JE ME LÈVE AUJOURD’HUI – GABRIELLE ALTHEN


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

JE ME LÈVE AUJOURD’HUI

GABRIELLE ALTHEN

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Trois cyprès sont vigiles

Où le pardon fera la porte

Les plantes simples qui s’étreignent

Habitent

On ouvrira bientôt le cran de nos désirs

Ce paysage est admirable mais que lui ôte sa beauté ?

Parfois je me demande où l’on y bêche encore

Le terreau de la faute

D’introuvables pans de ciel baignent la terre

La mort aura juste un peu traversé le plancher

Pour offrir à chacun sa grappe de baies noires

J’entends toujours le bourdon de l’orgueil

Et je ne sais si je rattraperai mon nom

Mon pauvre nom de tête rebâtie sur le cœur

Le recours se prononce et la vigile insiste

Moi je me tiens où le roseau se penche

Attention donc le ciel commence ici

Les choses sont pourtant bien étroites sous l’aplomb

Je fixe avec effort le sol entre la vigne et la maison

Mais le ciel trop léger commence à s’en aller

Est-ce que l’histoire en a parlé ?

Il a déjà quitté nos pieds

Sans doute le pardon est-il comme le ciel

Route et couronne partout avec portes ouvertes

Qui donnent à manger leur fruit manquant et vert

La chose est à la fois absente et colossale —

Tu pleures, je pense, ô mon désir…

La sentinelle heureuse près du bord qui chavire

Ne touche rien

N’a rien à nous ôter

J’ai pris sur l’arbre une amicale baie

La route est brève je me suis levée

Gabrielle Althen

GABRIELLE ALTHEN – CORPS A CORPS



GABRIELLE ALTHEN – CORPS A CORPS

« 

CORPS À CORPS



Souffre de ton angoisse comme d’une fable
Et sois tendre avec le superbe ennui

Ossip Mandelstam


S’est posé sur le tapis au milieu de la chambre
Le temps rond comme une pomme
L’étoile avait perdu son fard
Et nous très nus au moment du baiser
Malgré notre désir d’applaudir
Nous étions immobiles tous deux
Ce temps de craie nous faisant face
La grosse pomme posée sur le tapis
Sans entrelacs le temps
La porte torse
Présent sans bras
Et craie à remuer
― L’évasement de la personne !


Source: Terre de Femmes

Gabrielle Althen, « Trouver manque » in Soleil patient, Arfuyen, Collection Les Cahiers d’Arfuyen n° 225, 2015, page 31.
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LE TANT QU’ON FAIT


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

LE TANT QU’ON FAIT

Planter la plume

au chapeau des semaines

d’humeurs débarquées d’ailleurs

Assis dans la pensée de l’oiseau qui vole par tous les temps

Rien ne saurait hâler

sans le muscle qu’on met à porter les commissions du jour

contre toute fatigue d’un compte de fées absent aux quais des arrivées

Trouver la voix

et en voiture pour son soleil

Niala-Loisobleu – 15 Mai 2021