PAR LE RATELIER DU FENIL


PAR LE RATELIER DU FENIL

Cette odeur d’herbe râtelée

au tiroir plein de Juin tiré à soi

le cheval qui piaffe aux bas-flans d’un été proche

l’armoire du grenier pleine de bras épincés au seoir allume ses feux de position

Le fruit rouge dégoupille

au verger naturiste prêt à exploser à la vague la plus haute

ce mutin papillon en déployant ses lèvres pour voler par-dessus les sables-mouvants

Mélusine jardine

du grand-bassin qui irrigue l’océan par l’estuaire

et la felouque sur le front penche sa mèche en relevant l’épaule

de cet appétit à tomber le sein en même tant que les jarretelles des légumes verts.

Les moutons ont désertés la foule pour s’engager dans la marine.

Niala-Loisobleu – 31 Mai 2021

Fly Me to the Moon – Diana Krall


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

Fly Me to the Moon – Diana Krall

Envolez-moi vers la lune
Fly me to the moon

Laisse moi jouer parmi les étoiles
Let me play among the stars

Laisse-moi voir à quoi ressemble le printemps
Let me see what spring is like

Sur Jupiter et Mars
On Jupiter and Mars

En d’autres termes, tiens ma main
In other words, hold my hand

En d’autres termes, chérie, embrasse-moi
In other words, darling, kiss me

Remplis ma vie de chansons
Fill my life with song

Et laisse-moi chanter pour toujours plus
And let me sing for ever more

Tu es tout ce que je désire
You are all I long for

Tout ce que j’adore et adore
All I worship and adore

En d’autres termes, s’il vous plaît soyez vrai
In other words, please be true

En d’autres termes, je t’aime
In other words, I love you

Envolez-moi vers la lune
Fly me to the moon

Laisse moi jouer parmi les étoiles
Let me play among the stars

Laisse-moi voir à quoi ressemble le printemps
Let me see what spring is like

Sur Jupiter et Mars
On Jupiter and Mars

En d’autres termes, tiens ma main
In other words, hold my hand

En d’autres termes, chérie, embrasse-moi
In other words, darling, kiss me

Remplis ma vie de chansons
Fill my life with song

Laisse-moi chanter pour toujours plus
Let me sing for ever more

Tout ce que j’adore et adore
All I worship and adore

Tu es tout ce que je désire
You are all I long for

En d’autres termes, s’il vous plaît soyez vrai
In other words, please be true

En d’autres termes, en d’autres termes
In other words, in other words

En d’autres termes, en d’autres termes
In other words, in other words

Autrement dit
In other words

Je vous aime
I love you

ECLISSES


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica

ECLISSES

Se glissant par le galandage de l’éclipse

l’oeil alterne

Nuit noire

la ramure dérape sur un grésil sorti d’une histoire hors-sujet

ils étaient partis par le téléphérique pour sauter le ravin quand le câble a pété à quelques mètres de l’autre bord

Se jetant comme comme un signal

un sein gonfle la gorge

solitaire rouge-gorge peuplant l’herbe de son chant

Dans la machinerie de l’astre à Pierrot

l’aqueux fait de l’effet et envoie les boules vers les trous du billard

la pleine-lune joue à se remplir les poches

En allumant le rétroprojecteur demande le mur dans la Famille Comprends-que-Couic pour compléter son jeu

Une toux romantique s’échappe du camélia

les spectateurs rangent leur programme, le rideau tombe

Niala-Loisobleu – 25 Mai 2021

L’AVENTURE MARINE – RENE-GUY CADOU (Gilles Servat)


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

L’AVENTURE MARINE – RENE-GUY CADOU

(Gilles Servat)

L’aventure marine

Sur la plage où naissent les mondes

Et l’hirondelle au vol marin

Il revenait chaque matin

Les yeux brûlés de sciure blonde

Son cœur épanoui dans ses mains

Il parlait seul. Son beau visage

Ruisselait d’algues. L’horizon

Le roulait dans ses frondaisons

D’étoiles et d’œillets sauvages

Amour trop fort pour sa raison

« Soleil, disait-il, que l’écume

Soit mon abeille au pesant d’or

Je prends la mer et je m’endors

Dans la corbeille de ses plumes

Loin des amis restés au port

Ah que m’importent ces auberges

Et leurs gouttières de sang noir

Les rendez-vous du désespoir

Dans les hôtels meublés des berges

Où les filles font peine à voir

J’ai préféré aux équipages

Le blanc cheval de la marée

Et les cadavres constellés

Qui s’acheminent vers le large

À tous ces sourires navrés

La mort s’en va le long des routes

Parfume l’herbe sur les champs

Il fait meilleur dans le couchant

Parmi les anges qui écoutent

Les coraux se joindre en tremblant »

Il disait encor maintes choses

Où de grands cris d’oiseaux passaient

Et des feux rouges s’allumaient

Sur sa gorge comme les roses

Dans les premiers matins de mai

On vit s’ouvrir les portes claires

Les sémaphores s’envoler

Et des ruisseaux de lait couler

Vers les étables de la terre

D’où l’homme s’en était allé

Ébloui par tant de lumière

Il allait regardant parfois

La fumée courte sur le toit

L’épaule ronde des chaumières

Sans regretter son autrefois

Car il portait sur sa poitrine

Les tatouages de son destin

Qui disent « Soleil et bon grain »

À tous les hommes qui devinent

L’éternité dans l’air marin.

René-Guy CADOU.

Recueilli dans Les poètes de la vie :

œuvres inédites d’auteurs contemporains,

choix de Louis Vaunois et Jacques Bour, 1945.

EVASION D’AILES EN ÎLES


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

EVASION D’AILES EN ÎLES

Cet harmonica qui, baluchon sur l’épaule, prend la mer en bon Capitaine

Alors que des huîtres qui baillent interpellent le hasard pour le sens à donner à sa traversée

A bord

Autour

Franchissant l’horizon caudal

Un vrai bleu déploie du peint saut, une sorte de courant conducteur sous la quille

En tournant les existentielles questions de manière à faire mieux qu’un raté de soufflé

Passe un vol de migrants plumés en grand pavois sur le cimetière marin, le reverdit, d’un largage de fientes en riant comme un gosse de ses niches

Et souffle dans l’instrument chromatique

Etirant la Pentecôte jusqu’au soleil

L’accroche en haut du mât

Pour mariner la moule au bouchot dans un coin d’herbe face au large inaccessible aux touristes.

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2021

ELLE LA POULINIERE


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

ELLE LA POULINIERE

Aussi loin que la vue dépasse très largement

Malgré la déficience de l’oeil malade

Par tous les temps de merde

Hâler le bon tant

Comme tirant à soie de l’arbre l’esprit dans sa lettre

Sans rémission sensuelle

Elle émoi

Hennie son

Toujours là au fil du rasoir du pavé mosaïque

Janus mis au dehors de notre bateau de papier

Niala-Loisobleu – 22 Mai 2021

LA PLUIE FECONDE


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

LA PLUIE FECONDE

Des faux soleils, tirer la pluie féconde, est sans Coué la meilleure méthode

il y a dans le meilleur des mondes toujours un passage nerveux qui fatigue le pas de la marche

Choisir le principal

et laisser l’inutile dans sa serre à rien

L’enfant me dit mieux que celui qui joue à l’adulte la meilleure façon de plier le bateau avant de mettre son papier à l’eau

Souffler n’est pas jouer

du vent vient la traversée d’un bord à l’autre de la pente côte sans se la jouer Sisyphe

Tire le sel de la mer , mon gars et monte à cru sans courir de chez toi.

Niala-Loisobleu – 21 Mai 2021

DEBOUT SUR LE ZINC – RESTER DEBOUT


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

DEBOUT SUR LE ZINC – RESTER DEBOUT

J’ai trouvé devant mes yeux ce matin
Mille et une bonnes raisons de me sentir bien
J’ai jeté mes angoisses par la fenêtre
Et je me frotte les mains en me disant peut-être
Rester debout encore un peu et demain
Debout comme rêve de vivre
Sans l’ennui et sans le chagrin
Rester debout comme on se sent bien
Debout comme on se sent libre
Debout on se retrouve enfin

Il est vrai que si l’on se regarde
Un peu trop fort le nombril
Et qu’on ne prend pas garde
On finit toujours par se cogner
Au premier poteau venu
À la réalité

Rester debout encore un peu et demain
Debout comme rêve de vivre
Sans l’ennui et sans le chagrin
Rester debout comme on se sent bien
Debout comme on se sent libre

Si j’oublie j’oublie tout autour de moi

Si aujourd’hui la vie est belle
Si je me sens pousser des ailes
Pourvu que je ne tombe pas !!!
Ne tombe pas

Il parait qu’autour de nous c’est gris
Que tout était mieux avant
Que le monde est petit
Qu’il est loin le temps où l’on rêvait
Avec des idées pareilles
Moi je crois qu’on devrait

Rester debout encore un peu et demain
Debout comme rêve de vivre
Sans l’ennui et sans le chagrin
Rester debout comme on se sent bien
Debout comme on se sent libre
Debout on se retrouve enfin

Rester debout encore un peu et demain
Oublier la peur de suivre
Le même chemin qu’hier matin
Rester debout et redevenir quelqu’un
Debout parce qu’on veut vivre
Debout parce que ça fait du bien

L’ÉTERNITE EST DANS LA COUR


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

L’ÉTERNITE EST DANS LA COUR

L’homme a agrippé la femme

Et la femme murmure

«Ne t’écarte pas, nous tombons

Tu vois, c’est un voyage dans le vent de la chute

Et c’est si beau

Le vent s’enchante

Dans la maison trop claire qui tient sa paume ouverte

Comme une plaine

Sans turbulence malgré le vent »

Tous deux s’épousent et le moment ne tombe pas

La femme ne sait pas où ils vont

L’homme croit peut-être le savoir

Elle ferme simplement les yeux

Pour mieux sentir son cœur qui navigue vers lui

Et les vergers font des étoiles

On voit le vent qui s’énamoure

Et qui secoue les arbres fous

L’homme et la femme emportent pour repères

La satiété d’anciens châteaux du paysage

Qu’ils ont toujours connus arrimés dans le temps

«Ne t’écarte pas, nous tombons»

Nœud partageable fol appui

Le voyage et son point fixe

Et le moment ne tombe pas

Et c’est sans eux que le temps se décline

Toujours est incrédule la même plaie

La plaie de blé mêlé d’ivraie

Mode à l’impersonnel

Ocre terrible sur la rose du monde

La beauté se soutient et ne nous parle pas

Le temps mordille la peur et j’habite un devoir

Surgissement qui m’étreint et me chasse de moi

Tu ne voyais donc pas qu’aucun rempart ne divise le temps !

Tout se tient

Une guirlande bruisse

Le blé flambe à petits bruits d’insectes

Le blé flambe

Et ne me brûle pas

Qui ne suis plus en moi

Je ne sais pas qui je suis

Et j’habite un devoir

En attendant que la pure plaie de l’étendue

Sous sa broderie de feuilles et de temps libre

Tienne à l’étendue d’une parole

Où nous sachions entendre

Que nous tenons ensemble

Où tout se tient


Dépêchons-nous déjà une guêpe vient

Sucer la cigale malade tombée vive sur le balcon.

Gabrielle Althen