EROTIC MARKET / BOREDOMS & THE HEARTSTRINGS ENSEMBLE


EROTIC MARKET / BOREDOMS & THE HEARTSTRINGS ENSEMBLE

C’EST LE PAS CADENCE SUR LES DALLES ÉTERNELLES

C’est le pas cadencé sur les dalles éternelles

c’est le cri sans écho vers l’étoile de glace

qui oppresse l’hiver de sa langue de fiel

c’est le cri vissé dans les gorges écarlates

la nuit ses chemins effacés jusqu’à la mer

ses chemins sans poussière ses arbres jusqu’au ciel

ne blanchiront pas du jour des femmes nues

touffes de lune au creux de la lumière

terre brisée de vagues terre sans vol d’oiseaux

le continent de ton cœur bat comme un filet d’eau

tu tournes moins vite autour du piège de ton cœur

pris lui-même dans la soie des étoiles

tu ne fais plus bouger le feuillage de l’espace

depuis que la lumière a courbé tous les soirs

sous ses arches mises sur le monde comme une impasse

à l’étage le plus haut de la terre

l’éventail d’une femme s’ouvre sur un lit

froissé par mille mains urgentes une hanche comme un sillon un soupir retenu des bouches se nouent roulent sur leurs bords avec le son que fait la nuit pour tomber les paroles seules comme
des îles la lumière épuisée fait des bulles dans la nuit une aventure terminée par une part de plaisir toute cette peau gercée de baisers discordants cette
paupière sirupeuse ce regard végétal cette main dissolvante cette mémoire infidèle je me contente de vos tendresses malaisées et vous visages visités de tant
d’audace pure je mérite mieux que vos regards sommaires.

Lucien Becker

PREMIER REGARD – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 46X38


« PREMIER REGARD »

NIALA

2021

ACRYLIQUE/TOILE 46X38

BOUQUET SUR LA BRANCHE

Bouquet sur la branche cherche un cœur
Amoureux. Lui faire honneur
S’offrir simplement comme un rare trésor
Que l’on ne désire pas à tort

Sur la branche le bouquet cherche un cœur
À prendre, au premier regard
Le choisir avec la plus délicate des égards
Une attention susurrée comme une rumeur

Bouquet printanier sur la branche cherche le
Rituel que seuls ses adeptes aiment
Sèment des pouls qui battent la chamade
Et s’émerveillent à résoudre ses charades

Bouquet sur la branche cherche à chérir
Aussi longtemps que l’amour sera
Sans trop longuement réfléchir
Tu le lui porteras quand tu la rencontreras.

Ameyi Essi

Prérequis

l’acte de bout de nuit

fait l’aube

L’oiseau transporte par voix d’air le cri de la mère

Amoureuse nage animale

rose écaille portée sur la vague

pore à pore à vivre

à bord du sourire espoir.

Niala-Loisobleu.

18 Mai 2021

https://lejardindabeillesdelagardienne.wordpress.com/

VIDE-CARTABLE


VIDE-CARTABLE

Tous chiffonnés de grisaille pluvieuse les carreaux du damier hésiteraient-ils à faire mouvoir ?

Frissons de l’allée

Le fond de l’air est froid

De l’angle d’une mèche mon regard enfile les carreaux du tablier d’écolier

Que la main calleuse de Marthe nettoie des escarbilles

Le chat ronfle sur le piano sans rien connaître du solfège

Excellente raison pour grimper au grenier par l’échelle du meunier

Le grain y a semé des chemins à suivre pour apprendre

Mon imaginaire allume les recoins sombres en écartant les premières peurs de sa lumière

Montrant bien ton petit-bateau dans les passages rapprochés de ta balançoire

Histoire de me dire « Je suis là, t’es pas tout seul »

Ce qui fait rire le chien à lui faire lever la patte sur les salades du colporteur de médisances

la joie de tes seins qui balancent manège mon cheval à ne pas rester de bois

La vie est belle

Tes linges rient

A peau découverte.

Niala-Loisobleu – 18 Mai 2021

EL ANDAR (LA MARCHE) – ATAHULPA YUPANQUI


EL ANDAR (LA MARCHE) – ATAHULPA YUPANQUI

A veces no comprendo mi rodar por el mundo,este medir la tierra y el camino y el mar;esto que siendo simple se ha tornado profundo,voz que ordena a mi paso más allá, más allá. Hasta donde conozco soy un ser sin marinos,gente sin pasos largos ni fronteras vencidas,manos que aprisionaron un sueño campesinode melgas y picanas y relinchos y bridas. ¿Por qué admiro castaños y encinas y hondos maresy aquel idioma extraño y el violín que agonizasi una bárbara lengua de pampa y trebolaresme dio a beber guitarras que se hicieron ceniza? ¿De dónde llega entonces la aventura del viajesi nada ha estado lejos, quizá una cordillera?Y esta dulce mentira de mudar los paisajesque son siempre los mismos, inviernos, primaveras. A veces no comprendo por qué camino tantosi no he de hallar la sombra que el corazón ansía;quizá un profundo acorde, profundo como un llantohe de escuchar un día, he de escuchar un día

La marche

Parfois je ne comprends pas mon tour autour du monde, celui de mesurer la terre et la route et la mer; ce qui, étant simple, est devenu profond, une voix qui commande mon pas au-delà, au-delà. Autant que je sache, je suis un être sans matins, des gens sans longs passages ni frontières vaincues, des mains qui ont serré un rêve paysan d’herbes et d’aiguillons, hennissements et brides. Pourquoi j’admire les chênes verts et mers profondes et cette langue étrange et le violon qui agonise si une langue barbare de pampa et champs de trèfle m’a donné à boire guitares qui partirent en flammes ? D’où vient alors l’aventure du voyage si rien n’était pas loin, peut-être une montagne ? Et ce doux mensonge de muer les paysage qui sont toujours les mêmes, hivers, printemps. Parfois je ne comprends pas pourquoi je marche autant si je ne trouve pas l’ombre que mon cœur désire, peut-être un accord profond, profond comme un sanglot, j’écouterai un beau jour, j’écouterai un beau jour.