SILENCE EN PARTAGE


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SILENCE EN PARTAGE

Le temps partagé s’habille de la circonstance placée là

un voisin de table peut-être espagnol

venu là d’une lointaine guerre civile

que l’existence conserve en embuscade

on se retrouve plongés à la traverse de faits communs

L’âge l’a frappé

de privation de voix

AVC

étrange sa femme est sourde-muette de naissance

 

Trop de vrai à pas taire

que la main rattrape à mots écrits

Des heures durant

nous avons couvert la nappe…

Niala-Loisobleu – 22/03/19

Prélude (Pater Noster) / Quand j’aurai du vent dans mon crâne


 

Prélude (Pater Noster) / Quand j’aurai du vent dans mon crâne

Quand j’aurai du vent dans mon crâne
Quand j’aurai du vert sur mes osses
P’tête qu’on croira que je ricane
Mais ça s’ra une impression fosse
Car il me manquera
Mon élément plastique
Plastique tiqu’ tiqu’
Qu’auront bouffé les rats
Ma paire de bidules
Mes mollets mes rotules
Mes cuisses et mon cule
Sur quoi je m’asseyois
Mes cheveux mes fistules
Mes jolis yeux cérules
Mes couvre mandibules
Dont je vous pourlèchois
Mon nez considérable
Mon coeur mon foie mon râble
Tous ces riens admirables
Qui m’ont fait apprécier
Des ducs
Jacques Prévert

 

 

 

LA CHAMBRE CLOSE


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LA CHAMBRE CLOSE

Du parquet à caissons arrangés, leurs pas de danse suivirent une musique d’ambiance composite obéissant à la force mécanique  à laquelle l’intelligence ne participe pas. Forme géométrique d’un système qui ne se contrôle qu’après coup

Un dais isolant le train tourne comme la mouche autour du coche. Passe l’air de Brel pour exulter

L’imprescience  ne fait pas disparaître l’horizon. Il n’en demeure pas moins tracé comme un point à atteindre et à franchir

Des marabouts vantent

Le vent lui est meilleur conducteur

En légions moralisatrices des harpies et des hermaphrodites à coquille hurlent à la mort du soi à mettre au monde

Prends ma lyre à couleur Ma, c’est pas un lampion, ni un fanal de naufrageur

La compréhension c’est l’eau qui coule sous le désert. Tu n’imaginerais même pas si t’avais peur

Vînt un bouton de rose qui fendit le granit du pavé.

Niala-Loisobleu – 21/03/19

ENTRE TIEN EMOI 36


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ENTRE TIEN EMOI 36

 

Adoubé à l’agrément étalé des maisons familiales, une surface en friche laisse croire à l’abandon du terrain que des mauvaises herbes tiennent soumis, alors qu’elle vit sa vie sans que l’on soupçonne les soins attentifs qu’on lui témoigne. Par un jeu de convenances la morale dégénère des comportements naturels en crime à la pudeur. Les conventions déploient une vaste hypocrisie qui lors des premiers signes donnèrent naissance au bûcher. Dogmes maudits dans lesquels l’amour et ses formes sont régis au nom d’un bien et du mal établi arbitrairement. Dans ma navigation profondément étoilée, cette nuit je tenais le quart d’une traversée blanche. Les anges non pris en couverture, nous n’étions que nous deux et nos respirations collatérales. Aucun lézard n’a réussi à gagner le soleil qui chauffait nos pierres. Situation exceptionnellement favorable à l’élévation spirituelle. Le feu à tenu jusqu’au petit jour, nous n’avons pas vu le temps passer. Quand le soleil entra par dessus le timbre de pierre, les flammes qui éclairaient les tomettes où nous étions allongés sur des coussins de taille différente, le chien souleva juste l’oeil droit. La salle commune déborda les seuils du bien-pensant. J’ai attiré ton attention sur le mouvement d’eau se mettant en mobilité dans  le patio, on vit les géraniums sortir des jarres soutenus par la voix de la première guitare. Ta robe à pois en levant la cuisse fit donner du talon aux claquements de mains. Le coq ouvrit la porte du jardin. Tes mains avaient ce geste que j’espérais secrètement, j’en suis pas sorti d’une vive émotion générée sans tabou plus intime qu’il est possible de le narrer.

Niala-Loisobleu – 21/03/19

D’UNE NUIT


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D’UNE NUIT

C’était l’heure du dernier métro

les cris métalliques du ventre se refermaient dans le souterrain

un grand pan clair

le projecteur tirait le rêve à lui au milieu du lit

Sans la voir on était dans l’odeur humide de l’herbe étoilée

 wagon-lit du train bleu.

Niala-Loisobleu – 21/03/19

L’EPOQUE 2019/20 – « LA VILLE »


L’EPOQUE 2019/20 – « LA VILLE »

 

Voici « « La Ville » » vingtième de cette nouvelle Epoque 2019 avec Barbara Auzou.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos « likes ».

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L’EPOQUE 2019/20

« LA VILLE »
Niala
Acrylique s/toile 65×54
Encadré : 850,00 €

Dans le matin des grandes villes

Mon amour la peau des mains

Promène l’anse du chagrin à bout de bras.

Le long du grand boulevard volubile

Qui surplombe la tranchée j’observe le gazon bête

De nos âmes germinées et l’arbre grandi en une seule nuit se reflète

Dans les yeux des passants et sur le cours de leur vie.

J’entends mon amour le ressac de leur esprit

Dans l’épaisse muqueuse de leur absence.

Des parcs joyeux comme de vastes prairies

Caressent la morosité morveuse de l’enfance

Comme ils caresseraient la proximité d’un bois.

De cet amalgame froissé sous un ciel bas pourtant

La vie s’accroche au sourire clair du chaland

Et le marchand de son manteau extirpe une main preste.

Alors partout la petite musique devient geste.

La roue trimbale la charrette de mots à la volée

Et le goût du pain engendre des lendemains

Qui repoussent plus loin l’exiguïté de soi.

 

 

Au vélo d’un instant doré

Adossé à l’étale

Je t’aperçois.

 

 

 

Barbara Auzou.