LE NOYÉ


LE NOYÉ

facebook sharing button
twitter sharing button
pinterest sharing button
linkedin sharing button

Au fil de l’eau son corps danse
Oublieux de la souffrance
Rythmé par le bruit des remous
Dans un mouvement lent et doux

Comme une épave à l’abandon
Triste jouet des tourbillons
Il surnage au ras de l’onde
Couvert d’une boue immonde

Hier il gisait dans la fange
Sorte de pantin étrange
Au sein du fleuve indifférent
Au flot majestueux et lent

Et aujourd’hui il surnage
Entraîné dans le sillage
D’un bateau voguant vers la mer
Vers l’horizon où tout se perd

Il a voulu quitter la vie
Ne plus subir ses avanies
Et sur le quai il a laissé
Tout ce qui l’avait fait pleurer

Au fil de l’eau son corps danse
Oublieux de la souffrance
Qu’il ne pouvait plus supporter
C’est la paix pour l’éternité

Georges Bleuhay

Extrait de:  Le cœur à vau-l’eau – Edilivre Paris 2015