Harmonie du soir


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Harmonie du soir

 

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Charles Baudelaire

Aux cernes de nos nuits le matin ajoute la marque de nos lèvres laissée dans nos odeurs de peaux . Ce qui reste incline à poursuivre, dans chaque doigt de nos mains il y a l’ongle du labour et le jeu de paume des phalanges.

Ton souvenir en moi chante le soleil de la rivière où je me baigne.

Niala-Loisobleu – 1er Juillet 2016

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REFLETS D’ESTRANS 12 / Le Grand A d’Amour mis à flot / Algues Longs cheveux Flottants / Le Serpent qui danse


REFLETS D’ESTRANS 12 / Le Grand A d’Amour mis à flot / Algues Longs cheveux Flottants / Le Serpent qui danse

MUE

Des eaux retirées

voici que la roche

ôcre sanguine

tend sa mue au soleil

A peine a t-on entendu sonner l’écaille

que les rouilles

ont enfilées le bleu sorti de la nasse

Niala-Loisobleu

9 Janvier 2016

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Le serpent qui danse

Que j’aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s’éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d’un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d’enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s’allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l’eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l’eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon coeur !

Charles Baudelaire

(Les fleurs du mal)

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REFLETS D’ESTRANS 12
2015
NIALA
Acrylique et collage s/toile 61×50

Adresse de mon site officiel : http://www.niala-galeries.com/