INTERSTICE


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INTERSTICE

 

Sourire entre deux crêtes

qui ruelle

mèches au front

Tremblement de taire

que seul le couteau barbare

d’une certaine église lèpre à l’index

Tu as pour toi la corde des guitares

en grenade au verger des délices

Grand Nil

des cataractes éléphantines

nourris-toi de ton soleil

Niala-Loisobleu

28 Janvier 2020

FAIM ROUGE


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FAIM ROUGE

Tu étais folle.

Comme c’est loin !

Tu mourus, un doigt devant ta bouche,
Dans un noble mouvement,
Pour couper court à l’effusion ;
Au froid soleil d’un vert partage.

Tu étais si belle que nul ne s’aperçut de ta mort.
Plus tard, c’était la nuit, tu te mis en chemin avec moi.

Nudité sans méfiance,
Seins pourris par ton cœur.

A l’aise en ce monde occurrent,

Un homme, qui t’avait serré dans ses bras,
Passe à table.

Sois bien, tu n’es pas.

René Char

LUEUR


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LUEUR

Monte ce fil clair

ascenseur d’espoir

Avant l’image les senteurs identifient

et reconnaissent l’attente au contour de ses formes

Le jour grandit

comme le poids du fruit riche qui pend de ta poitrine

Niala-Loisobleu

28 Janvier 2020

LE DESSEIN DU TAPIS


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LE DESSEIN DU TAPIS

 

Caché derrière le papier-peint d’une feuille de poème, le pouls joue dans ton encre

Dans la cuisine les épices s’alignent sur l’étagère où tes seins serrent des livres de contes

Dans le persil d’une farce Guignol pile son ail,

Le jardin public suit le loueur de chaises pour ne rien rater du croisement des jambes

Cahin-caha de fiacre, les Gilles se dressent des beffrois aux grelots des sabots

Le faire à cheval, écris-tu sur un pense-bête auto-collant qui tombe du réfrigérateur

La dernière fois qu’en courant, est passé un bateau de papier, l’horizon découpait du bise-bise pour l’hublot du gaillard-d’avant

Le vieux ceps tord sa treille sous la jupe plissée d’un panorama de Van Gogh. Etoiles de cyprès, Vincent brûlé dans l’amour qu’il n’a jamais pu rattraper, délace des iris aux barreaux de St-Rémy. Les Alycanthes chantent dans la veine des catacombes

En me levant comme le pont du ber à l’estran grimpeur, j’ai marché sur l’eau comme un doux rêveur. Cormorans en traîne, l’enclos paroissial tient les ex-votos à jour sur l’agenda du tant

Que balancent les reins du chemin commun.

Niala-Loisobleu – 27 Janvier 2020

D’UNE PEINTRESSE DE BONNE AVENTURE


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D’UNE PEINTRESSE DE BONNE AVENTURE

 

Relevant du coq

se prit le clocher dans la mire

C’est la bonne distance pour lever

dit-aile

et de son pinceau agile tira l’oiseau du chapeau

sans le lapin

sur son perchoir de trapèze-volant

sans filet

Châssis à clef de fenêtre

soulage sans majuscule

Il est vrai qu’en foncé dans le bleu

c’est rien des zoos noirs du peintre en sous-tanne

Je crache et ça tombe

Beau ris cape le bateau

J’ai du poil au né

ce qui fait d’un faux-belge une vraie pipe…

 

Niala-Loisobleu

27 Janvier 2020

DERRIERE DU NUAGE


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DERRIERE DU NUAGE

 

Un temps qui traîne son linge sale  hors du panier

en fouillant dans l’armoire pour quelques fleurs odorantes

sur les cintres tes robes font un décor qui change de la cour de récrés

au ciel de la plus décolletée

j’ai la lumière à portée du gros pommier

Le chien m’a tiré dans les tiroirs des petits-bateaux

jusque sur la hune d’un bonnet enfoncé jusqu’aux oreilles

Le soleil est nettement plus haut…

 

Niala-Loisobleu – 27 Janvier 2020

TU SERAS NUE…


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TU SERAS NUE…

Tu seras nue dans le salon aux vieilles choses, fine comme un fuseau de roseau de lumière, et, les jambes croisées, auprès du feu rose, tu écouteras l’hiver.

A tes pieds, je prendrai dans mes bras tes genoux.
Tu souriras, plus gracieuse qu’une branche d’osier, et, posant mes cheveux à ta hanche douce, je pleurerai que tu sois si douce.

Nos regards orgueilleux se feront bons pour nous, et, quand je baiserai ta gorge, tu baisseras les yeux en souriant vers moi et laisseras fléchir ta nuque douce.

Puis, quand viendra la vieille servante malade et fidèle frapper à la porte en nous disant : le dîner est servi, tu auras un sursaut rougissant, et ta main frêle
préparera ta robe grise.

Et tandis que le vent passera sous la porte, que la pendule usée sonnera mal, tu mettras tes jambes au parfum d’ivoire dans leurs petits étuis noirs.

 

Francis Jammes