Sous Les Lilas par Bertrand Belin


Sous Les Lilas par Bertrand Belin

Devant ton visage
Mortel pour moi
Devant ton visage
Mortel pour moi
Quelle voix avoir
Quel mot dire
Au bout de tant de temps
Car le temps existe
Comment quoi faire quoi comment quoi
Devant toi
Au coin de cette ure
Sous les lilas
Je tombe sur toi
Sur nous
J’avale
Je respire

Comment te dire
Et comment te cacher
Ca doit se voir
Tu dois le sentir
Ta bouche aussi
Mortelle pour moi
Ta bouche aussi
Mortelle pour moi
Au goût de lait, de bois
De terre et de lys
Sous ces lilas
Comment te cacher ?
Comment me cacher ?
Comment nous cacher ?

De terre et de lys
Dans mon souvenir
Au goût de bois
Au bout de tant de temps
Car le temps existe
Comment quoi faire quoi comment quoi
Devant toi
Au coin de cette rue
Sous ces lilas
Je tombe sur toi
Sur nous
Car c’est bien toi
C’est ton rire
Sous ces lilas
Comment te cacher
Ca doit se voir
Tu dois le sentir

 

LA TIGE D’OR


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LA TIGE D’OR

 

Au fil la mosaïque tend le rasoir

Janus

se montre des deux côtés

ne penche pas l’anémone du mauvais

L’éventail roule son gré à la cuisse de Carmen

au bains-douches

sans changer de culotte

Reste vierge pour la graine

pareille tige d’or

monte l’arbre à soie

Niala-Loisobleu – 3 Mai 2020

 

https://www.youtube.com/watch?v=J0509jWujCg&list=RDJ0509jWujCg&start_radio=1

La tige d’or par Jean Louis Murat

Qui m’a fait
Ce dogue entrevu
Dans tes pensées

Qui m’a fait cette chose
Giclante à ton gré

Qui par les rues
Souvent étroites
À ton lilas
Traversait tes silences
En simple soldat

Que fait cette tige
D ‘or dans ton glacier

Qui a fait ce fond
De ravin
Dans ma verdure

 

Quel ténébreux
Conduit bouleverse
Ma nature

Que sert d’aimer
Une entourée de pluie
Qui à chaque instant
Coupe une grappe de vie

Que fait cette tige
D ‘or dans ton glacier

Ta belle gueule
Me vient

À l’idée de

Chanter

Au fil des jours
Je ne suis plus
Ce que j’étais

Me regarder de près
Tout voir de loin
Je ne sens plus
La chair même
Entre mes mains

Que fait cette tige
D’or dans ton glacier

Ma mémoire te
Rumine

En buissons de lilas
Quelle agitation pour
Sortir de l’au-delà

Quand tout badine
Avec la mort
Dans tes jupons
Partout mon coeur va
Occupé de démons

Que fait cette tige
D’or dans ton glacier

Chaque jour va le coeur
Comme il se doit
Comment va l’amour
Comment va

Ma marquise en son sein
Comment va l’assassin
Au matin chers yeux
Toujours les chardons bleus

Cher amour comment va
Comment va

Qui te traverse
En grand silence
Qui va mourant

Qui à ton ventre blanc
Se fait tremblant
Qui sait te jurer
Amour
Ce qui est juste est bon
Qui dans la pluie

Du matin
Epelle ton nom

Cher amour comment va
Comment va

Vais-je en chose aimée
Dans ton cerveau
Qui pour t’arracher
A la terre
Au tombeau

Te courbes-tu encore
Les soirs d’été
Me trouves-tu
Toujours
Aussi peu


Que fait cette tige
D’or dans ton glacier

DE CORPS ET D’ESPRIT – NIALA/BERTRAND BELIN


DE CORPS ET D’ESPRIT – NIALA/BERTRAND BELIN

 

De corps et d’esprit

aussi près que possible en connivence du vent pour voilier-rose

je m’ai levé sans avoir la tête dans le sot d’un abus gastrique

le corps plus seindu que jamais à ton petit-jésus animal

Dans l’épais brouillard de la gueule de bois de la guirlande qui clignote devant ma porte sur mon trottoir le caniveau est d’eau de roche

Pendant qu’elles faisaient l’indienne avec la ruse des saintes-nitouche chacun de nous dans la bûche soufflait sur le m’aime feu

y aura du soleil que ça m’étonnerait pas…

 

Niala-Loisobleu – 25 Décembre 2019

 

 

De Corps Et D’esprit

Bertrand Belin

Un point rouge
Dans la nuit
C’est une clope
Je te dis
Un point qui danse
Dans ces collines
On se balade ici
Ma main au feu
Un ours qui fume
Je n’en crois rien
Il faut que cela soit quelqu’une ou bien quelqu’un
Qui suit un sentier
Quelqu’un de transi
Quelqu’un qui fuit
Qui cherche un pays
Où vivre
Vivant
De corps et d’esprit
De corps et d’esprit
Un ours qui fume
Je n’en crois rien
Il faut que

BERTRAND BELIN – LENTEMENT (BARBARA CARLOTTI)


BERTRAND BELIN – LENTEMENT (BARBARA CARLOTTI)

 

Clenche, cou, couteau, bijou
Bouteille, sous, bibelot de Lourdes
Marée haute, arithmétique
Noël, père Noël, tabac, obus
Un passant qui pue, la nuit

Cette fois derrière le stade où tu as fait ta danse d’Indien pour lui
Pour qu’il pleuve sur lui

Notre-Dame en feu qui rougeoie dans la nuit, la vache
Le poing d’un mec saoul écrasé sur une bouche
Carton, citron, étron, pinçon
Cotton, dindon, boulon, gazon
Avion, majesté, vitesse du son

Cette fois derrière le stade où tu as fait ta danse d’Indien pour lui
Pour qu’il pleuve sur lui

Tout s’efface lentement
Tout lentement
Tout finit comme un os
Blanc comme un os
Le temps est si doux

Grêle, toit, bruit, Barbara
La foutue manie qu’il a de traîner son passé d’art
Kadhafi campant dans les jardins de l’Élysée, moi
Dégustant mon sorbet cassis devant la télé
Nu, clope, rideaux, paradis

Cette fois derrière le stade où tu as fait ta danse d’Indien pour lui
Ça cueillait des mains

Le sexe pointu du chien des voisins qui nous faisait machin
L’arrivée magique des kiwis
Le mariage inattendu de Romola de Pulszky
Avec Nijinski

Le journal local, le journal familial
Le savon doux, tous tes commentaires hilarants sur la terre qui tourne
Entre taf et tout

Tout s’efface lentement
Tout lentement
Tout finit comme un os
Blanc comme un os

Tout s’efface lentement
Tout lentement
Donne-moi ta main
Allons, descendons sentir ce jasmin
En bas des marches
Le temps est si doux

Tout s’efface lentement
Tout lentement
Tout finit comme un os
Blanc comme un os

 

BAC A FABLES


BAC A FABLES

 

Travers glissant

pierres de sang

tu résonnes à mes oreilles

d’un tant de cerises

ah

rouges tétins

Les blés de ton ventre frisent l’odeur du vent dans un goût de peint

au flanc du mur de la vieille maison cachée sous les plis d’un champ abandonné

qui découpe la montagne comme un besoin de grimper sur la corniche de tes hanches

Ne te peigne en tresse que raie au milieu du ruisseau

 

Niala-Loisobleu – 03/01/19