POEMINHA AMOROSO – CORA CORALINA


POEMINHA AMOROSO – CORA CORALINA

Este é um poema de amor
tão meigo, tão terno, tão teu…
É uma oferenda aos teus momentos
de luta e de brisa e de céu…
E eu,
quero te servir a poesia
numa concha azul do mar
ou numa cesta de flores do campo.
Talvez tu possas entender o meu amor.
Mas se isso não acontecer,
não importa.
Já está declarado e estampado
nas linhas e entrelinhas
deste pequeno poema,
o verso;
o tão famoso e inesperado verso que
te deixará pasmo, surpreso, perplexo…
eu te amo, perdoa-me, eu te amo…

C’est un poème d’amour
doux, si tendre, si tendre …
C’est rejoint offrande avec vous des moments
de lutte, de brise et de ciel …
Et moi,
Je veux te servir de poésie
dans un coquillage bleu
ou dans un panier de fleurs des champs.
Peut-être que peux inclut mon amour.
Plus sinon dans ce cas,
ce n’est pas important.
Il est déclaré et tamponné
dans les lignes et parmi les lignes
de ce petit poème,
le verset;
le verset célèbre et inattendu thu
vous êtes abasourdi, surpris, perplexe …
Je t’aime, pardonne-moi, je t’aime …

PETITE-FLEUR – MOULOUDJI


PETITE-FLEUR – MOULOUDJI

J’ai caché
Mieux que partout ailleurs
Au jardin de mon coeur
Une petite fleur
Cette fleur
Plus jolie qu’un bouquet
Elle garde en secret
Tout mes rêves d’enfant
L’amour de mes parents
Et tout ces clairs matins
Fait d’heureux souvenirs
Lointains

Quand la vie
Par moment me trahie
Tu reste mon bonheur
Petite fleur

Sur mes vingt ans
Je m’arrête un moment

Pour respirer
Ce parfum que j’ai tant aimé
Dans mon coeur
Tu fleuriras toujours
Au grand jardin d’amour
Petite fleur

Prend ce présent
Que j’ai toujours gardé
Même a vingt ans
Je ne l’avais jamais donné
N’ai pas peur
Cueillir au fond d’un coeur
Une petite fleur
Jamais ne meurt

TROISIEME PROUE – CESAR MORO


TROISIEME PROUE – CESAR MORO

Roi semé s’il aime hué à vie à terreur roulant
Bu à satiété sous le déluge absent Ô clarté

Echelle des yeux aux yeux

Haut bois à même le dallage chaleur de neige noire
Couleur de froid à feux de marée
Graine houleuse à mollusques ces jambes la montagne à souhaits

Plus divine si coupe à néant y crépitent les méandres et les ménades

Eclaire minuit en ruines mainte dentelle sous mer

En éclat nanties tel le globe irisé prêt à fondre

Sur tes narines d’obsidienne

Diamant taillé en rose qui tourne

Rose d’améthyste barrissant

À la nuit en bronze

Forant les puits scolopendre de jeunesse

Ce col offense ? il déjoue le droit d’aînesse

L’heur de pierre feindre le fer à tondre

Les bagues à chevaux évanouis

Les eaux en chevreuil qui broutent le royaume déchu pour quel dialogue rituel

L’oiseau à miroir ardent gageure de haute couronne

Etoile mon château en apanage
Gradué brille à bouillir
Plus que de gaîté non à effacer
Mais à vouloir paraître attirée
Au gouffre fidèle

Éloigne-toi naseau de feu

Enjeu lointain de ma prairie

Tain solaire de telle glace

En tel cuivre bondé d’ivresse

Valet des étuves de la royauté

Halète varlet arpente la digue d’anémones

Carnassier de choix en tête des voyelles

La clairière aboutit à la voie hilare

L’air classé aboie tyran à l’aile

Si pour broyé avons royal ou trône à pied de tonnerre

L’acier décroît tenté aux voiries régulières

Affairé au tri des pièges —
Si la neige était à cheval —
Si le cheval chavirait en jonc
L’été hagard bat la foulée
Tapi au bout de la rencontre
Jetée de pierre sur le vide
Pont aux crustacés que l’agitation
Des vantaux subjugue
Jusqu’à abolir les éphémérides
Aux octrois de successifs mois
En massifs en treille de pavots

Pourquoi ce froid accueil des arches

Ce sommeil des sommets ces mets mielleux de songe

Ce gazon qui vire en nuage fleurissant les pierres

anciennes
Le gué la baie vers la folie ?
O lit ailé au pied marin
Lisse les perles l’écume des crêtes

Ce jour empreint de brise noire moiteur du néant

Rétiaire hanté tueur boiteux

Têtu l’hiver c’était l’été

S’attelait-il

L’embrun la brume doraient l’île

D’ores et déjà en fumée teinte

Aider voulant l’envol de forces velues en palmier

Vouées à la nudité marmoréenne de midi

César Moro

Septembre 1950

Un jour je m’en irai – Mouloudji


Un jour je m’en irai – Mouloudji

Marcel MouloudjiUn jour je m’en irai sur un bateau tout blanc
Aux îles sous le vent, au pays des enfants
Ah oui je m’en irai, m’en irai pour la vie
Pour les jours et les soirs, les matins et les nuitsJe quitterai Paris, je quitterai la Seine
Notre Dame les quais, ma jeunesse et la tienne
Je n’irai plus jamais acheter de château,
En Espagne ou ailleurs ni faire le zigotoNi traîner ma mollesse de vieux cargo usé
Au long des noirs canaux de Paris enfiévré
Ni ne finirai plus à minuit Place Blanche
Ah je voudrais goûter à mes anciens dimanchesJe quitterai Paris sans même une valise
Pour larguer mon passé et toutes mes sottises
Je quitterai les fleurs du jardin de ton corps
Et ta bouche anonyme et ton cœur qui m’endortJe traînerai ma vie au long des continents
Au long des rêveries, au long des océans
Et peut être au fin fond d’une mer verticale
Entre cieux et nuages et va viendra le calmeUn jour je m’en irai sur un bateau tout blanc
Aux îles sous le vent au pays des enfants
Ah oui je m’en irai, m’en irai pour la vie
Pour les jours et les soirs, les matins et les nuitsUn jour je m’en irai sur un bateau tout blanc
Aux îles sous le vent au loin, loin oui mais quand
Ah oui je m’enfuirai m’enfuirai pour la vie
Pour les jours, pour les nuits, pour la mort sans soucis

Paroliers : Jean Musy / Mouloudji

AUTOUR DU NOYAU


AUTOUR DU NOYAU

Le chemin s’était enfoncé dans les branches, cependant par une chambre à air gardée pour agrémenter le rechignement des enfants à la toilette, venait une étrange musique d’où s’échappaient des bulles de savon. Sans doute la vraie machine à laver écolo. Celle qui tient la couleur en son vif et passe les vilaines traces hors de vue – au moins pour un temps

Echo nommique ?

Pas toujours. Pourtant bien que difficile à comprendre, non-détachable de tolérance ça aide quand la frustration est au bord d’une réaction de sortie

Quand bien m’aime ?

C’est là que la réponse se trouve

Derrière trouvez l’anomalie

Le mystère ne peut avoir de parenté avec la boule gomme, sinon c’est un bruit comme le net en raffole qu’il cabale pour le plus grand bonheur de la course au like

Sous mon chapeau, lô live à me pousser comme ce membre qui devient genre

C’est noueux

Sans rien cacher des états d’âme

Dans l’enfoncement des yeux le fruit gonfle multipliant les grains dans sa substance, que ça peut éclater d’énergie (la grenade, la figue, la mangue, pour ne dire qu’eux)

Chemise blanche en signe de pureté que le noir profilé rehausse.

Niala-Loisobleu – 7 Avril 2021

LA PATIENCE


LA PATIENCE

Dans les cartes à jouer abattues sous la lampe

comme les papillons écroulés poussiéreux,

à travers le tapis de table et la fumée,

je vois ce qu’il vaut mieux ne pas voir affleurer

lorsque le tintement de l’heure dans les verres

annonce une nouvelle insomnie, la croissante

peur d’avoir peur dans le resserrement du temps,

l’usure du corps, l’éloignement des défenseurs.

Le vieil homme écarte les images passées

et, non sans réprimer un tremblement, regarde

la pluie glacée pousser la porte du jardin.

Philippe Jaccottet