CE QUE DIT TON REGARD PUISANT DANS L’ARIDE


Expressive Color-Filled Portraits of Friends and Family by Hope Gangloff | Colossal

CE QUE DIT TON REGARD PUISANT DANS L’ARIDE

L’herbe comme une plage au bout du chant

les fourmis dans les jambes, quelques braises en miettes pour le bec de la salamandre

et à l’appui d’un irrépressible besoin l’élasticité de tes seins me faisant fronde pour une révolte contre se qui retient

Donner aux fleurs du fruitier la force de parvenir au panier

Contre la lame de l’étrave mettre la vague à franchir

Les îles aux oiseaux sont rondes à naître de nouveau comme la figue fraîche ne veut pas être réduite au mendiant

Qui parle de printemps tend ses fenêtres aux terrasses des cultures

Une maison sans sortir oui à condition d’adduction artésienne à ton puits et dans le m’aime panorama

Niala-Loisobleu – 31 Mars 2020

LES MINES AUX TORTS A RAISON 2


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LES MINES AUX TORTS A RAISON 2

 

Déjà décidé à rétablir la vérité, j’entrais à l’Ecole convaincre l’Académie que le bleu c’était pas une couleur froide. Toi tu démontrais ta parfaite connaissance de Marguerite. Ce qui montra immédiatement combien notre communauté solaire n’était pas une de ces idées qu’on se glisse dans la tête. D’ailleurs la tête, mis à part tes passages toro, ça a  jamais été notre lieu de prédilection

Pendant que tu montais le podium, je traînais S’-Germain-des-Prés comme une seconde nature, une même femme en tête de liste dans nos agendas, Barbara qu’à s’appelle toujours, j’y suis passé le premier par son Ecluse. Une vraie forge de Vulcain qui m’a amené à fréquenter des gens très recommandables, Ferré, Brassens, Brel, Reggiani, Bertin et des quantités d’autres, l’Epoque là était pas radine en beauté. Sans compter que le Tabou comme fournisseur c’était haut de gamme. Boris était une sacrée sphère à lui tout seul. Juju avant de se faire refaire le nez avait mis sur la place son né fabuleux, un tablier de sapeur qui lui valut le titre de Miss Vice. Imagines, le vice d’alors comparé à celui d’aujourd’hui

On aimait bien la Rose Rouge aussi. C’était un lieu d’acteurs cinéma et théâtre le fréquentait

Puis clou du spectacle, Char, Camus, Eluard, Breton, le Surréalisme, Sartre, Le Castor, Aragon, Prévert, Cocteau, Picasso, et d’autres comme nourriture difficile de faire mieux

Nos nuit à la Rhumerie et au Babylone ont des oreillers neufs, ont dormait pas

La Ruche, en plein Giacometti, Chagall…

Rien que de voir passer ce tant là, je comprends ta rage à vouloir pas en être écartée. L’amour est fondé en ces lieux

C’est mon Paname au complet réunissant le passé au présent, Montmartre et Montparnasse avant la grande débacle

Et vinrent les années de guerre…

Niala-Loisobleu – 25 Mars 2020

AU FOND DE TOUTE BEAUTÉ GÎT QUELQUE CHOSE D’INHUMAIN


Albert Camus

 

AU FOND DE TOUTE BEAUTÉ GÎT QUELQUE CHOSE D’INHUMAIN

 

Au fond de toute beauté gît quelque chose d’inhumain et ces collines, la douceur du ciel, ces dessins d’arbres, voici qu’à la minute même, ils perdent le sens illusoire dont nous les revêtions, désormais plus lointains qu’un paradis perdu. L’hostilité primitive du monde, à travers les millénaires, remonte vers nous. Pour une seconde, nous ne le comprenons plus puisque pendant des siècles nous n’avons compris en lui que les figures et les dessins que préalablement nous y mettions, puisque désormais les forces nous manquent pour user de cet artifice. Le monde nous échappe puisqu’il redevient lui-même. Ces décors masqués par l’habitude redeviennent ce qu’ils sont. Ils s’éloignent de nous. De même qu’il est des jours où, sous le visage familier d’une femme, on retrouve comme une étrangère celle qu’on avait aimée il y a des mois ou des années, peut-être allons-nous désirer même ce qui nous rend soudain si seuls. Mais le temps n’est pas encore venu. Une seule chose : cette épaisseur et cette étrangeté du monde, c’est l’absurde.

Extrait de:

1942, Le mythe de Sisyphe

 

Albert Camus


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LE BONHEUR ET L’ABSURDE

Le bonheur et l’absurde sont deux fils de la même terre.
Ils sont inséparables.
L’erreur serait de dire que le bonheur naît forcément de la découverte absurde.
Il arrive aussi bien que le sentiment de l’absurde naisse du bonheur.

Albert Camus

LA GRANDE PASSACAILLE


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LA GRANDE PASSACAILLE

Écoute le roulement des galets dans la mer !

Hors les murs nus de l’être prolongeant

la hantise de la musique muette,

soudain murmurent en nous les flûtes du crépuscule.

Dans le passage de notre souffle mortel

les mots tracent le sens que nous espérions rencontrer

en explorant du regard

chaque soir chaque matin qui hennit en plein ciel –

la bouche ouverte boit

le vent pluvieux toujours resurgissant,

le vent qui vient d’ailleurs

et porte en soi comme une absence

le silence pareil au germe jaillissant

hors du commencement sans visage et sans lieu :

respirer de nouveau, plonger dans le temps fabuleux des noces

où s’étreignent le jour et la nuit emmêlés.

Afflux divin du livre qui en porte le rythme

comme une lame de fond arrachée au ventre de la mer,

chevaux d’écume dansant, caracolant, puis tout à coup

se cabrant pour jouir

jusqu’à la crête mortelle et blanchissante du ressac.

.

Claude Vigée

DEGOÛT DE SEL


DEGOÛT DE SEL

 

Des embruns dont tu éclaboussas les rives d’une chimère, j’émascule ton jardin sous la mer

Ô abyssales plongées.

Sable doré où les galets ricochent sur leurs rides pendant que l’oeil noir de l’anémone lascive joue l’ouverture de la marche nuptiale. Des enfants-morts-nés sortis des bocaux de l’Institut Médico-Légal, tiennent la traîne de cette fourbe pensée au sourire de circonstance. Le témoin de la mariée est assis au premier rang en qualité d’amant. Sur l’autel les bouquets jaunes ardents  soupirent à petits cris sous la garde du Suisse. Tout a été arrangé la veille chez le Notaire. La noce est conforme au rite trompeur du savoir-vivre.

Tournoie l’algue à tordre, ses fragrances s’essorent au buvard des phalanges

Doigts humectés couleurs coquillages, l’aplati d’un sein disparait sous l’aventure des ongles sales laissée aux aréoles tenues non sans peine par les bretelles molles

Surgi au-dessus de l’arène dans le  tonitruant  des cuivres

le râle sourd des ténèbres

Il entame la  musique qui sera avalée par abstinence. Je sors par la porte principale, face au soleil, la venelle est large.

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2017

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Lettres Eparses…que rien d’autre ne saurait compter


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Lettres Eparses…que rien d’autre

ne saurait compter

Camus à Char:

« Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent, et qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. (…) C’est ainsi que je suis votre ami, j’aime votre bonheur, votre liberté, votre aventure en un mot, et je voudrais être pour vous le compagnon dont on est sûr, toujours. »
(17 septembre 1957).

Char à Camus:

« Ils sont en si petit nombre ceux que nous aimons réellement et sans réserve, qui nous manquent et à qui nous savons manquer parfois, mystérieusement, si bien que les deux sensations, celle en soi et celle qu’on perçoit chez l’autre emporte même élancement et même souci … »
(septembre 1957)

Quelque tant qui soit avant, quand d’un geste malheureux l’insignifiant se met en avant,  l’outil sort du manche, ne laissant que du stérile au reflux de la marée. Ce ne sont plus les m’aime oiseaux qui jouaient en couleurs éclatantes de la confiance. Est-ce une plume qui au départ s’était masquée, est-ce un panache n’ayant jamais existé ? Peut-être des deux mon Capitaine, mais en quoi ceci ferait oublier que soudain la soupe s’acidifie ?

Ce qui attache tient de l’Amour son essence.

Il ne faut que le début de l’effiloche pour que les prémisses du craquement entrent en scène.L’Autre est passé en arrière-plan, un seul tient le rôle titre. Tout lui est bon pour être à la Une.Un caillou parasite est entré dans l’attelage. L’aura du mystère entre dans le domaine public.

De temps à autre, un prétexte se glisse dans la pochette du non-dit. L’élude supérieure fait amphi.A chaque fenêtre on laisse flotter ses drapeaux, c’est le signe de tous bâtiments public qui arbore sa devise « Liberté – Egalité – Fraternité » en toute imposture.

Respirer par transfusion permanente de son poumon à celui de l’Autre, le voilà le mélange gazeux qui met l’unique de chaque individu en double. Air sans passage à vide, non comprimé, qui par bi-haleine fait le moyen de transport le plus sûr qui soit pour franchir les chausses-trappes  d’une vie.

Un m’aime mot sans maux de non-réponse.

Niala-Loisobleu – 9 Septembre 2016

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