ROUSSEUR DES ECOBUAGES


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ROUSSEUR DES ECOBUAGES

 

 

Dans l’encoignure du cactus quelques rares gouttes humectent

le sol oxydé de faire

que l’ancre remontée de la traversée retient

Sur la table de toilette la cuvette faïence le bouquet où le bleu de l’anémone respire sur le broc

l’eau courante passe au fond du couloir

et la lampe à pétrole fait office de puits de lumière

Les rêves sont sur le matelas posé sur les vieilles tomettes déchaussées

un couteau émascule l’avenir du regard qui s’aventure au coin de la rue

sans que le saxo soit empêché d’étirer l’imagination du bandonéon remplissant l’automatique écriture picturale

 

Niala-Loisobleu – 21 Août 2020

 

 

 

 

 

SURGI DE MA FENÊTRE, PRECEDANT ET SUIVANT


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SURGI DE MA FENÊTRE, PRECEDANT ET SUIVANT

Ecrire à partir de cette musique viscérale pose la question de savoir si avant de lire les mots il ne vaudrait pas mieux en écouter la sonorité

Sans doute trouveras-tu le petit port de Normandie qui te conduira dans une vaste plaine d’Argentine où ton taureau rejoindra alors l’immense troupeau, moi dans un coin de barrio vidant les cendriers en rangeant les vers

Astor a su léguer

c’est mon voeu

te laisser en consigne plus que la vie, sa vibration

intense musique où le souffle et le cri sont le seul verbe à tenir pour effacer la mort

J’en ai vu de toutes les formes des racines en rêvant d’une greffe donnant naissance à l’absolu

Intrinsèque expression de la définition de la Poésie au moyen de mon Art

Planter du soleil dans sa marche

je te monte haute-pierre

Instinct animal sous la mère veillant à la sélection naturelle dans un envol de moineaux

Niala-Loisobleu – 4 Mars 2020

MISÉRICORDE


michael hutter

MISÉRICORDE

 

Il s’écrit des airs de neige. Trop d’eau rentrée

dans un sec qui n’arrive pas à allumer

Là-bas en Sibérie on doit cogner au sapin par absence d’éclairage, vacherie de Noël qui se pointe

Mon oiseau chemise sous le troisième bouton en partant du bas

le cheval lui souffle sur les doigts

remontant un tango reins cambrés

voilà le lit escamotable qui descend

Astor à quai

Les rondins de la cabane s’en lassent du langage de l’homme d’état actuel

la mauvaise bouffe réclame du Platon pour un banquet de fesses-noz, les binious sont prêts , les nymphes célèbrent les Eaux-Neuves nues dans leur longue robe blanche, leur petit-arrosoir tintinnabulant clair et joyeusement festif, partant à l’avent du nettoyage de chérubins

Astor à la main

le Barrio fume

le parquet chauffe 

 

Niala-Loisobleu – 15/11/19

OBLIVION


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OBLIVION

Aux paroles des derniers pas, la glisse en corps, j’enfouis ma voix contre le caillou de ma poche ouverte sur l’horizon

le vélo seul sur la piste invite le cheval pour une reconstitution d’un Vel d’Hiv bannissant la rafle

et la boule se perd dans un noir où s’écrasent les mégots en ronds de fumée

Reste cette odeur de transpiration du dernier tango accrochée aux lames du parquet

La voix de poche converse entre deux danses  sans rien noter au carnet de bal, ton oreille s’est invitée pour se rassurer

Non tu n’as rien de l’oubliée

Le bandonéon te rejoint se coucher, il y a le mouvement du lit que fait la mer en caressant le quai pour garder la conversation ouverte

la mer lâche ses îles comme les bulles de savon destinées à canonner l’apparat du lucre

On voit la maison au creux de l’Arbre à Soie tenir son herbe au matelas de sable

L’ombre s’oublie.

Niala-Loisobleu – 06/09/19

 

 

Amor Dense


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 Amor Dense

La plume marque un temps

et respire à l’encre les mots non-dits

Ecrire à quel endroit ses dernières volontés

en ne desserrant pas ses doigts des traces fraîches

qu’un coup de vent a battu en désordre en bas de page

Les spirales du tango gardent les cendres chaudes en piste
Niala-Loisobleu

2 Février 2017