Fort Alamour – Francis Cabrel


Fort Alamour – Francis Cabrel

Y’a celui-ci qu’on dit trouvère, celui-là qu’on dit troubadour
Y’a celle à qui ils voudraient plaire, et qui les ignore toujours
Ils lui écrivent des pages entières
C’est de l’amour nouvelle manière… C’est du pur amour

Mais la princesse fait la fière et ne descend pas de sa tour
Son amant a des cages entières de mauvais chiens et de vautours
Alors ils jonglent entre les pierres… Ils chantent en frappant des tambours

[Refrain]
Puisque la belle qu’ils aiment a tous les droits
C’est comme Fort Alamo
Chanter n’est d’aucun secours
Aucun secours
En répétant leurs poèmes mille fois
Mille fois
Ils tournent, ils tournent, ils tournent autour
C’est comme Fort Alamo, mais c’est Fort Alamour

La seule croix qui les éclaire a d’une Dame les contours
Ils en contourneraient la Terre jusqu’à l’autre monde et retour
Brillants comme de fines pierres, sales comme de noirs labours

Ils ont un certain savoir-faire, ils disent que se mettre en amour
C’est pas comme se mettre en affaire au même horaire tous les jours
Et que c’est même tout le contraire, mais là, ils s’adressent à des sourds

[Refrain]
Puisque la belle qu’ils aiment a tous les droits
C’est comme Fort Alamo
Chanter n’est d’aucun secours
Aucun secours
En répétant leurs poèmes mille fois
Mille fois
Ils tournent, ils tournent, ils tournent autour
C’est comme Fort Alamo, mais c’est Fort Alamour

C’est pas la question des murailles
Ni un sentiment de hauteur
C’est qu’autour d’eux tout est bataille
Tout est canaille et noirceur
Alors ils rêvent en regardant l’ouvrage
Ils rêvent qu’on y réfléchit davantage à l’intérieur

[Refrain]
Puisque la belle qu’ils aiment a tous les droits
C’est comme Fort Alamo
Chanter n’est d’aucun secours
Aucun secours
En répétant leurs poèmes mille fois
Mille fois
Ils tournent, ils tournent, ils tournent autour
Ils tournent

Puisque la belle qu’ils aiment a tous les droits
C’est comme Fort Alamo
Chanter n’est d’aucun secours
Aucun secours
En répétant leurs poèmes mille fois
Mille fois
Ils tournent, ils tournent, ils tournent autour
Ils tournent

Ils tournent, ils tournent, ils tournent autour (c’est comme Fort Alamo)
Ils tournent, ils tournent, ils tournent autour
Ils tournent, ils tournent, ils tournent autour
En répétant leurs poèmes mille fois
Ils tournent, ils tournent, ils tournent autour

Rockstars du Moyen Âge par Francis Cabrel


 Rockstars du Moyen Âge par Francis Cabrel

Y’a pas de langues anciennes
C’est la même toujours
Pour dire les mêmes peines
Jurer les mêmes amours
C’est écrit dans vos pages
En mieux et bien avant nous
Rockstars del Media d’Atge
S’endavalèm de vos

Vous c’est un trait de plume
C’est le pas des chevaux
C’est chanter à vos Dames
Tout ce qu’il y a de plus beau
Leurs âmes et leurs visages
Loin au-dessus de tout
Rockstars del Media d’Atge

S’endavalèm de vos

La fille à la fenêtre
Qui chante les yeux clos
Cherche à se reconnaitre
Dans chacun de vos mots
Ça vaut bien d’avantage
Que le plus lourd bijou
Rockstars del Media d’Atge
S’endavalèm de vos

Avec pour seule armure
La peau d’un tambourin
Sous la hauteurs des murs
Sous le balcon éteint
Où la Belle est en cage
Et sans amant jaloux
Rockstars del Media d’Atge

S’endavalèm de vos

La filha a son fenestron
Canta los uèlhs barrats
E dins cada cançon
Espera se trobar
Aquò val fòrça mai
Rockstars du Moyen Age
Nous descendons de vous

Jaufré Rudel, Guillaume
Bernard de Ventadour
Pèire, Bertran de Born
Cent autres troubadours
On veille à l’héritage
Guitares autour du cou
Rockstars del Media d’Atge
S’endavalèm de vos

DIFFICILE A CROIRE : Francis Cabrel


DIFFICILE A CROIRE : Francis Cabrel

Je vois une librairie en ville
Je cours m’acheter un bon bouquin
Le gars me dit “Vous tombez pile
Justement, il nous en reste un”
Comme je rentrais chez moi tranquille
Là, j’ai croisé ton chemin

D’ordinaire je lis trente pages
Après je dors jusqu’au matin
Ouh et là et là ?
On attendait au même passage
Le hasard fait les choses bien
Ouh et là et là ?
Un souffle gonflait ton corsage
L’ouvrage m’est tombé des mains

C’était pas un livre d’images
C’était pas la Comtesse de Ségur
On a déchiré l’emballage
On a un peu froissé la couverture
Ouh et là et là ?
J’avais tamisé l’éclairage
Nos ombres dansaient sur le mur

Ouh et là? Là c’est difficile à croire
Je suis, je sais, je sais, c’est difficile à croire
Je sais…
Ouh et là? Là c’est difficile à croire

D’habitude de bouche à oreille
Je parle des livres auxquels je crois
Je noie mes amis de conseils
Et de conseils mes amis me noient
Ouh et là et là ?
Cette fois-ci c’est plus pareil
Je garde le conseil pour moi

Quand je raconte cette histoire
On lève les yeux, on sourit
“Tu lis trop de romans de gare

Tu t’égares tu nous prends pour qui ?”
Ouh et là et là ?
C’est vrai, c’est difficile à croire
En ville, y’a plus de librairies

Ouh et là? Là c’est difficile à croire
Je sais, je sais, je sais, c’est difficile à croire
Ouh et là? Là c’est difficile à croire
C’est vrai, c’est tout dans la périphérie…
Je sais, je sais…
Là c’est difficile à croire

Les beaux moments sont trop courts : Francis Cabrel


Les beaux moments sont trop courts : Francis Cabrel

Est-ce que c’est Lilas ou Jonquille
Mais son parfum me joue des tours
Sous des gouttières qui scintillent
Elle serre dans son cœur de fill
Le monde avec tout ce qui tourne autour
Hey, hey, hey-ouh, autour, hey, hey

Dehors une averse crépite
Sur les pavés gris de la cour
Mais nos rêves sont sans limites
La jolie dame qui s’abrite
Porte à ses pendants d’oreille, du soleil
Hey, hey, hey-ouh, du soleil, hey, hey

Dans un mouvement de bottines
Et le frôlement du velours
Elle part, comme tu l’imagines
Et l’eau de la flaque assassine
Elle l’évite d’un délicieux détour
Hey, hey, hey-ouh

C’était une pluie de passage
Le vent tiède est venu, dommage
Sécher les pavés de la cour, hey-ouh
La dame est partie un peu vite, hey-ouh
Mes rêveries de terre cuite
Toutes éparpillées sur le parcours
Hey, hey, hey-ouh, le parcours, hey, hey

L’averse a terminé sa route
Quelque part dans les alentours
Accrochés aux dernières gouttes
Ces mots que personne n’écoute
Disent que les beaux moments sont trop courts
Hey, hey, hey-ouh, trop courts, hey, hey
Les beaux moments sont trop courts
Hey, hey, hey-ouh, Hey, hey, hey-ouh

ENTRE TIEN EMOI 129


ENTRE TIEN EMOI 129

Goût cathare et accent occitan, le père à vélo, le cheval au piano le méplat se prend à monter, derrière ses lunettes Francis nous la joue Cabrel. Sûr que ça coule à « bougies fondues », on pourrait pas chauffer plus le lit avec l’ancien ocre des briques. Drôle d’Epoque. Le paradoxe est permanent genre virus qui profite de l’incohérence et particulièrement de l’incapacité à décider. L’école-garderie emploie des puériculteurs diplômés en plusieurs matières on se demande pourquoi faire. C’est finement con au point de perdre la tête, Samuel en premier et pour rien. Nous voilà chasseurs de d’extrémismes religieux en foutant le feu sans que ça règle quelque chose. Quelle caricature..

J’ai fait un grand pas dans le fond du jardin pour cueillir du légume ancien. De quoi sauver le beau sans passer la soupe. Quand j’ai vu comme t’étale la menthe et la dernière rose, j’ai sauté avant le chien . Puis avec un reste de sel j’ai dit si on fait de la mer on sauvera des enfants du désastre politique. Rien qu’à voir comme Valls se prostitue je me dis qu’en premier faut fermer la frontière, en deuxième remettre les lampions aux bals populaires et en troisième faire l’amour comme on le crée avec le sentiment qu’à part y a rien qui vaille

Sur la toile ton corps que j’ai peint dit sa poésie en ayant complètement relevé l’encre. Au point que du pied de l’obélisque on voit plus loin que l’étoile. On a dépassé Zanzibar, les Célèbes et leurs Claudettes, Alexandrie restera au fond comme un symbole. J’te felouque en gardant ton soleil à rive pour bourlinguer.

Niala-Loisobleu – 28 Octobre 2020

Peuple des fontaines par Francis Cabrel

J’ai confié ma peine au Peuple des fontaines
Pour qu’un jour tu reviennes te pendre à mon bras
Dimanche et semaine ne sont qu’une chaîne
De ces jours gris qui n’en finissent pas

Des rues où je traîne toujours, toujours
Toujours me reviennent ces instants trop courts
Le Rhône, ou la Seine, Rimbaud ou Verlaine
Rien ne m’en consolera

Princеs et souveraines, simplеs comédiennes
Comme des dizaines d’amants maladroits
Ont gravé les mêmes stupides rengaines
Les mêmes soupirs aux mêmes endroits


Des rues où je traîne toujours, toujours
Toujours me reviennent ces instants trop courts
Les seules qui comprennent qui sachent où ça mène
Fontaines, dites-moi

Vous qui avez tant écouté
Vous qui ne sauriez pas mentir
Est-ce qu’elles savent pardonner
Ces belles pour qui l’on respire

Les avez-vous vues s’approcher
Penchées sur vos reflets saphir
Dire qu’on peut tout recommencer
Cherchez bien dans vos souvenirs

J’ai confié ma peine
Au Peuple des fontaines

Pour qu’un jour me revienne le bruit de tes pas

Je donnerais tout Göttingen
Toutes les Suzanne de Cohen
Pour ce jour béni où tu me reviendras

Je donnerais tout Göttingen
Toutes les Suzanne de Cohen
Pour ce jour béni où tu me reviendras

Niala-Loisobleu – 28 Octobre 2020

PARLONS-NOUS : Francis Cabrel


PARLONS-NOUS : Francis Cabrel

C’est normal qu’au début ça puisse surprendre
On part de tellement loin qu’il faut tout reprendre
Ca peut même pas mal bousculer du monde
Il n’est même pas certain que l’on nous réponde
Tant pis, parlons-nous
Parlons-nous, rien qu’un mot, ça va c’est la forme
Un sourire à moitié c’est déjà énorme
Même si ça ne va pas plus loin qu’un signe de tête
Ça dit, tu es là, je t’ai vu, je te respecte
Alors, parlons-nous

Ça peut presque avoir l’air de chosеs insipides
Allez-y, après vous, d’un gestе timide
Un salut d’une main sortie de la poche
On va pas pour autant, non, devenir des proches
Alors parlons-nous, parlons-nous

Commencez doucement, bientôt les vacances
Rentrez-vous vers chez vous, restez-vous en France
Pourvu que le beau temps veuille vous sourire
Parlons jusqu’à trouver quelque chose à dire
Mais surtout parlons-nous

Dire n’importe quoi, des lapissades
T’es plutôt TFC, ou t’es plutôt le Stade Il paraît que demain la chaleur remonte
J’ai perdu quatre points sans m’en rendre compte
Parlons-nous

Allez-y, perdez-vous dans des balivernes
Des mots qui sonnent creux comme des cavernes
On bégaye, on s’en fout puisqu’on en rigole
Voyez comme on s’éloigne, voyez comme on s’isole
Alors parlons-nous

Moi aussi par moments je veux voir personne
J’ai des sentiments pour mon téléphone
Je vis juste à côté de gens qui s’inquiètent
Je devrais plus souvent relever la tête
Alors parlons-nous

C’est normal qu’au début ça puisse surprendre…

TE RESSEMBLER : Francis Cabrel


TE RESSEMBLER : Francis Cabrel

T’as jamais eu mon âge
T’as travaillé trop dur pour ça
Toutes les heures du jour à l’usine
À l’entrée du village
Le soir, deux jardins à la fois
Et tout ça pour que tes enfants mangent
Ça, je le sais bien, j’étais là

Ça en prenait du courage
Pour se lever, à ces heures là
Bien avant le jour et partir
Dans le pas d’éclairage
À mains nues sur le guidon froid
Et tout ça pour que tes enfants dorment
Ça, je le sais bien, j’étais là

J’aurais voulu te ressembler, je le jure
Mais voilà, il suffit pas de vouloir, c’était pas dans ma nature
T’as vraiment dû t’interroger, je suis sûr
Et un jour, j’ai croisé une guitare, j’ai vécu comme on s’amuse
T’avais les pieds sur terre
Et, j’étais tout le contraire

On s’est pas dit « Je t’aime »
On s’est pas serré dans les bras
Concernant l’amour, il fallait
Tout deviner nous même
On nous laissait grandir comme ça
Et, tu vois, on a grandi quand même
Je le sais bien, j’étais là

D’avoir eu tant de chance
Quelques fois, je me sens fautif
Je regarde autour
Ma maison est immense et mon jardin décoratif
Et, je sais depuis ton lointain au-delà
T’as gardé un œil sur moi

J’aurais voulu te ressembler, je le jure
Mais voilà, il suffit pas de vouloir, c’était pas dans ma nature
T’as vraiment dû t’interroger, je suis sûr
Et un jour, j’ai croisé une guitare, j’ai vécu comme on s’amuse
T’avais les pieds sur terre
Et, j’étais tout le contraire

Tout le contraire

T’as jamais eu mon âge
T’as travaillé trop dur pour ça
T’as jamais eu mon âge
T’as travaillé trop dur pour ça

JUSQU’AUX PÔLES : Francis Cabrel


JUSQU’AUX PÔLES : Francis Cabrel

Devant le peu qu’il reste de banquise
De respirer nos chances se réduisent
Notre climat se dérègle et s’affole
Je sais pourquoi la Terre se réchauffe
C’est quand t’as sur toi de moins en moins d’étoffe
Et qu’une bretelle tombe de ton épaule
Et là, les glaces glissent et fondent jusqu’aux pôles

Nos déjeuners aux particules finеs
Dans les fumées de l’Indе ou de la Chine
Sous le ciel noir qui descend jusqu’au sol
Partout ça cuit, ça grille et ça déboise
Je sais ce qui fait déborder le vase
C’est quand doucement tes pudeurs s’envolent
Et là, les glaces glissent et fondent jusqu’aux pôles

Tous accusés d’agresser la nature
Chacun son train, son avion, sa voiture
Jusqu’au Lapon et sa lampe à pétrole
S’il est trop tard autant trouver ça drôle
Très drôle

Quand y’aura plus de plages en Atlantique
Et qu’on surfera par-dessus les boutiques
Qu’on n’ira plus nulle part sans nos gondoles
S’il reste un moyen d’éviter le pire
En bon citoyen je veux bien le dire
Mais déjà tu t’approches et tes mains me frôlent
Et là, les glaces glissent et fondent jusqu’aux pôles

Tous accusés d’agresser la nature
Chacun son train, son avion, sa voiture
Jusqu’au Lapon et sa lampe à pétrole
Tous promis à une fin suffocante
Il n’y a pas d’urgence plus urgente
S’il est trop tard autant trouver ça drôle
Très drôle

Devant le peu qu’il reste de banquise
J’essaye l’humour, je tente l’esquive
Je vois bien que tout se dérègle et s’affole
Ces quelques mots pour dire pardonnez-moi
De vous laisser la Terre dans cet état
Dans ce fracas de glaciers qui dégringolent
Très drôle

ODE A L’AMOUR COURTOIS : Francis Cabrel


Marc Chagall

ODE A L’AMOUR COURTOIS : Francis Cabrel

Comme un ami le printemps est venu lui-même
Charger de fleurs les premiers vers de mon poème
Où je bénis ses yeux, son corps, sa chevelure
Et tout ce qui fait vibrer mes pages d’écritures

À chacun de ses pas elle parfume l’espace
C’est ma chanson pour dire comment elle se déplace
Les plis de son manteau où je voudrais m’étendre
Les colliers à son cou où je pourrais me pendre

Du bout des lèvres
Dans ces milliers d’oiseaux que la matin soulève
Dans le doute et la fièvre
Je murmure un prénom qui n’existe qu’en rêve
Mais elle reste de glace, elle ne répond rien, rien

J’invente des rêves sans fin, des nuits torrides
Chaque matin l’aube revient sur mes mains vides
S’il reste un paradis au fond du ciel immense
C’est probablement entre ses bras qu’il commence

Qu’importe les mauvais chemins s’ils vont vers elle
J’en finirai mieux ce refrain où je l’appelle
On y entendra mes yeux couler, mon cœur se fendre
Et s’ouvrir ce manteau où je veux tant m’étendre

Du bout des lèvres
Dans ces milliers d’oiseaux que le matin soulève
Dans le doute et la fièvre
Je murmure un prénom qui n’existe qu’en rêve
Mais elle reste de glace, elle ne répond rien,rien
Et je reste à ma place, mais tout le monde voit bien, bien
Que de tous les jours qui passent, je préfère, et de loin

Les jours où je la vois
Comme un ami le printemps est venu lui-même…

ELLE ECOUTE POUSSER LES FLEURS : Francis Cabrel


ELLE ECOUTE POUSSER LES FLEURS : Francis Cabrel

Elle écoute pousser les fleurs
Au milieu du bruit des moteurs
Avec de l’eau de pluie
Et du parfum d’encens
Elle voyage de temps en temps
Elle n’a jamais rien entendu
Des chiens qui aboient dans la rue
Elle fait du pain doré
Tous les jours à  quatre heures
Elle mène sa vie en couleur
Elle collectionne
Les odeurs de l’automne
Et les brindilles de bois mort
Quand l’hiver arrive
Elle ferme ses livres
Et puis doucement