BATTEMENT VIF DU DESIR


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BATTEMENT VIF DU DESIR

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Qu’au siphon de toute présence
L’échancrage de la douleur
Repasse le temps du bonheur
Obnubilé par la distance

Alors coule ! Cours Sentiment
Mais clouée au vif battement
Du désir en grande tension :
Si lascive vient l’intention
De repartir à l’océan
Que j’en reste assis sur céans

Or sous le auvent – aux murs
Balayés de vide et de peine –
Je veux – O Ma si fière allure –
Tout détricoter de mes chaînes

Ce battement c’est ton plaisir
Qui fuse dans toutes les ondes
Valse dans l’écume du monde …
Vague à vague pour la saisir !

Pourtant loin déjà dans tes terres
Toi reine encore en tes galops
Sur ton cheval sans aucun fer
Dévales lande comme l’eau

Chevelure battant au vent
Oui ! Tu tranches l’air de la bruine
Infinies tes courses divines
Ouvrent tes écrits si savants
Où se défont les tragédies
Au cri des mots vrais que tu dis

Et – mon attente désarmée –
Je n’oublierai ces temps jamais
Où les grains que nous partageâmes
Innervés au train de nos âmes
Remontèrent joie en nos têtes
Pour les partager : ces tempêtes

Tant cette passion a ravi
Ce moment si fort de nos vies
Qu’à la peau de vagues tendres
La tension n’a collé de cendres

Renaissance ! Je dis poème
Pour ton corps si brûlant que j’aime
O L’Héroïne de mes songes
A te le dédier quand j’éponge
Sur mes yeux toute ta présence
Où j’efface toute distance !

Alain Minod

CE QUI TRACE TA VOIX


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CE QUI TRACE TA VOIX

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Ce qui trace ta voix

Dans ton silence désossé
C’est le chant de tant de voix
Qui animent ta bohème
Démultiplication
Avec le carré
De tes nerfs
Qui font la chair
De ton poème

Pendant que dort ton amour
Le clavier des lueurs
Joue dans le jour
Finissant
Comme pour tordre
Sa lumière

Ta vindicte aux étoiles invisibles
T’entraîne à toucher
Le lointain

Le hasard t’aspire

Et tu tends tes désirs
En offrande de veille
A l’innocente grâce
Qui te sourit
Aussitôt
Le soleil éteint

A la flamme de la bougie
Brûle ton long soupir …
Tu redresses ton souffle
Vers l’horizon feutré
Qui immole
Les ombres des humains
Et met à nu l’étranger
Assis sur la corde
De tes songes

Quelques embruns
De regards débordants
Viennent dépoussiérer
Ton propre ciel
Écumant

Et tu bâtis
Comme des insurrections
Aux yeux vifs d’amants
Où se souligne
L’attente
Comme un phare tendre
Qui plonge dans
Leurs paupières

Si la danse des voix
Cueille toutes les langues –
Elle accueille ta chance
D’éprouver l’art
Au pavois
De toutes couleurs

Un soupçon d’hiver
Rentre dans l’étreinte du hasard
Qui embrasse ta scène impromptue …
Tu les retrouve tes lunes
Au milieu des chemins
Où tu lances
Ta plume

Chaude est ta roche d’incertitudes
Où claquent et dansent
Les vagues immiscées
Dans ton cœur …
Elles sont
La pensée qui peuple tes songes
Elles sont cette dame
Qui roule ses pas
Contre tous
Les courants d’amertume

Et la terre – sous ce auvent –
Déploie un grand halo
Autour des désirs
Qui attendent …
Nous relevons même le ciel
Au-dessus des toits …
Nous lui avouons
Nos rêves
Et …
Il se teinte de tous les sourires

Le temps indistinct
En aura oublié son horloge …
Alors – gavé de présence –
Il nous renvoie aux
Feux des solitudes
Qui clament l’innocence
De plaisirs à atteindre
D’où se partagent
Les voix –
Malgré la distance
Qui les sépare –
Comme
En un seul silence
Interrompant le vide
De ta propre
Présence

 Alain Minod

 

 

LA PAROLE DU POÈTE N’EST PAS DANS LES COURS QUE L’ON IMITE


Giacometti, « forçat » de l'art

LA PAROLE DU POÈTE N’EST PAS DANS LES COURS QUE L’ON IMITE

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Longtemps – longtemps passe la nuit
Et les mots d’amour s’en enfuient
Ils cherchent à sauver l’instant
Qui fait battre le cœur du temps

Parcourir de grandes distances
Embrassant la juste errance
Qui nous amène avec hasard
A trouver d’un baiser sa part

Il sera moment de bohème
Lié au vent où l’on essaime
Ses vers pour une compagnie
Dont doucement l’on fait son lit

Mais la parole du poète
N’est pas aux cours que l’on répète
Elle partage en insoumission
Le libre jeu de la passion

Elle demeure ce qu’on dérobe
A la lumière de la belle aube
D’où déclinent quelques étoiles
Qui offrent leur dernière toile

Un chant déroule son moment
Hors de la piétaille qui ment –
Jusqu’au fond des cœurs qui s’amusent
Sans déployer de pauvres ruses

L’aède ne saurait rêver
Qu’à ce monde que vous savez
Sortir des rondes du profit …
Cela reste son grand défi

Il n’est nul Homme qui le réduise
Pour qu’il succombe dans la mouise
De viles et faux sentiments
En jouant aux pauvres amants

De l’aube jaillit la belle aurore
Celle qui n’attend rien du sort
En qui bien des malheureux croient
C’est ce qui les transforme en proies

Ce sont les mêmes qui festoient
Qui jouent l’amour et se fourvoient
En espérant des bénéfices
De ce dont ils font sacrifice :

La fraternité de la veille
Qui se renforce en bel éveil
Quand sortant de la nuit – le jour
Accompagne un nouveau séjour

Poète digne de ton nom
A ces indignes tu dis : « Non ! »
« Vous ne pourrez avoir ma voix ! »
« Le jour n’éclaire votre voie ! »

Ni servitude volontaire
Ni Capital délétère
Le poète demeure sans fric
Et il se fout de tout trafic

Il vole aux autres voix des mots
En les arrachant de leurs maux
Et les esclaves restent cois
On ne leur redonnera la joie

La voix – le sens – le son consonent
Passion – raison et sens résonnent
Comme d’un puits sortent les vers
Qui réinventent l’univers …

On y entend couler la source
Qui de la terre offre ressource
Quand le bon-sens vient à manquer
Que Pouvoir imité est remarqué

Non ! On ne vole pas l’aurore
Comme si elle était de l’or
Tous les artistes en sourient
Dansant la lumière en Paris

SORTIR DU MIROIR


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SORTIR DU MIROIR

Deux anophèles monstrueux

Tarissent de sang un puits
D’innocence …

Pandémie sur la toile de l’étoile obscurcie :
Des milliers de tarentules vont
Être crachées de la bouche
Guerrière sur un
Autre puits
D’innocence

Et les peaux de la mémoire
Seront empoisonnées
Et les plaies seront
Purulentes …
Un sang maladif
Renforcera le brouillage
De tout horizon

Ami ! Sépare-toi du chapelet infernal
Qui ligue les lèvres sur
La pensée emmurée …
Sors du hallier
Ligoté où
Se calfeutrent
Les orfraies …
Creuse d’autres sources
Pour les rossignols des murailles …

Que les comètes montrent
Au-delà de tout miroir
Le courant vif d’un
Passage ultime
A l’aurore
Et … Là …
Sur cette terre coupée …
Les amandiers refleuriront neufs
Avec leurs rhizomes
Qui élargiront
L’espace
Pour cet arbre d’un
Savoir ancestral

Ami ! Accompagne et accomplis
Le mouvement dans le vent
Des sarments blessés
Mais braisés de
L’olivier qui
Ne demande qu’à les relever
Ces flambeaux d’une
Seule paix

Alain Minod

ENTRER DANS LE LIEU ET L’INSTANT


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ENTRER DANS LE LIEU ET L’INSTANT

La chiquenaude de l’instant
Aux borborygmes dans ma voix
Me chahute pour
Leur ordonner
Le silence

Tenir la laisse du temps
Pour ne plus voir vriller
Au creux de mes sens
La vitesse impondérable
Des phares qui crissent
Autour de la place

Attraper donc la charrue
Qui pourra valser
Jusque sur
La table
En transportant l’herbe sauvage
Des lettres afin d’irriguer
Lentement
La terre boueuse
Des pas vers
Le vers

Joie rugueuse du passager
Au milieu des veines
Qui gravitent
Autour
De la chair enjôleuse
De mon verbe

Paroles qui roulent dans la mienne
Érodant la surface
Où se cramponne
Mon désir

Je suis un apache
Enrôlant les amours
Pour les regarder
Dresser le vent
Qu’ils accordent à leurs souffles
Pour embaucher l’instant
Jusqu’à le faire
Vibrer
Avec leurs doux violoncelles
Sur la scène sauvage où
Ils pompent la nuit

On entendra aussi la ruche
Des veilleurs qui
Épuisent
Les fleurs solitaires
Sans les toucher
Sans les héler
Juste en accord avec
L’émeraude de miel
Où – avec le vent –
Dansent les feuilles

Et l’on danse sur la peau
Des lèvres de
La ville
L’on danse de regard en regard
De bouche en bouche

Mes pensées volent vers Marianne
Devenue comme reine noire
De nos républiques
Qui respirent
Dans la nuit

Mais ici flambent tous
Les décors d’artifice
O Que s’esquisse
Le tableau
Avec
Toutes ses couleurs
A établir

Que jamais ne soient brûlés
Tous les oripeaux riches
De tous les accents
Sous les globes
Phosphorescents

On aura repiqué l’arbre au savoir
Avec le tranchant léger
D’une harpe
D’où
Toute une musique s’exhale
Avec le vent
Vers
Le lointain

Se déploie un bal immobile et pieux
Où les yeux se cherchent
Comme à mille lieues
Des incartades
Du temps
Devenu lui incalculable

Sous les derniers feux d’argent
Précipités dans les fleuves
De la Cité
Il faudra avoir vu
L’inconnu briller ici
Comme les braises incandescentes
De la nuit n’attendant
Rien

Rien ? Sauf la levée de l’impossible
Contre le dernier hurlement
D’une sirène
Rien n’aura été allumé
Que la braise des
Baisers
Accordée contre
Mon bégaiement humide
Lancé à une porte de
Paris

Alain Minod

RUE QUI PLONGE DANS L’ABÎME DE LA PRÉSENCE


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RUE QUI PLONGE DANS L’ABÎME DE LA PRÉSENCE

Lugubre cette rue au cent soldats lunaires ?
Non ! Elle creuse et se creuse
Dans la paix du lointain
Jusqu’à une courbe
Où se serre
Son espace

Pieuse rue qui vit avec notre sourire
Et remue avec les phares
Qui y plongent

Nous y puisons notre propre lumière :
Pour y construire un horizon
Invisible
Et veine de la ville
Elle traîne
Son sang
Dans d’innombrables
Chants d’artisans
Dont elle vit

Il n’y a plus ces airs de héros
Pour enchanter notre
Existence
Mais nous rentrons dans
Une résistance : prélude
A la traverse
Du lointain
Et la rue qui s’effile
Dans le cours encore vif du jour
Rentre dans la nuit
Qui s’avance…
Elle nous offre une veille prolongée
Pour accueillir ici
L’inconnue de
La présence
Les murs qui s’effacent
Tracent les frontières
De la lumière
Dans ses équerres où rient
Des abîmes d’ouverture…
C’est la rue prise
Par l’essaim de
La ville
Où se trame le secret
De vives circulations
D’ici on allume un regard
Comme avec les vestales
Qui maintiennent
Les feux de
L’accueil
Aux ombres s’enfonçant sur
Ses lèvres incendiées

D’ici on fait entrer la tendresse
De sauvages proches
Au cœur
Des méandres rangés
Du carrefour
Et on pénètre
Dans la rue…
La nuit venue

 

Alain Minod

LA VILLE APPELLE HORS DE L’HABITUDE


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LA VILLE APPELLE

HORS DE L’HABITUDE

 

 

Archipel ensanglanté des exils :
La ville appelle – appelle !
Pour ces étrangers :
Pas une île – Pas une aile
Glanant librement !

La nuit siffle ses phares …
Ils affichent leurs faisceaux chronophages
Pour un accueil mort
Quoi ? La ville –
Au seuil
De son océan –
Ne prendrait plus à son compte
La distance que dans
La vitesse
Qui la comble
Mécaniquement

Il faudrait mettre en cage
Le céans de l’éponte
Pour cacher
Accents et
Couleurs
Sous le filon indécent
De l’accumulation-miracle
Où sévit le cénacle
Des usuriers de
La finance !
Plus de futur pour les exilés ?
Plus de futur pour le Nous ?

Les canards à la pensée abjurée
Dodelineraient avec
Les bravos d’une
Claque –
Et banaliseraient
L’injure faite
A l’étranger qui peuple
Le ventre de Paris
Et le fait vivre –
En l’en chassant sans scrupule !

Et nous écouterions la musique
De ces « héros » de
La Nation
Alors qu’ils organisent le chaos
Depuis leur anti-chambre
Où s’enregistre le
Déni des
Simples gens
Avec un tintamarre
Sur la « libre circulation »
Qui brûle et calcine
L’espoir de tout
Exilé et enferme
Notre souveraineté
Et notre quête d’indépendance
Et de liberté
Dans un cloaque de
Corruption par
Et pour les
Puissants de ce monde …

Bouches fermées –
Les cités rongent
Leur frein en
Étouffant
Dans leurs apnées nocturnes
Même la lune louche
Sur ce « Désastre Obscur «

Mais nous entrons dans l’imprévu
Qui arrache au hasard
La conjonction de
La révolte et
De l’amour !
Volte-face contre
Les baisers de l’infâme !
Il reste sur nos lèvres
Une âme
Non-subordonnée
Aux ressentiments du pouvoir

O Toi qui l’entends :
Demeure dans l’alphabet
Des résurrections
Lorsqu’elles
T’octroient jusque dans le murmure
Le chant le plus éloigné
De l’hébétude et …
Accordé à l’orchestre des
Droits restés souverains
Dans les têtes des
Moins que rien

Ce qui dresse la lettre
Hors de l’habitude
C’est ce que l’on peut déceler
Dans le grand livre
Ouvert sur
Les bouches de l’inconnu …
Et bientôt on traduira
Tout ce qui a été bu
Par le paria
Comme ce qui l’a pénétré
En fleuron de
La pensée

On épellera dans toutes les langues
Les doux noms de
La résistance :
Ceux des anonymes
Qui ne haranguent
Que pour l’insistance amicale
A l’originale justice
Celle qui -– comme l’amour –
Allume et attise
Le grand foyer des merveilles
A lier sur cette terre et
Dans ce pays malgré
La bise glaciale
Des puissants
Qui les met sur la paille
Pour les avoir tant
Haïs

Alain Minod

ENTRE TIEN EMOI 82


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ENTRE TIEN EMOI 82

 

Ce fut au réveil que cette impression s’immisça profondément dans ma pensée. Rien de calculé une idée forte c’est tout qui fait qu’on la suit. Qui plus est quand c’est muguet.

 

CREUSER L’ESPACE D’UN BAISER

Première note
Au foret du silence :
Une porte …
A l’envers de l’élan –
Qui s’annonce
Sonnant …

Mais alors l’arrêt
Forge un songe dansant
Au creux des sens …

Sortilège et florilège –
Ouverts ensemble –
Épongent
L’oubli

A creuser du sol
Le souvenir ne faillit
Que pour celui
Qui n’ose
Faire siéger d’abord
En surface
La rose de
L’ailleurs mordant
De fièvre

Porte à l’envers :
Face intérieure du verbe
Allégé par le songe
Qui ne se cache
Ni ne s’enferme dans
Un extérieur
Errant

Ici – les doux bruits qui s’enchaînent
Aux lueurs de la nuit –
Ne ferrent pas
Le cheval
Pénétrant l’être
De ses mille et cent pas
Au galop sur
La verticale
Des mots

C’est l’heure d’en-ville
Où s’enfilent des rameaux de chaleur
Sous le auvent – dans les halos
De réverbères savants …
Face aux couloirs
D’un horizon
Secret …

Tu écris partant de ce qui sonne
Dans des onces
De miracle
Que n’envahissent
Les « bonzes »
Assis au cénacle du temps

C’est l’instant qui foule avec tendresse
Le grand fond où roulent
Les caresses des
Plus poignants
Désirs accrochés
Aux voix des regards
Qui cognent
Leurs sourires sur
Les lèvres des
Rêves

Tu écris et l’oisive gueuse
Du poème te toise
Et tu creuses
L’espace d’un baiser
Avec le foré du
Silence …

Le mot imprenable
Qu’est l’amour
Se libère
En lançant ses éclats
Rougissant de
Musique
Serrée
Sur la rampe du proche et –
Insatiables – hérétiques –
Se trempent du toujours
Les joues de l’âme
Qui ont gonflé
Au souffle de
La présence
Tenue nue maintenant
Dans la nuit où
Vient de slamer
La porte des
Poètes …

Alain Minod

 

 

L’entre-temps qui règne en ce moment de réinstallation de l’atelier est la cause de ce ressenti. L’envie de peindre monte de plus en plus, l’impératif est irrépressible et il faut terminer le réaccrochage de fin d’expo. J’ai la sensation de tes doigts que démangent le retour à l’écriture commune. Chaque vibration corporelle qui te te traverse me touche simultanément.

C’est physique, sensuellement charnel la couleur de cette atmosphère.

Alors je fouille des yeux pour m’enduire de ta vie intérieure, c’est l’âme qui parle, c’est elle qui veut caresser.

Une nudité visuellement grossie accentue les courbes, développe la géographie corporelle, sa nature, son climat, sa spécificité régionale, ses courants, son accent, son terroir en un mot sa culture.

Alors j’explore, Ma…

Niala-Loisobleu – 1er Mai 2019

LES FENÊTRES FICTIVES


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LES FENÊTRES FICTIVES

 

A Barbara

 

Suspendue des cintres  une bornée toile de fond punaise son incompréhension. Que de détournements pour itinéraire. Cette blessure saine couronne la fourche primitive de son sillon fertile qui pointe en pyramide l’Arbre de Vie.

Les brouillards percés  de fictives fenêtres  diffusent en boucle un programme d’initiation à la violence entrecoupé de spots pornographes transformistes, l’enfant marque-page son catéchisme de dérision refusant de porter d’autre habit que celui de Zorro.

Le feu en appelle à brûler ce vaisseau d’armada colonisatrice.

La Lumière ne se cache pas, on la perçoit ou on en demeure aveugle et sourd. Les faux-lamparos coulent toute formes de pêche.

N’entrevoir de l’Homme qu’un produit hermétique dont on tirera les meilleurs rapports tout en omettant de préserver sa planète n’est plus un danger c’est une ineptie déclarée.

Serait-ce devenu une idiotie que vouloir aimer au sens littéral  que je me ferai davantage pugnace, ruant des quatre fers et hennissant à  tous et tout ce qui viendrait y mettre obstable par erreur de jugement, non-voyance, désaveu, mépris, incompétence, abus.

La sérénité de vouloir traverser sans demander la permission. Au nom du savoir comprendre, du goût de choisir, de la tonalité du trait, de la musicalité du corps, de ce naturel poétique qui à seul le pouvoir de transcender et de s’élever du marécage. Je crois même malade.

Niala-Loisobleu – 07/01/19

 

L’ÊTRE A L’EPREUVE DE LA « TOTONOMIE »

Je rentre dans le ciel bleu
D’où chutent les circulations lentes
Du soleil
Que n’apprivoisent pas celles
Plombées mais galopantes
Des véhicules en proie
A de vertigineuses
Courses
Vers des horizons serrés
Par des ailleurs
Improbables
Pour un temps apparemment libéré
Du travail – mais
Qui convoie
A l’oubli de l’hier

Mais se retrouver hors des ombres
Conduit combien d’hommes
A ne rien voir
Des variations de la lumière
Qui pourraient rythmer
Pour eux
Une passe lente du temps

Serait-elle vraiment ailleurs
Et pour combien d’hommes fiers
De leur autonomie ?
Lignes de fuite pour échapper
Ne serait-ce qu’un jour de plus –
A la fixation par la vitesse aveugle
De l’intime et secrète vie
De leurs désirs

Non ! Prendre au calme soleil
Prendre à ce jeu d’ombres et de lumière
Glaner tranquillement sa durée
Ses formes en douces stries
Variables et musicales
Sur les murs
Secrets
Sur les fenêtres sorcières
Sur le macadam
Fiévreux
Sur les herses d’arbres dénudés

En saisir ainsi de l’inamovible
Règne courant immobile
Du travail :
L’univers des songes et laisser
Fluctuer le sauvage
Cours du monde

Ne pas tomber dans ce semblant imperturbable
Et obscur – d’une réalité dévolue
Au trafic
Mais l’oubli qui ne crie pas
Qui ne chante pas ? :
L’oubli de l’oubli
Fondu
Dans un soleil comateux de l’être
Il court vers les nids
Repus
Du laisser paraître

O Temps des vitesses qui ne s’accordent
Qu’avec la rotation à sens perdu
Fermé à tout horizon
De la ville !

O Temps de tous les paraîtres
Infirmes de leurs pensées oubliées
Vite – très vite !

Le trafic est là
Mais la totonomie se blesse
Dans les fractures
Insondables
Des cœurs
Ah ! Lancer son char comme en triomphe
Total de l’autonomie

Chaque course en vedette de soi-même
Chaque voyage charriant les nerfs
A bout de corps fendus
Dans l’enfer
Du mobile tendu
Par la soif
De la fuite
Sans rémission autre
Que l’infecte paradis
Du tout consommable

Et cela consume – paralyse
Pensée- Amour – Désir
Et cela tue le possible
Partir à jet continu
Éjaculer l’instant
Comme si c’était
A chaque fois
Le dernier soupir des dieux
Ne jamais entrevoir
Un ciel autre
Que dans la tempête intériorisée
De l’oubli de l’oubli
Pourtant … Ah ! Couper court à tout ce fictif
Devenu réalité et … :
Traverser l’instant
Jusque dans la fidélité
A l’éveil
Où demeure tout guetteur
De tout hasard
Constructif

Chercher cependant la chair des âmes
Comme si jamais elle ne devait
Scissionner
Et … Là – dans la présence au monde
Pourrait alors souffler
Aux lèvres
Le doux bruit
Du temps d’un baiser
Livré aux passades concrètes
Du désir demeuré
Désir

Mais trop attendre et juste vouloir
Sauter dans la jouissance
Dès que l’on vous
L’ouvre :
Cette porte – c’est se livrer
Aux promesses du trafic
Et courir tout droit
Vers la désespérance ! O Combien
Obsédante avec sa nostalgie
Des songes jamais
Réalisés que
Dans l’aboiement feutré
Du plaisir arraché
Au long désir
Pour décharner ce qui pèse :
Cette indépendance
Solaire
D’un corps demeuré corps
Dans la pensée

Alain Minod

DANS CETTE NUIT AU PLAFOND OPAQUE UNE BOUCHE DE VILLE RELUIT


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DANS CETTE NUIT AU PLAFOND OPAQUE UNE BOUCHE DE VILLE RELUIT

En cette bouche de ville
Les lèvres frémissent
De paroles enjouées
Qui semblent sécher
Des larmes…

Est-ce que ce temps
S’enfile dans
L’oubli ?

On semble mâcher le présent
Encore ensanglanté
Pour – peut-être –
Avaler
Un avenir serré de près
Par des dents de loups
Avant que celles-ci
N’y remordent…

Les lumières gardent
Leurs éclats
D’étoiles
Qui mouchettent dans les yeux
De la ville gelée

Au loin les perspectives
Pleurent entre les murs
Assombris…
La place décline
Ses feux clignotants
Derrière – devant
La Marianne
Enfouie dans
L’ombre…

Puis ici la musique
Paraît violente
Grignotant –
Comme un imposant silence –
Le jeu tranquille
Des mots…

Ainsi la fureur d’un horizon non écouté
Hache le sens
Il crie
L’obscur et
Hante la joie…

Mais c’est sans compter
Sur la conquête
Par celle-ci
De tout le présent
Qui semblait
Couler
Hors des veines de la ville !

Oubli ? Non ! On ré-attrape
Son essence à travers
La nuit
Avec les lèvres des advenus nouveaux
Du travail desserré
Des mâchoires
Du temps qui
Compte

Oui ! On bat le blé pour le sortir
Des blessures de l’ortie…
On le rebat et
Fait marcher
Le moulin à-vif
De l’eau des
Songes…

On le ragrandit
Avec une pompe universelle
En y aspirant
Le devenir…
Et l’oubli est lui-même gelé !
On grimpe au fil
Des souvenirs
Où se mouille de nouveau
La présence au monde

Et c’est un chœur de voix avec les cœurs
Qui s’emparent du pain nourricier
De l’amitié ouverte…
Arraché aux flammes
D’un futur incendié
Tout son suc en sang
Ne peut plus être mordu
Par des vampires
Voraces
Même s’ils se sont efforcés de nier
Son fondement d’Humanité
Universelle

Et les cicatrices – déjà – se forment
A partir d’un sens pacifique
Crié par les bouches rassasiées
Et le vent de la misère
Venant de
L’horizon rageur
Semble être
Rentré
Ici –
Sous des lampes rouges
Qui réchauffent
Les corps…

On l’accueille et…Il ne les froisse pas
D’un autre gel
On le partage et il fait
Un chaleureux
Tintamarre
De chair
Neuve

Je me pénètre du sens
Des chants du chœur
Et – rentrant dans sa beauté –
Je m’imprègne du
Seul feu d’amour
Qui ne brûle pas
Où l’on s’empare de l’avenir
En le délestant du fardeau
Qui incendie par
L’oubli de
L’oubli

Un passé peut-il être revivifié
Par ce vif fleuve
Du devenir
Où s’abandonne maintenant
La ville qui essaie
De sécher ses
Larmes
Avec ces voix
Qui semblent encore respirer
Dans son grand corps
Qui veille !..
Chaque silence en leur creux
Nous convie à les attraper…
Elles n’étouffent pas
Et … Comme
Les feuilles d’automne
Valsant un peu
Dans le vent
De la misère et de l’exil
On les accueille dans le deuil
Comme ces fleurs et ces flambeaux de lumière

Alain Minod