Le Canto General – La rencontre de deux hommes : PABLO NERUDA et MIKIS THEODORAKIS


Le Canto General – La rencontre de deux hommes :PABLO NERUDA MIKIS THEODORAKIS

Né au Chili, en 1904, Pablo NERUDA se voit confier dès l’âge de 23 ans les fonctions de Consul.En 1936, l’exécution en Espagne de son ami le poète LORCA marque le point de départ d’une action militante antifasciste.
Né en 1925 sur l’île de Chios, Mikis THEODORAKIS étudie la musique à Athènes et à Paris. Il est l’auteur d’œuvres aussi diverses que des symphonies, des musiques de chambre, des ballets, des chants folkloriques et des musiques de films.Il multiplie alors les publications et les prises de position. Parallèlement, il rédige les premiers poèmes du CANTO GENERAL, vaste fresque épique sur l’histoire et les destinées des peuples d’Amérique, en tout près de 300 poèmes, dont la première édition sera publiée en 1943 à Mexico.

Ses positions en faveur des droits de l’homme lui amènent nombre de tracasseries, d’agressions, et de difficultés de tous ordres (expulsions, exil, clandestinité, intimidations…). Il n’en poursuit pas moins inlassablement son témoignage poétique.

Universelle, son œuvre a été reçue et traduite dans la plupart des pays.
En 1950, le prix Mondial de la Paix lui est décerné à Varsovie. Il s’engage politiquement aux côtés d’Allende et est nommé candidat à l’élection présidentielle pour le parti communiste.
En  1971, il reçoit le pris Nobel de littérature te le Prix Lénine pour la Paix.
En 1973, il appellera les intellectuels chiliens et le monde entier à défendre le processus chilien.

Pablo Neruda meurt 10 jours après l’assassinat du Président Allende.
Les milliers de chiliens qui accompagnaient le poète au cimetière, entourés et escortés d’agents de la police secrète et de soldats en armes prêts à tout moment à intervenir, à matraquer et à procéder à des arrestations, criaient : «Pablo Neruda, presente!»
Poète à l’imagination puissante et au lyrisme délicat, vigoureusement engagé dans son siècle, Pablo Neruda fit entendre son cris de révolte dans le monde entier.

C’est essentiellement le film «Zorba le Grec» et de «Z»  de Costa Gavras qui le révèle au grand public, qui voit très vite en lui le porte-parole d’une nouvelle conscience nationale et le chantre des traditions grecques. En 1961 Théodorakis s’engage politiquement, obtenant en 1964 son premier siège au Parlement en Grèce. Après le putsch militaire d’avril 1967, il mène un combat sans relâche contre toute forme de dictature. Ses engagements lui valent d’être emprisonné, puis expulsé à plusieurs reprises. En 1970, Jean-Jacques Servan Schreiber le sort de prison et le ramène à Paris, d’où il continue la lutte pour la démocratie et la liberté.

C’est en france qu’il mit en musique quelques uns des poèmes du Canto General. L’œuvre devait à l’origine être jouée pour la première fois à Santiago du Chili. Mais quelques jours avant le concert, le putsch militaire et l’assassinat d’Allende reportaient la représentation à une date indéterminée…

Le 13 août 1975, après la chute de la Junte des Colonels en Grèce, c’est devant le stade archicomble du Pirée que Théodorakis effectuait avec le canto General un retour triomphal et mémorable dans son pays.
Mikis Theodorakis considère son œuvre comme une forme de révolution culturelle :

«Il ne s’agit pas seulement d’engagement politique de l’art, mais, bien plus, de mettre cet art, sous toutes ses formes, à la disposition des masses…»

  « Je suis venu pour chanter et pour que tu chantes avec moi. »
« Mon destin a été de souffrir et de lutter, d’aimer et de chanter. »

Pablo Neruda« J’ai toujours aimé me trouver là où le tourbillon s’empare de l’humanité »
  Mikis Theodorakis


Textes et traductions

Traduit de l’espagnol par Claude COUFFON


Vegetaciones

A las tierras sin nombres y sin números
bajaba el viento desde otros dominios,
traía la lluvia hilos celestes,
y el dios de los altares impregnados
devolvía las flores y las vidas.En la fertilidad crecía el tiempo.El jacarandá elevaba espuma
hecha de resplandores transmarinos,
la araucaria de lanzas erizadas
era la magnitud contra la nieve,
el primordial árbol caoba
desde su copa destilaba sangre,
y al Sur de los alerces,
el árbol trueno, el árbol rojo,
el árbol de la espina, el árbol madre,
el ceibo bermellón, el árbol caucho,
eran volumen terrenal, sonido,
eran territoriales existencias.

Un nuevo aroma propagado
llenaba, por los intersticios
de la tierra, las respiraciones
convertidas en humo y fragancia:
el tabaco silvestre alzaba
su rosal de aire imaginario.Sur les terres sans noms et sans chiffres
le vent d’autres domaines descendait,
la pluie apportait des cordons célestes
et le dieu des autels spongieux
restituait les fleurs et les vies.Dans la fertilité le temps croissaitLe jacaranda s’élevait en une écume
de chatoiements ultramarins,
l’araucaria et ses lances hérissées
était la majesté contre la neige,
l’acajou primordial : l’acajou
distillait du sang du haut de ses branches,
et au sud des mélèzes,
l’arbre tonnerre, l’arbre rouge,
l’arbre épineux, l’arbre matrice,
le flamboyant vermillon, l’arbre caoutchouc,
étaient volume terrestre, étaient son,
Existences territoriales.Un nouveau parfum propagé
emplissait, par les interstices
de la terre, haleines et souffles
mués en arôme et en fumée :
le tabac sauvage dressait
son rosier d’air imaginaire.


Los Libertadores
Aquí viene el árbol, el árbol
de la tormenta, el árbol del pueblo.
De la tierra suben sus héroes
como las hojas por la savia,
y el viento estrella los follajes
de muchedumbre rumorosa,
hasta que cae la semilla
del pan otra vez a la tierra.

Aquí viene el árbol, el árbol
nutrido por muertos desnudos,
muertos azotados y heridos,
muertos de rostros imposibles,
empalados sobre una lanza,
desmenuzados en la hoguera,
decapitados por el hacha,
descuartizados a caballo,
crucificados en la iglesia.

Aquí viene el árbol, el árbol
cuyas raíces están vivas,
sacó salitre del martirio,
sus raíces comieron sangre
y extrajo lágrimas del suelo:
las elevó por sus ramajes,
las repartió en su arquitectura.
Fueron flores invisibles,
a veces, flores enterradas,
otras veces iluminaron
sus pétalos, como planetas.
Y el hombre recogió en las ramas
las caracolas endurecidas,
las entregó de mano en mano
como magnolias o granadas
y de pronto, abrieron la tierra,
crecieron hasta las estrellas.

Éste es el árbol de los libres.
El árbol tierra, el árbol nube,
el árbol pan, el árbol flecha,
el árbol puño, el árbol fuego.
Lo ahoga el agua tormentosa
de nuestra época nocturna,
pero su mástil balancea
el ruedo de su poderío.

Otras veces, de nuevo caen
las ramas rotas por la cólera
y una ceniza amenazante
cubre su antigua majestad:
así pasó desde otros tiempos,
así salió de la agonía
hasta que una mano secreta,
unos brazos innumerables,
el pueblo, guardó los fragmentos,
escondió troncos invariables,
y sus labios eran las hojas
del inmenso árbol repartido,
diseminado en todas partes,
caminando con sus raíces.
Éste es el árbol, el árbol
del pueblo, de todos los pueblos
de la libertad, de la lucha.

Asómate a su cabellera:
toca sus rayos renovados:
hunde la mano en las usinas
donde su fruto palpitante
propaga su luz cada día.
Levanta esta tierra en tus manos,
participa de este esplendor,
toma tu pan y tu manzana,
tu corazón y tu caballo
y monta guardia en la frontera,
en el límite de sus hojas.

Defiende el fin de sus corolas,
comparte las noches hostiles,
vigila el ciclo de la aurora,
respira la altura estrellada,
sosteniendo el árbol, el árbol
que crece en medio de la tierra.Voici venir l’arbre, c’est l’arbre
de l’orage, l’arbre du peuple
Ses héros montent de la terre
comme les feuilles par la sève,
et le vent casse les feuillages
de la multitude grondante,
alors la semence du pain
retombe enfin dans le sillon.Voici venir l’arbre, c’est l’arbre
nourri par des cadavres nus,
des morts fouettés et estropiés,
des morts aux visages troublants,
empalés au bout d’une lance,
recroquevillés dans les flammes,
décapités à coups de hache,
écartelés par les chevaux
ou crucifiés dans les églises.Voici venir l’arbre, c’est l’arbre
dont les racines sont vivantes,
il a pris l’engrais du martyre,
ses racines ont bu du sang,
au sol il a puisé des larmes
qui par ses branches sont montées
parsemant son architecture.
Elles furent fleurs, quelquefois
invisibles, fleurs enterrées,
d’autres fois elles allumèrent
leurs pétales, comme des planètes.
Et l’homme cueillit sur les branches
les corolles aux parois durcies,
il les tendit de main en main
tels des magnolias, des grenades,
et brusquement, ouvrant la terre,
elles grandirent jusqu’au ciel.

C’est lui, l’arbre des hommes libres;
L’arbre terre, l’arbre nuage.
L’arbre pain, l’arbre sarbacane,
l’arbre poing, l’arbre feu ardent.
Inondé par l’eau tempétueuse
de notre époque des ténèbres,
son mât décrit dans le roulis
les arènes de sa puissance.

D’autres fois la colère brise
les branches qui tombent à nouveau
et une cendre menaçante
couvre sa vieille majesté :
ainsi franchit-il d’autres temps
et sortit-il de l’agonie,
jusqu’au moment où une main
secrète, des bras innombrables,
le peuple, en garda les fragments
et cacha des troncs immuables.
Ses lèvres étaient alors les feuilles
de l’immense arbre réparti,
disséminé de tous côtés,
qui marchait avec ses racines.
Voici venir l’arbre, c’est lui
l’arbre du peuple, tous les peuples
de la liberté, de la lutte.

Montre-toi dans sa chevelure :
palpe ses rayons restitués :
plonge la main dans les usines,
là même où son fruit palpitant
chaque jour répand sa lumière
Lève dans tes mains cette terre,
unis-toi à cette splendeur,
emporte ton pain et ta pomme,
ton coeur aussi et ton cheval
et monte la garde aux frontières,
aux confins de sa frondaison.Défends le but de ses corolles,
partage les nuits ennemies
veillant au cycle de l’aurore,
respire la cime étoilée,
en protégeant l’arbre, cet arbre
qui pousse au milieu de la terre.


Voy a Vivir
Yo no voy a morirme.
Salgo ahora en este día lleno de volcanes
hacia la multitud, hacia la vida.Aquí dejo arregladas estas cósas
hoy que los pistoleros se pasean
con la «cultura occidental» en brazos,
con las manos que matan en España
y las horcas que oscilan en Atenas
y la deshonra que gobierna a Chile
y paro de contar.Aquí me quedo
con palabras y pueblos y caminos
que me esperan de nuevo, y que golpean
con manos consteladas en mi puertaJe ne vais pas mourir.
Je pars en ce jour rempli de volcans
vers l’homme en foule, vers la vie.
J’ai tout réglé. Je laisse tout en ordre.
Maintenant que se pavanent les bandits
avec la «culture occidentale» à pleins bras,
avec des mains qui tuent en Espagne
et des gibets qui se balancent sur Athènes
et la honte qui gouverne le Chili.
Mais je cesse de conter.Me voici,
avec des mots, des peuples, des chemins
qui à nouveau m’attendent, 
Des constellations de mains qui frappent à ma porte

La United Fruit Co.
Cuando sonó la trompeta
estuvo todo preparado en la tierra
y Jehova repartió el mundo
a Coca Cola Inc Anaconda
Ford Motors y otras entidades.
La Compañía Frutera Inc
se reservo lo más jugoso
la costa central de mi tierra ,
la dulce cintura de América
Bautizó de nuevo sus tierras
como « Republicas Bananas »
y sobre los muertos dormidos
sobre los héroes inquietos
que conquistaron la grandeza
la libertad y las banderas
estableció la ópera bufa :
enajenó los albedríos
regaló coronas de César
desenvainó la envidia,
atrajo la dictadura de las moscas.
moscas Trujillo, moscas Tachos,
moscas Carías, moscas Martínez,
moscas Ubico, Moscas hámedas
de sangre humilde y mermelada
moscas borrachas que zumban
sobre las tumbas populares
moscas de circo, sabias moscas
entendidas en tiranía.

Entre las moscas sanguinarias
la Frutera desembarca,
arrasando el café y las frutas
en sus barcos que deslizaron
como bandejas el tesoro
de nuestras tierras sumergidas

Mientras tanto por los abismos
azucarados de los puertos
caían indios sepultados
en el vapor de la mañana :
un cuerpo, rueda, una cosa
sin nombre, un námero caido
un racimo de fruta muerta
derramada en el pudridero.Lorsque la trompette sonna
tout était déjà prêt sur terre.
Jehovah répartit le monde
entre Coca-Cola, Anaconda,
Ford motors, et autres cartels.
La Compañía Frutera
se réserva le plus juteux,
le Centre côtier de ma terre,
la douce hanche américaine.
Elle rebaptisa ses terres
en « Républiques Bananières»,
et sur les morts en leur sommeil,
sur les héros plein d’inquiétude
qui avaient conquis la grandeur,
la liberté et les drapeaux,
elle instaura l’opéra bouffe :
elle aliéna l’initiative,
offrit des trônes de Césars,
dégaina l’envie, attira
la dictature des diptères,
mouches Trujillo et Tachos,
mouches Carias et Martinez,
mouches Ubico, mouches humides
d’humble sang et de confiture,
mouches soûlardes qui bourdonnent
sur les tombes du peuple, mouches
de chapiteau, mouches savantes,
mouches expertes en tyrannie.

Parmi les mouches sanguinaires
la Frutera jette son ancre,
amoncelant fruits et café
dans ses bateaux qui glissent tels
des plateaux portant le trésor
de nos campagnes submergées.

Pendant ce temps, dans les abîmes
sucrés des ports,
des Indiens tombaient enterrés
dans la vapeur du petit jour :
un corps qui roule, un petit rien
sans nom, un numéro à terre,
une grappe de fruit sans vie
répandue dans le pourrissoir.


Requiem pour Neruda
Neruda Requiem Æternam.
Lacrima yá tous zontanous
Amérika skláva
Sklávi óli ilai
Lákrimosa
I soun osternós ilios
Tóra kivermoún náni,
Orfánepse igi
Neruda Requiem Æternam.Neruda Requiem Æternam.
Larmes pour les vivants
Amérique esclave,
Esclaves sont les peuples
Lacrimosa (torrent de larmes)
Tu étais le dernier soleil
Maintenant règnent les nains.
La Terre est orpheline.
Neruda Requiem Æternam.

America insurrecta
Nuestra tierra, ancha tierra, soledades,
se pobló de rumores, brazos, bocas.
Una callada sílaba iba ardiendo,
congregando la rosa clandestina,
hasta que las praderas trepidaron
cubiertas de metales y galopes.Fue dura la verdad como un arado.
Rompió la tierra, estableció el deseo,
hundió sus propagandas germinales
y nació en la secreta primavera.
Fue callada su flor, fue rechazada
su reunión de luz, fue combatida
la levadura colectiva, el beso
de las banderas escondidas,
pero surgió rompiendo las paredes,
apartando las cárceles del suelo.El pueblo oscuro fue su copa,
recibió la substancia rechazada,
la propagó en los límites marítimos,
la machacó en morteros indomables.
Y salió con las páginas golpeadas
y con la primavera en el camino.
Hora de ayer, hora de mediodía,
hora de hoy otra vez, hora esperada
entre el minuto muerto y el que nace,
en la erizada edad de la mentira.Patria, naciste de los leñadores,
de hijos sin bautizar, de carpinteros,
de los que dieron como un ave extraña
una gota de sangre voladora,
y hoy nacerás de nuevo duramente
desde donde el traidor y el carcelero
te creen para siempre sumergida.Hoy nacerás del pueblo como entonces.
Hoy saldrás del carbón y del rocío.
Hoy llegarás a sacudir las puertas
con manos maltratadas,con pedazos
de alma sobreviviente, con racimos
de miradas que no extinguió la muerte,
con herramientas hurañas
armadas bajo los harapos.Notre terre, ample terre, solitudes,
se peupla de rumeurs, de bras, de bouches.
Une syllabe muette qui brûlait
y rassemblait la rose clandestine,
jusqu’au jour où les prairies trépidèrent
couvertes de métaux et de galops.La vérité fut dure comme une charrue.
Elle rompit la terre, établit le désir,
enfouit ses propagandes germinales
et naquit durant le printemps secret.
Sa fleur fut silencieuse, repoussée
sa grappe de lumière, combattue
le levain collectif, le baiser 
des drapeaux cachés,
mais elle surgit lézardant les murs,
écartant les geôles du sol.Et le peuple obscur fut sa coupe,
il reçut la substance refoulée,
la propagea jusqu’aux limites de la mer,
il la pila dans des mortiers irréductibles.
Et il sortit avec ses pages martelées
et avec le printemps sur le chemin.
Heure d’hier, heure méridienne, heure
à nouveau d’aujourd’hui, heure attendue
entre la minute morte et celle qui naît,
à l’âge hérissé du mensonge.Patrie, tu fus engendrée par les bûcherons,
par les enfants non baptisés, les charpentiers,
par ceux-là qui donnèrent, tel un oiseau étrange,
une goutte de sang ailé,
et aujourd’hui tu vas renaître durement,
de ce lieu où le renégat et le geôlier
te croient à jamais submergée.
Aujourd’hui comme alors tu vas naître du peuple.
Aujourd’hui tu vas sortir du charbon, de la rosée.
Tu vas venir secouer les portes
avec des mains meurtries, des bribes
d’âme survivante, des grappes
de regards que la mort n’a pas éteintes,
avec aussi de durs outils
armés sous les haillons.

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