L’ECHAPPEE BELLE


L’ECHAPPEE BELLE

D’un côté que le coq prend et le laitier suit, j’ai jeté mon journal à bord de ma journée

Un tracé sobre par les petits-chemins sans péage, passe-droit, abonnements, mais vote citoyen qui ouvre à toutes espèces de manifestation dans et pour le respect d’une liberté individuelle engagée

L’usage d’un seul profit enseigné par des années laxistes à l’exclusion d’obligation que la droite et la gauche ont fini par imposer est à la base d’une citoyenneté totalement répudiée

Les mythes errants percent le fil de l’haleine jusqu’à dévorer le rouet

Un peuple qui ne connaît que les avantages qu’on lui propose pour garder le pouvoir sur lui s’est gangréné lui-même et c’est amputé de ses jambes en fuyant sa responsabilité

La situation catastrophique que la pandémie conforte est au bord d’amplifier à cause du virus loin d’être mort

Prendre prétexte d’une absence de liberté pour se plaindre est d’une inconscience qui se fera payer au-dessus du tarif actuel

C’est fou de penser qu’un jeune ou un prétendu adulte puissent jouer à mourir pour un soir, un repas, un bain, un voyage sans masque ni égard aux autres

Vivre c’est construire, pas aller jusqu’à tout détruire du système de la nature

Je suis resté à cheval sur mon auto à pédales dans le souci de l’échappée-belle au coeur de ce vaste monde

de l’amour-enfant fait pour grandir

Niala-Loisobleu – 16 Juillet 2021

LE VASTE MONDE PAR LOUIS ARAGON


LE VASTE MONDE PAR LOUIS ARAGON

Où faut-il qu’on aille
Pour changer de paille
Si l’on est le feu

À moins qu’il ne faille
Si l’on est la paille
Fuir avec le feu

La paille est si tendre
Mais vouloir l’étendre Étendra le feu
Qu’on tente d’étreindre

Or il faut l’éteindre

Le long pour l’un pour l’autre est court
II y a deux sortes de gens
L’une est pour l’eau comme un barrage et l’autre fuit comme l’argent

Le mot-à-mot du mot amour à quoi bon courir à sa suite
Il est resté dans la
Dordogne avec le bruit prompt de la truite
Au détour des arbres profonds devant une maison perchée
Nous avions rêvé tout un jour d’une vie au bord d’un rocher

La barque à l’amarre
Dort au mort des mares
Dans l’ombre qui mue

Feuillards et ramures
La fraîcheur murmure
Et rien ne remue

Sauf qu’une main lasse
Un instant déplace
Un instant pas plus

La rame qui glisse

Sur les cailloux lisses
Comme un roman lu

Si jamais plus tard tu reviens par ce pays jonché de pierres
Si jamais tu revois un soir les îles que fait la rivière
Si tu retrouves dans l’été les bras noirs qu’ont ici les nuits
Et si tu n’es pas seule alors dis-lui de s’écarter dis-lui
De s’é-car-ter le temps de renouer ce vieux songe illusoire
Puis fais porter le mot amour et le reste au brisoir

On a beau changer d’horizon
Le cœur garde ses désaccords
Des gens des gens des gens encore
De toute cette déraison
Il n’est resté que les décors

Elle amenait à la maison
Des paltoquets et des pécores
Je feignais lire
YInprekor
Comme un jour fuit une saison
Il n’est resté que les décors

On a beau changer de poison
Tous les breuvages s’édulcorent
Toutes les larmes s’évaporent
Des fièvres et des guérisons
Il n’est resté que les décors

On a beau changer de prison
On traîne son âme et son corps
Les mois passent marquant le score

De tant d’atroces trahisons
II n’est resté que les décors

Le cœur ce pain que nous brisons
Que les sansonnets le picorent
J’aurais dû partir j’avais tort
Aux lueurs des derniers tisons
Il n’est resté que les décors

À chaque gare de poussière les buffles de cuir bouilli

Les gardes qui font un remuement d’armes et bottes noires

Devant les buffets de piments et d’orgeat

Des femmes sur leurs ballots sombres

Yeux d’olive visages d’huile

Quel est donc ce pays de soif et de bucrânes

Nous roulons sur la terre cuite.
Où sommes-nous

Il n’y a sur la toile énorme qu’un âne et qu’un homme

Une cruche d’ombre un pain bis un oignon

Et le vallonnement uniforme où nous nous éloignons

Le train s’en va comme un caniche
Sous le couchant drapeau de
Catalogne

Primo de
Rivera

En ce temps-là dans les hôtels les domestiques

Surveillaient les voyageurs par le trou de la serrure

Afin que tout fût bien selon l’Église

Dans les premiers froids de
Madrid
J’habitais la
Puerta del
Sol
Cette place comme un grand vide
Attendait quelque nouveau
Cid
Dont le manteau jonchât le sol
Et recouvrît ces gueux sordides
Qu’on jette aux mendiants l’obole
Montrez-moi le peuple espagnol

Primo de
Rivera

Il y avait au
Prado ce qui ne se montrait pas dans
J’ai reconnu le garçon d’hôtel espionnant à la porte
Dans un dessin de
Goya

Ce peintre apprend mieux que personne
L’Espagne et son colin-maillard
Mais par-dessus tout il m’étonne
Me serre le cœur et lui donne
Le secret de ce cauchemar
Par cette épouvante d’automne

Dans un tableau fait sur le tard
Le grand goudron de
Gibraltar

Primo de
Rivera

J’ai parcouru les sierras
Où la procession des villes se lamente
Tolède
Ségovie
Avila
Salamanque
Alcala de
Henarès

Passant les bourgs de terre cuite
Les labours perchés dans les airs
Sur un chemin qui fait des huit
Comme aux doigts maigres des jésuites
Leur interminable rosaire
Le vent qui met les rois en fuite
Fouette un bourricot de misère
Vers l’Escorial-au-Désert

Primo de
Rivera

Une halte de chemin de fer à mi-route entre l’hiver et l’été

Entre la
Castille et l’Andalousie

À l’échiné des monts à la charnière sarrasine

Un jeune aveugle a chanté

D’où se peut-il qu’un enfant tire
Ce terrible et long crescendo
C’est la plainte qu’on ne peut dire
Qui des entrailles doit sortir
La nuit arrachant son bandeau
C’est le cri du peuple martyr
Qui vous enfonce dans le dos
Le poignard du cante jondo

Primo de
Rivera
Primo de
Rivera
Primo de
Rivera

ô bruit des wagons dans la montagne bruit des roues
Et tout à coup c’est le mois d’août
Un souffle sort on ne sait d’où
L’odeur douce des fleurs d’orange

Le grand soir maure de
Cordoue

Qu’au son des guitares nomades
La gitane mime l’amour
Les cheveux bleuis de pommade
L’œil fendu de
Schéhérazade
Et le pied de
Boudroulboudour

Il se fait soudain dans
Grenade
Que saoule une nuit de vin lourd
Un silence profond et sourd

Primo de
Rivera

Le verre est par terre
Un sang coule coule
Dommage le vin
Du bon vin
Lorca
Lorquito
Lorca c’était du vin rouge
Du bon vin gitan

Qui vivra verra le temps roule roule
Qui vivra verra quel sang coulera
Quand il sera temps
Sans parler du verre
Qui vivra verra

Il se fait soudain dans
Grenade
Que saoule une nuit de sang lourd
Une terrible promenade

Il se fait soudain dans
Grenade
Un grand silence de tambours

Louis Aragon

EL MUNDO AMPLIO
POR LOUIS ARAGON


A donde vamos
Para cambiar la pajita
Si somos fuego

A menos que haya una necesidad
Si somos la paja
Huye con fuego

La pajita es tan tierna
Pero querer esparcirlo esparcirá el fuego
Que intentamos abrazar

Pero debe estar apagado

El largo el uno para el otro es corto
Hay dos tipos de personas
Uno es para agua como una presa y el otro gotea como dinero

La palabra por palabra de la palabra amor, ¿de qué sirve correr tras ella?
Se quedó en el
Dordoña con el rápido sonido de la trucha
Alrededor de los árboles profundos frente a una casa encaramada
Habíamos soñado todo un día con una vida al borde de una roca

El barco en el amarre
Duerme en la muerte de los estanques
En la sombra que cambia

Correas y astas
La frescura susurra
Y nada se mueve

Excepto que una mano cansada
Un momento se mueve
Un momento no mas

El remo que se desliza

Sobre guijarros lisos
Como una novela leída

Si alguna vez más tarde vuelves por esta tierra sembrada de piedras
Si alguna vez vuelves a ver las islas que el río hace una noche
Si encuentras en verano los brazos negros que aquí tienen las noches
Y si no estás solo, dile que se haga a un lado, dile
Para tomarse el tiempo para renovar este viejo sueño ilusorio
Entonces lleva la palabra amor y el resto al breaker

Podemos cambiar nuestro horizonte
El corazón guarda sus desacuerdos
Gente, gente, gente, todavía
De toda esta sinrazón
Solo quedaron las decoraciones

Ella trajo a casa
Paltoquets y pecores
Fingí leer
YInprekor
Como un día huye de una estación
Solo quedaron las decoraciones

Podemos cambiar el veneno
Todas las bebidas están endulzadas.
Todas las lagrimas se evaporan
Fiebres y curas
Solo quedaron las decoraciones

Podemos cambiar las cárceles
Arrastramos nuestra alma y nuestro cuerpo
Pasan los meses anotando el puntaje

De tantas traiciones atroces
Solo quedaron las decoraciones

El corazón este pan que partimos
Que le picoteen los estorninos
Debí haberme ido, estaba equivocado
A la luz de las últimas brasas
Solo quedaron las decoraciones

Búfalos de cuero hervidos en cada estación de polvo

Los guardias que mueven brazos y botas negras

Frente a los bufés de chile y cebada

Mujeres en sus bultos oscuros

Rostros de aceite de ojos de oliva

¿Qué es este país de sed y bucrânes?

Estamos rodando sobre terracota.
Dónde estamos

Solo hay un burro y un hombre en el enorme lienzo

Una jarra de sombra, un pan moreno y una cebolla.

Y el uniforme ondulando donde nos alejamos

El tren va como un caniche
Bajo la bandera del atardecer de
Cataluña

Primero de
Rivera

A esa hora en los hoteles los criados

Viajeros observados a través del ojo de la cerradura

Para que todo salga bien según la Iglesia

En el primer resfriado de
Madrid
Yo viví ahí
Puerta del
Suelo
Este lugar como un gran vacío
Estaba esperando algo nuevo
Cid
Cuyo manto esparcido por el suelo
Y cubrió a estos sórdidos mendigos
Que arrojamos a los mendigos el obol
Muéstrame a los españoles

Primero de
Rivera

Había en
Prado lo que no se mostró en
Reconocí al chico del hotel espiando en la puerta
En un dibujo de
Goya

Este pintor aprende mejor que nadie
España y su encuesta de ciegos
Pero sobre todo me asombra
Sostén mi corazón y dalo
El secreto de esta pesadilla
Por este terror de otoño

En una pintura hecha tarde
El gran alquitrán de
Gibraltar

Primero de
Rivera

He recorrido las sierras
Donde la procesión de las ciudades llora
Toledo
Segovia
Ávila
Salamanca
Alcalá de
Henares

Pasando los pueblos de terracota
Arando encaramado en el aire
En un camino que hace ocho
Como los delgados dedos de los jesuitas
Su rosario interminable
El viento que hace volar a los reyes
Batir un burro de la miseria
Hacia Escorial-au-Désert

Primero de
Rivera

Una parada de tren a medio camino entre el invierno y el verano.

Entre aquí
Castilla y andalucía

En la parte posterior de las montañas en la bisagra sarracena

Un joven ciego cantó

¿De dónde puede sacar un niño?
Este terrible y largo crescendo
Esta es la denuncia que no se puede decir
Quien de las entrañas debe salir
La noche se arranca la venda de los ojos
Es el grito del pueblo martirizado
Que te empuja por la espalda
La daga del cante jondo

Primero de
Rivera
Primero de
Rivera
Primero de
Rivera

oh sonido de los carros en la montaña sonido de las ruedas
Y de repente es agosto
Un aliento sale de quien sabe de donde
El dulce olor de los azahares

La gran velada morisca de
Córdoba

Que al son de las guitarras nómadas
La gitana imita el amor
Cabello azulado con pomada
El ojo de hendidura de
Scheherazade
Y el pie de
Boudroulboudour

De repente sucede en
Granada
Que bebió una noche de vino pesado
Un silencio profundo y amortiguado

Primero de
Rivera

El vaso esta en el piso
La sangre esta fluyendo
Que mal el vino
Buen vino
Lorca
Lorquito
Lorca era vino tinto
Buen vino gitano

Quién vivirá verá rollos de tiempo
Quién vivirá verá qué sangre fluirá
Cuando es el momento
Sin mencionar el vaso
El tiempo lo dirá

De repente sucede en
Granada
Ese borracho una noche