence avec ses aubépines de fièvre et de sang.
Tu sais qu’elle est une prison dont mon désir te délivre.

La caresse fait son bruit de poumon en cherchant dans tes cuisses le papillon qui s’y est posé, presque fermé en toi de ses ailes.

Avec l’aveuglement d’une taupe, tu creuses l’air de tes seins.
Autour d’eux mes mains s’élèvent comme une montagne coupée en deux.

Tu m’accueilles dans un pays au centre duquel ton corps se dresse comme un feu de joie, simplement posé sur la fraîcheur de tes lèvres au point où l’espace se jette en
toi.

Tu es l’impasse vers laquelle j’accours

avec la force des marées,

avec la liberté des moissons

qu’un coup de faux sépare du soleil.

Nous ne parlons pas de l’amour qui nous lie

parce qu’il est entre nous comme une bouteille sur une table

et qu’il court de mes doigts à tes doigts

avec la vitesse de l’éclair.

Si je veux t’aimer sans rien perdre de ta clarté,

je suis contraint de m’enfermer avec toi dans les pierres.

Le jour écarte de temps en temps les rideaux,

tache ton épaule et retombe dans la rue.

Le silence même est fait de minéral et prend la forme des chambres qui le contiennent.
Pour qu’il n’y entre point, c’est mille armoires qu’il aurait fallu pousser contre les portes.

Notre nuit est imperméable et nos corps, se suffisant de l’air contenu dans un baiser, descendent jusqu’aux racines de l’arbre qui a nos têtes pour sommet.

En plein front, en plein flanc,

j’entends les pas que mon sang fait

pour s’avancer de sommet en sommet

jusqu’à celui dont il me faut dominer ton corps.

Je lui en veux de me tenir enfermé dans un visage avec lequel je reste si seul lorsque mes épaules n’ont plus le tien à porter et que je te cherche en vain dans les
miroirs.

C’est pourtant par lui que je t’ai reconnue dans la rue

dans un moment qui reste comme une source en pleine mémoire.

C’est lui qui me permet à chaque instant

de reconnaître ma vérité dans tes yeux.

Tu ouvres la nuit la plus pleine

de la pointe de tes seins.

Tu viens vers moi dans le tournoiement d’une ville

qui ne s’éclaire plus qu’à la clarté du désir.

Je ne saurai jamais la distance à parcourir entre la lampe sourde de ton ventre et mon corps.
Je sais que je te rejoins dans un baiser qui ne laisse point passer le jour.

Sous ma main ensablée dans les caresses, il reste les hauteurs de ta gorge, vers lesquelles j’avance, la bouche pleine de soleil.

A force d’avoir mon visage contre ton visage, j’oublie que le monde commence au-delà de ton regard.
A jeter l’un dans l’autre nos plus sûrs filets, nous ramenons tous les poissons de la joie.

.Le soleil se couche dans les flaques pour rester plus longtemps sur la terre.
Tu ne peux plus t’en aller de ma chambre parce que je suis debout sur tes derniers pas.

J’essaie de conquérir

l’insecte que tu respires.

Mais il s’échappe de mes lèvres

pour aller se poser sur mon sang.

Tu ne peux plus sortir du filet que mes mains tendent sur toi, tu es au centre de l’étoile de mes pas, tu es l’unique réponse de ma vie.

A nos regards pris dans la même pierre de présence,

le monde arrive par une fenêtre

où nous nous penchons parfois

de nos corps, hauts comme des promontoires.

La ville est au pied de la chambre où tu te tiens

avec pour horizon celui de tes épaules

et nous touchons jusqu’en son fond

le vivier de feu qui donne sa mesure à l’été.

Tu te refermes sans cesse sur moi

comme deux vagues sur un rocher

et nous n’avons qu’à nous laisser porter par la

qui s’étend très loin autour de nos visages.

Perdus dans un pays de chair et de caresses, nous vivons les quelques miniers d’années dont notre amour a besoin pour que naisse une étreinte de chaque goutte de notre sang.

Je suis prisonnier de ton visage

à la façon dont un mur l’est du miroir.

Pesé par ton regard,

le monde perd son poids de pierres.

Le chant de ton sang sous la peau est aussi doux à entendre que celui des graminées poursuivies par le vent.

Je sais que la mort ne peut rien me faire tant que tu restes entre elle et moi, tant que s’allume dans ta chair le ver luisant du plaisir.

Le couchant tournoie sur chacun de tes ongles

avant d’aller grossir la terre d’une dernière montagne de clarté

….

et je peux voir a ton poignet les pas

que ta vie fait pour venir jusqu’à moi.

Au -delà de mes mains refermées sur toi, au-delà de ce baiser qui nous dénude, au-delà du dernier mot que tu viens de dire, il y a le désir que nous tenons vivant
contre nous.

Il y a la vie des autres qui remonte de la ville sans pouvoir aller plus loin que la porte derrière laquelle les murs écoutent à notre place le bruit que le cœur des hommes
fait dans la rue.

Tu dépasses les herbes

de quelques hauteurs de soleil.

Je te sens à peine bien que je sois sur toi

comme sur la pointe la plus aiguë d’une montagne.

Tu es entière contre chacune de mes mains, tu es entière sous mes paupières,

tu es entière de mes pieds à ma tête, tu es seule entre le monde et moi.

Le soleil reste sur ta bouche à la place où miroite encore un baiser.
Ton visage lui appartient mais il me le rend pour des nuits plus longues que ma vie.

Ton corps pour lequel je m’éveille s’éclaire plus vite que le jour parce que le soleil surgit à toutes les places où il y a des cailloux à pétrir.

Les forêts se dénudent pour lui dans le secret de leurs clairières mais c’est sur ta gorge qu’il fait pousser ses plus beaux fruits.

La terre lui présente une à une

ses vallées les plus riches,

mais c’est sur ton ventre qu’il s’arrête,

simple bouquet de flammes.

Le toit des villages est posé sur la terre et les prés fuient de toutes parts autour des murs blancs qui avancent d’une maison par siècle.

Je pense à l’étonnement de ton ventre qui regarde toujours mon désir pour la première
Je pense aux forêts que nous faisons tomber quand ma chair mûrit dans la tienne.

Je pense à la hauteur de l’été

sur la poussière des routes,

au ruisseau qui s’arrête un instant de couler

pour mieux s’éblouir de la nudité de la lumière.

A rester debout dans ce pays démesuré de clarté, je sens que je n’ai pas asse de poumons pour retenir la vie qui vient vers moi à la façon dont ton corps vient vers le
mien.

Lucien Becker

L’HOMME QUOTIDIEN


L’HOMME QUOTIDIEN

A
Jea
Paulban

I

Le vent se lève soudain d’une flaque où par places se heurtent et se traquent les meurtrissures de la nuit et celles plus profondes du soleil.

La terre est froide et grande à son réveil comme une chambre sans feu.
Je suis seul au bord de ma bouche lasse, une cigarette respire à ma place.

Je me hâte vers un couloir sans fin où les portes font des taches de tunnel, où les ombres se cognent sans souffrance et où les murs sont sales et éternels.

La lumière semble lourde et voûtée sur un monde sans miracle, ni gaieté.

Dans la nudité du sang qui tourne en moi, je respire le même caillou froid.

D’autres vivront ma vie à leur tour, solitaires entres les hauts murs du cœur.
Seule la tête change de regard, du cœur part la même plante de douleur.

II

Au fond du couloir où rien ne luit, la porte s’ouvre sur la nuit, claque contre les murs de chaux.
Je me retourne, d’elle encore chaud,

vers la vie qui regagne et cerne sa plus belle clairière où la terre parle aux hommes par la voix facile des femmes

où les fleuves courbent le monde de leurs mains si fraîches et si pleines, où le cœur captif des forêts oscille sur son socle d’ombre

où les chemins rejoignent le ciel à l’horizon marqués du pas de tous les paysans dont la tête dépasse les maisons comme l’épi le plus haut, le plus pesant.

III

Mêlé à tant de soirs, tant de nuits

qui n’avaient même pas de l’air le poids,

je n’existe plus que par quelques pas que je fais toujours dans le même circuit.

Chaque matin, je secoue ma terre

mais il m’en reste assez sous les pieds

pour que croisse la douleur

jusqu’au point où les yeux sont des tiges cassées.

Le vent passe entre mes mains et peine sans pouvoir les délier de mes veines.
Bientôt, il ne reste plus qu’un regard mal éclairé par le soir

et l’or qui remonte du cœur comme un feu déjà gris.
Et je ressens mieux la coupure que mon corps fait avec le monde.

IV

Veines comme des rides sous la peau, j’élève mes tourments et mes maux à vos étages les plus hauts.
Vous faites le tour de ma vie

sans savoir le doute qu’en moi mûrit

et mène votre attelage docile.

Vous plongez dans ma chair et dans mon cœur

vos doigts pleins de sang, pleins de sueur.

Vous ne voyez pas les chemins de la terre où les regards se renversent d’un trait sans s’ouvrir au passage d’un regret.
Vous n’aimez pas ma voix qui va se taire

vous êtes si loin dans vos mains qui fuient

dans les grottes où je n’ai pas accès

et haletantes vous dites au cœur

que le monde est plus clair, plus grand que lui.

V

Tu as des yeux qui font le tour de la tête comme si tu sortais du plus beau des bals.
Paupières lourdes comme des céréales, ma bouche apaise vos craintes, vos fêtes

et fond avec les racines qui puisent au plus obscur de mon tourment la force de m’entourer de ma nuit.
C’était un grand regard pesant

que j’obtins pour mes noces nocturnes

comme une aube battante d’insomnie.

Il est ma défense contre la mort, il est

la détresse quotidienne qui souffle de mon cœur.

Trop de sentiers tournent avec aisance venant de moissons serrées comme la pluie.
Trop de bois vivent dans le silence où parfois il n’y a de bruit que celui

fait par une feuille se posant sur le vent,

avant cette mort où toutes mers éteintes,

tous passages fermés, toutes tempes inertes,

nous serons quelques aveux intercalés dans le temps.

VI

Je monte des restes fumants du sang, dans les vitres reculent des regards.
Les trains ralentissent à peine dans les gares et ma voix s’étonne d’être sans accents.

Des pas béants marquent la douleur.
Des ponts attendent la fin du monde au fond de leurs grands yeux sans chaleur et le cœur inlassable fait sa ronde.

Je ne suis qu’une tache de terre encerclée par la mort et la nuit.
Je m’ouvre en regards que l’ennui dans sa fixité désespère.

Ma vie tient en quelques pas égarés qui n’ont trouvé aucun chemin vers les fenêtres d’où l’on revient couvert de soleil et désemparé.

Trop de couchants s’arrêtent à l’aise au haut de murs à jamais tranquilles.
Des flaques tranchées par le ciel brillent dans l’herbe comme des blessures fraîches.

VII

Le vent n’a pas voulu mon haleine, l’oreiller s’est vidé de sommeil.
Le monde regarde dans les fenêtres, inachevé, sans couleurs, ni fêtes.

Les colchiques se renversent, las, et le matin les broie de son pas mouillé de tant de paupières pleines.
Les sources sont grises comme le ciel.

Un vent fumeux, un vent décapité déborde sans cesse des trottoirs s’enfuit avec les milliers de voix que la solitude attendait.

Au-dessus des toits, tout est vide, la lumière ne peut pas remonter retenue dans les lampes livides et dans les bouteilles bues.

VIII

Mon cœur bat dans sa toile de sang oubliant de mon corps le mal le plus récent et s’attarde à la plaie trop tendre et mal fermée que font les tempes.

Que sait-il de moi, de ce regard, de cette tête dont la douleur se détache, dure, cernée comme une vitre, de cette peau qu’il éclaire de tous ses éclats captifs ?

Veilleur de mon sommeil, veilleur de la nuit il ne retient aucun de mes rêves mais se rappelle que des étoiles naissent de lui à la place où les veines font des
clairières.

Dans les flaques où je souffre, où j’attends et où je ne suis entouré que de moi-même,

il conduit le regard aveugle du sang

pour mourir un jour comme un oiseau abattu.

IX

Derrière la fenêtre, le jour est superficiel, le miroir est encore profond de toute la nuit et la route est très loin dans le mur.
Ma tête dépasse, coupée par le drap.

Une mouche en fait le tour.

Je me rappelle ou je rêve

que ton front est comme ces belles journées

où il n’y a pas un signe de mort

et où la lumière se rassemble sur les sources.

Le pont se lève de l’herbe

et s’ouvre au-dessus de l’eau

comme une blessure où la terre accourt.

Le dormeur est toujours couvert de son front fisse et de ses paupières.
Des ombres sortent et laissent longtemps leurs tempes contre les murs.

LE plafond trop bas écoute s’il monte quelqu’un dans l’escalier.
La même ombre s’approche avec le même tintement de cœur.

Dans la chambre sans lampe que celle qui vient de la rue,

le feu fond dans ses cendres et ne réchauffe pas la nuit

mes mains atteignent les choses qui m’aiment en silence comme des chiens trop doux.
Plus proche de moi que la douleur

la fenêtre m’éclaire de sa blessure.
J’ai vu, la nuit, des vitres béantes qui suivent les gens comme des rails et ne les quittent qu’à la mort.

Lucien Becker

25 ANS AUJOURD’HUI QU’ELLE EST MORTE MARGUERITE ET MOI JE NE SAURAIS PLEURER


25 ANS AUJOURD’HUI QU’ELLE EST MORTE MARGUERITE ET MOI JE NE SAURAIS PLEURER

Ah Duras, con treverse à tous propos

Entre deux parties le bien et le mâle du féminisme inavoué

Sacré dilemme qui enfin se termine dans le choix sans s’en remettre au pétale de la marguerite

Au bout de quoi, rien ne tient de bout, tout commence chaque matin Espoir pas toujours jusqu’au soir

L’aube n’a pas d’âge les criminels sont de tous tants

Aimer c’est apprendre à vivre ou à laisser

Toit jusqu’au seoir, terre de poils, le manche comme il se doigts à tisser la toile au sein du végétal haleine et minéral orgasme

Sans trahir il était une foi…

Niala-Loisobleu – 3 Mars 2021

Que me van aniquilando

Je n’ai pas chanté pour que tu m’écoutes
Yo no cantaba pa que me escucharas

Pas même parce que ma voix était bonne
Ni porque mi voz fuera buena

Je chante pour moi d’aller
Yo canto pa que me se vaya

La fatiguilla et la douleur
La fatiguilla y la penaQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent
Que las nubes las destruye el vientoJe ne sais pas ce qu’il a donné
Yo no sé lo que le dio

À la jument menthe verte
A la hierbabuena mare

Qu’il était vert et séché
Que era verde y se secóComme je n’étais pas commis
Como yo no era escribano

Je ne savais même pas ce qui se passait
Ni yo sabía lo que pasaba,

Ils ont dit qu’ils avaient rendu justice
Dijeron que hacían justicia

Voyant qu’ils nous ont émerveillés
Viendo yo que nos marabanQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent
Que las nubes las destruye el vientoEt tu es comme la canne
Y eres tu como la caña

La canne se reproduit en Ombrie
La caña cria en umbría

Que tousser les airs
Que a tos los aires

En fait leur courtoisie
Les hace su cortesíaQu’est-il arrivé hier
Lo de ayer ya se pasó

Et aujourd’hui se passe
Y lo de hoy va pasando

Demain personne ne l’a vu
Mañana nadie lo ha visto

Mundillo nous marchons
Mundillo vamos andandoQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent.
Que las nubes las destruye el viento.

Pas même parce que ma voix était bonne
Ni porque mi voz fuera buena

Je chante pour moi d’aller
Yo canto pa que me se vaya

La fatiguilla et la douleur
La fatiguilla y la penaQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent
Que las nubes las destruye el vientoJe ne sais pas ce qu’il a donné
Yo no sé lo que le dio

À la jument menthe verte
A la hierbabuena mare

Qu’il était vert et séché
Que era verde y se secóComme je n’étais pas commis
Como yo no era escribano

Je ne savais même pas ce qui se passait
Ni yo sabía lo que pasaba,

Ils ont dit qu’ils avaient rendu justice
Dijeron que hacían justicia

Voyant qu’ils nous ont émerveillés
Viendo yo que nos marabanQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent
Que las nubes las destruye el vientoEt tu es comme la canne
Y eres tu como la caña

La canne se reproduit en Ombrie
La caña cria en umbría

Que tousser les airs
Que a tos los aires

En fait leur courtoisie
Les hace su cortesíaQu’est-il arrivé hier
Lo de ayer ya se pasó

Et aujourd’hui se passe
Y lo de hoy va pasando

Demain personne ne l’a vu
Mañana nadie lo ha visto

Mundillo nous marchons
Mundillo vamos andandoQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent.
Que las nubes las destruye el viento.

MARTINGALE HYPOTHESE


MARTINGALE HYPOTHESE

La bille roule à tourner la tête, voilà la buse à sec qui déverse pour tous les goûts, partis à la plage avec la pompe à vélo mais sans le pneumatique on a pas pu gonfler la baignade c’était marée basse Par ailleurs les laveries vont gagner une case pour le rechapage de propos jetables. L’élection de Miss Amérique tourne au cauchemar, elle aurait été violentée par un bison déguisé en Apache au moment du passage en maillot. J’ai la main sûre quand je leur claque la gueule pour ne plus les entendre et te laisser lui dire de t’écouter. Le cheval va bien avec le chien quand il flaire avant de labourer, au moins le soc ne s’émousse pas dans les pierres, il dégrossit le mouton pour l’haleine de pré-salé

Au milieu du livre j’ai gardé la page pour les toilettes et posé mes lunettes au chevet du malade actuel avant d’arriver au coma. en me disant que sous l’échiquier le roi a pipé le moteur au point d’en perdre la manoeuvre en putain d’apprenti-sorcier.

Niala-Loisobleu – 12 Novembre 2020