FAUNE ET FLORE


 

1312476-Buffon_Collection_des_animaux_quadrupèdes__le_tarsier

FAUNE ET FLORE

 

Pas d’heure du soir au bord des traits du dessin. La plume s’est prise d’encre pareille au désir d’étreindre

Sous l’arc branlant de la lampe que le vent déplace, des silhouettes passent la tête rentrée dans les épaules

A quai tirant sur l’amarre je me ponte aux jambages de ta cheminée, il fait un temps à dégoutter un chien trempé

La chambre noire laisse sentir la flore d’un riche imaginaire par le rayon de sa lanterne magique

Les poses que tu dresses contre le mur tapissent le fade de sauce piquante, les petits animaux qui s’y sont joints ont un autre sens de la faune pour illustrer notre bestiaire de recettes culinaires.

 

Niala-Loisobleu – 22/11/19

ARAIRE


240_F_263949905_Dqv7DdTxePuaIvsyR0V3gqwNTAAfBYsE

ARAIRE

Je t’écho bue

à la brouette du Mékong

ce jour ceint de Marguerite tropicale

Dans la cabane le cheval se tient plus

il réclame à la fourche

la paille qui fait chalumeau

D’un seau

je puise le souffle réclamé par l’accordéon et le vanne populaire

C’est araire qu’il nous faut.

Niala-Loisobleu – 22/11/19

CE JARDIN D’EAU VIVE


IMG_4318

CE JARDIN D’EAU VIVE

 

Dehors tout déverse

Peindre à la pluie d’un seul coup me prend

Seul moyen d’en faire du soleil

La mer se tourne, roule, un gémissement de baleineau, plusieurs claquements d’albatros, deux enfants surgissent, secoué d’un bord à l’autre je monte et descend, quelle écume, ça décharge et tape aux flancs, mes intestins déplient leurs bretelles, la nacre du bouton luit  en se démultipliant

Ce tango soulève, renvoie, gîte à dessaler

A la place du mât la quille prend son tour, l’hélice mouille comme un orgasme à déplacement

Le Jardin sous la Mer

en poussant le noir des eaux usées met les Neuves en service

L’Atelier a tenu parole et j’ai repris mes marques.

 

Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2019

L’ARBRE QUI


il_794xN.1939344558_n3h7

L’ARBRE QUI

L’arbre qui cache la forêt

Rien ne peut cacher la forêt, même le grand inquisiteur sent battre son coeur. La forêt est la forme absolue et amoureuse du secret, elle est totalement nue et fardée. L’éloge de la forêt ne se peut concevoir que dans l’erre d’un éloge du maquillage, dans la présentation stalkée de l’animal fard. Forêt, fractalité, fougères, filles feuilles, familiarité permanente du feu.
Il y a quelque chose d’asphyxié-cyanosé dans la pensée, des prémisses d’incendie, elle ne manque pas d’air, certes, mais, mais dans les distances de freinage erratiques du big bang, la pensée est chez elle dans les rues ensevelies de la forêt, là, dans l’enchevêtrement des lianes et des fougères de vanille, dans l’invagination brûlante des feuilles, là, dans la boue faite de nous, la pensée, semblable à la carpe miroir avaleuse des vases, la pensée bleu vase de nuit, la pensée a l’air étranglé des selles de loup. La volonté et le désir formel, comme en croupe sur les cîmes, dès lors procèdent à de tenaces commandos de vent et de cravache et de programmes de pluies pénétrantes, apportent des lois de déports et de bivouacs aux idées mutiques et déliées, et c’est, dans le phare des troncs, par le battement de coeur des branches et de l’écorce, par l’amour vif et ciliaire de l’herbe, la main tendue sur l’objet de plus haute vertu.

La forêt, c’est Abélard dans la bouche d’Héloïse, c’est l’intégralité du désir bluté d’idées dans la nytroglycérine du hasard qui médite et ne préfère aucune carte.

L’incandescence de la parole en une bouche fermée tendue à rompre.
On sucera toutes les pierres du chemin, Natacha. Non loin, dans les tremblements de voile du soleil, la petite Tania danse. Pense. Lance toute sa retenue sur la terre. Alentours le sourire de l’eau suscite Boudjema à qui les règlements d’ombre dans le bois interdisent de se retourner sur Natacha.
Il pleut tout le temps des promesses fraîches. Il boit tout le temps. Ils rient très fort de tous les bois pris. On dit bois car la forêt, qui sait ce qu’elle fait et feuillette, la forêt n’est qu’immense boire.
La forêt est soif.
Comment cacher la soif ?
Ô Natalia Bellouve.

 

 

Olivier Allain

CHALEUR PROPRE


ce74a8f94f8c38bd50692f5e19f54639

CHALEUR PROPRE

 

Je l’ai amadou

mise au cou du briquet

le gentil chien de bas de porte

Elle m’a dit entre Nous appelle-moi plus que Salamandre

je te briquerai le centre du lit

L’attache que j’ai depuis dans l’oeil

sort du  cornet à musique

comme La Voix de son Maître ou un sang dit de forêt

 

Niala-Loisobleu – 21/11/19