ENTRE LE MUR ET L’AFFICHE


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ENTRE LE MUR ET L’AFFICHE

Le bouquet dans la robe

colle à la peau

Le ragondin remue le fond du marais

une grenouille change enfin de temps

les lentilles vont reprendre couleur

ça mouille

Les mûres affichent la couleur des tâches au menu

Je m’assieds

pour rassembler l’éclat des couleurs que tu m’as découpé

au travers de différentes images remontées de musique au centre de la clairière

j’ai besoin de les lire une à une

le taille-mine à portée pour tirer plus loin la saveur

quand à la gomme je l’ai jeté après qu’elle eut ôté le superficiel des situations douteuses

en incliné « italique » tu es toujours plus lisible dans le couloir qui t’habite

Niala-Loisobleu – 28 Juin

Le Couloir
Dans le couloir,
Il y a des ailes:
L’Aile Sud,
L’Aile Nord,
L’Aile qui va de l’Est en Ouest.
Dans le couloir,
Il y a des anges
Qui se déplient,
Qui se déploient,
Disparaissent derrière des portes,
La 2, la 6 ou la 23.
Dans le couloir
Il y a des anges
En sandales
Et en blouses blanches
Qui portent, accroché
Sur leur coeur,
La douceur de leur prénom.
Dans le couloir,
Il y a des rires,
Des chuchotés
Et des éclats.
Y a des pâleurs,
Y a des urgences.
La chambre 12 qui s’en va.
Dans le couloir,
Y a des appels
Qui s’inscrivent en lampes bleues
Sur un grand tableau de milieu.
Il y a des odeurs,
Y a des lourdeurs de fleurs fanées.
Il est midi.
Y a le bruit des chariots qui grincent
Et les odeurs de ragoût froid.
Il y a des pas.
Il y a des voix
Dans le couloir,
Devant la 12.
Y a des…

FIL ROUGE


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FIL ROUGE

Veinés de la peau des fruits

l’outre en attente

s’humanisa

d’un précédent à Soulages

et me sortit du néant approchant

Quand je vois tes fesses posées sur le tabouret de l’atelier

toute la vigueur de Giacometti m’étreint le coeur

à n’en plus voir qu’un espoir surréaliste

Albert et Maria intemporels.

 

Niala-Loisobleu – 16 Juin 2020

CE QUI TRACE TA VOIX


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CE QUI TRACE TA VOIX

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Ce qui trace ta voix

Dans ton silence désossé
C’est le chant de tant de voix
Qui animent ta bohème
Démultiplication
Avec le carré
De tes nerfs
Qui font la chair
De ton poème

Pendant que dort ton amour
Le clavier des lueurs
Joue dans le jour
Finissant
Comme pour tordre
Sa lumière

Ta vindicte aux étoiles invisibles
T’entraîne à toucher
Le lointain

Le hasard t’aspire

Et tu tends tes désirs
En offrande de veille
A l’innocente grâce
Qui te sourit
Aussitôt
Le soleil éteint

A la flamme de la bougie
Brûle ton long soupir …
Tu redresses ton souffle
Vers l’horizon feutré
Qui immole
Les ombres des humains
Et met à nu l’étranger
Assis sur la corde
De tes songes

Quelques embruns
De regards débordants
Viennent dépoussiérer
Ton propre ciel
Écumant

Et tu bâtis
Comme des insurrections
Aux yeux vifs d’amants
Où se souligne
L’attente
Comme un phare tendre
Qui plonge dans
Leurs paupières

Si la danse des voix
Cueille toutes les langues –
Elle accueille ta chance
D’éprouver l’art
Au pavois
De toutes couleurs

Un soupçon d’hiver
Rentre dans l’étreinte du hasard
Qui embrasse ta scène impromptue …
Tu les retrouve tes lunes
Au milieu des chemins
Où tu lances
Ta plume

Chaude est ta roche d’incertitudes
Où claquent et dansent
Les vagues immiscées
Dans ton cœur …
Elles sont
La pensée qui peuple tes songes
Elles sont cette dame
Qui roule ses pas
Contre tous
Les courants d’amertume

Et la terre – sous ce auvent –
Déploie un grand halo
Autour des désirs
Qui attendent …
Nous relevons même le ciel
Au-dessus des toits …
Nous lui avouons
Nos rêves
Et …
Il se teinte de tous les sourires

Le temps indistinct
En aura oublié son horloge …
Alors – gavé de présence –
Il nous renvoie aux
Feux des solitudes
Qui clament l’innocence
De plaisirs à atteindre
D’où se partagent
Les voix –
Malgré la distance
Qui les sépare –
Comme
En un seul silence
Interrompant le vide
De ta propre
Présence

 Alain Minod

 

 

LES MINES AUX TORTS A RAISON 2


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LES MINES AUX TORTS A RAISON 2

 

Déjà décidé à rétablir la vérité, j’entrais à l’Ecole convaincre l’Académie que le bleu c’était pas une couleur froide. Toi tu démontrais ta parfaite connaissance de Marguerite. Ce qui montra immédiatement combien notre communauté solaire n’était pas une de ces idées qu’on se glisse dans la tête. D’ailleurs la tête, mis à part tes passages toro, ça a  jamais été notre lieu de prédilection

Pendant que tu montais le podium, je traînais S’-Germain-des-Prés comme une seconde nature, une même femme en tête de liste dans nos agendas, Barbara qu’à s’appelle toujours, j’y suis passé le premier par son Ecluse. Une vraie forge de Vulcain qui m’a amené à fréquenter des gens très recommandables, Ferré, Brassens, Brel, Reggiani, Bertin et des quantités d’autres, l’Epoque là était pas radine en beauté. Sans compter que le Tabou comme fournisseur c’était haut de gamme. Boris était une sacrée sphère à lui tout seul. Juju avant de se faire refaire le nez avait mis sur la place son né fabuleux, un tablier de sapeur qui lui valut le titre de Miss Vice. Imagines, le vice d’alors comparé à celui d’aujourd’hui

On aimait bien la Rose Rouge aussi. C’était un lieu d’acteurs cinéma et théâtre le fréquentait

Puis clou du spectacle, Char, Camus, Eluard, Breton, le Surréalisme, Sartre, Le Castor, Aragon, Prévert, Cocteau, Picasso, et d’autres comme nourriture difficile de faire mieux

Nos nuit à la Rhumerie et au Babylone ont des oreillers neufs, ont dormait pas

La Ruche, en plein Giacometti, Chagall…

Rien que de voir passer ce tant là, je comprends ta rage à vouloir pas en être écartée. L’amour est fondé en ces lieux

C’est mon Paname au complet réunissant le passé au présent, Montmartre et Montparnasse avant la grande débacle

Et vinrent les années de guerre…

Niala-Loisobleu – 25 Mars 2020

JACQUES BERTIN – LA CHANSON DE TESSA


JACQUES BERTIN – LA CHANSON DE TESSA

Reste ici bas mon cœur fidèle,
Si tu t’en vas la vie est ma peine éternelle
Si tu meurs, les oiseaux se tairont pour toujours.
Si tu es froide, aucun soleil ne brûlera.
Au matin la joie de l’aurore
Ne lavera plus mes yeux.
Tout autour de la tombe
Les rosiers épanouis
Laisseront pendre et flétrir leurs fleurs.
La beauté mourra avec toi
Mon seul amour.
Si je meurs, les oiseaux ne se tairont qu’un jour,
Si je meurs, pour une autre un jour tu m’oublieras.
De nouveau la joie de vivre
Alors lavera tes yeux
Au matin tu verras
La montagne illuminée
Sur ma tombe t’offrir mille fleurs.
La beauté revivra sans moi
Mon seul amour!

 

TRETEAUX LE SOIR


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TRETEAUX LE SOIR

Une maison d’oiseau sur sa branche

dans ta veste ma salle de bien

puis dans ma poche le caillou traversier

un pied sur la pédale  et le reste en danseuse

de

Médrano

petite écuyère de Chagall tournant sur ses pointes

Pendant que le do tourné, passe un nuage, le soleil se remet Barbara en platine « Quand reviendras-tu ? » dit la voix off aussitôt abattue par sa plus belle histoire d’amour c’est vous

Sans se recoiffer le triangle des Bermudes remet l’avion dans sa culotte

et le pilote dans le droit chemin du pays bleu

Un rabbin  tire le chandelier à sept-branches du pinceau et l’allume, Marc dit ça Vava

Je sors les seins balles de la veste et m’embauche chez peint d’air pour jouer avec les ours dans la parade à la loyale

Le chien noir montre qu’à son âge on peut en corps avoir du caractère

Niala-Loisobleu – 16/10/19

LONGUE-VUE


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LONGUE-VUE

La fenêtre est là qui flotte toutes voiles dehors à dos de cheval

ça fait siffler mes reins après qu’il t’aient halée à la cale pour que je monte à ton bord

Les mouettes piquent, remontent, rasent et puis se posent

autour de l’accordéon de ta taille

Au hamac de tes seins balancé je survole les nuages

en jeu forain auto-tamponneur

l’anénomètre remonte le goût de vivre sans faire sonner la corne de brume. Ressort de lune à l’échelle de corde des marées. Nous abordons les EAUX-NEUVES, Ma comme le cap attendu.

Niala-Loisobleu –  13/10/19