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LARME A GAUCHE


LARME A GAUCHE

Charline Mignot

J’ai regardé dans ton téléphone
Y avait un mail de Camille
Dans ma tête, ça résonne
Elle est charmante cette fille
Je ne l’ai pas supprimé
J’ai attendu que tu le vois
Et là, j’ai pu t’admirer
En train d’imaginer sa voix

Elle fait pleurer les garçons
Qui s’attendrissent devant elle
Elle fait pleurer les garçons
À qui elle ose dire non
Elle fait pleurer les garçons
Qui lui disent qu’elle est belle
Elle fait pleurer les garçons
Et elle a bien raison

Elle fait pleurer les garçons
Elle fait pleurer les garçons
Elle fait pleurer les garçons
Elle fait pleurer les garçons
Et elle a bien raison

Langoureuse et sensuelle aux accents de vanille
Elle t’emmènera au septième ciel, là où chaque étoile brille
Là où chaque étoile brille
Là où chaque étoile brille
Là où chaque étoile brille
Là où chaque étoile brille
Brille
Brille
Brille
Là où chaque étoile brille

Elle fait pleurer les garçons
Qui lui disent qu’elle est belle
Elle fait pleurer les garçons
À qui elle ose dire non
Elle fait pleurer les garçons
Qui lui disent qu’elle est belle
Elle fait pleurer les garçons
Et elle a bien raison

Elle fait pleurer les garçons
Elle fait pleurer les garçons
Elle fait pleurer les garçons
Parce qu’elle ose dire non

DES LYRES DU CHEVALET 1


DES LYRES DU CHEVALET 1

Sorti du coup de froid

d’un enrubannage d’arc-en-ciel et dans tous les sens voilà qu’il hennit

d’art-son le chevalet

Hum hum

Effet fée ?

Y veut de la toile

Ya de ça

à la façon que l’haleine tire sa manche au soleil pour un bouton fruitier

Eglantine ?

Pluto genre canin qui mine de rien dit cerise

Vais hâlez voir s’qui s’passe à fond de cale on dirait que la quille gratte au corail…

Niala-Loisobleu – 8 Avril 2021

AUTOUR DU NOYAU


AUTOUR DU NOYAU

Le chemin s’était enfoncé dans les branches, cependant par une chambre à air gardée pour agrémenter le rechignement des enfants à la toilette, venait une étrange musique d’où s’échappaient des bulles de savon. Sans doute la vraie machine à laver écolo. Celle qui tient la couleur en son vif et passe les vilaines traces hors de vue – au moins pour un temps

Echo nommique ?

Pas toujours. Pourtant bien que difficile à comprendre, non-détachable de tolérance ça aide quand la frustration est au bord d’une réaction de sortie

Quand bien m’aime ?

C’est là que la réponse se trouve

Derrière trouvez l’anomalie

Le mystère ne peut avoir de parenté avec la boule gomme, sinon c’est un bruit comme le net en raffole qu’il cabale pour le plus grand bonheur de la course au like

Sous mon chapeau, lô live à me pousser comme ce membre qui devient genre

C’est noueux

Sans rien cacher des états d’âme

Dans l’enfoncement des yeux le fruit gonfle multipliant les grains dans sa substance, que ça peut éclater d’énergie (la grenade, la figue, la mangue, pour ne dire qu’eux)

Chemise blanche en signe de pureté que le noir profilé rehausse.

Niala-Loisobleu – 7 Avril 2021

LAVEMENT DE PIEDS


LAVEMENT DE PIEDS

L’endroit où notre monde erre est on ne peut plus propice au lavement

Enfant on nous purgeait pour tirer les vers du né avant le retour des cloches

je jure que je reste de ceux qui ont vu s’envoler des papillons de cette métamorphose

symbolisant avec grâce le bon sens de l’évolution

C’est à partir de là qu’on a retenu le bon sens du déménageur

Je dois rajeunir pour avoir l’esprit tourné vers la scène des enfants rassemblés (frères et soeurs, cousins et cousines) dans un rituel on ne peut plus laïque qui rentrait dans le programme de la course aux oeufs, chez-nous les mécréants

Rite tribal au sens profond qui fait défaut à présent

Ceci expliquant cela

j’ai une manière de vivre qui ne s’accorde pas avec une démagogie universalisée des us et coutumes

J’aime ton herbier beau et tonique quand tu m’ouvres les pages de ton jardin d’Hespérides qui fleurit mon couchant. Verger fabuleux qui garde le fabuleux de l’Antique Paumes d’Hercule adeptes des travaux. Divine caresse qui comble l’appel de la louve aux côtés de la levrette complice broutant au pré médité.

Voilà qui nettoie…

Niala-Loisobleu – 2 Avril 2021

POISSON-VOLANT


POISSON-VOLANT

C’est grande-marée, l’haveneau allongé sur mon costume-marin et mes pieds-nus allument la marche à pêche

Que mines réjouies, sans chariots lourds de nuages, le marchand de journaux laissé à la consigne, le quai grouille comme un parcours de santé d’amants-guère

L’oiseau vole

le pigeon petit-poids reste accroché à ses casseroles

on n’aime jamais assez

mieux vaut avoir de l’ô-rizon dans l’assiette que du peint-sec

Avant que se lève l’envolée du dernier largué avant la relâche

j’ai mis le raté dans le panier à linge sale

et dit baille-baille au coquillage hermétique méprisant la moule à la frite

Ecaille le mazout des plages, petit-poisson-volant, un déjeuner sur ton herbe sous la robe à panier c’est fastoche

car la nappe de pâquerettes tire à ailes.

Niala-Loisobleu – 2 Avril 2021

ENTRE MAIN TENANT, C’EST OUVERT


ENTRE MAIN TENANT, C’EST OUVERT

Frissons des arbres. Le chat se glisse entre les troncs

Encore baignée dans la rivière que tu as laissée, la lune se retient d’aller de l’autre côté où la grenouille a traversé à gué ta position du lotus. Comme ces temples dans la plaine où la prière se renvoie son secret en rebonds de balle de l’enfant qu’on a conduit dans un sommeil apaisé

Sur un coin de la table le pot de pinceaux tend les poils sur la chair de poule d’une inspiration solaire en mouvement

L’odeur du café qui va de la tasse aux tranches de quatre-quarts trempe ses lèvres au bonjour dénoué de serviette

C’est peu dire

l’important est gardé dans l’essentiel de la pensée déjà en chemin pour t’accueillir

Entre c’est tout vers…

Niala-Loisobleu – 31 Mars 2021

Chronique du veilleur (22) – Béatrice Douvre


Chronique du veilleur (22) – Béatrice Douvre

Par | 20 février 2016|Catégories : Béatrice DouvreEssais & Chroniques|Mots-clés : 

La réédition de l’œuvre poétique intégrale de Béatrice Douvre  est une chance pour les lecteurs qui, en ces temps d’imposture, pourraient douter de la possibilité d’une écriture.

Elle est et restera en effet « passante du péril », mettant le poids de toute son âme et de toutes ses forces humaines dans la balance des nuées et des ombres. Elle n’écrit que dans un danger que le lecteur ressent à chaque parole, à chaque élan de poème, danger au visage inconnu et altier, toujours aux lisières d’un ciel d’orages et d’éclairs. On croit la voir revenir d’une course vers les cimes, haletante, marquée de brûlures, toujours en proie à une soif d’absolu que rien n’a pu étancher. En certains aveux à la résonance rimbaldienne, elle nous confie :

J’ai construit des vertiges interminablement, des feuillages, j’entrevoyais des mystiques, des anges boisés, des vitraux assiégés de saintes.

Béatrice Douvre, euvre poétique, peintures et dessins, Editions Voix d'encre

 

Béatrice Douvre, œuvre poétique, peintures et dessins, Éditions Voix d’encre

Tour à tour triomphante et vaincue, elle procède à d’étranges rites où la passion, la ferveur, la fascination de la beauté développent leurs charmes magiques et religieux, qu’il faut hélas quitter pour revenir à cette terre de soif et d’enfance perdue.

 Perdue
Les mains cherchant l’extase sous une herbe
Se  maintenaient plus belles que le matin où toi
Tu te cherchais encore et c’était les murailles
Qui enserraient ton nom, ta preuve, qui te chassaient

« Adieu enfances » s’écrie le poète, « un vent d’herbes / inconnu brûle / toute une enfance. »  Mais son chant brisé, nostalgique, renferme une pureté d’ange qui nous bouleverse, une musique qui nous atteint au plus secret.

On dressa des tréteaux
Devant le haut des neiges
Des rôles féeriques

(…)Puis l’enfance prit fin
Sous cette arche foraine
Les costumes pâlirent

O les rythmes d’hier
Parfois on se souvient
En tournoyant

Puis on s’accable

Comment définir cette musique, sinon en reprenant l’expression de « poésie elfique » que Philippe Jaccottet emploie avec bonheur dans sa préface ? Une poésie qui vibre par « inflexions de voix », qui fait entendre sans calcul ni construction savante une sorte de chant d’avant, d’un temps originel, que l’imparfait vient très souvent bercer.

Béatrice Douvre n’avait sa vraie demeure qu’en dehors de nous. Sa parole nous appellera toujours, irrésistiblement, à la suivre dans ce monde des « anges fous » qu’elle a si singulièrement évoqué :

Et c’est parole pure, ce sont d’enfants qui partent
Et c’est parole pure comme un rire

Et s’ils vont aux gravats
Comme par trébuchement de verre c’est rire
Qui se brise, ce sont d’enfants qui hâtent
Un peu leurs pas, effrayés d’espaces courts

Parmi des ossements de fleurs sur des sentes mortelles
On les dirait comme des braises
D’oiseaux de brume sans race beaux et rouges

(Source Chronique du veilleur=

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