AUTAN LE DIRE…


AUTAN LE DIRE…

Du Pont-Neuf au Pont du Gard

tout l’house nous Gare ô de son rose

à flanc de canal voguant d’oc sa langue trou badour

Je lé

babord-tribord des rives

le plus gros de l’arbre au ventre

moi l’oiseau venu de sein Louis en l’Île

m’accrocher à l’anneau de Moëze-Oléron

plus cathare qu’un arasement de comtes à dormir debout

le sillon marqué du sang d’araires éternels

Sommet de la vague

nettoyant ce nu d’Agde libertin au jet Varéry pour l’étang du cimeterre marin

co peint d’abord

Sète fleur que l’herbe tire du poignet

ton noir au né de Georges porte bleu plus loin que le parcours du green-opium

et plage catalane en grappe de Corbières

comme Autan mon Paname

me garde de chahut à coups de reins de cheval qui ne d’hennit rien de sa nature créative

pour entrer faire le ménage dans l’arène d’un Minotaure amateur de labyrinthe

jusqu’au sein porté à l’orgasme

accourir plus vaillant que scout bidou

manifester pour le refus du sevrage.

« AUTAN LE DIRE… » – Niala 2021 – Acrylique s/toile 61×50

Niala-Loisobleu – 11 Avril 2021

Ô MERCI JE PLEURE SANS RAISON QUE JE POURRAIS…



« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c’est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu’un pleure, c’est comme si c’était moi. » M. D.

Padam, padam… • GirodiBanda (et Édith Piaf)

11 AVRIL 2021tags: Édith PiafCesare Dell’AnnaGirodiBandaHenri ContetOlympia (Paris)Padam padam…

GirodiBanda est un ensemble à effectif variable ancré dans la région du Salento (Pouilles), dirigé par le trompettiste Cesare Dell’Anna, de formation classique. La base de son répertoire est constituée par la musique des fanfares du Sud de l’Italie, à laquelle se mêlent les différentes traditions locales, notamment la pizzica et les musiques des communautés albanaises installées dans la région depuis le Moyen-Âge. GirodiBanda se produit généralement dans un kiosque à musique.

Avec GirodiBanda, Cesare Dell’Anna réalise le rêve de réunir dans un même kiosque à musique le folk des salles de danse et des haut-parleurs des vendeurs ambulants, la « pizzica » et la tradition du chant de nos grands-parents, les sons des Balkans que diffusaient les radios albanaises dans les postes de nos parents qui allaient travailler à l’usine, les camps roms et les fêtes « gipsy », les Africains et leurs fêtes ethniques, le jazz et les études au conservatoire. Le tout fortement influencé par de belles trouvailles d’improvisation et des arrangements pour fanfare.

Le kiosque à musique, la scène par excellence sur laquelle se produisent les fanfares du Sud de l’Italie, se transforme en un kaléidoscope où se rencontrent des musiciens de plusieurs régions de l’Italie du Sud et de l’Albanie, de Roumanie et du Sénégal, qui jouent les marches symphoniques classiques du répertoire des fanfares ainsi que des compositions inédites.
Extrait du site Cesare Dell’Anna, consulté le 11 avril 2021. Traduit de l’italien par L. & L.

De leur second album, Guerra (2018), est extraite cette succulente version de Padam, padam, du répertoire d’Édith Piaf.

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GirodiBanda • Padam padam. Henri Contet, paroles ; Norbert Glanzberg, musique.
GirodiBanda, ensemble instrumental et vocal ; Cesare Dell’Anna, direction & arrangements.
Extrait de l’album Guerra / GirodiBanda. Italie : 11-8 Records, ℗ 2018.

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Il fallait aussi, bien sûr, entendre Édith Piaf, ici en public à l’Olympia, en 1955. On se demande comment une voix pareille pouvait sortir d’un corps si minuscule, si frêle. C’est extraordinaire. Le public est électrisé.

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Édith Piaf (1915-1963) • Padam, padam…. Henri Contet, paroles ; Norbert Glanzberg, musique.
Édith Piaf, chant ; chœurs et orchestre sous la direction de Robert Chauvigny.
Enregistrement public, Paris, Olympia, 27 ou 28 janvier 1955.
Extrait de l’album Récital enregistré au cours du spectacle de l’Olympia / Édith Piaf. France : Columbia, ℗ 1955.

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Cet air qui m’obsède jour et nuit,
Cet air n’est pas né d’aujourd’hui.
Il vient d’aussi loin que je viens
Traîné par cent mille musiciens.
Un jour cet air me rendra folle
Cent fois j’ai voulu dire pourquoi,
Mais il m’a coupé la parole,
Il parle toujours avant moi
Et sa voix couvre ma voix

Padam, padam, padam
Il arrive en courant derrière moi
Padam, padam, padam
Il me fait le coup du souviens-toi
Padam, padam, padam
C’est un air qui me montre du doigt
Et je traîne après moi comme une drôle d’erreur
Cet air qui sait tout par cœur.

Il dit « rappelle-toi tes amours »,
Rappelle-toi puisque c’est ton tour.
Y a pas de raison pour que tu ne pleures pas,
Avec tes souvenirs sur les bras !
Et moi je revois ceux qui restent,
Mes vingt ans font battre tambour.
Je vois s’entrebattre des gestes,
Toute la comédie des amours
Sur cet air qui va toujours…

Padam, padam, padam
Des je t’aime de 14 juillet
Padam, padam, padam
Des toujours qu’on achète au rabais
Padam, padam, padam
Des veux-tu en voilà par paquets
Et tout ça pour tomber juste au coin de la rue
Sur l’air qui m’a reconnue.

Écoutez le chahut qu’il me fait
Comme si tout mon passé défilait.
Faut garder du chagrin pour après,
J’en ai tout un solfège sur cet air qui bat,
Qui bat comme un cœur de bois.
Henri Contet (1904-1998). Padam, padam… (1951).

PSAUME DE PÂQUES


PSAUME DE PÂQUES

Comme de chaque nuit traversée se lève chaque jour le feu:

Et comme à droite de l’avion, sur l’aile, les falaises roses du soleil, et l’arche ouverte dans l’ébène. et les premières tables de la mer — hors des ravins
hantés par les profanations;

Et comme de
Marrakech, à l’aube, les hautes neiges dans le sacre frappant les remparts d’ocre;

Et la prophétie des herbages: et l’avènement de la transhumance ; et la certitude du lait ;

Ah! la mort ôtée à la mort, et les ténèbres descellées, et toute la terre dans le matin de menthe et d’orange:

La pierre rompue, il y a maintenant un
Dieu dans le monde, comme un cèdre blanc, cl avec lui le pouvoir exact je v ivre !

Et il est temps en moi d’user de ce pouvoir;
Et il est temps en nous de sortir du tombeau, avant qu’il soit midi, pour marcher vers les sources;
Car voici que chaque homme est désormais ici convoqué à

la joie ;

Et qu’il faut, sous le sang et sous la solitude, durables jusqu’aux puits, qu’il applique pourtant le poids de la puissance, en lui. qui se tient prête à la paix, à
l’alliance;

Et que tout fatigué, tout crucifié, tout pétrifié qu’il soit :

Aveugle et nu et vide et sourd ;

Et sans espoir et déjà lié à la cendre comme une femme à son enfant mort ;

Il aille encore — avec
Qui habite son absence, et se met à sa taille, et se règle à son pas pour qu’un pas de plus soit possible vers le fleuve offert et fidèle là même où il n’y a
plus rien ;

Et y trouve l’œuvre de sa marche ;

Et en constitue son sel et son exorcisme :

Et de ce qui lui reste de colère contre l’injustice et la haine il bâtisse aussi son combat;

Et par cet acte en lui de
Pâque, que la fable se désenvoûte, ainsi le chavirement des monts au bout de l’empennage:

Et que la métamorphose commence : la coupe sous les pinceaux bleus de
Safi, la laine royale aux teintures;

El qu’il atteigne la transparence;

Et comme sous le fuselage de soie les constellations inverses, les promptes plantations de poulpes, de crustacés, d’insectes élincelants parmi les encres de la
Chine, et la lune même sur les glaciers d’ouest mobile.

Qu’il voie l’incandescence de l’homme dans l’homme;

Et la main et la bouche et l’œil et l’oreille vivants sous

tes calcaires ;

Et la purification prodiguée — le miel des genèses, des planètes, dans la ruche noire de l’espace;

Et toutes choses baptisées dans la résurrection du
Christ qui est l’ouverture de l’être;

Et toutes choses lavées de leurs suints, la face nette, et
Ici plaies propres, et la longue douleur amere mais comme lel asperges sauvages, il en sache aussi la lumière;

El il sache le sens véritable dans les signes déjà qui croi vers l’accomplissement de l’été;

El la chair belle dans la chair el sainte et mûre pour le| fêles comme un pré couvert par l’Espril :

Et la contradiction soumise jusque dans la coniradielion :

El la venue des oiseaux frais, avec les rites du poisson e de l’orge, dans les îles intérieures!

III

Ah ! qu’il soit proclamé que rien, depuis dimanche, n’esi plus jamais dans l’homme ni tout à fait désert ni tout à fait perdu;

El que celui-là même qui n’est avec personne — étranger aux fontaines comme étranger à soi — peut encore accéder à sa propre présence et
entrer en partage avec tout ce qui est s’il se tient libre encore pour l’attentif amour qui incante et qui lie;

El libre pour son nom ;

Et libre dès cetle heure pour répondre — en tuant ce qu’il lui faut tuer — à la vie qui l’invite;

Et comme la surrection du vol, la nuit d’or soudain dans la nuit, il soit maintenani assuré que pcul commencer le bonheur;

Et qu’il ne commence pas seulement conire la mort mais le péché contre l’Espril, et cela d’ombre qui est plus terrible à l’âme que l’équilibre indifférent du seau
sur la poutre des citernes taries;

Et qu’il a pouvoir de germer pour que ce qui est ici s’avance vers ce qui est ailleurs, et que ce qui est ailleurs s’avance vers ce qui est ici, et que l’un par l’autre le fruit se
prépare;

Et l’homme à la mesure de l’Homme, et le monde à celle du
Monde, et l’un et l’autre à la mesure de
Dieu;

Et que la
Création s’ordonne dans la délivrance, comme la main qui ne se détourne pas des pauvres, pour le don de la plénitude!

IV

Car rien au centre que l’Amour, — rien à l’origine et au terme, ni dans l’éclatement du silence, que le mystère de l’Amour;

El rien que sa présence ouverte et rien que
Lui avec ses paumes sur la mort comme la seule parole essentielle pour que l’homme surgisse et vive ;

Et qu’il lui devienne semblable;

Et qu’il nomme à son tour
Celui qui l’a nommé;

Et de
Qui l’a fondé forme aussi ce qu’il fonde ;

Et que puisse déjà, dans le consentement à l’unification, prendre racine l’arbre qu’ils désirent ensemble.

Et naître de leurs noces l’homme fait dans le
Dieu et le
Dieu fait dans l’homme !

Et qu’ainsi l’olivier et l’argile, comme la marqueterie de
Mogador entre les nuages du sud, paraisse d’au milieu des pays brûlés un peuple pourtant qui capte les sèves;

Un peuple arraché au goût du malheur, au goût de l’enfer, au goût du néant ;

Et malgré sur lui le sceau de la mort, qui construit contre elle dans les prés vivants ;

Et malgré les ruines y plante ses blés contre la violence et conire l’horreur;

Et porte le pain véritable et simple contre toute absence, et contre l’exil et conire l’orgueil des fausses moissons et des fausses faims ;

El dans l’homme mêlé jusqu’au bout comme la figue rouge au sol sec sur le figuier de
Barbarie, promeut cependant peu à peu. avec la patience des humbles, l’homme nouveau et vrai !

V

O rivière!
La lerre est verte de toute verdure spirituelle — et la charité la transmue.

Et je dis qu’un corps, dans la
Pentecôte, peut être à présent la force qui l’instaure cl la fertilise ;

Et qu’un corps est là, rassemblant ses os, et qui peut s’accroître pour la sanctifier, s’il cesse de préférer l’hiver;

El qu’une ville de joie attend dans les villes : la semence et l’éclosion de la joie dans la matière même du monde;

El dans l’approche des étoiles et dans le granit et l’acier et dans les grandes années humaines la grandeur possible de la joie !

Une espérance unique, ainsi qu’au repos des roues sur la piste l’événement des choses neuves et leur gage, s’est propo-sée à l’homme pour qu’il n’hésite plus
:

Et qu’il connaisse dans l’amour et qu’il aime dans la connaissance;

Et ne se refuse plus en les refusant ;

Mais qu’il procède vers son âge. dans sa vocation, sans miracle que d’avoir pris sens;

Et s’occupe de devenir l’Homme — pour tout recevoir par surcroît — comme sur les collines encore froides ces bois de mimosas en fleur qui présagent déjà le
printemps !

Jean-Claude Renard

L’Atlas se referme sur lui-même comme tourneboulé par la grossièreté de son erreur sans trouver le souffle qui re-cap le bateau de papier

Combien de temps faudra-t-il pour assimiler ces changements brutaux de rotation des girouettes qu’une complicité nouvelle avec la pandémie met aux vents ?

Avant la crise mon accoutumance à la légèreté n’ayant pu aboutir, il va me falloir réaménager mon énergie pour lui donner le piston propre à la locomotion actuelle. La dernière peinture que la dissection a conduit jusqu’ à la signature au bout d’un épuisement physique intense a mis la joie en fausse-piste au bénéfice d’un plaisir égocentrique qui a fini par démasquer sa véritable identité. Aurai-je eu dans un instant de faiblesse une forme de croyance faisant du mécréant un déserteur ? Voilà de quoi pour ma conscience, ajouter un nouveau cas à traiter

La pile s’agrandit sur l’espace de travail

Plutôt que me gifler de c’est ma faute, ma très grande faute, je crois qu’en laissant les pinceaux se reposer, je gagnerai à ressortir mon maillet avec sa panoplie d’outils

On peut se tromper de sens sur le bon chemin.

Niala-Loisobleu – 11 Avril 2021

SALLE VIDE


SALLE VIDE

A la place des bans publics, la scène se tient au centre d’un épais silence derrière son rideau

une forêt hirsute avale l’horizon

des landaus absents on cherche en vain des vagissements de présence

la Culture n’a droit qu’au gel de spectateur

Théâtre d’ombres aphone de voix

un frisson d’effroi repousse la joie qu’un départ avait fait courir là

le sol glisse dans la pluie

Niala-Loisobleu – 11 Avril 2021