D’UNE SEULE BOUCHE


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D’UNE SEULE BOUCHE

 

Ce cri décadenassé de l’estuaire un soir mouliné à marées loin de Rance

seins malle ô

le corps serre délassé en danseuse

l’écaille et la plume, le velours et l’aimerie, le cristal de vers anneau

du noyau à la pulpe au moment, pendant et après

laisse déborder l’eau des nouilles, sommes de dents

Seul

le tant qui conte

se déshabille des circonstances défavorables à une nudité de peaux fumantes.

 

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2020

 

 

 

 

A PERTE DE VUE – ALAIN BASHUNG


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A PERTE DE VUE – ALAIN BASHUNG

À perte de vue
Des lacs gelés
Qu’un jour j’ai juré d’enjamber
À perte de vue
Des défilés
Des filles à lever
Des défis à relever
Des prix décernés dans tes yeux
À perte de vue
Dodelinent des grues
Les pieds dans la boue
Qui eût cru
Qu’un jour nos amours
Déborderaient
Fassent oublier aux ajusteurs
La clé
Plus de boulons
Pour réparer la brute épaisse
Ma pute à cœur ouvert
Trop de cuirassés
Pas assez d’écrevisses
Pour une fricassée
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
À perte de vue
Du déjà vu
Du déjà vécu
Se précipitent
A mes trousses
Qu’en dit le héron
Il en sait long
Qu’en dit l’éolienne
Elle me fait hello
Voie d’eau…

BIVALENCE


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BIVALENCE

De son regard né dans l’espérance de l’enfant j’ai vu ses seins se faire reconnaître en sortant du plat

L’arbre, non dites Son Verger

Offre toute la variété dans son compotier

 et se montre pouvoir séduire le palais

Le ventre lui aussi a porté

Tantôt psalmodiant du Bashung ou berçant du Pomme

et revenir se mêler les menthes aux herbes

Elle ronde aux marronniers

comptine

marelles aux vers lancés

Entre le besoin d’être protégée et la prise de responsabilité j’aime la palette de son genre aqueux, mère et ô céans

Un bougainvilliers au patio entre les loups de la fontaine…

Niala-Loisobleu – 11 Février 2020

CASS/HEUR


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CASS/HEUR

Place d’Italie j’ai vécu une de mes deux Ecoles
Estienne
à la pierre lithographique
début de mon autre combat à la guerre finie
presse le coeur mon gars
mes yeux rêvent d’un bleu qui serait de sel
je m’habille de salines
je ne cherche pas de pardon mais de l’amour
Place d’Italie m’en souvienne cette force de vouloir faire
Les mots de Grindel à l’encre sur la pierre
la leçon de Char à l’effort de la presse
Le monde ne peut changer mais durant ma traversée
il aura tenu parole de poésie
le temps de Chagall
Et ce que j’avais trouvé
des monstres n’ayant que le néant pour devise
associés au mic-mac politique
le brûlent avec la valeur humaine
Place d’Italie, j’ai eu la vie en grain de sel …
Niala-Loisobleu – 18 Novemmbre 2019
Les Salines
Il dit « je ne parle pas et mon cœur brûle »
Je voudrais traverser ce pays
Mes yeux sont plein de guerres, à bouche sèche
Et je n’ai pas d’amis
Il dit « je viens de la mine dans la ville »
Je cherche le pardon et l’oubli
Je m’habille bleu sur la poitrine
Je marche vers les salines
Il dit « personne ne m’a vu »
Il dit que les prières nous sauvent
Et qu’il ne se met plus à genoux
Ceux qui m’ont mis au monde
Ne sont plus en vie
Il dit « personne sur terre ne me connaît »
Je ne parle pas et j’ai tout donné
Le monde est plein de ronces
Et ce que je cherchais
Je ne l’ai jamais trouvé
Il dit « je ne parle pas et mon cœur brûle »
Et j’ai

VENUS – Alain Bashung


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VENUS – Alain Bashung

 

A peine construit et fini mon ut en poils drus

que je partais aux dérives d’un désir dirigé

le coquillage pour nourriture c’est céleste me dit Vénus

avec Alain comme marinier

risquait d’mourir de fin

Niala-Loisobleu – 17/11/19

 

Vénus

Alain Bashung

Là un dard venimeux
Là un socle trompeur
Plus loin
Une souche à demi trempée
dans un liquide saumâtre
Plein de décoctions
D’acide…
Qui vous rongerait les os et puis
L’inévitable
Clairière amie
Vaste, accueillante
Les fruits à portée de main
Et les délices divers
Dissimulés dans les entrailles d’une canopée
Plus haut que les nues…
Elle est née des caprices
Elle est née des caprices
Pommes d’or, pêches de diamant
Pommes d’or, pêches de diamant
Des cerises qui rosissaient ou grossissaient
Lorsque deux doigts s’en emparaient
Et leurs feuilles enveloppantes
La pluie et la rosée
La pluie et la rosée
Toutes ces choses avec lesquelles
il était bon d’aller
Guidé par une étoile
Peut-être celle-là
Première à éclairer la nuit
Première à éclairer la nuit
Première à

A DIRE VRAI


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A DIRE VRAI

Du jour que le temps fait à sa guise, j’m’ai dit si

c’est toi qui peint l’odeur de croûte chaude et de mie câline

alors laisse pisser les machines

les marchands de promesse

les jours promis meilleurs

comme te disait Marthe

t’as c’qui faut avec ta ficelle, un bout d’bois, ta bite et ton couteau…

puisque du jour où t’es né t’as amené le jour où tu mourrais

fais au moins bonne la traversée.

Niala-Loisobleu – 27/10/19

ENTRE LEURS DRAPS BLANCS 3


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ENTRE LEURS DRAPS BLANCS 3

 

L’oeil en décalage avec l’environnement je vais dedans en laissant voir mon en dehors, la douce torpeur qui me ceint les riens joue piano piano

être un gland apporte des sensations tendres

je regarde l’écureuil sans chercher à lui prendre sa pitance

oui il a tout son temps

la flamme rousse qu’il déplace éveille

Soulevant la brume j’ai trouvé ton soleil enveloppant q m’apercevant que tes seins m’étreignaient pour me protéger du froid matinal

j’ai pas retenu le retour au demi-sommeil

faut dire que t’avais les jambes qui dépassaient pour m’empêcher de sombrer

on a marché jusqu’au marchand de gaz pour prendre une bouteille et comme il n’y avait qu’à traverser la rue on a rentré à la pharmacie. Me voilà équipé pour le mois

Ne gardant que les matins bleus de ta présence j’ai dit quel bon jour….

 

Niala-Loisobleu – 06/09/19