Melanie De Biasio – Sweet Darling Pain


Melanie De Biasio – Sweet Darling Pain

Douce douleur chérie perdant

Notre royaume en larmes

Douce construction de douleur chérie

Notre sagesse depuis des années

Homme hétéro quelque part

Rebelles et esclavage

Fausse place de l’âme de la danse

Une livraison cynique

Douce honte chérie

Tu rattrapes ton âme

Douce honte chérie

Nous ne sommes pas une faute vivante

Besoin de compréhension

Et le temps passera

Traité dans l’amour pur

Et le temps passera

Une fois pour perdre

Une fois pour gagner

Tant que nous le voulons

Une fois pour aimer

Une fois pour partir

Tant que nous croyons

Mais un chevalier noir nous assaille

« EN JAUGE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 46X38


« EN JAUGE » – NIALA 2021 –

ACRYLIQUE S/TOILE 46X38

DEDANS

Porté par les fonds

Les anneaux se desserrent

La jauge bascule

Les morsures se gomment

Les étendards du quotidien ont pâli

Ma rétine s’inverse
Je dérive et je glane :

irruptions fabuleuses poumons d’images floraison de graines refusées paysages sans filiation inventaire jamais dévidé grange jamais tarie

Continents figures tribus qui me peuplent fermentent et cristallisent

Porté par les fonds
Je deviens multitudes

J’ai l’œil plus vaste que regards
Je marche plus loin que mes pas

le toucher des choses

2

Il arrive qu’à paupières closes

Je surplombe ce corps sans volume s’élevant dans l’air fertile

glissant à ras du sol dans le toucher des choses

au monde parallèle de la mort

3

D’autres fois

Toute image consommée
Toute pensée dissoute

Je cède à corps perdu

au monde parallèle de la mort

le sang stagne

4

Dans les cordages du sommeil
Je me bats en champs clos

J’esquive de tous côtés

Le gant des terreurs

me frappe au creux du ventre

Calamités et chagrin me saisissent

Le sol se fissure

Les dangers talonnent

Je lutte je tremble
Je cherche l’issue

La terre capte mes chevilles
Des nasses entravent mes genoux

Dans ma chair immobile le sang stagne

5

Parfois une lucarne injectée d’aube crible le carcan des ombres

Alors je me sais en sommeil

Je nomme « cauchemar » ce cauchemar

Adossé au pilier de la mémoire
Me retenant aux racines de l’être
J’attends l’hémisphère des jours

Je me fie au matin proche
Je patiente.

Andrée Chedid

Enfoncée plus loin que la démesure alors que je chantais sur les morceaux d’une bataille pour vivre

j’ai refusé de perdre la tête au fond du seau de l’infâme

pour lui garder sa vraie place au bord de la marque d’élan pur

Déchirant l’éau sale d’une claque sur la croupe à monter l’écume.

Niala-Loisobleu – 22 Avril 2021

LE MOT – ROBERT SABATIER


LE MOT – ROBERT SABATIER

pinterest sharing button

J’étais le seul à parler à l’orage.

Nul ne savait le langage du ciel

Et tout en moi devenait plus visible.

Je m’élevais tendre comme une plume

Tandis qu’un plomb loin de moi retombait.

Ce que parler veut dire je le sais.

Soleil, soleil, êtes-vous mon artère ?

Vivons !
Vivons ! mais… nous venons de vivre

Au moment même où la lune jetait

Son rayon bleu sur nos visages blancs.

A qui voulait étreindre l’univers,
Un jugement donnait quatre cavales
Et le supplice était de dire aux membres :
Etendez-vous jusqu’aux points cardinaux
Et vous serez les maîtres de la terre.

De l’eau, de l’eau pour éteindre dans l’homme
Des feux cruels et de faux diéorèmes.
Tu déchiras les preuves du matin
Et tu péris sur les champs de bataille
Pour enseigner l’erreur aux pieds morts.

Robert Sabatier

Hasard imprudent


Le devant démonté d’une bourrasque traîne les derniers morceaux d’une cabale que le vent écarte

Les lambris d’un décor cherchent sans trouver acquéreur pour être avalisé

Ce bord de mer n’avait pas de théorie du complot dans l’anse de son escale

Et les petites maisons blanches ont tenues à pousser contre l’arbre. Des raisons renforcées de n’aller point médire

Le cheval et le chien ont invité l’oiseau à voler sans contresens et rien modifier du bleu

La souche de quille est solide.

Niala-Loisobleu – 22 Avril 2021