LeMaîtreSpirituel


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LeMaîtreSpirituel

 

Cette structure humanoïde se prétendant LeMaîtreSpirituel au succès garanti dans tous les domaines est parti direct corbeille à peine deux minutes après s’être abonné chez-moi.

Je vais bien merci, de partout ce qui ne se soigne que par soi

Pour ce qui est de la justice pauvre de nous de quoi s’agit-il ?

Quant au retour de couches tout va bien

Et pour l’affect en corps mieux

Marchand d’esclaves spécialistes en chiens perdus et déjantés du bulbe passez votre chemin, l’amour en papier-mâché du grand motgogol, tireur de ver du né

la mi-graine fait la pauvre récolte, j’ai ma pilule bleue dans le cortex et mon équilibre sur le fil de la mosaïque de mon rasoir, les dieux et leurs sectes ne valant pas un coup de cidre je reste fidèle à la paume de Normandie sans m’inquiéter de Magloire…

Niala-Loisobleu – 17 Juillet 2019

CHANT D’HAUBANS


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CHANT D’HAUBANS

 

Un presque froid sans couleur donne à respirer

quelque part un chauffeur pas encore en gare charge le ventre de la machine à vapeur

J’attrape la senteur de la fleur au milieu des draps

toute entière tournée vers la fenêtre ouverte

Ce silence remplit mes veines comme une marée montante

Estran demandé par le bois sec du bateau debout sur ses jambes

Juste les empreintes d’un oiseau sur le sable vierge

te disent ce que tu penses  de concert

avant que les cloches sonnent la première messe

sans que l’esprit d’un remord nous attire à confesse.

 

Niala-Loisobleu 17 Juillet 2019

 

L’ÎLE AUX OISEAUX


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L’ÎLE AUX OISEAUX

 

De terre chaude comme palmeraie surgit l’instant de vert à saisir

Un hennissement océanique et du bec l’oiseau sort la forme de mer qui porte

Les cuisines du temps ont leurs recettes de l’attente à la nage

Plus le grain de peau glisse, plus le toboggan plonge sa caresse au fond

Du dandinement de croupe du râtelier sort un début de faim tiré du fourrage

La ligne d’arbres sertie la colline à l’ourlet du col ouvert

Déjà le poil a localiser la virole en pensant aux tons d’étal

Oublie l’heure fatale qui pointe l’arrêt du coeur

Donne sans compter

Les enfants s’ébrouent dans un jeu innocent qui filtre le poison des rampants

A leurs cris nouent les tiens comme au mouchoir du couvre-chef cheminot, canne pointée

La route sinue  en direction naturiste d’un accès interdit aux voitures, hissons la chemise

 

Niala-Loisobleu – 16 Juillet 2019

 

LEÇONS


LEÇONS

 

Philippe Jaccottet

 

Autrefois

moi l’effrayé, l’ignorant, vivant à peine,

me couvrant d’images les yeux,

j’ai prétendu guider mourants et morts.

Moi, poète abrité,

épargné, souffrant à peine,

j’osais tracer des routes dans le gouffre.

A présent, lampe soufflée,

main plus errante, tremblante,

je recommence lentement dans l’air.

Raisins et figues

couvés au loin par les montagnes

sous les lents nuages

et la fraîcheur

pourront-ils encore m’aider?

Vient un moment où l’aîné se couche presque sans force.
On voit de jour en jour son pas plus égaré.

Il ne s’agit plus de passer comme l’eau entre les herbes : cela ne se tourne pas.

Quand même le maître sévère

si vite est emmené si loin,

je cherche ce qui peut le suivre :

ni la lanterne des fruits,

ni l’oiseau aventureux,

ni la plus pure des images;

plutôt le linge et l’eau changés, la main qui veille, plutôt le cœur endurant.

Je ne voudrais plus qu’éloigner ce qui nous sépare du clair, laisser seulement la place à la bonté dédaignée.

J’écoute des hommes vieux

qui se sont allié le jour,

j’apprends à leurs pieds la patience :

ils n’ont pas de pire écolier.

Sinon le premier coup, c’est le premier éclat

de la douleur : que soit ainsi jeté bas

le maître, la semence,

que le bon maître soit ainsi châtié,

qu’il semble faible enfançon

dans le lit de nouveau trop grand —

enfant sans le secours des pleurs,

sans secours où qu’il se tourne,

acculé, cloué, vidé.

Il ne pèse presque plus.

La terre qui nous portait tremble.

Ce que je croyais lire en lui, quand j’osais lire, était plus que l’étonnement : une stupeur comme devant un siècle de ténèbres à franchir, une tristesse ! à
voir ces houles de souffrance.
L’innommable enfonçait les barrières de sa vie.
Un gouffre qui assaille.
Et pour défense une tristesse béant comme un gouffre.

Lui qui avait toujours aimé son clos, ses murs, lui qui gardait les clefs de la maison.

Entre la plus lointaine étoile et nous

la distance, inimaginable, reste encore

comme une ligne, un lien, comme un chemin.

S’il est un lieu hors de toute distance,

ce devait être là qu’il se perdait :

non pas plus loin que toute étoile, ni moins loin,

mais déjà presque dans un autre espace,

en dehors, entraîné hors des mesures.

Notre mètre, de lui à nous, n’avait plus cours :

autant, comme une lame, le briser sur le genou.

Muet.
Le lien des mots commence à se défaire

aussi.
Il sort des mots.

Frontière.
Pour un peu de temps

nous le voyons encore.

Il n’entend presque plus.

Hélerons-nous cet étranger s’il a oublié

notre langue? s’il ne s’arrête plus pour écouter?

Il a affaire ailleurs.

Il n’a plus affaire à rien.

Même tourné vers nous,

c’est comme si on ne voyait plus que son dos.

Dos qui se voûte pour passer sous quoi?

«
Qui m’aidera?
Nul ne peut venir’jusqu’ici.

Qui me tiendrait les mains ne tiendrait pas celles

qui tremblent, qui mettrait un écran devant mes yeux ne me

garderait pas de voir, qui serait jour et nuit autour de moi comme un

manteau

ne pourrait rien contre ce feu, contre ce froid.
Nul.n’a de bouclier contre les guerriers qui m’assiègent,

leurs torches sont déjà dans mes rues, tout est trop tard.

Rien ne m’attend désormais que le plus long et le pire. »

Est-ce ainsi qu’il se tait dans l’étroitesse de la nuit?

C’est sur nous maintenant

comme une montagne en surplomb.

Dans son ombre glacée

on est réduit à vénérer et à vomir.

A peine ose-t-on voir.

Quelque chose s’enfonce en lui pour le détruire.
Quelle pitié

quand l’autre monde enfonce dans un corps son coin!

N’attendez pas

que je marie la lumière à ce fer.

Le front contre le mur de la montagne

dans le jour froid

nous sommes pleins d’horreur et de pitié.

Dans le jour hérissé d’oiseaux.

On peut nommer cela horreur, ordure, prononcer même les mots de l’ordure déchiffrés dans le linge des bas-fonds : à quelque singerie que se livre le poète, cela
n’entrera pas dans sa page d’écriture.

Ordure non à dire ni à voir : à dévorer.

En même temps

simple comme de la terre.

Se peut-il que la plus épaisse nuit n’enveloppe cela?

L’illimité accouple ou déchire.

On sent un remugle de vieux dieux.

Misère

comme une montagne sur nous écroulée.

Pour avoir fait pareille déchirure,

ce ne peut être un rêve simplement qui se dissipe.

L’homme, s’il n’était qu’un nœud d’air, faudrait-il, pour le dénouer, fer si tranchant?

Bourrés de larmes, tous, le front contre ce mur, plutôt que son inconsistance, n’est-ce pas la réalité de notre vie qu’on nous apprend?

Instruits au fouet.

Un simple souffle, un nœud léger de l’air, une graine échappée aux herbes folles du’Temps, rien qu’une voix qui volerait chantant à travers l’ombre et la
lumière,

s’effacent-ils, il n’est pas trace de blessure.

La voix tue, on dirait plutôt un instant

l’étendue apaisée, le jour plus pur.

Que sommes-nous, qu’il faille ce fer dans le sang?

On le déchire, on l’arrache,

cette chambre où nous nous serrons est déchirée,

notre fibre crie.

Si c’était le « voile du
Temps » qui se déchire, la « cage du corps » qui se brise, si c’était 1′ « autre naissance »?

On passerait par le chas de la plaie, on entrerait vivant dans l’éternel…

Accoucheuses si calmes, si sévères, avez-vous entendu le cri d’une nouvelle vie?

Moi je n’ai vu que cire qui perdait sa flamme et pas la place entre ces lèvres sèches pour l’envol d’aucun oiseau.

Il y a en nous un si profond silence qu’une comète

en route vers la nuit des filles de nos filles, nous l’entendrions.

Déjà ce n’est plus lui.

Souffle arraché : méconnaissable.

Cadavre.
Un météore nous est moins lointain.

Qu’on emporte cela.

Un homme (ce hasard aérien,

plus grêle sous la foudre qu’insecte de verre et de

tulle, ce rocher de bonté grondeuse et de sourire, ce vase plus lourd à mesure de travaux, de souvenirs), arrachez-lui le souffle : pourriture.

Qui se venge, et de quoi, par ce crachat?

Ah, qu’on nettoie ce lieu.

S’il se pouvait (qui saura jamais rien?)

qu’il ait encore une espèce d’être aujourd’hui,

de conscience même que l’on croirait proche,

serait-ce donc ici qu’il se tiendrait

où il n’a plus que cendres pour ses ruches?

Se pourrait-il qu’il se tienne ici en attente

comme à un rendez-vous donné « près de la pierre »,

qu’il ait besoin de nos pas ou de nos larmes?

Je ne sais pas.
Un jour ou l’autre on voit

ces pierres s’enfoncer dans les herbes éternelles,

tôt ou tard il n’y a plus d’hôtes à convier

au repère à son tour enfoui,

plus même d’ombres dans nulle ombre.

Plutôt, le congé dit, n’ai-je plus eu qu’un seul désir :

m’adosser à ce mur

pour ne plus regarder à l’opposé que le jour,

pour mieux aider les eaux qui prennent source en

ces montagnes à creuser le berceau des herbes, à porter sous les branches basses des figuiers à travers la nuit d’août les barques pleines de soupirs.

Et moi maintenant tout entier dans la cascade céleste

de haut en bas couché dans la chevelure de l’air

ici, l’égal des feuilles les plus lumineuses,

suspendu à peine moins haut que la buse,

regardant,

écoutant

(et lès papillons sont autant de flammes perdues,

les montagnes autant de fumées) —

un instant, d’embrasser le cercle entier du ciel

autour de moi, j’y crois la mort comprise.

Je ne vois presque plus rien que la lumière, les cris d’oiseaux lointains en sont les nœuds,

toute la montagne du jour est allumée,

elle ne me surplombe plus,

elle m’enflamme.

Toi cependant,

ou tout à fait effacé,

et nous laissant moins de cendres

que feu d’un soir au foyer,

ou invisible habitant l’invisible,

ou graine dans la loge de nos cœurs,

quoi qu’il en soit,

demeure en modèle de patience et de sourire

tel le soleil dans notre dos encore

qui éclaire la table, et la page, et les raisins.

 

Philippe Jaccottet

QUAND LA LUNE EST BONNE


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QUAND LA LUNE EST BONNE

Un arbre dans la poche-révolver

les ailes à la place de l’emblème du cocu

les deux-fesses hors des mailles du filet

la tête dans le saut

et m’attribut qui dense

autour du totem

La pensée artistique brûle les étapes

avant que le tambour-major sorte le bâton

Quand ma ruche récolte une musique de cigales

l’arlésienne s’identifie

à dessein

Aujourd’hui d’un mélange d’hier et de nos deux fois deux mains faisons en sorte de jeter les heures sans

Je regarde ton corps allongé sur la chaise comme la force de la jardinière qui allaite les tomates de rouge vif

Niala-Loisobleu – 16 Juilet 2019

CRÊTE DE DUNE


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CRÊTE DE DUNE

 

Le coq de mer à la hune

nous voici tournés côté large

l’horizon reculant la tête du lit

même en travers faisant place aux cris

Les nuages ont forme d’ondulations extra-terrestres

tu m’appelles ton p’tit home vers

Pas d’épaves de plastique ni d’algues-vertes

et autres cochonneries

Pure devant comme derrière l’église

on se marine sans traîne

les conques au tempo des vents .

Niala-Loisobleu – 16 Juillet 2019