« COUP DE SOLEIL » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 46X38


« COUP DE SOLEIL »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 46X38

J’ai attrapé un coup d’soleil
Un coup d’amour, un coup d’je t’aime
J’sais pas comment, faut qu’j’me rappelle
Si c’est un rêve, t’es super belle
J’dors plus la nuit, j’fais des voyages
Sur des bateaux qui font naufrage
J’te vois toute nue sur du satin
Et j’en dors plus, viens m’voir demain

Jamais été si richard

je livre de la jungle à qui veut sortir de son hlm

en franco de pores

dans ce qui n’est pas là

mais le soleil que tu fais

crois-moi

n’a rien d’artificiel

à voir comme tu fleures mon marais c’est que du sel au carreau !

Niala-Loisobleu – 28 Avril 2021

A LA POINTE ESPAGNOLE


A LA POINTE ESPAGNOLE

Se penchent à l’entêtement des grappes de lilas que la paresse du vent enferme

La tourterelle en secouant ses messages d’un bout à l’autre du grand chêne protége sa présence

Dans le creux de tes aisselles je tire mon rêve à la mer sans envie de me défaire de leur sel

Rejoindre la nature de l’île sauvage lascive sur son flanc où le fauve s’accentue par échauffement au fil de l’heur

Et remplir mes mains de tes douceurs pour le musc de la peinture

Ce fruité tenu au compotier qui est dans la bergerie de la baie de pré-salé

Sur cette carte-postale où glissent tes voiles je tire mes bords.

Niala-Loisobleu – 28 Avril 2021

EN TRAÎNANT DANS L’INTERIEUR DES MARQUES DU PARCOURS 1


EN TRAÎNANT DANS L’INTERIEUR DES MARQUES DU PARCOURS 1

Marceline Loridan-Ivens, 89 ans, cinéaste, déportée à 15 ans à Auschwitz, ouvre « sa valise d’amour » pleine des souvenirs épistolaires de toutes sortes, lettres, notes, petits mots, que les hommes de sa vie lui ont adressés. Un livre solaire et sensuel, écrit dans une langue d’une jeunesse éclatante.

Marceline Loridan-Ivens
 (JF Paga, Grasset)
Marceline Loridan-Ivens (JF Paga, Grasset)

« L’amour après », Marceline Loridan-Ivens avec Judith Perrignon(Grasset – 157 pages – 16 €)

« Nous dansions. Moi accrochée à lui, dans l’obscurité. Mes pas dans les siens. Il a vu mon matricule.
— Tu étais là-bas ?
— Oui.
— Quel âge avais-tu ?
— Quinze ans.
Nous dansions un tango.
— Ce qui est terrible, c’est que ça va partir avec moi. Ça va disparaître.
Nous dansions encore.
— Est-ce que tu sais que des enfants ou des petits-enfants de déportés se font tatouer le numéro de leurs parents ?
— Oui, je sais.
Nous dansions toujours.
— Alors ce numéro, je te le donne. Je n’ai pas d’enfant. Je vais mourir bientôt, mais je ne veux pas que cette histoire meure avec moi. Prends ce numéro et note-le sur ton bras. »
« L’amour après », Marceline Loridan-Ivens

BOUCHE


BOUCHE

Imaginer un désert rond sans vent ni ciel ni horizon

Un gris sans fin pareil au gris non-lieu n’ayant nulle substance

Ubiquité inétendue où le regard aurait fondu

Dont tous les points seraient des trous micropores d’un même abîme

Et que partout sourdant de rien soudain le pourpre l’envahît

Que bourgeonnât ce néant gris de fleurs charnues mimant des lèvres

Qu’ainsi la vide éternité crépusculaire suspendît

Sa propre attente dont l’objet fût l’intense incarnat du rouge

De cette attente sans durée le point du jour va-t-il percer Où gris et rouge ne soient qu’un qui s’y décante s’y distingue De l’une à l’autre commissure entre eux il filtre
un horizon La bouche semble l’entrouvrir pour qu’y luise une perle au fond

Elle est si belle féminine et Quelqu’un de très loin devine Bien que n’existe rien encore quelle face elle animerait Qui s’ébauche rosant le gris dans le rêve où il se
voit naître Du rêve même qu’il fait naître dans ces yeux en miroir des sienS.

Pierre Emmanuel