PSYCHÉDÉLIE


PSYCHÉDÉLIE

Donner aux couleurs la clinquante acuité de l’actualité

Cactus mexicain
Chanvre indien
Coca péruvien
Haschich brésilien

Le sifflet du sorcier aztèque qui fait valser jaune dans l’herbe rouge

Tout est faux:
Caserne École Église
Vulnérable notion de patrie honneur vertu
Mutation des tabous en détritus

Révolte contre la tarte aux fruits de la tartufferie

J’aime assez les féminins phonétiques;
Un faux
Klee une fausse clef

Un
Nemrod une émeraude

Et tandis que je la tiens enlacée n’avoir accès au gynécée qu’en se mettant au féminin

Échapper au suicide par la mutation phonétique génétique

Permettre à la poésie toutes les expériences dont elle a besoin

Qu’un vêtement puisse faire tant de différence. s’il est à votre rythme et bouge avec le corps!

Tout me semble léger, joyeux et enfantin
Bon bec que de
Paris?
Suis tombé sur un bec

Homme éprouvé, dressé, corrigé par l’échec
Un bonheur élastique entre pulpe et pépin.

Parasite impécunieux
Libido ludendi sciendi eccelendi
Un poète qui fait très «calamar en su tinto»
Une poésie d’obèse qui cherche à rattraper l’autobus

Par la lucame du lupanar idéal;

Fellatrice fricatrice fascinatrice

Préfixe latin
Suffixe grec

Contexte
Satiricon

Ce que la féminité a de plus intime

converge à désigner la sottise unanime!

A l’école alsacienne me dit
Madame de
C.

on nous apprenait la précellence

de la prose sur la prosodie

parce que la prose va droit au but

tandis que le vers tergiverse dans les primevères…

Paul Neuhys

ALTERNE ANSE DU BLEU


ALTERNE ANSE DU BLEU

Calme sortie du pot-au-noir

le vent loft favorable

un ébarbage des lames coupe à tout coeur

Dans l’anse épointée les clous du tapis du fakir sont repartis traverser le chant de braises

pour laisser les seins paître en toute liberté après le sevrage du laid

A la craie des falaises l’oiseau dessine la marelle à embarquer

La mer à porte est toute ouverte

rose à l’arête…

Niala-Loisobleu – 20 Janvier 2021

AU FOND DE TOUTE BEAUTÉ GÎT QUELQUE CHOSE D’INHUMAIN


Albert Camus

AU FOND DE TOUTE BEAUTÉ GÎT QUELQUE CHOSE D’INHUMAIN

Au fond de toute beauté gît quelque chose d’inhumain et ces collines, la douceur du ciel, ces dessins d’arbres, voici qu’à la minute même, ils perdent le sens illusoire dont nous les revêtions, désormais plus lointains qu’un paradis perdu. L’hostilité primitive du monde, à travers les millénaires, remonte vers nous. Pour une seconde, nous ne le comprenons plus puisque pendant des siècles nous n’avons compris en lui que les figures et les dessins que préalablement nous y mettions, puisque désormais les forces nous manquent pour user de cet artifice. Le monde nous échappe puisqu’il redevient lui-même. Ces décors masqués par l’habitude redeviennent ce qu’ils sont. Ils s’éloignent de nous. De même qu’il est des jours où, sous le visage familier d’une femme, on retrouve comme une étrangère celle qu’on avait aimée il y a des mois ou des années, peut-être allons-nous désirer même ce qui nous rend soudain si seuls. Mais le temps n’est pas encore venu. Une seule chose : cette épaisseur et cette étrangeté du monde, c’est l’absurde.

Albert Camus

Extrait de:  1942, Le mythe de Sisyphe

A PART LA VERITE


A PART LA VERITE

Face et dos réunis en une même figure

au gré de l’humeur changeante qui impose sa volonté sans frapper

je voudrai que l’abat-jour de la lumière déménage

et me lâche les bretelles pour donner la vérité souhaitée par la nudité de l’air

Le virus a conquis l’anachronique en anesthésiant la moindre dynamique au profit du non-dit soutenant la vérité-mensongère. Refuser le confinement en l’incubant avant d’y mettre officiellement cours en incitant une vaccination rendu incertaine par le résultat d’une part et d’autre part la mutation du mal, sans compter le manque de vaccin. On s’inscrit, ça convainc et envoie l’échéance à une date lointaine. D’ici à ce que les enfants dont on avait rien à craindre deviennent prioritaires, les plus de 75 ans vont diminuer sérieusement

Le vrai mal commence à saper le refus de se laisser mourir.

Niala- Loisobleu – 18 Janvier 2021

LOVE IS LOVE – MARIA DAINES


Love Is Love – Maria Daines

Tu n’as pas besoin de le toucher pour savoir
You don’t have to touch it to know

L’amour est partout où tu vas
Love is everywhere you go

Tu n’as pas besoin de le toucher pour ressentir
You don’t have to touch it to feel

L’amour est à chaque seconde que nous volons
Love is every second we steal

L’amour est l’amour n’est rien sans toi
Love is love is nothing without you

L’amour est l’amour est tout ce que vous faites
Love is love is everything you do

Ouvre tes yeux
Open up your eyes

Et vous allez voir
And you will see

L’amour est l’amour est tout pour moi
Love is love is everything to me

Tu n’as pas besoin de le toucher pour être
You don’t have to touch it to be

Enveloppé d’émotion comme moi
Wrapped up in emotion like me

Tout le monde doit ressentir ce que je fais, ouais
Everyone must feel how I do, yeah

L’amour c’est juste d’être proche de toi
Love is just to be close to you

L’amour est l’amour n’est rien sans toi
Love is love is nothing without you

L’amour est l’amour est tout ce que vous faites
Love is love is everything you do

Ouvre tes yeux
Open up your eyes

Et vous allez voir
And you will see

L’amour est l’amour est tout pour moi
Love is love is everything to me

Et tu sais que l’amour est amour
And you know that love is love

C’est écrit en noir et bleu
It’s written in black and blue

Et tout ce que tu dis
And everything you say

Doit la rapprocher, plus près de toi
Must bring her closer, closer to you

Ba-ba (ooh), ba-ba (ooh), ba-ba (ooh)
Ba-ba (ooh), ba-ba (ooh), ba-ba (ooh)

Tu n’as pas besoin de le toucher pour savoir
You don’t have to touch it to know

L’amour est partout où tu vas
Love is everywhere that you go

Tu n’as pas besoin de le toucher pour ressentir
You don’t have to touch it to feel

L’amour est à chaque seconde que nous volons
Love is every second we steal

L’amour est l’amour n’est rien sans toi
Love is love is nothing without you

L’amour est l’amour est tout ce que vous faites
Love is love is everything you do

Ouvre tes yeux
Open up your eyes

Et vous allez voir
And you will see

L’amour est l’amour est tout pour moi
Love is love is everything to me

L’amour est l’amour n’est rien sans toi
Love is love is nothing without you

L’amour est l’amour est tout ce que vous faites
Love is love is everything you do

DANS L’ASCENSEUR


DANS L’ASCENSEUR

Du matin au coude à coude en commun, je lève les yeux sur ce qui est en corps libre d’accès et de notre intérieur pars en long voyage

Il y aura ceux qui appuieront sur l’étage de la bonne aventure, d’autres iront au bricolage voir si la clef des songes est en rayon

Liberté conditionnelle

couvre-feu à 18h

Le cheval se sent retenu devant la réduction du tant de vivre

L’herbe du chant informatique est flatteuse pour l’oeil mais bien plus fade au masticage. Même pour le repas du Dimanche autour de la grande table

En me levant j’ai entendu frapper à l’intérieur de tes pensées

Soulevant la calotte cranienne, les oiseaux sont sortis bavards comme des gosses au couloir de l’heure de la récréation

Du rire qui monte et descend comme l’eau qui a fait un trou dans le barrage et va rejoindre la mer pour s’asperger de sel.

Niala-Loisobleu – 17 Janvier 2021

L’ATELIER A QUAI 6


L’ATELIER A QUAI 6

Dans les vents, le bal haine, j’irais pu me disait mon père assis sur le trottoir dans coin de pré vert à faire la manche

Au moment venu, il y en toujours un, j’ai descendu l’idée de paraître pour demeurer enfant quelque soit la saison

Et suis devenu habitant de la lune, me disant tant que les hommes n’y habiteront pas, ça demeurera l’endroit rêvé pour traverser

Tout en rondeurs

comme j’aime pour garder les baignoires intactes dans l’Outre-Mère

Ce qui fait que de fil en aiguille comme tu l’écrivais ce matin et que j’ai ressenti rien ne se sépare dans notre histoire au point que je ne peins que du ton de PIENSA EN MI.

Niala-Loisobleu – 16 Janvier 2021

GANG


GANG

Il y avait, toujours chargé au plein cœur de la ville, ce quartier tournant projetant par saccades vers les routes de banlieue le flot de ses voitures comme le barillet d’un
revolver.
C’est de là que nous partions pour les voyages-surprise et les soirs bordés d’églantines, les beaux matins des documentaires de pêche à la truite qui brassent à
poignées tout un saladier de pierreries.
Les doigts serrés sur le bor-dage de tôle, et le fleuve d’air sculptant un bec d’aigle et la majesté d’une figure de proue sous le casque de toile blanche.
Au bout des robes blanches sur chaque boulevard d’huile noire, une forêt qui s’ouvre en coup de vent comme la mer
Rouge — à l’enfilade de chaque flaque solaire, le lingot de glace que tronçonnent les massifs d’arbres — au bout de chaque branche, une fleur qui se déplie dans un
claquement de linge — au bout de chaque bras, la rose brûlante d’un revolver.

Julien Gracq