MAGIE QUOTIDIENNE


MAGIE QUOTIDIENNE

Entre le jour et la nuit il y a l’épaisseur d’un carreau dans lequel la lumière se dresse comme autant de hautes fougères.

Au ras du sol, les feuilles les plus lisses se préparent à recevoir le soleil qui va passer de l’une à l’autre en allumant les fanaux de la rosée.

Les sources se contractent de tout leur ventre

à mesure que le matin marche sur elles

et les herbes fumantes d’aube se séparent

pour mieux sentir le poids de chaque éclat de clarté.

Soudain les oiseaux font une pause

parce que leur cœur bat plus fort que leur chant,

les trains sortent de la nuit

comme de la plus grande gare du monde.

Et c’est le jour porté de hauteur en hauteur, renversé dans les lits de la verdure.
Le monde est enfin clair comme une goutte où la lumière tombe, frappée de vertige.

La campagne s’abandonne au premier ruisseau venu.
C’est contre ses berges, c’est par-dessus son eau qu’elle arrondit sa pleine poitrine d’herbes, c’est en lui qu’elle se sent la plus nue.

On passerait sa vie à rester immobile

loin des villages caillés, loin des routes trop sûres,

avec la respiration du jour sur le visage,

avec le bleu du ciel dans la bouche entr’ouverte.

On voudrait mourir ici

avec le soleil soudé aux yeux comme une applique, avec la tête prise dans la grande maille de l’espace, avec au cou le collier des moissons.

Mais je reste tout entier dans la pierre que le silence a jetée du haut du monde, retenu seulement par le fil que mon cœur tend à mon poignet.

Lucien Becker

25 ANS AUJOURD’HUI QU’ELLE EST MORTE MARGUERITE ET MOI JE NE SAURAIS PLEURER


25 ANS AUJOURD’HUI QU’ELLE EST MORTE MARGUERITE ET MOI JE NE SAURAIS PLEURER

Ah Duras, con treverse à tous propos

Entre deux parties le bien et le mâle du féminisme inavoué

Sacré dilemme qui enfin se termine dans le choix sans s’en remettre au pétale de la marguerite

Au bout de quoi, rien ne tient de bout, tout commence chaque matin Espoir pas toujours jusqu’au soir

L’aube n’a pas d’âge les criminels sont de tous tants

Aimer c’est apprendre à vivre ou à laisser

Toit jusqu’au seoir, terre de poils, le manche comme il se doigts à tisser la toile au sein du végétal haleine et minéral orgasme

Sans trahir il était une foi…

Niala-Loisobleu – 3 Mars 2021

Que me van aniquilando

Je n’ai pas chanté pour que tu m’écoutes
Yo no cantaba pa que me escucharas

Pas même parce que ma voix était bonne
Ni porque mi voz fuera buena

Je chante pour moi d’aller
Yo canto pa que me se vaya

La fatiguilla et la douleur
La fatiguilla y la penaQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent
Que las nubes las destruye el vientoJe ne sais pas ce qu’il a donné
Yo no sé lo que le dio

À la jument menthe verte
A la hierbabuena mare

Qu’il était vert et séché
Que era verde y se secóComme je n’étais pas commis
Como yo no era escribano

Je ne savais même pas ce qui se passait
Ni yo sabía lo que pasaba,

Ils ont dit qu’ils avaient rendu justice
Dijeron que hacían justicia

Voyant qu’ils nous ont émerveillés
Viendo yo que nos marabanQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent
Que las nubes las destruye el vientoEt tu es comme la canne
Y eres tu como la caña

La canne se reproduit en Ombrie
La caña cria en umbría

Que tousser les airs
Que a tos los aires

En fait leur courtoisie
Les hace su cortesíaQu’est-il arrivé hier
Lo de ayer ya se pasó

Et aujourd’hui se passe
Y lo de hoy va pasando

Demain personne ne l’a vu
Mañana nadie lo ha visto

Mundillo nous marchons
Mundillo vamos andandoQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent.
Que las nubes las destruye el viento.

Pas même parce que ma voix était bonne
Ni porque mi voz fuera buena

Je chante pour moi d’aller
Yo canto pa que me se vaya

La fatiguilla et la douleur
La fatiguilla y la penaQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent
Que las nubes las destruye el vientoJe ne sais pas ce qu’il a donné
Yo no sé lo que le dio

À la jument menthe verte
A la hierbabuena mare

Qu’il était vert et séché
Que era verde y se secóComme je n’étais pas commis
Como yo no era escribano

Je ne savais même pas ce qui se passait
Ni yo sabía lo que pasaba,

Ils ont dit qu’ils avaient rendu justice
Dijeron que hacían justicia

Voyant qu’ils nous ont émerveillés
Viendo yo que nos marabanQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent
Que las nubes las destruye el vientoEt tu es comme la canne
Y eres tu como la caña

La canne se reproduit en Ombrie
La caña cria en umbría

Que tousser les airs
Que a tos los aires

En fait leur courtoisie
Les hace su cortesíaQu’est-il arrivé hier
Lo de ayer ya se pasó

Et aujourd’hui se passe
Y lo de hoy va pasando

Demain personne ne l’a vu
Mañana nadie lo ha visto

Mundillo nous marchons
Mundillo vamos andandoQu’ils m’annihilent
Que me van aniquilando

Les gens disent
La gente anda diciendo

Et je continue mon chemin
Y sigo por mi camino

Que les nuages ​​sont détruits par le vent.
Que las nubes las destruye el viento.

BONJOUR DE MARS


BONJOUR DE MARS

Romulus et Rémus peuvent faire du skateboard sur les collines de Rome, la pandémie relâche sa poitrine pour un bol d’air de plein-feu

Du soleil c’est déjà un vaccin pour renflouer la crise

L’archer de joyeuse humeur hausse en mie dans la cible hors couvre-feu

Au ruban du rêve accroché aux cheveux de la comète la lune a accroché sa barrette

Sur l’hortensia de la boîte-à-lettres la tête des épingles verdit le bois aux mors de l’équin, galopent les bonnes-nouvelles

La reine lève le pousse

Ave ses arts sortis de la toge le char blanc en attelage soulève un nuage de bleu outre-mère

Joyeuses notes au lutrin tournées par les chérubins.

Niala-Loisobleu – 3 Mars 2021

OASIS ÉPHÉMÈRE


OASIS ÉPHÉMÈRE

Anéantie par cette douleur,
Qui de toute part,
Me cisaille;

Assoiffée et seule
Sur le sable aride
De ce désert de désolation;

Où rien ne peut subsister
Sauf l’incohérence
Face à l’ampleur de mes failles;

Des délices de ces étranges délires
Dans lesquels m’apparaissent
Cet Oasis en voie d’extinction;

Je m’abreuve,
Me délecte,
M’inspire jusqu’à la Lie
Telle la source intarissable
De cette passion inassouvie;

Dans l’espoir
Aussi futile soit-il
De concrétiser cette sublime,
Voluptueuse,
Sensuelle vision;

Pour conquérir
Le sourire flamboyant
De cet Astre Incandescent
Dont le reflet,
Dans mon pâle regard ,
Pétille!

Ainsi donc,
Je fuis cet indécent,
Etrange,
Insidieux monde de silence;

Car ces antiques mythes
Alliés à ces infâmes blasphèmes
N’ont plus aucune raison d’ Etre

Puisque de mon entrée triomphale,
En fanfare,
Dans cette folklorique danse;

Je m’enivre,
Sans la moindre restriction,
Dénuée d’attention,
Vers cette foule accablée
Par cet illusoire paraître;

Afin d’enfin humer
L’essence même de cette Vie
Grâce à mon absolue confiance
En cet inouï sixième sens!

Joh Hope

« Oasis éphémère »
Copyright Joh Hope, 29.03.2012Extrait de:  Recueil: « D’Ombre et de Lumière »