FEDERICO GARCIA LORCA: EL PASO DE LA SIGUIRIYA – (Jacob Gurevitsch à la guitare)


FEDERICO GARCIA LORCA: EL PASO DE LA SIGUIRIYA – (Jacob Gurevitsch à la guitare)

El paso de la siguiriya

Entre mariposas negras,
va una muchacha morena
junto a una blanca serpiente
de niebla.
Tierra de luz,
cielo de tierra.
Va encadenada al temblor

de un ritmo que nunca llega;
tiene el corazón de plata
y un puñal en la diestra
¿Adónde vas siguiriya,
con un ritmo sin cabeza?
¿Qué luna recogerá
Tu dolor de cal y adelfa?
Tierra de luz
cielo de tierra.

Le pas de la Séguirilla

Parmi les papillons noirs,
va une brunette moresque
à côté d’un blanc serpent
de brume.
Terre de lumière,
Ciel de terre
Elle va enchaînée au tremblement
d’un rythme qui jamais ne s’établit;
elle a un coeur en argent
et un poignard dans la main
Où vas-tu, siguiriya,
de ce rythme décervelé?
Quelle lune soulagera
ta douleur de citron et de bouton de rose?
Terre de lumière
Ciel de terre.

GRANDIR LE RETRECI


GRANDIR LE RETRECI

Un geste de pensée décolle les toiles du plafond de Soutine. L’isolement artistique tape aux murs de cette indifférence conduisant à l’ignorance. Les vitrines se sont éteintes rendant le piéton sourd à ce qui marche. On ne regarderait plus qu’internet et ses hameçonneurs de pêche aux cons. Tu sais quand ma main te quitte pour aller sur la toile, c’est ton vivant qui l’imprime d’un sang vif. Le chien sait tout ça mieux que personne. Il flairel’ l’air excitant qui règne autour du chevalet sans lever autre chose que la truffe. Jusqu’aux vitres qu’il embue au moment où elles se mettent à trembler alors que les autobus ont cessé de circuler. J’ai eu le sentiment d’avoir rempli les rias d’un estran de retour quand ma veine bleue a grossi mon pouls. La vieille maison abandonnée sur le chemin du cimetière marin a poussé ses volets. Les troncs de chêne sont sortis du flottage où ils baignent pour faire chanter la dégauchisseuse de madrier. L’oiseau s’est mis des plumes neuves pour remonter au coeur du village voir le coq et lui dire de crier la nouvelle. L’enfant abandonne l’air triste qui lui retenait l’oeil. Il y a de l’eau qui coule à la fontaine de l’espoir. L’amour est sans nitrate, on peut en boire.

Niala-Loisobleu – 7 Novembre 2020

DU TEMPS RETENU


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DU TEMPS RETENU

Au bout des pavés la barricade s’est retirée

le cheval prend la porte-cochère

Déjà se dessine ton visage

un sourire large de seins sortis

Des vagues que le vent soulève

tes hanches tiennent l’amphore

La barque roule d’un bord à l’autre de l’envie

aux cordes qui accompagne le feuillage jusqu’aux oiseaux

 

Niala-Loisobleu – 16 Août 2020

J’AI PLANTE L’AIGUILLE


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J’AI PLANTE L’AIGUILLE

 

 

L’herbe a brûlé, le prunus taillé en recouvre la mémoire pour tenir l’impression de frais

une morsure en témoignage de rage

force-vive du rire que rien n’arrête quand l’enfant dit: on joue ?

Lors d’un cambriolage le vol a été retiré aux oiseaux

un linceul symbolique s’est tendu en guise de drap en fil de survie

Resteront brodées nos initiales

au renflement du tronc dans leur version réversible

la pivoine que tu as mise au monde rayonne de tous ses pétales…

 

Niala-Loisobleu – 10 Août 2020

AQUA TEINTE


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AQUA TEINTE

Si jamais j’oublie resèche-moi la mémoire

la pluie manque de toi pour se sentir à l’abri

Le cheval cherche le gai pour passer l’averse horizontale sur un trottoir vertical

englouties dans la terre molle les empreintes en appellent aux lèvres du labour

pour pas que le cri araire rouille

J’ai vu le vol de l’oiseau emporté par le flot entre les jambes couchées de la forêt

Si jamais j’oublie

balance vite la bouée de tes seins

je reconnaîtrai entre toutes la voie de ton soleil.

Niala-Loisobleu – 17/10/19