L’EPOQUE 2020/10: LA POITRINE DES ANGES


L’EPOQUE 2020/10: LA POITRINE DES ANGES

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le dixième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LA POITRINE DES ANGES . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

 

la poitrine des anges

 

L’EPOQUE 2020/10« La poitrine des Anges »NialaAcrylique s/toile 61×46

 

 

Je t’aurais aimée

Et le ciel déborde jusque dans les maisons

Avec le bourdonnement continu de ses fleurs

De lierre  À la poitrine des anges je viens triturer

De menues prières pour que le môle s’allonge

Vers nos circuits de sel et leurs étranges visions

Je t’aurais aimée

Ton tablier chante la pêche dorée de ton quotidien

Et les nuages n’évoluent qu’en coulisse

Avec leurs trésors à toi seule dédiés

Sur sa pierre tourne le volet vers nos yeux au matin

Des lampistes en quête de vérité et d’habitudes

Sont venus habiter en nombre notre jardin

 

Et moi je peins ce ciel d’oranges

Pour que tu ne puisses plus douter

Que tu es dans ma vie le fruit gonflé

De toutes mes latitudes

 

 

BARBARA AUZOU.

LUMINOSITE PIQUANTE


'le ombre', charbon de bois de Pablo Picasso (1881-1973, Spain)

LUMINOSITE PIQUANTE

Au jardin fait plage

je me trempe

dans sa lumière

le chien court son ombre

des plantes remuent un ocre dans ma gorge

ses mammaires brunitudes  mouvantes

vont sur ma palette

comme un bateau approche sa proue

je tiens toute la connexion en pensées rapprochées…

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2020

GARE FERMEE


6cc026955875097bed8cde6cb87d43e3

 

GARE FERMEE

 

Ma connexion internet  a toujours été mauvaise

aujourd’hui elle est si déplorable qu’elle m’interdit d’utiliser mon ordinateur pour faire un  réglement bancaire, plus possible de télécharger des documents, un vrai bonheur pour sortir de son confinement limité à sa simple survie

Bonne journée à vous

 

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2020

 

APRES MA MORT


Henri Michaux. De l'autre côté | Musée Guggenheim Bilbao

APRES MA MORT

 

Je fus transporté après ma mort, je fus transporté non dans un lieu confiné, mais dans l’immensité du vide éthérique.
Loin de me laisser abattre par cette immense ouverture en tous sens à perte de vue, en ciel étoile, je me rassemblai et rassemblai tout ce que j’avais été, et ce que j’avais
été sur le point d’être, et enfin tout ce que au calendrier secret de moi-même, je m’étais proposé de devenir et serrant le tout, mes qualités aussi, enfin
mes vices, dernier rempart, je m’en fis caparace.

Sur ce noyau, animé de colère, mais d’une colère nette, que le sang n’appuyait plus, froide et intégrale, je me mis à faire le hérisson, dans une suprême
défense, dans un dernier refus.

Alors, le vide, les larves du vide qui déjà poussaient tentaculairement vers moi leurs poches molles, me menaçant de l’abjecte endosmose, les larves étonnées après
quelques vaines tentatives contre la proie qui refusait de se rendre, reculèrent embarrassées, et se dérobèrent à ma vue, abandonnant à la vie celui qui la
méritait tellement.

Désormais libre de ce côté, j’usai de ma puissance du moment, de l’exaltation de la victoire inespérée, pour peser vers la
Terre et repénétrai mon corps immobile, que les draps et la laine avaient heureusement empêché de se refroidir.

Avec surprise, après ce mien effort dépassant celui des géants, avec surprise et joie mêlée de déception je rentrai dans les horizons étroits et fermés
où la vie humaine pour être ce qu’elle est, doit se passer.

 

Henri Michaux

STASE


6818d16860d1d28e0dd9961614f6a2e2

STASE

Je suis de cette fleur violette qui régale l’âne

la campagne s’étend hors de voix

les derniers oiseaux ont pensé à garnir le nid

Il restera des fossés pour transporter l’architecture de projets

sous le sec les ongles ont assez d’imagination pour sortir ce qu’il faut de rosée au matin

laissons les grands travaux qui assèchent en confinement de réflexion nourricière humaine…

Niala-Loisobleu – 4 Avril 2020

TABLEAU DE SCENE


d4408e5f36cf088f122447f7ebf7a93c

TABLEAU DE SCENE

La grande toile du fond de scène s’est refaite un visage. Le bruit est parti dans l’effacement de ses rides. La transition devient brutale, on se rend compte d’une démultiplication d’absence. En plein large par jour de vent mort, l’absence d’oiseaux prend à la gorge, il faut une présence auditive, le bruit du feuillage, un résonnement de pas, l’outil au travail, l’intervention du vent à l’intérieur des instruments qu’il gouverne. Grincement de charpente, bruit de meuble, vapeur en mouvement, voix, présence animale, manifestation aquatique, vols divers…

Privé de vision changeante, l’oeil s’ennuie à son tour.

Il tend l’oreille.

Je pense à toi, c’est permanent au point de sentir une faim d’ajouts indispensables. Toute sortie est prise par bouchée en ce qu’elle offre de renouvellement. Jusqu’au manque d’images qui sont classées sans intérêt qui finit par se faire sentir.

La vie est un mouvement organique interne qui ne peut se passer de l’utilisation du transport de son corps en différents points. Je caresse ta vie, comme tu lis le texte de mes pas par rapport aux vols entrepris.

Alors j’attrape le vent qui m’entoure pour un goût de ta peau, pour l’éclat de l’oeil que tu as mis sur la plante repiquée, l’envie que le chien  a déposé en toi en te sautant sa joie au réveil. la couleur neuve que tu as mise sur ta peau en faisant ta toilette, puis l’éclat de tes dents quand tu as réveillé l’enfant…

Tu es mon oxygène.

Une multitude de choses qui font le tout nécessaire.

Nous voilà incarcérés, amenés à purger une peine indéterminée.

Je m’en remet au vent pour combler le vide imposé par la gravité du moment pas mesurable.

Niala-Loisobleu – 4 Avril 2020

Balada Triste, Pequeño Poema – Federico García Lorca (Granada – 1918)


Balada Triste, Pequeño Poema – Federico García Lorca (Granada – 1918)

 

¡Mi corazón es una mariposa,
niños buenos del prado!.
que presa por la araña gris del tiempo
tiene el polen fatal del desengaño.
De niño yo canté como vosotros,
niños buenos del prado,
solté mi gavilán con las temible;
cuatro uñas de gato,
Pasé por el jardín de Cartagena
la verbena invocando
y perdí la sortija de mi dicha
al pasar el arroyo imaginario.

Fui también caballero
una tarde fresquita de mayo.
Ella era entonces para mí el enigma,
Estrella azul sobre mi pecho intacto.
Cabalgué lentamente hacia los cielos,
era un domingo de pipirigallo,
y vi que en vez de rosas y claveles
ellá tronchaba lirios con sus manos.

Yo siempre fui intranquilo,
niños buenos del prado,
el ella del romance me sumía
en ensoñares claros:
¿Quién será la que coge los claveles
y las rosas de mayo?
¿Y por qué la verán sólo los niños
a lomos de Pegaso?
¿Será esa misma la que en los rondones
con tristeza llamamos
estrella, suplicándole que salga
a danzar por el campo?…

En abril de mi infancia yo cantaba,
niños buenos del prado,
la ella impenetrable del romance
donde sale Pegaso.
Yo decía en las noches la tristeza
de mi amor ignorado,
y la luna lunera ¡qué sonrisa
ponía entre sus labios!
¿Quién será la que corta los claveles
y las rosas de mayo?
Y de aquella chiquita, tan bonita,
que su madre ha casado,
¿en qué oculto rincón de cementerio
dormirá su fracaso?

Yo solo con mi amor desconocido,
sin corazón, sin llantos,
hacia el techo imposible de los cielos
con un gran sol por báculo.

¡Qué tristeza tan seria me da sombra!
niños buenos del prado,
cómo recuerda dulce el corazón
los días ya lejanos…
¿Quién será la que corta los claveles
y las rosas de mayo?

 

Mon cœur est un papillon,
bons enfants de la prairie!.
proie par l’araignée grise du temps
il a le pollen fatal de la déception.
Enfant, je chantais comme toi
bons enfants dans le pré,
J’ai libéré mon faucon avec le redoutable;
quatre griffes de chat,
J’ai traversé le jardin de Carthagène
la verveine invoquant
et j’ai perdu l’anneau de mon bonheur
lorsque vous passez le flux imaginaire.

J’étais aussi un gentleman
un frais après-midi de mai.
Elle était alors l’énigme pour moi,
Étoile bleue sur ma poitrine intacte.
Je suis monté lentement au paradis
C’était un dimanche Pipirigallo,
et j’ai vu qu’au lieu de roses et d’œillets
Elle a coupé des lys avec ses mains.

J’étais toujours inquiet,
bons enfants dans le pré,
elle de la romance m’a plongé
dans des rêveries claires:
Qui sera celui qui ramassera les œillets
et les roses de mai?
Et pourquoi seuls les enfants le verront
sur Pegasus?
Est-ce le même dans les rondones
malheureusement, nous appelons
étoile, le suppliant de sortir
danser sur le terrain? …

En avril de mon enfance, j’ai chanté,
bons enfants dans le pré,
l’impénétrable elle de la romance
où Pegasus sort.
Je disais de la tristesse la nuit
de mon amour ignoré,
et la lune lune quel sourire
mettre entre ses lèvres!
Qui sera celui qui coupe les œillets
et les roses de mai?
Et cette petite fille, si jolie,
que sa mère s’est mariée,
Dans quel coin caché du cimetière
son échec va-t-il dormir?

Moi seul avec mon amour inconnu,
sans cœur, sans pleurer,
Vers le plafond impossible du ciel
avec un grand soleil par staff.

Quelle tristesse sérieuse me donne de l’ombre!
bons enfants dans le pré,
comme le coeur se souvient
les jours passés depuis longtemps …
Qui sera celui qui coupe les œillets
et les roses de mai?