SOLEIL OUTRE MER


SOLEIL OUTRE MER

Entre bruit d’eau et vent debout le rocher sort la tête

pour s’offrir aux embruns plus loin que le nombril

Le repas tire à sa faim

le jeu des oiseaux-marins

Ma Mie

sortons un peu plus loin que le ballet du phare atteint

Ils suivront leur chemin d’un bord à l’autre de leurs rives

Laisse ta robe ici j’emporte pas mon chapeau, là où je tant vole on en aura pas besoin c’est pas malsain de dogme, l’ostensoir de tes seins dégage du brouillard, puis à la baie des anges marri na est absent

C’est Mon Echo et son rocher qui rallient

où l’aqua rit home marche sans palais dans la trace du Grand Fauve.

Niala-Loisobleu – 18 Juillet 2021

Lliegar a viejo – Joan Manuel Serrat


Llegar a viejo – Joan Manuel Serrat

S’ils enlevaient la peur
Si se llevasen el miedo

Et laissez-nous danser
Y nos dejasen lo bailado

Pour affronter le présent
Para enfrentar el presente

S’il arrivait formé
Si se llegase entrenado

Et avec assez d’esprit
Y con ánimos suficientes

Et après avoir tout donné
Y después de darlo todo

Dans la correspondance équitable
En justa correspondencia

Tout a été payé
Todo estuviese pagado

Et la carte de retraité
Y el carné de jubilado

Ouvre toutes les portes
Abriese todas las puertas

Peut-être vieillir
Quizá, llegar a viejo

ce serait plus supportable
Sería más llevadero

Plus confortable
Más confortable

Plus durable
Más duradero

Si hier n’était pas oublié si vite
Si el ayer no se olvidase tan aprisa

S’ils faisaient plus attention où ils marchent
Si tuviesen más cuidado en dónde pisan

Si tu vivais entre amis
Si se viviese entre amigos

Qu’au moins de temps en temps
Que, al menos, de vez en cuando

Passer une balle
Pasasen una pelota

Si fatigue et défaite
Si el cansancio y la derrota

Ils ne savaient pas si amer
No supiesen tan amargo

S’ils mettaient des lumières
Si fuesen poniendo luces

En chemin, comme
En el camino, a medida

Que le cœur se recroqueville
Que el corazón se acobarda

Et les anges gardiens
Y los ángeles de la guarda

Donner des signes de vie
Diesen señales de vida

Peut-être vieillir
Quizá, llegar a viejo

ce serait plus raisonnable
Sería más razonable

Plus paisible
Más apacible

Plus praticable
Más transitableOh, si l’ancienneté était un diplôme
Ay, si la veteranía fuese un grado

Si cette boisson n’était pas devenue orpheline
Si no se llegase huérfano a ese trago

Si j’avais plus d’avantages
Si tuviese más ventajas

Et moins de désagrément
Y menos inconvenientes

Si l’âme était passionnée
Si el alma se apasionase

Le corps était dans un tumulte
El cuerpo se alborotase

Et les jambes répondraient
Y las piernas respondiesenEt du coin du paradis
Y del pedazo de cielo

Réservé, pour quand
Reservado, para cuando

Il est temps de livrer le matériel
Toca entregar el equipo

Distribuer les avances
Repartiesen anticipos

Aux plus nécessiteux
A los más necesitadosPeut-être vieillir
Quizá, llegar a viejo

Ce serait tout progrès
Sería todo un progreso

Une bonne finition
Un buen remate

Une fin avec un baiser
Un final con beso

Au lieu de les coincer dans l’histoire
En lugar de arrinconarlos en la historia

Transformés en fantômes avec mémoire
Convertidos en fantasmas con memoria

S’il ne faisait pas si sombre
Si no estuviese tan oscuro

Au coin de la rue
A la vuelta de la esquina

Ou simplement, si tout
O simplemente, si todos

Comprenons que tout
Entendiésemos que todos

Nous avons un vieil homme sur nous
Llevamos un viejo encima

 :J.m. Serrat

« FLORE » NIALE 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54


« FLORE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

A Flore

Statue !
les orties se font douces
à l’ombre de tes mains.

Une sève à tes pieds
monte à pas de glycine
et ne s’ouvre que mûre
à hauteur de tes lèvres.

Le ciseau qui te fit
n’alla pas jusqu’à l’âme
tant le roc était dur.

Rien n’étonne tes yeux :
ni un vol d’anémones
ni mon rêve amoureux.

Philippe Martineau

A Barbara

Native du soleil

montée à bord de l »oiseau trouvant l’altitude

le vase de ton aisselle rassemble les parfums d’essences florales mêlés aux menthes enivrantes

d’un regard qui parle

et

se montre sans dire un maux.

Niala-Loisobleu

23 Juin 2021

L’OISEAU-QUETZAL AU TEMPS DES POÈTES PAR RENE DEPESTRE


L’OISEAU-QUETZAL AU TEMPS DES POÈTES PAR RENE DEPESTRE

Parti de son vieux pays maya brisé un oiseau-quetzal est descendu dans mon jeu : je suis pour lui le toit d’une petite maison en bois rustique ; je suis une épaule de nègre
habituée à porter des fardeaux qui pèsent plusieurs siècles de solitude ; je suis le poète qui ne se rend pas au cyclone ni aux lubies de
Castro ; je suis le poète qui n’a pas à rougir du feu libre de ses mots ni des roses et des mimosas de son jardin.

Heberto est pour moi le pote de la nuit

de gel à
La
Havane où nous avons ensemble

mesuré l’avancée que le temps des poètes

a gagnée en savoir et imagination

sur un macho dont les matins étaient comptés.

Nous souffrons sous le sabot du cheval-sorcier* : nous ne cédons pas à sa furie ; enfermés tous les deux dans sa cage à tigre du
Bengale nous semons nos chants de justice bien plantée : les voici sortis vainqueurs du gros mot en -isme qui vola un soir les mots et le temps nôtres pour les ajouter au mauvais
temps de l’Histoire !

René Depestre

DU MONDE ENTIER AU COEUR DU MONDE DE BLAISE CENDRARS


DU MONDE ENTIER AU COEUR DU MONDE DE BLAISE CENDRARS

SONNETS DÉNATURÉS

à Jean COctO OPOetic quels crimes ne cOmmet-On pas en tOn nOm !

Il y avait une fOis des pOètes qui parlaient la bOuche en rOnd

ROnds de saucissOn ses beaux yeux et fumée

Les cheveux d’Ophélie Ou celle parfumée

D’Orphée

Tu rOtes des rOnds de chapeau pOur trOuver une rime en

ée-aiguë cOmme des dents qui grignOteraient tes vers

BOuche bée

Puisque tu fumes pOurquOi ne répètes-tu fumée

C’est trOp facile Ou c’est trOp difficile

Les 7 PiOns et les Dames sOnt là pOur les virgules

Oh POÉ sie

Ah ! Oh !

CacaO

Puisque tu prends le tram pOurquOi n’écris-tu pas tramwée

VOis la grimace écrite de ce mOt bien francée

Le clOwn anglais la fait avec ses jambes

COmme l’AmOur l’Arétin

L’Esprit jalOuse l’affiche du cirque et les pOstures alphabétiques de l’hOmme-serpent

Où sOnt les pOètes qui parlent la bOuche en rOnd ?

Nov.16.

Blaise Cendrars

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Estrella Morente – Soleá



Estrella Morente – Soleá

Por que te llamas Aurora
Que me acuesto a la raya del día
Si te llamaras Custodia
a la iglesia no saldría
Si te llamaras Custodia
a la iglesia no saldría


No hay nadie en este mundo
que te quiera más que yo
debajo tierra me meto
donde no me vea ni Dios

Te compro más camisas
Te compro más camisas
Y porque yo no visto altares
‘pa’ que otro diga misa
Ni te miro ni te hablo
ni te compro más camisas

La noche del barro cayó
la noche del barro cayó

la noche del barro cayó
la noche del barro
y en vez de salí desnuda
salió ‘vestia’ de blanco
y en vez de salí desnuda
salió ‘vestia’ de raso

Candelas del cielo
del cielo caigan candelas
y más candela
le caiga a tu mare encima
por tener malina lengua

Yo no me he muerto de pena
porque no supe sentir
y a mi corto entendimiento
le agradezco al vivir
yo no me he muerto de pena
porque no supe sentir

Il n’y a personne dans ce monde
que je t’aime plus que moi
je descends sous terre
où ni Dieu ne me voit

Pourquoi tu t’appelles Aurora
Que je m’allonge au bord du jour
Si tu t’appelais Garde
je n’irais pas à l’église
Si tu t’appelais Garde
je n’irais pas à l’église

Je t’achète plus de chemises
Je t’achète plus de chemises
Et parce que je n’ai pas vu d’autels
‘pour que quelqu’un d’autre dise la messe
Je ne te regarde ni ne te parle
Je ne t’achète même plus de chemises

La nuit de boue est tombée
la nuit de boue est tombée

la nuit de boue est tombée
la nuit de la boue
et au lieu de partir nu
est sorti ‘vêtu’ de blanc
et au lieu de partir nu
est sorti ‘vêtu’ de satin

Bougies du ciel
les bougies tombent du ciel
et plus de bougie
ça tombe sur ta jument au dessus
pour avoir une mauvaise langue

je ne suis pas mort de chagrin
parce que je ne savais pas comment me sentir
et dans ma courte compréhension
je te remercie de vivre
je ne suis pas mort de chagrin
parce que je ne savais pas comment me sentir

DE L’ÂNE A L’ANALYSTE ET RETOUR par JOYCE MANSOUR


DE L’ÂNE A L’ANALYSTE ET RETOUR

par

JOYCE MANSOUR

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Il était une fois

Un roi nommé
Midas

Aux dix doigts coupables

Aux dix doigts capables

Et aurifères

Freud parlant du grand roi mythique dit

Tout ce que je touche devient

Immondices

Aux
Indes on dit que l’avarice

Niche dans l’anus

Or
Midas avait des oreilles d’âne

Ane anus anal

Dans «
Peau d’Ane » de
Perrault

Le héros anal

Le roi amoureux de sa fille

Le pénis fécal

Le sadique au sourire si doux

Possède l’âne qui vivant

Crache de l’or par l’anus

Et qui mort servira de bouclier contre

L’inceste

Jeux de miroirs

De verre et de vair

D’or et d’excréments

D’anneaux et d’anels

Anamorphoses

Dans le casino de l’inconscient

Le pénis paternel

Fait le guide

Voyez ô voyez

La peau de l’âne

La fortune du roi présente et future

Sur le dos de la princesse fait le mort

Ainsi l’or pur devient l’ordure

Tel le phallus scintillant enrobé de foutre gris

La princesse attend pour se dévêtir que le danger de

l’inceste
Passe

Bottom de
Shakespeare fut âne l’espace d’un songe
Ainsi va la nuit et ma petite chanson : âne

anus

anal

analyse

analyste

analogue

Joyce Mansour

EVASION D’AILES EN ÎLES


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

EVASION D’AILES EN ÎLES

Cet harmonica qui, baluchon sur l’épaule, prend la mer en bon Capitaine

Alors que des huîtres qui baillent interpellent le hasard pour le sens à donner à sa traversée

A bord

Autour

Franchissant l’horizon caudal

Un vrai bleu déploie du peint saut, une sorte de courant conducteur sous la quille

En tournant les existentielles questions de manière à faire mieux qu’un raté de soufflé

Passe un vol de migrants plumés en grand pavois sur le cimetière marin, le reverdit, d’un largage de fientes en riant comme un gosse de ses niches

Et souffle dans l’instrument chromatique

Etirant la Pentecôte jusqu’au soleil

L’accroche en haut du mât

Pour mariner la moule au bouchot dans un coin d’herbe face au large inaccessible aux touristes.

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2021

DES OCRES AUX SIENNES


DES OCRES AUX SIENNES

Incontournables du printemps la terre gonflée de sang monte ses chaudes nuances en cordée

Le visage des bistres du froid s’adoucit

Roseur d’une joue que le baiser oblitère

Depuis l’au-dessus du genou d’où la cuisse se montre approche la fourche du lance-pierre évolutif

Dans le vent des vergers mille blancheurs hissent la voile de fruits prometteurs

A l’ouverture de la porte le chien bondit poussé par le remous d’une chaleur qui dresse son sexe au mât de cocagne

En contrebalancements les nuances développent une harmonie constructive

Partout l’insecte s’agite

L’oiseau couve

Le poisson fraie

A portée du lotus en position

Dans ce calme une valeur fauve passe sa rosée dans les hautes-herbes

Je reçois un autre regard de la Femme

Niala-Loisobleu – 6 Mai 2021

LONG BER


LONG BER

au vent flottent des fanions de casiers en attente sur le quai

les mouettes se foutent du temps qu’il fait

que t’ai l’haleine de cow-boy ou les faux-galons d’un marin d’eau douce, elles tournent comme qui sait que la vie est un manège

au moins elles se font pas l’amer à boire pour la comédie

au Bar de la Marine c’est pas la même histoire

moi j’ai désuspendus des jardins

un sacré Babylone qu’est foutu son camp

pourquoi quand mon Capitaine passe comme une diarrhée sur les Anglos-Normandes je sais qu’on vient de clouer un ex-voto de plus

sers-m’en un autre, j’ai froid dans l’do et faut que la musique chauffe…

Niala-Loisobleu – 20 Avril 2021