Sur un prélude de Bach – Maurane


Sur un prélude de Bach – Maurane

orsque j’entends ce prélude de Bach
Par Glen Gould ma raison s’envole
Vers le port du havre et les baraques
Et les cargos lourds que l’on rafistole
Et les torchères les grues patraques
Les citernes de gasoilToi qui courais dans les flaques
Moi et ma tête à claques
Moi qui te croyais ma chose, ma bestiole
Moi je n’étais qu’un pot de colleLorsque j’entends ce prélude de Bach
Par Glen Gould ma raison s’envole
Et toutes ces amours qui se détraquent
Et les chagrins lourds, les peines qu’on bricole
Et toutes mes erreurs de zodiaque
Et mes sautes de boussoleEt toi les pieds dans les flaques
Et moi et ma tête à claques
J’ai pris les remorqueurs pour des gondoles
Et moi, moi je traîne ma casseroleDans cette décharge de rêve en pack
Qu’on bazarde au prix du pétrole
Pour des cols blanc et des corbacs, eh, oh
Qui se foutent de Mozart, de BachJ’donnerais Ray Charles, Mozart en vrac
La vie en rose, le rock’n roll
Tous ces bémols et tous ces couacs, eh, oh
Pour Glenn Gould dans c’prélude de Bach

MONTE LAISSE CAILLER


TRAVAIL EN COURS

MONTE LAISSE CAILLER

Dégrisé le ciel reprend un vers

Quand ça penche encorde-toi au fond, l’encre aime mieuxle roc, garde le sable pour le bac

La blancheur des pâquerettes escalade l’indigeste droit sur sa tige

Peindre à l’amour se vend mal mais reste le placement pierre indélébile…

Niala-Loisobleu – 26 Avril 2021

LE DÉSIR DE PEINDRE


Charles Baudelaire

LE DESIR DE PEINDRE

Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire !

Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps
déjà qu’elle a disparu !

Elle est belle, et plus que belle ; elle est surprenante. En elle le noir abonde ; et tout ce qu’elle inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le
mystère, et son regard illumine comme l’éclair : c’est une explosion dans les ténèbres.

Je la comparerais à un soleil noir, si l’on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur. Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l’a
marquée de sa redoutable influence; non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d’une nuit
orageuse et bousculée par les nuées qui courent; non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la lune arrachée du ciel, vaincue et
révoltée, que les Sorcières thessa-liennes contraignent durement à danser sur l’herbe terrifiée !

Dans son petit front habitent la volonté tenace et l’amour de la proie. Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l’inconnu et l’impossible,
éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d’une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse, qui fait rêver au miracle d’une superbe fleur éclose dans un terrain
volcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

Charles Baudelaire