D’UN SEUL ZEST


D’UN SEUL ZEST

Humide et fuyant le jour peine à sortir du brouillard. Le gibier devra se méfier de l’ouverture de la chasse

Clair-obscur, au petit-matin en pensant à Matisse, je n’ai pas peint sans lumière

Ce qui n’a rien à voir avec l’inspiration proposée par le quotidien

Les raisins vivent les derniers instants de l’été. Autour des vignes les paniers s’accumulent, on a sorti les machines

L’image qui reste est bizarrement faite de bleu sur des murs blancs

Trop d’enterrements viennent quêter du glas en commémoration aux parvis des églises…

Niala-Loisobleu -11 Septembre 2021

DU BLEU POUR LA TABLE


DU BLEU POUR LA TABLE

D’un ciel porteur d’eau, laver la cour jusqu’au point de départ au Couvent, une manière de prendre les voiles en sortant de la Trappe. L’oiseau, regard plongé dans ce qui fait les choses comme les gens, n’en ayant rien mis de côté, peut avancer en sachant qu’il ne peut changer que ce qui le concerne. Sans doute la dernière au bout d’une longue carrière, mérite de faire en sorte d*être à l’image de ce qui fut au point de départ. Une peinture de vie. Vive comme eau-claire, lave volcanique, saut d’oiseau de branche en branche, rotation droite du sillon de cheval, nacre des regards vers le ciel sans en attendre de miracle, cicatrices des mauvais coups et plaie d’amour saine ouverte contre la gangrène du sentiment. Danse Henri, danse pour la joie que tu m’as apprise, je sors l’harmonie cas…

Niala-Loisobleu – 24 Juillet 2021

CANIVEAUX PARALLELES DEVIANTS


CANIVEAUX PARALLELES DEVIANTS

De la clef du cantonnier jaillit la joie du matin sous mes genoux

Dans cette partie de trottoir le soleil est encore aux jeux de bains des oiseaux

l’ombrelle fermée n’a pas ouvert son langage flatteur autour d’un rien échafaudé par une influenceuse

et le bruit du balai de bouleau qui pousse le vomi de la nuit vénale sent l’eau de toilette

Assis je vois mes camarades rire d’avance aux bouchons qu’ils vont me téléphoner avec les bateaux de papier

Nous décidons de n’avoir jamais l’âge de ceux qui nous entourent de leur éteignoir

Garder le sein sorti des mers pour boire le pré-salé des passages de tropiques

Le petit Jean et Nini embarqués dans le même rire sur la vague scélérate

ce bleu tunisien que Matisse engrange et cloud aux portes des façades blanches

à l’inverse des buses mises par les paysans vosgiens durant mon séjour en exode au cours de la 2ème mondiale

« La Femme » précise le contour de l’ascèse où crayonne ma sensibilité

une autre nudité abolissant l’esprit dominateur actuel

Au poing du combat pour vivre propre

l’idée a disparu

qu’on en arrive à sortir l’étoile jaune pour la mettre au crématoire de la vérité correspondante

Trafic d’enfants, troc d’acides, prostitution de la vertu

Ce ria des marées fait triste caniveau de la Côte Atlantique qui passe au noir sans transition du blanc

Le nautonier n’est pas loin je passe à gué ma foi dans les bottes

fildefériste sur une guitare insoumise au chant veule.

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2021

TAPIE ROUGE


TAPIE ROUGE

J’ai fait le marché ce matin

au banc de ma fruitière pour afficher des images estivales

Melons d’eau pour désaltérer la ligne de vie

Sous les arbres le fleuve tient à la rive

il y aura de belles figues

Un oiseau pique une tête

la branche s’est redressée

Voici l’abeille qui cale hisse

un petit faon a traversé l’allée sans s’arrêter

Le violon d’Henri connaît l’archet qui me donne la chair de poule

de ce rouge où elle lève la senteur de son bouquet je glisse la langue sur ses hanches

et vais faire un plein des sens

pompe à des seins.

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2021

QU’ANEMONE


QU’ANEMONE

Passée l’heure du levé et pas en corps lavée

penche vers moi depuis la tête et le tronc dans leur magie d’un bon sommeil

sur la scène écrite par Matisse sur la toile

ce flux où les cris des mouettes sont attelées à la femme qui m’entrebaille le cap à fleur ouverte

fortes bouffées prises à la première vague d’iode

au sillage du rose d’écailles que le pouls ouvre

Niala-Loisobleu -20 Juillet 2021

SOLEIL OUTRE MER


SOLEIL OUTRE MER

Entre bruit d’eau et vent debout le rocher sort la tête

pour s’offrir aux embruns plus loin que le nombril

Le repas tire à sa faim

le jeu des oiseaux-marins

Ma Mie

sortons un peu plus loin que le ballet du phare atteint

Ils suivront leur chemin d’un bord à l’autre de leurs rives

Laisse ta robe ici j’emporte pas mon chapeau, là où je tant vole on en aura pas besoin c’est pas malsain de dogme, l’ostensoir de tes seins dégage du brouillard, puis à la baie des anges marri na est absent

C’est Mon Echo et son rocher qui rallient

où l’aqua rit home marche sans palais dans la trace du Grand Fauve.

Niala-Loisobleu – 18 Juillet 2021

AU POIL PRES


AU POIL PRES

De quel dense autre mon coeur pourrait des coupées monter au pont ?

Elle l’a dit, l’a chanté

Henri et ses bleus au Je Nous reste salvator de l’ocre rose par la pointe de son sein dressée, le pré-salé de son herbe d’un gigot exceptionnel mettant le Jardin Divers d’une poésie amoureuse

Mort-subite créée par un dysfonctionnement d’appendice et des oreilles

A la fleur des paumes se penche alors du boccage, l’oiseau sur la branche d’un peint frais

l’appel du boulanger, si manuellement pétri que ça pointe autrement que ce qui casque uniquement.

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2021

D’un banc découpé


D’un banc découpé

Une épaule adossée au frêne et la planche dans un écriteau de peinture fraîche il se tourne à la manivelle d’un trottoir. Percé de la musique d’un orgue de toutes les barbaries un banc pêche dans le caniveau au bord du départ pour en sortir. Le pavé a joint son accord en cas de barricade à dresser sur le boulevard. Entre le toupet des moineaux et la voracité des pigeons les miettes que le semeur mouline font un trafic incessant.

On ne peut pas voir le vasistas pris derrière les souches du toit.

Dans le silence de la mansarde c’est pourtant là que tout se joue dans le grand livre que personne ne lit. La tête se relève au plafond les yeux enfoncés dans l’idée passe-muraille. Pendant que les seins sont encore chauds, poser les pieds sur le sol froid, conduira aux toilettes à la turque, sur le palier.

Alors les ciseaux de l’imagination commenceront à découper la longue silhouette élancée d’une journée arrangée autrement.

Matisse ouvre le rideau de son théâtre sur une pièce rapportée d’un voyage sur place mais conduisant ailleurs qu’au zoo pour voir les lions manger ce qu’ils chassent. On entend la mer dans l’escalier de service.

Niala-Loisobleu – 12 Juillet 2021

T’as l’bon jour d’Henri


T’as l’bon jour d’Henri

Sur la table basse en terrasse le plateau de cuivre agrume ses couleurs

en caressant ta tête

la fenêtre est ouverte

ton jupon lève l’horizon de ta peau bronzée dans un frisson montant de ruelles

les portes cloutées gardent notre lit dans la fraîcheur des fontaines

le bleu venant pousser la mer au sein de ta plage tunisienne

Niala-Loisobleu – 1er Octobre 2020

COMME UNE MARC D’AMOUR


Cette vague en continu

chantonne à voie basse à l’instant où l’écume éclate dans son roulement

L’encre est posée à la limite de profondeur de flottaison

au loin sur la ligne de côte les rayures alignent les cabines en traits bleus sur fond blanc

les palmiers ont été troqués contre une grande pinède sauvage et des gros rochers granitiques

où les oiseaux-marins se reconnaissent

Le trou du nid fait par étreintes à m’aime le sable héberge le périmètre de nos corps

tu peux allumer les aiguilles

voici les paumes de peint

une fenêtre odalisque de Matisse avec des agrumes et tes seins en doubles-rideaux

la tapisserie fleurit

arbre-à-soie, voici l’arôme ouvert à la mariée

Le noir est à pique loin au fond d’un tableau d’outre-noir

Chagall est bisexué

Niala-Loisobleu – 7 Septembre 2020