A TON PIED AJOUTE L’AUTRE


A TON PIED AJOUTE L’AUTRE

Pour revenir de l’oiseau au poisson primitif

et nage

en brillant d’écailles

Ouïes-Ouïes

Niala-Loisobleu – 10 Juin 2021

Don’t Slip Away

Kaz Hawkins

Quand tu marches seul sur cette route
When you walk this road alone

Tu dois t’accrocher à toi
You gotta hold on to your own

Et sois toi-même
And be yourself

Trouvez qui vous voulez être
Find who you wanna be

Quand tu te tiens face à face
When you’re standing face to face

Regarder dans le miroir avec son espace mort
Looking in the mirror with it’s dead space

Tenez-vous bien
Just hold on tight

Ce n’est pas qui tu es vraiment
It’s not who you really are

Tu es quelque part, quelque part au fond de toi
You’re somewhere, somewhere deep inside

Et je sais que tu t’accroches à ta vie
And I know, you’re hanging on for your life

Oui je ne sais que trop bien
Yes I know only too well

Ton combat pour t’en sortir
Your fight to get by

Alors ne t’esquive pas
So don’t slip away

Ne t’esquive pas
Don’t slip away

Pourquoi?
Why?

Tu es la raison pour laquelle
You’re the reason whyToute cette obscurité que tu ressens
All this darkness that you feel

Voler la lumière comme un voleur d’éclairs
Stealing light like a lightening thief

Et s’enfuir
And running away

Et partir seul d’ici
And leaving here alone

C’est le moment de se souvenir quand
This is the time to remember when

Vous vous êtes déjà senti comme un humain parmi vos amis
You once felt like a human among your friends

Il y a toujours l’un de nous
There’s always one of us

Pour porter ton fardeau à travers
To carry your burden throughNous croyons que vous êtes quelque part, quelque part au fond de nous
We believe you’re somewhere, somewhere deep inside

Et nous savons que tu te bats pour ta vie
And we know, you’re fighting for your life

Oui nous ne savons que trop bien
Yes we know only too well

Ton combat pour t’en sortir
Your fight to get by

Alors ne t’esquive pas
So don’t slip away

Ne t’esquive pas
Don’t slip away

Pourquoi?
Why?

Tu es la raison pour laquelle
You’re the reason whyNe t’esquive pas
Don’t slip away

Pourquoi?
Why?

Tu es la raison pour laquelle
You’re the reason whyNe t’esquive pas
Don’t slip away

Pourquoi?
Why?

Tu es la raison pour laquelle
You’re the reason why

Source : Musixmatch

A MON FRERE, MARCELLO COMITINI


A MON FRERE, MARCELLO COMITINI

Qu’ô qu’une désolation ne t’éther nu

Marcello

Ainsi je suis d’oulipo

malicieux écureuil à tête d’aiguille

sur la voie d’un céleste qu’on voit pas

mais qui roule sa Poule

tel un Robert malicieux

A la vie refaite en bleu de Pierrot

aldente

pour resucrer la fraise avant de la goûter

hors de sa Comédie

Restons aux claires ostréicoles afin de laver le sel des algues vertes de la vie

Je t’embrasse comme un Frère…

Alain

J’APPELLE ROBERT


J’APPELLE ROBERT

Arrivé à quai, essoufflé à force de chercher à rejoindre la voie hôte

en corps tremblant

je me vois penché à la surface de la rivière

Narcisse dans ses eaux

d’un même cri appelant Robert le Joker de l’animateur

en demandant au cygne de me rendre

ma place au lit

Robert balance entre deux

c’est du lourd déclare l’oiseau

et finit par passer la tête à la bretelle

tout sourire

s’avance aux demains.

Niala-Loisobleu – 10 Juin 2021

CONFIDENCES D’UN CONDAMNÉ PAR JACQUES PRÉVERT


CONFIDENCES D’UN CONDAMNÉ PAR JACQUES PRÉVERT

Pourquoi on m’a coupé la tête?

Je peux bien le dire maintenant, tout s’efface avec le temps.

C’était si simple, vraiment.

J’étais allé passer la soirée chez des amis mais il y avait beaucoup de monde et je m’ennuyais.
A cette époque j’étais un peu triste et j’avais facilement mal à la tête.

Cette atmosphère de fête m’irritait et me fatiguait.
Je pris congé.
La maîtresse de maison me prévint que la minuterie était détraquée et que l’ascenseur était en panne lui aussi.


Je peux vous faire un peu de lumière, attendez.


De la lumière, vous plaisantez, lui dis-je, je suis

comme les chats, moi, je vois clair la nuit.


Vous entendez, dit-elle à ses amis, il est comme les

chats, c’est merveilleux, il voit clair la nuit.
Pourquoi avais-je dit cela, une façon de parler, une

phrase polie et qui se voulait spirituelle, dégagée.
Je commençais à descendre péniblement les premières

marches de l’escalier et les petites barres de cuivre du tapis faisaient un bruit curieux sous mes pas qui glissaient.

J’étais dans une si noire obscurité que j’eus d’abord envie de remonter et d’appeler.

Je fouillais d’abord mes poches, mais vainement, pas d’allumettes.

Je m’assis et réfléchis, à quoi, je ne sais plus, j’attendais peut-être que quelqu’un vînt à mon secours sans, bien entendu, savoir ou deviner que j’avais besoin
d’aide.

Me relevant péniblement et ne trouvant pas la rampe, je me heurtais violemment contre un mur et me mis à saigner du nez.

Cherchant dans mes poches un mouchoir, je mis enfin la main sur une boîte d’allumettes avec, fort malencontreusement, une seule allumette dedans.

Je rallumai avec d’infinies précautions et, cherchant une nouvelle fois la rampe, j’aperçus d’abord dans un miroir, sur le palier de l’étage où je m’étais
arrêté, mon visage couvert de sang.

Et ce fut à nouveau l’obscurité.

Je me trouvais de plus en plus désemparé.

Soudain, étendant au hasard, à tâtons, la main, je touchai un serpent qui se mit à glisser.

Charmante soirée.

Ce serpent, c’était tout simplement la rampe que par bonheur j’avais retrouvée et qui rampait doucement sous ma main qui venait d’essuyer mon visage si stupidement
ensanglanté.

Je me mis alors à rire : j’étais sauvé.

Et comme je descendais allègrement mais prudemment, je fus tout à coup renversé par quelqu’un ou quelque chose qui, à toute vitesse, lui ou elle aussi, descendait en
même temps qu’une petite flamme, sans aucun doute celle d’un briquet.

Me relevant encore une fois, je marchai à nouveau dans le noir, mes deux mains devant moi.

Ces deux mains rencontrèrent le mur et le mur céda…

Ce n’était pas le mur mais une porte entrouverte.

Soudain de la musique et de la lumière venant des étages supérieurs !

Sans aucun doute des invités qui, à leur tour, descendaient et que la maîtresse de maison accompagnait, un flambeau à la main.

Vraiment, je ne savais où me mettre et ce n’était pas une façon de parler; aussi, profitant de cette porte pour me dissimuler, je pénétrai plus avant, quand tout à
coup, dans la lumière qui grandissait, je découvris un corps étendu à mes pieds.

C’était le corps d’Antoinette.

Elle était là, couchée, les yeux ouverts, la gorge aussi.

Antoinette avec qui j’avais vécu si longtemps et qui, le mois dernier, m’avait abandonné.

Antoinette que j’avais suppliée, que j’avais même menacée.

Je ne pus retenir un cri.

De terreur, ce cri et de stupeur aussi.

La maîtresse de maison, les invités se précipitent, des portes s’ouvrent, d’autres lumières bientôt se mêlent à la leur, portées par d’autres locataires
déshabillés, terrorisés et blêmes.

Beaucoup de temps déjà s’était écoulé depuis que j’avais pris congé et j’étais là, muet et couvert de sang, hagard comme dans les pires histoires.

Près du oorps de mon amie perdue et — en quel état — retrouvée, sur le parquet, une lame luisait comme un morceau de lune dans un ciel étoile.

Dans chaque main tremblante une lumière bougeait.

Présence inexplicable ou bien trop expliquée.

Vous voyez d’ici le procès : le pourvoi rejeté, le petit verre, le crucifix à embrasser et encore comme une lune, le couperet d’acier.

Que voulez-vous, mettez-vous à ma place.
Que pouvais-je dire, que pouvais-je raconter?
J’avais passé un trop mauvais quart d’heure dans les mornes ténèbres de ce noir escalier et j’avais eu la folle imprudence d’affirmer : je vois clair la nuit, moi, je suis comme
les chats.

Qui m’aurait cru alors et sans me rire au nez ?

Oui, j’en suis sûr, on m’aurait ri au nez pendant de longues, de trop longues années à mon gré.

J’ai préféré me taire plutôt que d’être ridiculisé.

Jacques Prévert