Fermer

ATELIER/PÊCHEUR 2


ATELIER/PÊCHEUR 2

Paroisse 

Des femmes sont assises dans l’hiver
Le long de la radio, sur un dernier travail
C’est tard la nuit, il est déjà dans les dix heures
Depuis longtemps dorment dans les chambres glacées
Des enfants protégés du mal par un signe de croix
Des femmes sont assises dans l’hiver. Il fait grand froid.
A la gare on attend encore le train de Combourg et Dol
Dans la prairie les gitans guettent le sommeil des chevaux
Ils ont plié le cirque dérisoire et ils s’en vont. Demain
Les maçons ne travailleront pas sans doute à cause du gel
Demain il y a messe pour la jeune fille qui est en deuil
De Nantes vient le givre avec ses cuivres. Il fait grand
froid.
Paroisse de l’année soixante. O périphérie de la paix
Femme posée comme une lampe à huile dans le silence
Rassemble dans cet écrin-là tous tes enfants. Emporte-les
Vers le bon dieu et qu’on ne nous sépare pas
Demande-lui si c’est bien demain que le payeur passe
Et quand va-t-on enfin goudronner la rue. Tu as froid.
Tu fermes la radio. Tu montes en faisant attention
Vers un endroit que je t’ai préparé dans ma mémoire
Et qui s’est détaché de moi pour vivre, comme une chanson
Où tu es bien parce qu’on ne nous séparera pas.
Jacques Bertin
Les murs ont couvert le suaire des joies avortées
de graines à pleins greniers que le cheval en saillie
a tiré de la chair humide du lin bleu. Il se murmure un orgasme juvénile.
Dans l’attente de la dernière marée. Les trains au-dessus du pavé, le doigt sur la gâchette solaire prêt à tirer
D’années cinquante les poils ont blanchis, sans que les pinceaux rechignent
Demande-lui où Marthe te mit et Louis debout
La radio-tubulaire c’est faite scanner d’un appel « ici Londres » où les français ne parlent plus français
Et quand le tarmack avale la garrigue, le lièvre court comme tort tue au journal parlé creuser
Les mots pour rien, les mots pour paraître, les mots habillés manquent de peaux pour exprimer la vérité de la nudité
Mécréanr t’as trouvé ton endroit-sacré, ta paroisse…
Niala-Loisobleu – 26/05/19

Aux funérailles au funambule


Aux funérailles au funambule

 

Paroles : Allain Leprest et Jacques Bertin ;

Aux funérailles au funambule
chacun viendra poser l’enclume / la pluie
le pape apportera sa bulle
et malgré la grève du rail

si près du cyprès et de l’onde
chacun viendra asseoir son monde
et boire à cet enfant trop beau
tombé de haut

chacun viendra lever son verre
à nos amitiés libertaires
aux étoiles qui vont se taire
dans la main du grand diamantaire

à toutes ces notes futiles
à nos ardoises sur nos tuiles
à nos comment et nos faut-il
écrire la chanson de plus ?

qui crie au fond de l’autobus
et aux verres trop vite bus
aux amitiés trop vite lues
aux rythmes trop vite perdus

à la prochaine mon amour
à toi seule dont les doigts courent
sur mon ardoise chaque jour
à la proche haine à toujours

je cache en mes doigts consumés
un âcre parfum de fumée
dans les ruines du verbe aimer
une ultime rime à  » toujours  »

à nos amours à la prochaine
la proche haine mon amour
la proche haine où sont semées
nos plumes nos belles années

à tous les mots durs à manier
au malheur qu’on n’a pas volé !
la beauté qui nous a brûlés
et à nos amours mon amour

or, voyez : c’est son meilleur tour
quand il tombe au milieu de vous
le funambule il est pas fou
il a très bien choisi son jour

est-il mort ? non : il dort il tremble
dans son sommeil il parle il semble
il dit : si nous restions ensemble
ici,
amis,
j’y voudrais mourir pour toujours

 

Ma,

Allain c’est un vers jamais vide qui fait son rond au contoir d’un feu qui reste allumé au bord des cheminées d’amour et d’amitié.

Jacques a dit et dira à son tour comme

avant que ce moi…

J’ai tourné la boule du monde sur l’axe d’un concept du refus de ce qui ne peut s’égaliser en partage.

Allant de la vague du caniveau de mes trottoirs nourrie par Marthe

aux quatre coins du monde à la voile et à la vapeur avant les ailes des grands oiseaux de métal.

Partout la m’aime blessure qui saigne sans sécher

et qu’elle beauté dans tout ça

demeure.

En montant dans le ciel où je n’irai pas à l’ultime atterrissage, l’infini que je caresse aura tes formes. Comme un Pouls qui scande l’air , sans qu’un film prenne la place de ce qui est à écrire.

L’amour enfante la douleur

la branche qui met son fruit au monde pousse son cri

dans un silence incomparable.

 

Niala-Loisobleu -10/05/19

Qu’est-ce qui passe ici si tard ? Jacques Bertin


Qu’est-ce qui passe ici si tard ?

Se demande la femme à genoux dans son âge
Est-ce que je vais me laisser glisser au sol
Les mains dans mon ventre serrées vers la cinquantaine ?
Est-ce que j’irai à nouveau seule
Dimanche dans ce restaurant de la gare ?
Qu’est-ce qui fait que les jours s’alignent comme des maisons
Bordées du petit jardin propre des pudeurs
Où l’on n’entre jamais ? Est-ce que personne ne voit
Tard le soir la fenêtre éclairée où je veille ?
Qu’est-ce qui passe ici si tard ?

Qu’est-ce qui passe ici si tard ?
Dans le silence impitoyable de cette chambre
Qui est comme un sanglot jamais crevé
Elle se regarde dans la glace et ne sait plus si elle est belle
Car la beauté réside dans la confiance que tu portes
À tes seins, à tes cuisses, à ton ventre et à cette
Lumière acide de ta bouche
À la vie qui, sur ta peau pourtant morte, pose
Des caresses car l’âge n’existe pas

 

Jacques Bertin

 

 

 

 

 

 

ENTRE TIEN EMOI 64


cropped-a5ac5ac76d480f42d4dd0e744a5bf8c81

ENTRE TIEN EMOI 64

 

« J’écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu’il faut nier. »
Jacques Bertin

 

Cela t’aidera à voir en entier ce paysage que tu es dans le cadre de ma fenêtre du 1er. Bien sûr la façade est suffisamment percée pour un grand bain de lumière

 

La grotte avale et renvoie la vague au rythme de l’archet

Ce froissement élastique de mes dents qui roule à ton pied

Dégrafer leur envol au vibrato du plongeoir

Quand à travers trous l’assise métallique forge un parcours

Au bras levé ton aisselle ferroviaire  me rend Grasse en mille pertuis

 

J’écris pour me rappeler ce que personne n’avait dit de l’Art de Construire de ton corps.

Au bras levé

 

 

 

Niala-Loisobleu – 12/04/19

 

 

 

JACQUES BERTIN – DOMAINE DE JOIE


JACQUES BERTIN – DOMAINE DE JOIE

Je marche…
Je respire…
Je me tais.

J’écoute les feuilles des arbres dans ma tête,
Parfois on ne fait qu’un avec sa vie, on s’assied
Parmi les choses de la terre comme dans le fond d’une journée
Tiennent quelque part, loin, derrière les collines assommées de l’été,
On est soi-même la pomme et le blé, l’odeur du foin coupe
On est dans une ride du sourire de la Terre
On est sur le palier de l’éternité, on va frapper.

Ceci est votre domaine de joie
Ceci est votre domaine ou chante l’oiseau

Ceux qui sont morts pour rien, pour la justice ou pour rien
Les pierres sont lisses sur leur tombe, elles servent a marquer les prés,
A marquer le grand pré du monde a ces quatre points cardinaux
Et vous voila, écartelé, ouvrant les bras, une chanson plantée dans les épaules

Entendez vous ce que j’entends dans les feuilles d’herbes, dans le vent immense
Entendez vous ce que j’entends,
Cette parole impitoyable qui mène mes oreilles et qui dit :

Ceci est votre domaine de joie
Ceci est votre domaine ou chante l’oiseau
Mon amour, a cause de mon gouffre,
Mon frère a cause de ma peur
Camarade a cause de notre commune solitude
Ceci est votre domaine de joie

Réveillez vous,
Il y a des terres en friches,
Votre visage a irriguer,
C’est aujourd’hui que tout commence, il faut apprendre a aimer,
Reveillez vous,
Du silence effrayant, l’amour est ne.
Il faut descendre dans la rue,
Il faut chanter,
La révolte a vaincu le silence
L’amour est ne
Ecoute les feuilles des arbres dans ta tête
Ceci est ton domaine de joie
Tu ne fais qu’un avec ta vie, tu t’assieds
Et dans une ride du sourire de la Terre
Tu les a même … l’éternité.
Je marche…
Je respire…
Je me tais.

J’écoute les feuilles des arbres dans ma tête,
Parfois on ne fait qu’un avec sa vie, on s’assied
Parmi les choses de la terre comme dans le fond d’une journée
Tiennent quelque part, loin, derrière les collines assommées de l’été,
On est soi même la pomme et le blé, l’odeur du foin coupe
On est dans une ride du sourire de la Terre
On est sur le palier de l’éternité, on va frapper.

Ceci est votre domaine de joie
Ceci est votre domaine ou chante l’oiseau

Ceux qui sont morts pour rien, pour la justice ou pour rien
Les pierres sont lisses sur leur tombe, elles servent a marquer les prés,
A marquer le grand pré du monde a ces quatre points cardinaux
Et vous voila, écartelé, ouvrant les bras, une chanson plantée dans les épaules

Entendez vous ce que j’entends dans les feuilles d’herbes, dans le vent immense
Entendez vous ce que j’entends,
Cette parole impitoyable qui mène mes oreilles et qui dit :

Ceci est votre domaine de joie
Ceci est votre domaine ou chante l’oiseau
Mon amour, a cause de mon gouffre,
Mon frère a cause de ma peur
Camarade a cause de notre commune solitude
Ceci est votre domaine de joie

Réveillez vous,
Il y a des terres en friches,
Votre visage a irriguer,
C’est aujourd’hui que tout commence, il faut apprendre a aimer,
Réveillez vous,
Du silence effrayant, l’amour est ne.
Il faut descendre dans la rue,
Il faut chanter,
La révolte a vaincu le silence
L’amour est ne
Ecoute les feuilles des arbres dans ta tete
Ceci est ton domaine de joie
Tu ne fais qu’un avec ta vie, tu t’assieds
Et dans une ride du sourire de la Terre
Tu les a même … l’éternité.
Je marche…
Je respire…
Je me tais.

J’écoute les feuilles des arbres dans ma tête,
Parfois on ne fait qu’un avec sa vie, on s’assied
Parmi les choses de la terre comme dans le fond d’une journée
Tiennent quelque part, loin, derrière les collines assommées de l’été,
On est soi même la pomme et le blé l’odeur du foin coupé
On est dans une ride du sourire de la Terre
On est sur le palier de l’éternité, on va frapper.

Ceci est votre domaine de joie
Ceci est votre domaine ou chante l’oiseau

Ceux qui sont morts pour rien, pour la justice ou pour rien
Les pierres sont lisses sur leur tombe, elles servent a marquer les prés,
A marquer le grand pré du monde a ces quatre points cardinaux
Et vous voila, écartelé, ouvrant les bras, une chanson plantée dans les épaules

Entendez vous ce que j’entends dans les feuilles d’herbes, dans le vent immense
Entendez vous ce que j’entends,
Cette parole impitoyable qui mène mes oreilles et qui dit :

Ceci est votre domaine de joie
Ceci est votre domaine ou chante l’oiseau
Mon amour, a cause de mon gouffre,
Mon frère a cause de ma peur
Camarade a cause de notre commune solitude
Ceci est votre domaine de joie

Réveillez vous,
Il y a des terres en friches,
Votre visage a irriguer,
C’est aujourd’hui que tout commence, il faut apprendre a aimer,
Réveillez vous,
Du silence effrayant, l’amour est né.
Il faut descendre dans la rue,
Il faut chanter,
La révolte a vaincu le silence
L’amour est né
Ecoute les feuilles des arbres dans ta tête
Ceci est ton domaine de joie
Tu ne fais qu’un avec ta vie, tu t’assieds
Et dans une ride du sourire de la Terre
Tu les a même … l’éternité.

Jacques Bertin

ENTRE TIEN EMOI 43


cropped-a5ac5ac76d480f42d4dd0e744a5bf8c81

ENTRE TIEN EMOI 43

Le lourd rideau en portière, une estouffade. A quoi servent les tapis sur les marches en dehors d’avaler le goût des pas

L’eau privée de peau dit le savon ne développe pas l’essor des pores

Les bandelettes aux carreaux, défense-passive, alertent sur l’erre en péril du navire

La noirceur d’un sein désaréolé magnétise le cri dément de la tornade

Et l’excision coud l’envol sur la branche en tuant la parole du corps-défendant

Le piano fait

le piano donne

le piano dit

sa leçon

ne mourrons que ses bretelles

pour que tes seins branlent-bas

sentinelles en garde du vivant.

Niala-Loisobleu – 28/03/19

La leçon de piano 

 

Vous ne pouvez savoir comme ce son du piano étouffé au
fond des salons cossus des demeures
Sous des lueurs, on suppose, de lampes d’une belle époque
et des murmures apaisés
Vous ne pouvez savoir comme ce son du piano presque éteint
hésitant sur le seuil de mon front me défait
Ou pose sur mes lèvres, sur le seuil, un désir de baiser
ou de fraîcheurLa grand-mère bien douce qui régnait sur les meubles
cirés conservant dans des carnets bleus l’histoire des
années
Est morte hier. Un père absent. Une mère plus belle que la
mère du roman ou de la chanson des lieurs
Le retrouve pour l’amour calme et les velours semblent
fermer une âme où je suis entré sans être invité jamais
On entend le piano où s’appliquent les doigts d’une petite
sœur
Et j’y meurs
J’y meurs
Tandis que se défont des orages plus loin, ailleurs

Jacques Bertin

 

 

Revenir en haut
%d blogueurs aiment cette page :