IL Y A UNE TERRE QUI HALETE DANS LA GORGE


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IL Y A UNE TERRE QUI HALETE

DANS LA GORGE

 

Il y a une terre qui halète dans la gorge,
il y a un bouquet qui embaume la maison.
L’air est solide, le chemin pierreux.
Je cherche l’eau profonde et pavoisée de noir.

J’emplis de terre le crâne, je veux respirer plus haut,
je veux être la poussière de la pierre, le puits verdi de mousse ;
le temps est celui d’un jardin
où l’enfant rencontre les fourmis rouges.

Je vais jusqu’à la fin du mur chercher un nom obscur :
est-ce celui de la nuit proche, est-ce le mien ?

António Ramos Rosa, Le Cycle du cheval suivi de Accords, Éditions Gallimard, Collection Poésie, 1998, page 43. Traduction du portugais par Michel Chandeigne. Préface de Robert Bréchon.

La Marche à Franchir


La Marche à Franchir

Je laisse les nuits fécondes aux salles de travail des maternités, tout contre ce Bleu, qui en perdant les eaux, a allumé le Matin.

D’autres attendent épuisantes de longueur, lourdes d’embûches, cruelles d’animaux cauchemardesques dont les cris font parfois peur aux étoiles quand leur course passant à la lenteur, tétanise l’espérance. Armés de maisons blanches accrochées aux flancs des sierras, mes ongles ont griffé la terre des couloirs du labyrinthe d’un rouge de l’arène, pas pour l’estocade, rien que pour la mise amor. Comme une aube coupant les ténèbres d’un trait rose, tu es là depuis qu’avant tout ce qui a été détruit recommence.

Matin où la Lumière tremble d’humilité

Donnant son sein pour nourrir de sa rosée

l’espace que le vent ouvre

Tu n’as plus lors que la nudité pour t’habiller

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Bleus-Blancs Matins 1 – 2013 – Niala – Acrylique s/toile 61×50 – Collection Privée

«…Nous ne pourrons dire que le silence nous enflamme que lorsque les paupières intérieures auront le poids des amandes et que les épaules respireront la montagne au coeur de la brise. Alourdis par l’ombre dans la sève épaisse dans la tension qui réunit les bords et le tond nous irons dans le courant qui remonte obscur et léger si loin que la distance ne sera plus la distance. Et un chant naîtra de l’ignorance vive où le silence nubile sera une blanche gravitation et un mouvement de sable réunira les bras des amants,,, »

Antonio Ramos Rosa (Extrait du Livre de l’Ignorance)

J’écris de couleurs pêchées dans l’encrier de ton ventre, enfoncé à la racine de l’herbe qui retient ses arômes, posant chaque lettre sur la fondation d’une éternité étrangère aux dieux, que le temporel lucide pousse au seuil des autres pour nourrir un Jardin boisé de l’ Arbre-Forêt, celui de tes seins fruitiers.

Ô Bleus-Blancs Matins

nous voici de nouveau en bas des marches

notre lit est rivière

aux crues en lutte avec la sécheresse de la sonnerie aux morts

Niala- Loisobleu – 23 Février 2018

Il y a une Terre qui halète dans ta Gorge


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Il y a une Terre

qui halète dans ta Gorge

Il y a une terre qui halète dans la gorge,
il y a un bouquet qui embaume la maison.
L’air est solide, le chemin pierreux.
Je cherche l’eau profonde et pavoisée de noir.

J’emplis de terre le crâne, je veux respirer plus haut,
je veux être la poussière de la pierre, le puits verdi de mousse ;
le temps est celui d’un jardin
où l’enfant rencontre les fourmis rouges.

Je vais jusqu’à la fin du mur chercher un nom obscur :
est-ce celui de la nuit proche, est-ce le mien ?

António Ramos Rosa, Le Cycle du cheval suivi de Accords, Éditions Gallimard, Collection Poésie, 1998, page 43. Traduction du portugais par Michel Chandeigne. Préface de Robert Bréchon.

MISE A JOUR


MISE A JOUR

Le grillage retient de la pêche à la ligne, ce silence de l’hameçon pris dans les herbes. Par les trous de mes oreilles m’arrive le vert de tes yeux posé dans le rouge espoir de la bouteille mise à la mer. Il y a du soleil plus qu’une sente céleste. Mes pieds aux tiens vont et viennent. Enfourché, le m’aime champ d’amour enracine son entité.

Niala-Loisobleu – 17 Avril 2017

Le cheval diamant, qui s’efface
dans la couleur la plus dense – la rose possible.
Neutre lenteur, pause de la matière,
Front de terre, aurore insufflée.

Animal taillé par la lumière dans la couleur
lapidaire, traversé par le goût de la terre,
promptitude et force de la masse qui se dresse
comme la terre de loin dans l’éclat de toute chose.

(…)

António Ramos Rosa (Extrait

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Je n’attends plus que comme tout à refaire


Je n’attends plus

que comme tout à refaire

 

Je marche des pieds sur la tête d’escales englouties

tant de côtes cherchent à surgir des fonds profonds

que les voiles tendent à se faire moteur

Au temps où les pierres dormaient sous la terre

une lumière est passée les extraire

et les mains ont voulu les équarrir

jusqu’à les tailler polies

Au pied des cols la marche la plus ravinée

suit le couloir du premier palier

confiant aux alouettes qui peuplent le miroir

une image périmée en tracé

 

UNE VOIX

Je veux appartenir à la voûte obscure comme un amant désarmé

devenir le souffle du silence sur les épaules des nuages

je veux adhérer à l’ombre des paroles du feuillage

et comprendre la terre dans la soie farouche du désir

Antonio Ramos Rosa

(Extrait de Dom Quixote)

 

Il n’est pas de matin sans soleil

mais comme les jours sans levés

s’accumulent aux heurts

à vouloir fuir leur identité au profit d’une chimère

je ne veux rien prendre au miroir de son fil d’eau

il coule de source

par les pores des artères sylvestres

liées de flottaison

Donner plus loin que le poids niais

allège la main

je veux voler sans foncer l’encre

d’un large empan d’aile

hors de l’érosion du tant

Je n’attends plus

que comme tout à refaire

 

Niala-Loisobleu – 14/04/16

 

tm