PATRICK WATSON – LOST WITH YOU



PATRICK WATSON – LOST WITH YOU

The lovers were playing in the yard
Giving goosebumps to all the Sunday summer trees
Our hands were eternal in the wings
Moving so softly, nobody can see
Against your morning skin
Well, it’s shy like two young lovers walking by
There’s a soft strange kind of art
Giving company to all the lonely heart

There’s a hundred cigarettes on the ground
And our clothes are still hanging around
And it’s nice to be ugly in each other’s arms
So we can grow over all the things we were before

Les amoureux jouaient dans la cour
Ils donnaient la chair de poule à tous les arbres d’été du dimanche
Nos mains étaient éternellement en l’air
Bougeant si doucement, personne ne peut voir
Contre ta peau du matin
Eh bien, c’est timide, comme deux jeunes amoureux qui passent
Il y a un genre d’art, étrange et doux
Qui tient compagnie à tous les cœurs solitaires

Il y a cent cigarettes par terre
Et nos vêtements traînent toujours
Et c’est bien d’être moche dans les bras de l’un et l’autre
Pour que nous puissions dépasser toute ce que nous étions avant

VENT PORTEUR (Apporté de main)


VENT PORTEUR (Apporté de main)

La pinède aiguille la beauté de ce jour bordé d’écume

dans laquelle le cheval au galop est suivi d’un essaim d’abeilles

La pulpe met à l’anse au repli des dunes des lèvres en baie

sous rire à l’enchaînement des vagues assurées

Du relevé d’amer au venimeux mordu au gant

le navire peut hâler la pâquerette épanouie sous la robe fraîchement peinte à la main

Tandis qu’aux vols des mouettes le pin signe

l’oiseau persiste

Rassemblant l’interdit

sans déroger au rite printanier.

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2021

AU PLATANE – PAUL VALERY


facebook sharing button
AU PLATANE – PAUL VALERY
twitter sharing button

Tu penches, grand
Platane, et te proposes nu,

Blanc comme un jeune
Scythe,
Mais ta candeur est prise, et ton pied retenu

Par la force du site.

Ombre retentissante en qui le même azur

Qui t’emporte, s’apaise,
La noire mère astreint ce pied natal et pur

A qui la fange pèse.

De ton front voyageur les vents ne veulent pas ;

La terre tendre et sombre,
O
Platane, jamais ne laissera d’un pas

S’émerveiller ton ombre !
Ce front n’aura d’accès qu’aux degrés lumineux

Où la sève l’exalte;
Tu peux grandir, candeur, mais non rompre les

De l’éternelle halte! [nœuds

Pressens autour de toi d’autres vivants liés

Par l’hydre vénérable;
Tes pareils sont nombreux, des pins aux peupliers,

De l’yeuse à l’érable,

Qui, par les morts saisis, les pieds échevelés

Dans la confuse cendre,
Sentent les fuir les fleurs, et leurs spermes ailés

Le cours léger descendre.

Le tremble pur, le charme, et ce hêtre formé

De quatre jeunes femmes, ~Ne cessent point de battre un ciel toujours fermé,

Vêtus en vain de rames.

Ils vivent séparés, ils pleurent confondus

Dans une seule absence,
Et leurs membres d’argent sont vainement fendus

A leur douce naissance.

Quand l’âme lentement qu’ils expirent le soir

Vers l’Aphrodite monte,
La vierge doit dans l’ombre, en silence, s’asseoir,

Toute chaude de honte.

Elle se sent surprendre, et pâle, appartenir

A ce tendre présage
Qu’une présente chair tourne vers l’avenir

Par un jeune visage…

Mais toi, de bras plus purs que les bras animaux,

Toi qui dans l’or les plonges,
Toi qui formes au jour le fantôme des maux

Que le sommeil fait songes,

Haute profusion de feuilles, trouble fier

Quand l’âpre tramontane
Sonne, au comble de l’or, l’azur du jeune hiver

Sur tes harpes,
Platane,

Ose gémir!…
Il faut, ô souple chair du bois,

Te tordre, te détordre,
Te plaindre sans te rompre, et rendre aux vents la voix

Qu’ils cherchent en désordre!

Flagelle-toi!,..
Parais l’impatient martyr

Qui soi-même s’écorche,
Et dispute à la flamme impuissante à partir

Ses retours vers la torche!

Afin que l’hymne monte aux oiseaux qui naîtront,

Et que le pur de l’âme
Fasse frémir d’espoir les feuillages d’un tronc

Qui rêve de la flamme,

Je t’ai choisi, puissant personnage d’un parc,

Ivre de ton tangage,
Puisque le ciel t’exerce, et te presse, ô grand arc,

De lui rendre un langage!

O qu’amoureusement des
Dryades rival,

Le seul poète puisse
Flatter ton corps poli comme il fait du
Cheval

L’ambitieuse cuisse!… — «
Non », dit l’arbre.
Il dit :
Non! par
Vétincellement

De sa tête superbe,
Que la tempête traite universellement

Comme elle fait une herbe!

Paul Valéry

AU DOS DE LA CHAISE


AU DOS DE LA CHAISE

Un peu de jour passe par les volets

éclairant suffisamment d’assise sur la chaise

où rêve en corps le déshabillé du parcours qui mène au matin

toilé de mer

sur le chevalet se balançant à l’embarcadère

L’oiseau perché crie taire

caresse sa plume

en relevant le store du bonjour.

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2021