Luna tucumana – Atahualpa Yupanqui


Luna tucumana – Atahualpa Yupanqui

Los Chalchaleros

je ne chante pas pour la lune
Yo no le canto a la luna

Parce que rien d’autre ne s’allume
Porque alumbra nada más

Je chante pour elle parce qu’elle sait
Le canto porque ella sabe

De ma longue marche
De mi largo caminar

Je chante pour elle parce qu’elle sait
Le canto porque ella sabe

De ma longue marche
De mi largo caminarOui, lunita tucumana
Ay, lunita tucumana

Tambour Calchaquí
Tamborcito calchaquí

Compagnon des gauchos
Compañera de los gauchos

Dans les collines de Tafí
En los cerros del Tafí

Compagnon des gauchos
Compañera de los gauchos

Dans les collines de Tafí
En los cerros de TafíPerdu dans les écluses
Perdido en las cerrazones

Qui sait, viditay, où je marcherai
Quién sabe, viditay, por dónde andaré

Mais quand la lune se lève
Mas cuando salga la luna

je chanterai, je chanterai
Cantaré, cantaré

A mon cher Tucuman
A mi Tucumán querido

je chanterai, chanterai, chanterai
Cantaré, cantaré, cantaré

(Seconde!)
(¡Segunda!)Avec espoir ou avec tristesse
Con esperanza o con pena

Dans les champs d’Achéral
En los campos de Acheral

j’ai vu la bonne lune
Yo he visto a la luna buena

Embrasser le champ de canne
Besando el cañaveral

j’ai vu la bonne lune
Yo he visto a la luna buena

Embrasser le champ de canne
Besando el cañaveralDans quelque chose qui nous ressemble
En algo nos parecemos

Lune solitaire
Luna de la soledad

je vais marcher et chanter
Yo voy andando y cantando

C’est ma façon d’éclairer
Es mi modo de alumbrar

je vais marcher et chanter
Yo voy andando y cantando

C’est ma façon d’éclairer
Es mi modo de alumbrarPerdu dans les écluses
Perdido en las cerrazones

Qui sait, viditay, où je marcherai
Quién sabe, viditay, por dónde andaré

Mais quand la lune se lève
Mas cuando salga la luna

je chanterai, je chanterai
Cantaré, cantaré

A mon cher Tucuman
A mi Tucumán querido

je chanterai, chanterai, chanterai
Cantaré, cantaré, cantaré

SILENCE PAR PIERRE EMMANUEL


SILENCE PAR PIERRE EMMANUEL

La frégate à la queue fourchue en vide ivresse se dissout Le Vide aspire la frégate et se creuse un zénith dessous Point d’or qui verticalement à son iris inexistant
Guette guette son même éveil aux extrêmes d’un double abîme

Suspens d’oiseau dont ce point nul est l’envergure bord à bord Qui n’est pas plus que n’est en bas son éclatante ombre océane Si lisse le silence et dense et si absent
omniprésent Que partout nulle part ce point cerne l’oeil blanc gouffre cosmique

Le Silence est le gouffre rond dont le centre est ce point fléché L’ouïe tendue hors d’aucun son qui se provoque à se percer L’oiseau aigu inexistant dont l’abîme est
l’oscillement Inconnaissance s’innervant d’elle-même dans le Néant

Personne hormis le Silence ne s’atteint en ce lieu sans lieu Où le Néant que rien ne meut clos sur Soi-même S’y respire Souffle scellé qui se suffit sans créer
étendue ni mot Où pourrait croître l’imminence impatiente de l’oiseau.

Pierre Emmanuel

À VOIE PORTANTE ?


Les pavés luisent d’une révolte relevant davantage du lance-pierres que de la fronde pendant qu’on fait la queue chez mon pharmacien pour se faire vacciner

Allez savoir pour quoi et pourqui, en dehors d’eux, les gens naviguent

Au point que je me dis qu’on ne s’exprime plus qu’en méga faune avec une étoile jaune à côté du sens pour lune , un faux-gilet soleil pour l’hôte, le tout dans une sorte de foire à la faire aie…

Niala-Loisobleu – 3 Août 2021

SOUPENTE


Écouter les oiseaux courir sur le toit en effaçant le bruit de l’averse peut donner à l’été l’impression d’exister

Il faut mettre de l’imaginaire dans le réservoir pour passer a gai une morosité non choisie

Aux étals je vois briller l’œil des poissons et je cours ouvrir les cages du marché aux fleurs pour être sûr que tu restes topless pour bronzer

Puis m’arrosant de pensées optimistes me risque sur l’horizon une perche à sauter bien en mains pour revivre les années folles des Récollets…

Niala-Loisobleu – 3 Août 2021

CES MATINS QUI DEFIENT LE GRIS


CES MATINS QUI DEFIENT LE GRIS

A cette nuit qui s’accroche aux volets

faux-désespoir commun à l’errance quelque part en porte-drapeau

je lave l’ombre du chemin

seul peut-être mais certain de ne pas grossir la dérive de brailleurs de maux

Abandonner le tant comme l’animal qu’on jette pour se libérer du temps libre

hérésie noire qui se secoue en rave par bravade

Faire blanchir le galet du levé des vagues sans se cacher de son devoir civique au sein d’un tintamarre sourd à la raison

je pars joyeux sur l’axe du rayon

le cortège suivra son corps billard à la queue leu-leu

Vaut mieux parler avec une seule paire d’yeux que voir glisser des aveugles sur le raille

Bonjour Ma, piquons une tête…

Niala-Loisobleu – 3 Août 2021