ARRIVE DU TEMPS QUI SE MÂCHE


ARRIVE DU TEMPS QUI SE MÂCHE

De ce qui se lisait aux saisons tout disparaît derrière la panique des instruments

redis-moi la grotte première pour qu’avant de saisir ton poignet j’ai l’équilibre de ton pouls

il y avait dans le mouvement des luminaires une échelle de secours fort bien huilée

là c’est la merde qui finit par convaincre que le masque est plus nécessaire et les gestes-barrière c’est dépassé

Que nenni mon coeur…

faut pas prendre l’écervelage pour référence

Laisse tes seins sur ma fenêtre ils vont comme une paire de gants aux jardinières

et ton herbe à chat

assaisonne genre basilic la neutralité des nouilles

Le bord de la rivière conduit le poisson jusqu’à la mer

par les voies de campagne un arrêt en toutes gares gonfle la grosse-veine bleue

au point que l’oiseau ne fait plus le vilain rêve qui effraie les enfants à ne plus arriver à courir

Roulez-boulis

Niala-Loisobleu – 3 Juillet 2021

2 réflexions sur “ARRIVE DU TEMPS QUI SE MÂCHE

  1. Les cuisses de Colette
    Sont douces au toucher
    Comme des cacahuètes
    Qu’on aurait épluchées.

    Je n’aime pas sa tête
    Ses yeux demi-pochés
    Son oreille en cuvette
    Son nez en arbalète
    Sa bouche endimanchée.

    Mais j’aime bien ses cuisses
    Si douces au toucher.
    Pendant le Saint-Office
    L’un près de l’autre assis,
    Ma main vient s’y chauffer.

    De profundis, ad te Domine, clamavi !

    Que c’est doux ! Que c’est doux !
    Plus doux qu’une souris
    Que le cœur de l’été,
    Du miel et du saindoux !

    Dans le rang d’à côté
    (Ma main enfouie
    En cette blanche obscurité),
    Madame la Baronne d’Auxerre
    Qui ressemble à un dromadaire
    Me sourit.
    C’est sa mère !

    Madame la Baronne d’Auxerre
    Madame la Baronne sa mère
    Madame est servie
    Madame très très bien avec le Bon Dieu
    Très très bien avec son âme
    Madame
    N’y voit que du feu

    Retire ta main de là
    Me dit Colette, tout bas !
    Mais elle serre, elle serre
    Avec la force du tonnerre
    Ma main se trouve emprisonnée
    Ainsi qu’un missionnaire en Nouvelle-Guinée.
    Retire ta main de là, petit garçon,
    Ce ne sont pas des façons !
    Mais elle serre à tout casser
    Elle serre comme un Canaque !
    Mes doigts craquent
    Mes doigts sont tous fiancés
    Je ne peux plus les retirer
    Elle serre, elle serre
    A tire-larigot,
    Oh ! le bruit de mes os !

    Gloria in excelsis Deo !

    Dommage que Colette
    Soit pas très belle en haut.
    Mais qu’importe la tête
    Quand le bas donne chaud !

    Pour caresser ses cuisses
    Je donnerai comme un rien
    Desserts et pain d’épice
    Et tous les paroissiens.

    Entre ces deux poissons
    Dont le sang est humain
    Je laisserai ma main
    Jusqu’au dimanche prochain.

    Ah ! Colette, Colette !
    Que la vie est agreste !
    Et que mon cœur est leste
    Et que l’Enfer est loin !
    (Madame la Baronne se signe en un grand geste)

    Ite missa est.

    Les cuisses de Colette / René de Obaldia

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