LE TEMPS VOLE APRES LE CHANT DU MERLE – ALAIN MINOD


LE TEMPS VOLE APRES LE CHANT DU MERLE

ALAIN MINOD

A la montée de l’aube
Le merle déploie son chant
Avant ses ailes
Il se dérobe à notre vue
Mais égaye nos
Marches

Le temps vole comme lui
Dès l’horizon dégagé
De l’obscur

Nous allons ! Allons
N’ayant rien mis
Aux oubliettes
De nos désirs
Enfiévrés

L’unique étoile
Au-dessus des toits
A fait signe
A l’innocence
Et le merle l’a vue
S’évanouir entre
Chien et loup

La parole des princes
Gicle encore et encore
Dans nos têtes …
Elle n’est pas source
Mais joue au fleuve
Alors qu’il est pris
Entre les glaces
Du mépris qu’ils nous vouent
Et celles de la juste paix
Qui les ignore

La radio avait de nouveau chuinté
Sous l’ombre d’assassins
Tellement que l’amour
Semblait mort …

Combien d’assassins pour
Couvrir nos espoirs
De partage ?
Le merle enchanteur
Nous le serine :
Un monde : nous pouvons être !

Mais si l’inconnu a notre visage
Nous en ferons un paysage !
Quand serons-nous neufs
Pour l’envol ?

Mais nos quartiers
Sont – sol à sol
Rivés – comme au seul présent

Le poète a son dieu !
C’est à l’accueil
Qu’il se voue !
Ne lui faites pas dire – seul –
la vengeance et le glaive
De Gabriel

Il ignore – le poète –
Quel peut être
La tête avancée
De la mémoire à l’avenir !
Comme le merle –
Il voudrait
Égayer

Le silence perclus de misère
N’ouvrira à un bal
Que s’il plonge
Pleinement
Dans la paix et le soleil
Pour tous
Nul prince ne pourra usurper
Ce moment de danse et
De musique

Oui ! Le poète exilé au cœur
De ce royaume
Chante
Les paroles de
Tout exilé
Sans l’oubli de ce qui
Nous sépare tous
De la terre du
Futur !

Seuls les princes inventorient
L’histoire qui nous
Est promise …
Mais ils ne voient ni entendent
Quelque chose du chant
Et de l’envol
Qui – déjà nous sourient …

Le pays qui trempe dans leurs glaces
Pourrait rentrer dans
Des inondations
Insurmontables

Ne laissons donc pas prise
Aux charniers que
Veulent les
Assassins !
Couvrons-nous d’un même ciel
Et le soleil viendra
Sourire à
Nos espoirs comme à nos rêves
Avec d’autres marches
Tenant clairement
Notre paix qui –
De l’intérieur de nos pensées –
Deviendra générale et
Embrassera le futur
Dans la justice !

Alain Minod

L’EMPAN


L’EMPAN

Mais quelle est la juste distance ?
Il y a celui qui ferme obstinément les yeux, cherchant
La mesure de l’âme comme d’un mur blanc, et l’autre
Qui entre en suffoquant dans les premiers plis de la mer.
Entre eux j’ai posé mon vélo contre un pin violet qui

craque
Et je tiens l’horizon entier dans l’empan d’une main, sous

la fumée
Oblique d’une cigarette.
Mais qui tient
Dans son empan l’incessante mobilité d’insecte où se perd

mon regard.
Et la courbe de mort où s’inscrit la route surgie
Des flots de la forêt vers les frondaisons de la mer ?
Vite j’ouvre les bras pour déborder ce qui m’enferme,
Debout dans l’enjambée du ciel.
Mais que saisir
Et mesurer sinon, au flanc mobile de la dune,
L’empreinte de ce corps que le vent réensevelit ?

Jacques Réda

DEBOUT SUR LE ZINC – RESTER DEBOUT


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

DEBOUT SUR LE ZINC – RESTER DEBOUT

J’ai trouvé devant mes yeux ce matin
Mille et une bonnes raisons de me sentir bien
J’ai jeté mes angoisses par la fenêtre
Et je me frotte les mains en me disant peut-être
Rester debout encore un peu et demain
Debout comme rêve de vivre
Sans l’ennui et sans le chagrin
Rester debout comme on se sent bien
Debout comme on se sent libre
Debout on se retrouve enfin

Il est vrai que si l’on se regarde
Un peu trop fort le nombril
Et qu’on ne prend pas garde
On finit toujours par se cogner
Au premier poteau venu
À la réalité

Rester debout encore un peu et demain
Debout comme rêve de vivre
Sans l’ennui et sans le chagrin
Rester debout comme on se sent bien
Debout comme on se sent libre

Si j’oublie j’oublie tout autour de moi

Si aujourd’hui la vie est belle
Si je me sens pousser des ailes
Pourvu que je ne tombe pas !!!
Ne tombe pas

Il parait qu’autour de nous c’est gris
Que tout était mieux avant
Que le monde est petit
Qu’il est loin le temps où l’on rêvait
Avec des idées pareilles
Moi je crois qu’on devrait

Rester debout encore un peu et demain
Debout comme rêve de vivre
Sans l’ennui et sans le chagrin
Rester debout comme on se sent bien
Debout comme on se sent libre
Debout on se retrouve enfin

Rester debout encore un peu et demain
Oublier la peur de suivre
Le même chemin qu’hier matin
Rester debout et redevenir quelqu’un
Debout parce qu’on veut vivre
Debout parce que ça fait du bien